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Affichage des articles associés au libellé Ayyoubides

Amadiyya sous le règne de Badr al Din Lu’lu (1211-1259)

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  Kitāb al-Aghānī  ( Livre des Chants ) d'Abu al-Faraj al-Isfahani, peint en  (1218-1219),  que l'on a parfois vue comme une "représentation" de Badr al-Din Lu'lu', ce qui n'est pas  du tout assuré, mais qui correspond à la représentation idéale d'un prince de la Djezireh du 13e s.  Badr al Din Abu-l-Fada’il Lu’lu fut le mamluk (esclave) du dernier atabeg indépendant de la dynastie zengide à Mossoul,  Nur al Din Arslan Shah (1193-1211) qui, comme d'autre s petits princes de Djezireh et de Haute-Mésopotamie tenta de s'émanciper de la tutelle ayyoubide à la mort de Saladin. Mais à Erbil, Gökburi, le beau-frère turc de Saladin, restait allié aux Ayyoubides et avec le neveu de Saladin, Al Malik Al Ashraf (fils d'Al 'Adil, qui s'imposa comme sultan d'Égypte à la place son frère), il battit Arslan Shah à Sinjar, en 1204. Arslan Shah donna alors sa sœur Turkan Khatun en mariage à Al  - Malik al Ashraf en 1208-1209 et ainsi les...

Sohrawardî, le Maître de l'Instant

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On dit que c'est le 29 juillet 1191 que dans la citadelle d'Alep, fut exécuté Sohrawardî, le sheikh de l'Ishraq, sur ordre de Saladin. – Voilà Sibylle que tu voulais tant connaître, déclara-t-il à celui qui l’occupait. Voici celle qui fut mon élève et qui est encore source de bien des tourments pour moi… Car c’est bien la plus fieffée bourrique qu’il y eut jamais à Antioche et dans toute la Syrie! Elle a usé, en ses enfances, la patience et la santé de bien des maîtres, moi seul me suis obstiné et, quelquefois, je doute de ma sagesse là-dessus.   L’homme auquel Shudjâ’ la présentait si élogieusement s’était levé. Sibylle se figea devant ce soufi aux cheveux blonds et à la barbe rousse, aux yeux du même vert que les siens. Il était vêtu de façon extravagante, avec une robe émeraude qui flamboyait à chacun de ses mouvements et une coiffe pourpre, un peu semblable à la sienne.    – Sibylle, chantonna-t-il, enfin nous nous rencontrons, ma soeur chérie...

De l’usage de la notion d’ethnie dans l’histoire de l’Islam médiéval

À lire sur Ménestrel, par Boris James, chercheur associé à l’Institut français du Proche-Orient : Plus que tout autre objet d’étude, les sociétés de l’Islam médiéval poussent l’historien à penser les phénomènes de différenciation ethnique. L’arrivée des peuples arabes sur le devant de la scène politique au VIIe siècle se présente comme la matrice de toute différence qui se fait jour jusqu’à la prise de Constantinople par les Ottomans. L’expansion de l’Empire musulman de l’Indus à l’Atlantique et l’intégration en son sein de populations diverses provoquent la recomposition permanente de cette diversité et la modulation continue de sa perception. Alors que dans les premiers siècles, la production d’une différence ethnique se double d’une différenciation religieuse (islam arabe, christianisme grec, mazdéisme iranien…), les phénomènes ethniques suivants s’inscrivent dans le cadre d’une civilisation islamique bien établie. L’établissement de pouvoirs islamiques iraniens et la déferlan...

La Jérusalem ayyoubide

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Entretien de Florian Besson avec Élodie Hibon sur Les Clefs du Moyen Orient : Normalienne, étudiante en master 2 d’islamologie et histoire des mondes musulmans à l’Ecole Pratique des Hautes Etudes (EPHE), Elodie Hibon travaille avec Jean-Michel Mouton sur la Jérusalem ayyoubide, et plus précisément sur la façon dont se perçoit et se construit un espace sacré, dans la propagande de Saladin qui reconquiert la ville en 1187, dans les transformations architecturales engagées par les nouveaux maîtres de la cité, dans les pratiques des pèlerins chrétiens qui continuent à venir visiter la Ville Sainte.…

Issa Ghâzi, prince kurde 'confit dans l'alcool'

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– Mon fils, lui dit le vizir Châhîn, viens donc prendre ta place sur le trône royal et assumer la direction de l'État, comme l'a ordonné le feu roi Salâh El-Dîn Yûsuf, dit El-Sâleh Ayyoub, ton maître. – À Dieu ne plaise que j'assume ainsi le pouvoir royal sous les yeux des princes kurdes ayyoubides, mon cher vizir ! s'écria Baïbars. Qui suis-je pour les spolier de leur droit, et usurper le trône de celui qui était leur cousin, et dont j'ai été l   'esclave, acheté de ses deniers ? – Il n'est aucun d'entre nous dans cette ville qui revendique le trône, déclarèrent alors les princes kurdes. Voudrais-tu nous faire tomber sous le coup de la malédiction d'El-Sâleh ? Non, nous ne voulons pas du pouvoir royal, et c'est bien volontiers que nous te l'offrons.  – Cependant, mon maître avait deux fils, objecta Baïbars. Je ne les spolierai pas de la charge qu'exerçait leur père.  – Oui, certes, il avait deux fils, mais aucun n'est ...

Najm Akthîr, princesse kurde ayyoubide

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Quant à Charaf El-Dîn, il avait ordonné que sa nouvelle concubine fût prête à le recevoir le soir-même ; il était en effet très porté sur les femmes, et ne se tenait plus d'impatience. Ainsi donc, à l'heure dite, la jeune personne l'attendait dans un appartement d'étage, dûment parée et pomponnée, semblable à un trésor dont on aurait percé le chiffre. Or, Charaf El Dîn avait une épouse, nommée Najm Akthîr ; c'était une princesse de haut lignage, qui appartenait comme lui au clan des Kurdes ayyoubides. Ce soir-là, elle s'était rendue dans l'appartement de la nouvelle venue, et, dissimulée derrière une tenture, l'épiait sans qu'elle s'en rende compte. C'est ainsi qu'elle la vit sortir de l'échancrure de son corsage une mystérieuse fiole, et en verser le contenu dans une coup destinée à Charaf El Dîn. Prise de soupçons, elle attendit l'arrivée de son mari ; quand celui-ci fut entré dans la pièce et confortablement insta...

Parution : Le Bilād al-Šām face aux mondes extérieurs. La perception de l’Autre et la représentation du Souverain

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Pendant plusieurs siècles, le Bilād al-Šām fut le théâtre de nombreuses expéditions militaires qui provoquèrent de profonds changements dans l’équilibre géopolitique de la région. À partir de la fin du XI e  siècle, il fut confronté à deux types d’assaillants : les croisés, qui s’emparèrent de Jérusalem en 1099, puis les Mongols d’Iran qui envahirent la Syrie en 1260. Pendant toute cette période, le pouvoir politique et les populations autochtones furent en présence d’un « Autre » dans toute son altérité : religieuse, culturelle et linguistique. Historiens et littéraires, les auteurs des contributions rassemblées ici proposent une lecture croisée sur la perception de l’Autre — qu’il s’agisse d’un individu ou d’un groupe ethnique ou religieux. Denise Aigle (dir). Sommaire Avant-propos (Denise Aigle) 9 Introduction (Denise Aigle), Les pays du Levant au carrefour des systèmes de représentation. Perspectives d’Orient et d’Occident 11 La fa...

La Rose de Djam : Alep (extrait)

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Dès qu’elle eut pénétré dans les allées massives et ombrées sous leur plafond de bois brun, un vendeur lui agita sous le nez un brûle-parfum, renfermant « toute l’eau de rose et le jasmin des sources du Paradis ». Mais elle fut aussitôt saisie par la main et tirée à hue et à dia par Grain-de-beauté qui l’entraîna dans le labyrinthe du souk. Se faufilant entre les bourricots et les acheteurs de toutes sortes, âges, sexes et conditions, Sibylle vit défiler épices, tissus, et même basanes et fourrures, avant que les deux jeunes femmes ne retombassent au milieu des tissus. Elle se demanda si tout cela n’était pas tours et détours feints, car les truands jamais ne prenaient un chemin droit, faisant, au contraire, mille pas là où dix auraient suffi. Comme elle ne croyait pas que la boutique du joaillier fût un repère secret, elle supposa qu’il fallait dérouter d’éventuels pisteurs. Ces précautions infinies. et pourtant naturelles chez ces voleurs bouche-d’or, lui plaisaient mai...

Le triomphe de Baïbars

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Le lendemain, le roi se rendit au conseil ; les grands et les dignitaires du royaume prirent place autour de lui. Les cadis arrivèrent ainsi que le Cheikh El-Islam , le cadi des armées, Baïbars, Taylakhân et Saylakhân… et le procès reprit en présence du roi. – C'est Dieu qui rétribuera les prévaricateurs, Lui le Seigneur des mondes ! Émir Taylakhân, t'était-il permis d'emprisonner mon cousin une année entière sans m'en informer ? C'est là un abus de pouvoir caractérisé ! Comment as-tu pu agir ainsi, au mépris de la Loi du Seigneur ? Tu dois être châtié et c'est Baïbars qui est dans son droit. – Pour cette affaire-là, intervint le cadi, la cause en entendue. Mais peut-on tolérer que Baïbars ait porté la main sur son adversaire et sur le cadi, fracturé la porte de la prison et proclamé nulle une sentence légalement rendue, commettant ainsi un sacrilège envers la Loi ? – Cadi, lorsque mon fils Baïbars a proclamé nulle cette sentence, il était déjà avéré ...

Une passion qui tourne mal

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…et la vieille se mit à raconter son histoire, que voici :  son mari, Saylakhan, était un émir kurde ayyoubide. Bien qu'il siégeât au conseil d'en-dehors, il était tombé dans la plus extrême pauvreté, ayant à sa charge une nombreuse famille. Un jour, sa femme s'en était allée au hammam, accompagnée de ses quatre filles. L'aînée s'appelait Jamîleh Khânom. Elle était belle comme le clair de lune. Le destin voulut qu'au moment où elle sortait du hammam, un émir passa par-là. C'était un Turkmène, féru de beauté. Il s'appelait Mahmoud et on le surnommait Taylakhân. Il occupait un haut rang dans le grand conseil royal, presque égal à celui d'Aïbak. La fille sortait donc du hammam. Comme de coutume, elle ne se couvrit le visage qu'en passant la porte. Au moment où elle relevait sa mantille pour rabattre son voile, l'émir Taylakhân l'aperçut un instant, beauté sans pareille et qu'on ne saurait décrire – Louange au Roi qui l'a créée...