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Affichage des articles associés au libellé Voyages 2009

"splende in ciel più vago il sole..."

Le 8 au matin, très occupées par les ultimes courses : achats au bazar, change pour le taxi. Provision de ces grosses galettes de miel et de loukoums parfumés dont ma famille est friande (pas moi, qui n'aime pas le sucre). Mais c'est toujours plaisant de bavarder au bazar avec les marchands ; il n'y a rien que j'aime plus que les bazars au Moyen-Orient. Encore plus que les mosquées, c'est dire... C'est alors qu'un coup de fil impromptu de monsieur l'Ambassadeur nous informe qu'il nous attend cet aprem à 14 heures à l'aéroport, avec une brochette de sénateurs français dont Roxane pourra tirer le portrait ("Hein ? Pour quoi faire ?" fut la première réaction de Roxane, pas très portée sur les personnalités françaises), et que Monseigneur Rabban accompagne aussi et donc on se verra là-bas. Ah bon ? Il n'est pas avec le pape, finalement ? Bon, notre avion devant décoller à 16 heures, ça nous fait avancer d'une heure le départ à l...

Barzan-le Mont Shirine

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La voiture devait nous prendre à l'hôtel à 11 heures. Naturellement, à 11 heures, coup de fil pour nous annoncer que euh "on vient à midi". Une demi-journée pour le circuit ça va être serré. mMis l'habitude de travailler sous état d'urgence en Turquie a fait, cependant, que nous avons développé deux capacités qui nous collent à la peau en voyage : 1/ l'aptitude à boucler les sacs et vider une chambre d'hôtel en 5 minutes chrono, soit parce que la Turkish Polis avait, pouvait, aurait dû décidé-er de nous expulser, soit parce qu'il fallait être prête à anticiper une expulsion, ou bien filer dare-dare avant que les pandores se réveillent pour cause de mouchardage du taulier ; d'où l'inefficacité totale (et qui nous faisait ricaner) des ronchonneries prématurées de Rabban, toujours prêt à parier à tort que puisqu'il nous annonce qu'on lève le camp dans 3 minutes, naturellement nous le mettrons en retard... 2/ la capacité à bosser très vite...

Erbil : Messe basse sans curé...

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Derniers jours au Kurdistan, ce qui nous semble aussi scandaleux qu'invraisemblable. Nous les passons à Erbil, en attendant un hypothétique coup de fil (non, pas du Matran mutique, d'un contact de Saywan qui doit nous balader à Barzan). En attendant, on meuble : visite de la mosquée al-Khayat, assez jolie, avec son style néo-ottomano-ilkhanide, bien plus jolie que celle qui fait face au parc du minaret et qui ressemble à une église années cinquante de chez nous, c'est à dire à une gare moche. Arrivé devant, le taxi nous fait signe de descendre et nous emmène obligeamment jusqu'à l'entrée, des fois qu'on ne la trouve pas. Coup d'oeil approbateur quand il nous voit sortir nos keffieh pour nous couvrir la tête. Un vieux vient sur le pas de la porte et je lui demande en kurde si on peut visiter, tout en essayant de mettre mon keffieh sans grand succès, si bien que le gardien, apitoyé me fait signe de venir près de lui, prend le keffieh, me le met sur la tête et ...

Midi, Saint-Joseph, Ankawa

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Dans la cour-jardin qui entoure l'église Saint-Joseph, le soleil tape. Il fait peut-être 30°c. A Erbil, à la fin d'avril, c'est déjà le début de l'été. Maintenant, presque tout le monde est sorti, les gosses jouent et courent partout, les familles se mêlent aux prêtres et aux évêques. Les gosses viennent à nouveau se faire photographier, rameutant les copains pour l'occasion, ou désignant un adulte pour qu'on lui tire le portrait. Ces petits chrétiens commencent à subir l'influence des Kurdes pour ce qui est de la photo. Déjà, je trouve les gens d'Ankawa nettement plus décontractés (et aimables, disons-le clairement) qu'en 2007 où ils donnaient l'impression qu'on les offensait si on les abordait en leur parlant kurde. Les enfants, eux, le parlent ou du moins le comprennent. Peut-être qu'à la longue, ces réfugiés débarqués de Bagdad, de Bassorah, ou de Mossoul, réalisent peu à peu qu'ils n'ont pas atterri dans un pays de "tueu...

Aujourd'hui, 10 heures, Saint-Joseph, Ankawa

Et donc le matin, réveillées toutes deux à 5h20. Mais depuis trois semaines que ça dure, je ne m'en étonne même plus. De toute façon, je sais qu'en France ça ne durera pas. On prend nonchalamment le temps de se préparer, de boire trois nescafé (j'emmène toujours du nescafé au Kurdistan pour profiter des endroits où l'on peut demander à ce que l'on vous serve de l'eau chaude plutôt qu'un thé), de nous faire amener un taxi par le Medya Palace qui nous mène à Erbil. Comme le taxi est de Shaqlawa et ne sait pas où se trouve le Shireen Palace, on fait à nouveau les guides urbaines. De retour au Shireen Palace (ils nous remettent très bien), on apprend que le prix des chambres a baissé de 10 000 dinars en deux ans (encore un mystère ou serait-ce que Khosrow les terrorise encore ?). On pose les sacs dans la première chambre libre en expliquant qu'on est TRES pressé et on refile prendre un taxi pour Ankawa. En effet, n'étant pas officiellement, cette fois, i...

"Demain, 10 heures, Saint-Joseph, Ankawa"

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Shaqlawa, on connait . Pas grand-chose de neuf à voir, même si tout s'est spectaculairement construit, là encore, et que les boutiques du bazar se sont transformées en galeries commerciales un peu prétentieuses, un peu clinquantes, tout ça pour vendre les mêmes loukoums mais en plus cher, sans doute. Bon, je ne vais pas m'épancher sur la mort du vieux bazar ou Monseigneur va encore se moquer en tendant sa boite de mouchoirs même à distance... Le lendemain de notre arrivée à Shaqlawa, pas grand-chose à faire, sinon profiter de l'internet café-bar du Khanzat, avec un réceptionniste très sympathique. A cette heure de l'après-midi, on a la salle pour nous seules, bien climatisée, avec bières fraiches apportées sur un plateau. Que demande le peuple ? Il est trop tard pour l'excursion prévue à Salahaddin, et le Medya Palace est en bas du quartier chrétien, nous dit-on (décidément on est poursuivie...). On décide d'y aller faire un tour, au moins jusqu'à l'égli...

Barzan-Rêzan

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Nous partons d'Amedî après une ultime visite au PDK d'Amedî, décidément toujours très gentil et serviable, pas avare de renseignements, même s'ils ne sont pas toujours très fiables, notamment, nous le verrons sur l'existence d'hôtels hors de leur zone. Yasin nous assure en effet qu'il y a des hôtels à Diyana, mais pas à Rawanduz. Via pour Diyana, par la route de Barzan, et un passage au village même, pour que Roxane puisse reprendre les tombes de Mollah Mustafa et d'Idris, qu'elle a déjà vues en 2005. Quant à moi, mon dernier (et unique) passage là-bas remonte à 1994. Nous constatons avec amusement que peu pressés de nous voir partir, le staff PDK a soudain la mémoire un peu floue quand il s'agit de localiser Barzan sur une carte, et semble assez indifférent à ces histoires de tombes. C'est vrai que pour un PDK, Barzan et Molla Mustafa ça ne doit pas dire grand-chose, n'est-ce pas ? Bon, quand il voit que décidément, il n'y a plus moyen d...

Amedî

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Nous devions aujourd'hui partir d'Amedî par la route de Barzan, mais le temps assez gris dissuade Roxane de prendre les plus belles montagnes du Sud sous un ciel nuageux. Aussi nous décidons de remonter à Amedî pour rendre visite à Yasin et au PDK, des fois qu'il aurait des idées d'excursion locale. Comme d'habitude, le covoiturage fonctionne à merveille. Une voiture s'arrête assez vite et dès que nous montons, le passager, sans que nous ayons ouvert la bouche, informe le conducteur que nous sommes "les invitées du Matran". "Ah"... fait le conducteur d'un air approbateur. Mais attention, se croit obligé de préciser le passager : "Les invitées du Matran, mais de Kwane !" "Voulait-il ainsi souligner qu'être invité par le Matran à Kwane ne fait pas de vous de la gnognotte d'invitées (pas comme si, par exemple, on était resté uniquement les invitées d'Ankawa) ? Ou bien qu'être invitées par le Matran de Kwane, ce...

Amedî : la Madrassa de Sheikh Nishanî

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Visite à la petite madrassa seldjoukide au pied de la ville, celle dont on dit (légende ou non) que Meayê Cizirî y serait venu étudier ou enseigner. Le temps était gris, avec un scintillement argenté sur le vert tendre des montagnes qui leur donnait une lumière d'extrême-orient. Roxane rale toujours sur les temps nuageux à cause des photos mais moi j'aime beaucoup les ciels gris, tourmentés au-dessus des montagnes et les nuages qui font des ombres chinoises dessus. Le lieu est beau, apaisant, presque encore habité. Il y avait des petites cellules, étroites, avec seules des niches à livres taillés dans les murs. C'est peut-être toutes ces générations de soufis énonçant leur zikr dans leur retraite qui donnent une bénédiction à ces lieux. Assises sur les mastaba de pierre dans le vestibule du seuil, nous nous plaisions à imaginer que le Sheikh Nishanî s'y était assis, des siècles plus tôt. Je parlais à Roxane du voyage, intérieur ou non, du soufi, du murîd en route jusqu...

Pourquoi Amedî

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En juillet 1994, je débarquais pour la première fois à Amedî, avec d'amusantes pérégrinations dans un Kurdistan d'Irak tout juste libre, sous embargo et en pleine guerre civile (disons que là c'était officiellement la trêve mais ça se battait encore, à Erbil ou Shaqlawa). Après des tas de pierres (villages en ruines) ou des villes sans beauté (Erbil, Duhok, presque un village à l'époque ou Salahaddin), Amedî joyau couleur de perle dans un écrin d'émeraude. Une ville magique, tout de suite. ça ne s'explique pas, les coups de foudre. Déambulant dans ces ruelles pavées, entre ces maisons intactes, j'ai eu comme une vision : j'étais arrivée chez moi. Enfin non, pas encore arrivée, mais je savais que j'y arriverai, c'était là, dans un temps proche ou lointain, mais déjà là, simplement en aval. Le fait qu'ensuite j'ai attendu 2007 pour y retourner, après avoir aimé Alep, Afrin, Cizîr, Diyabakir, etc., n'a pas changé cet état. J'ai eu, d...

Amedî

Départ le matin pour Sersing, parce que, au vu de ce que nous avions constaté en 2007, les hôtels à Amedî, c'est pas ça... J'avais la vague idée que Sersing pouvait avoir quelques établissements et, après l'enquête du Pîr qui "ne savait pas mais pouvait demander" nous avions eu confirmation qu'à Sersing il y avait des motels. Dans quel état de crasse ou non et à quel prix, telle était la question... Déjà que les nuits passés contre notre gré au Sham ont bien lessivé notre budget... Nous quittons donc Duhok sous un ciel gris et avec de la poussière qui se forme déjà. La poussière, cette année, c'est quelque chose. Déjà à Duhok nous avons vu la ville disparaître sous un brouillard jaune à ne pas voir à 10 mètres devant soi. A Sersing, les motels indiqués par le juge ami du Pîr au Pîr existent bel et bien mais sont fermés. Super. On en découvre un autre en ville, pas fermé celui-ci, mais dans les 100 000 dinars, pas très net avec une odeur d'humidité et...

Duhok : HIV, HC, HBs... ou pas ?

Déjà le retour obligé à Duhok, rien que pour cette histoire de visa, nous gonflait un peu. Mais nous n'avions pas encore tâté des joies de la bureaucratie sanitaire kurde. Le chauffeur de taxi qui nous avait amenées, via le centre Lalesh, a à peine présenté les deux passeports par la fenêtre de la guérite-guichet qui s'occupe des premiers formulaires, qu'il se tourne vers nous et explique qu'il faut aller à l'hôpital pour des examens sanguins. Hein ??? De leurs explications confuses je comprends qu'il faut faire des dépistages sanguins, pour avoir un visa d'un mois. Pas dur de deviner de quel dépistage il s'agit et je me demande quel est l'abruti de ministre ou de député qui a eu cette idée géniale à faire passer... Déjà, l'idée que le SIDA ne viendrait que des ressortissants étrangers (en fait des Natacha importées, qui ne sont JAMAIS Kurdes, comme chacun se doute)et pas du tout des Kurdes mâles qui, c'est bien évident, ne vont jamais aux pu...