Quelles écritures pour quelles lectures ?
"Nous avons vu à quel point une étude ethnopoétique du théâtre modifie en profondeur les rapports à partir desquels on le conçoit généralement par la place qu'elle accorde à l'oralité. Mais que faire avec les autres textes anciens, grecs et latins, qui ne sont pas des transcriptions de performances orales ? Faut-il les assimiler à de la littérature moderne et les abandonner à la critique littéraire ? Faire une étude ethnopoétique d'énoncés écrits destinés à une oralisation dans le cadre d'un rituel social – le théâtre, l'éloquence ou la poésie de banquet – est relativement facile. C'est moins évident quand il s'agit d'énoncés écrits qui ne sont pas en rapport pragmatique avec une organisation – lecture ou récitation – ritualisée. L'écriture "littéraire" échapperait-elle à l'analyse ethnologique en tant que pratique culturelle ? La littérature serait-elle trop moderne, même quand il s'agit de Rome et de la Grèce...