10h20. Ville très calme. Les gens ont l'air de se foutre éperdument de la fête. Ils supposent que nous sommes venues pour ça, puisque nous sommes Européennes, mais n'ont pas l'air extrêmement concernés. Les gens bossent, et les gens vont à l'école. 11h20. Finalement, non, ils ne s'en foutent pas. ça se passe "en haut" au seyran, dans la montagne. Et donc, exactement comme le décrivait Khanî, tous les Kurdes se précipitent sur la route, en voiture, en car, en dolmush, en bétaillère, en moto (j'ai vu une grand-mère sur un side-car), à pied. Les gosses, les femmes en tenue, les mecs, les keufs qui essaient de faire circuler tout ça. On dirait un exode. Ils s'entassent si nombreux dans les voitures qu'on a l'impression qu'on a refermé le toit sur eux, comme un couvercle, après les avoir tous mis en conserve. Il y a des jeunes qui s'accrochent en grappe aux remorques qui passent. Je suis sûre que les chauffeurs ne savent plus exactement ...