Najm Akthîr, princesse kurde ayyoubide
Quant à Charaf El-Dîn, il avait ordonné que sa nouvelle concubine fût prête à le recevoir le soir-même ; il était en effet très porté sur les femmes, et ne se tenait plus d'impatience. Ainsi donc, à l'heure dite, la jeune personne l'attendait dans un appartement d'étage, dûment parée et pomponnée, semblable à un trésor dont on aurait percé le chiffre. Or, Charaf El Dîn avait une épouse, nommée Najm Akthîr ; c'était une princesse de haut lignage, qui appartenait comme lui au clan des Kurdes ayyoubides. Ce soir-là, elle s'était rendue dans l'appartement de la nouvelle venue, et, dissimulée derrière une tenture, l'épiait sans qu'elle s'en rende compte. C'est ainsi qu'elle la vit sortir de l'échancrure de son corsage une mystérieuse fiole, et en verser le contenu dans une coup destinée à Charaf El Dîn. Prise de soupçons, elle attendit l'arrivée de son mari ; quand celui-ci fut entré dans la pièce et confortablement insta...