Mem û Zîn, miroir de l'âme kurde ?
Ou plutôt : LE KIM-VÂN-KIÊU, miroir de l'âme vietnamienne Rien ne représente mieux l'âme d'un peuple que ses héros et ses poètes. Si, dans le choix du héros national, les Viêtnamiens ne sont pas tous d'accord, en revanche, pour désigner le poète, tous les suffrages se portent sans hésitation sur Nguyên Du (1765-1820), l'auteur du Kim-Vân-Kiêu , poème de 3 254 vers, composé dans les premières années du XIX° siècle. En écrivant ce chef d'oeuvre, Nguyên Du, descendant d'une illustre famille de mandarins et de lettrés, consacra, du même coup, sa langue maternelle comme une langue poétique d'une délicatesse, d'une puissance et d'une richesse extraordinaire. Il donna aussi à l'âme de sa patrie le fidèle et prestigieux miroir où retrouver, à travers les siècles et leurs décors changeants, son image éternelle. Cela faisait des années que je n'avais pas relu le Kim-Vân-Kiêu , qui est à la littérature viêtnamienne ce qu'est Mem ...