Accéder au contenu principal

Quelques "brigands" égarés sur leurs véritables intérêts

"Napoléon, formé par le classicisme et les Lumières, ne croyait pas que la nature humaine pût différer de l'Allemagne à l'Espagne, de l'Italie à la Russie, et imaginait sincèrement que ce qui était bon pour les uns l'était aussi pour les autres, la mission de la Grande Nation étant de"régénérer" toutes les autres. En homme d'ordre et en militaire, il croyait pouvoir opérer d'en haut et ne se faisait pas scrupule de massacrer d'abord quelques "brigands" égarés sur leurs véritables intérêts. Il l'écrit plusieurs fois à Joseph ou Murat, à propos de Naples et de l'Espagne : rien de tel qu'une petite mutinerie initiale bien réprimée pour établir un nouveau régime. Moyennant quoi, il ne comprit pas la portée de la révolte espagnole et persévéra dans l'erreur."

La France napoléonienne, aspects extérieurs, 1799-1815, 5, "L'Empire et l'Europe", pp.221 ; Roger Dufraisse et Michel Kerautret

Commentaires

  1. Bonjour je n'ai pas compris, pourquoi vous avez mis cela en exergue? sagit-il d'un livre que vous nous conseillez? merci.

    RépondreSupprimer
  2. Le conseiller ? pas spécialement sauf si on s'intéresse à la période napoléonienne. C'est juste que cette réflexion sur l'incompréhension des particularismes nationaux et ce qualificatif de "brigands" pour mésestimer les révoltes qui découlent de ces erreurs,de jugement m'a rappelé l'aveuglement d'un autre homme d'Etat, lui aussi présenté comme un "grand visionnaire" et qui fut persuadé d'être un exemple civilisateur pour quelques tribus kurdes arriérées...

    RépondreSupprimer

Enregistrer un commentaire

Posts les plus consultés de ce blog

Le syriaque, langue d'Abraham, des soufis et des Anges

À signaler sur le Cercle catholique syriaque, un article en ligne, passionnant, de Françoise Briquel-Chatonnet, initialement publié dans les actes du colloque Dialogue des religions d’Abraham pour la tolérance et la paix, Tunis 8-10 décembre 2004, Tunis, université Al-Manar : Abraham chez les auteurs syriaques : une figure du croyant pour des chrétiens en monde musulman.
Il s'agit d'une étude de la figure d'Abraham telle que l'ont vue, développée et commentée les chrétiens syriaques, d'abord en la distinguant du judaïsme et puis de l'islam, comme l'introduit l'auteur elle-même :
Les chrétiens syriaques ont produit une abondante littérature très ancrée dans le patrimoine biblique dont ils étaient nourris. C’est pourquoi, invitée à m’intéresser à Abraham en tant que figure de la tolérance dans les trois religions monothéistes, j’ai souhaité partir de cette littérature qui se révèle de grand intérêt. Comme cette littérature spirituelle ou mystique syriaque n&…

Manuel de Soureth ou comment apprendre la langue des anges

Épuisé sur Amazon, on peut trouver le manuel à des prix raisonnables chez Decitre.

Introduction(extraits) "L'araméen, dit-on, est la langue des anges, et si vous prévoyez qu'à défaut d'une vie vertueuse un petit coup de piston ne sera pas de trop pour que vous soyez admis dans le Jardin d'Allah au jour du Jugement, quand vous serez perdu au milieu de la multitude des humains se pressant devant l'entrée, vous pouvez espérer que son redoutable gardien sera si heureux de vous entendre le saluer dans sa propre langue qu'il entrouvrira la porte pour vous laisser passer." (Ceux qui se demanderaient pourquoi le soureth est la langue des anges, même ceux gardant le Paradis des musulmans, peuvent se reporter à ce lien, on vous dit tout).

"Si votre esprit, plutôt que se s'élever vers les sphères célestes, est attiré par celles d'ici-bas, vous serez fasciné par une langue qui porte le témoignage écrit de l'histoire de l'humanité – tant matérie…

L'alimentation kurde comparée à celles des autres communautés du Kurdistan : Arméniens, Assyro-Chaldéens et Juifs

Le Kurdistan est une mixture unique de différents groupes ethniques et cultures : Kurdes musulmans, Kurdes yézidis, Turkmènes musulmans, Arméniens, Assyro-Chaldéens chrétiens de langue araméenne, et Juifs de langue araméenne. La cuisine traditionnelle chrétienne n'est pas substantiellement différente de celle des Kurdes. Ainsi, les animaux sont égorgés selon le rite islamique. Les chrétiens, cependant, mange de la viande de porc, soit importée soit venant de sangliers chassés dans les montagnes. De plus, les chrétiens réclament comme les sucreries traditionnelles kulîçe, servis à Noël et dans des occasions importantes, mais communes dans toute la région.
Muhammad n'a pas posé d'objection à ce que musulmans, juifs et chrétiens mangent ensemble. Il en résulte qu'un musulman pratiquant peut acheter sa nourriture dans une boutique tenue par un juif ou un chrétien. Si un nom divin autre que celui d'Allah a été prononcé pendant que l'animal a été abattu, les musulma…