Le plus beau village du monde


"Comment ça, vous n'en avez pas à Paris ????"

Le matin, après avoir préparé les sacs, vérifier que rien n'était oublié (enfin Roxane vérifiant comme toujours que je n'ai rien oublié) et laissé quelques livres à l'évêché à reprendre au retour, nous descendons dans le jardin, pour respirer le parfum des fleurs d'oranger qui embaume toute la cour. Quand nous avions demandé à Rabban ce que c'était comme arbre, sa réaction de stupeur a été comique : « Mais ce sont des orangers ! » « Ah ? C'est très joli et ça sent très bon. » « Mais... (il en suffoquait presque) vous n'avez pas ça à Paris ? » « Ben non? » « Vous n'avez pas ça à Paris ???? » « Ben non ! » Avis à Delanoë : à la prochaine visite de Monseigneur il serait de bon ton qu'il plante des orangers le long des boulevards, sans ça, Paris est perdu de réputation...

Remontant et redescendant (parce que j'avais naturellement oublié quelque chose) je tombe sur Roxane qui me dit tout de suite de descendre les sacs immédiatement et de les charger dans la voiture, car Rabban a déboulé à toute allure de sa messe en l'informant qu'il partait dans un village pour une bénédiction de mariage, puis à Duhok tout à l'heure, qu'il était en retard, qu'il fallait se dépêcher et descendre les bagages. Ici, je pose le scénario tel qu'il se répète immuablement avant un départ : Rabban arrive à chaque fois en coup de vent et nous informe au dernier moment : 1/ du départ ; 2/ de l'heure du départ ; 3/ accessoirement de la destination, et nous houspille invariablement sur le fait qu'il est en retard et que l'on pourrait tout de même se dépêcher (car bien sûr on était censée tout deviner) ; et cela même si on n'est pas encore en retard, car gouverner c'est prévoir et il suppose invariablement qu'on va l'être. Cela dit, il fait des miracles, je ne me reconnais plus quand il faut le suivre : en 2 jours de vadrouille, je n'ai rien oublié, rien perdu, et j'étais prête à l'heure. C'est limite inquiétant.

Remontant à toute allure les escaliers pour descendre les sacs, je le croise à mon tour et ai juste droit à un expéditif : « Dépêche-toi ! Tu as mangé ? » « Non, mais c'est pas grave... » Même pas eu le temps de finir ma phrase qu'il est déjà reparti. Tout ça pour, une fois les sacs descendus, s'apercevoir que Monseigneur nous attend à la table du déjeuner. En retard, certes, mais pas question de louper le petit-déj. Exécution.

Mis en retard par une confession qui s'éternisait, le Sayyid n'est pas très bien luné ce matin. Il semble sombre et lointain, un vrai Sheikh Shudjâ' dans ses bons jours. Questionnées sur notre programme et la « compatibilité » (ou l'incompatibilité de nos programmes respectifs), nous avons droit à une explosion soudaine sur une supposée absence ou déficience d'objectifs et nous voilà à ferrailler au sujet de nos méthodes absolument divergentes, entre feuille de route établie de A à Z, avec objectifs bien définis, et une certaine propension à l'errance placée sous le signe de « attends-toi à tout, sauf à l'attendu », qui est MA philosophie du voyage, et de cette école (d'où je viens après tout) où l'on atteint le Réel en dansant... Christian Jambet a bien raison, quand, à propos de « l'épiphanie du réel ignoré dans les apparitions dont l'univers est fait », il oppose au christianisme « l'expérience tragique et extatique de Rumî », « la transfiguration de l'univers dans la poésie de Hafez », et « l'intense mélancolie qui fait le fond de l'âme persane » : « Quand on lit ces lignes, il faut avoir à l'esprit que l'esthétique de l'être s'exprime dans les pratiques du désir, et que celles-ci, en retour, rassemblent tous les enseignements de la métaphysique. L'Occident, terre de l'histoire et du Dieu fait homme, l'Orient islamique, terre de désir et du réel ignoré, scintillant en l'éclat des lumières fugitives : ce lieu commun des voyageurs n'est pas sans vérité. » Nos deux positions sont irréconciliables, lui dont la devise est : « Si l'on attend sans rien faire, survient ce que l'on n'attend pas. » Or moi, j'ajoute : « Oui, et tant mieux, car survient ce que l'on désire sans le connaître. » Finalement, de par son christianisme, ce Kurdistanî est plus occidental que moi.

A la fin, il décide de clore la prise de bec par des arguments aussi déloyaux sur le fait que certain ont une mission spirituelle à accomplir et d'autres non (tu parles, Charles) et sans doute pour me faire taire, il regarde mon assiette : « Mange ! » « Non ! J'ai plus faim ! »

Lever de table, on charge les bagages, on monte, signe de croix on démarre. 2 heures de trajet sans desserrer les dents, dans un silence orageux et furieux (en tout cas de la part des deux passagers avant, Roxane restant beaucoup plus zen). Quand je dis silence, c'est tout de même assez relatif, vu qu'on a eu le droit au récit de la Passion en italien et en boucle pendant tout le trajet, le lecteur de CD à fond, alors que l'atmosphère était tout sauf évangélique... Une façon comme une autre de signifier : « Et maintenant, on la ferme ! » Ou bien de nous faire rentrer dans le crâne une « mission spirituelle » de meilleure tenue.

Ici, je tiens tout de même à pulvériser une légende erronée que j'ai entendu ça et là sur la conduite supposée dangereuse du Sayyid : Rabban conduit TRES bien. C'est même un des meilleurs conducteurs que j'ai vu. Certes, sur la route, il ne faut pas traînailler devant lui. Un berger qui faisait traverser ses chèvres juste devant et mettait un peu de temps à les garer, s'est entendu apostropher par la fenêtre ouverte d'un sonore : « Hishyar be, hevaaaal ! » (littéralement, « réveille-toi l'ami », mais le ton voulait plutôt dire : « tu veux que j'en fasse du kebab de tes biques ? » A part ça, il roule comme tout le monde ici, vite, en ignorant absolument les lignes continues et les panneaux d'interdictions de doubler, mais lui, il le fait bien : il a une parfaite maîtrise de son véhicule et j'ai rarement (jamais) éprouvé un tel sentiment de sécurité totale en voiture. Même sa façon de prendre les virages de montagne en douceur ne m'a pas retourné l'estomac, ce qui est un exploit de sa part.

Aaah, que j'étais furax ! Du coup, pour me venger, j'l'ai mitraillé…

Arrêt au village de Armash, où avait lieu un mariage qu'il devait bénir. Les mariages chrétiens sont à peu près les mêmes que les mariages kurdes (c'est-à-dire aussi chiants quand on a l'habitude), avec cortège précédé de joueurs de def et zorna, lilili des femmes, etc. Repérant la mariée à sa robe blanche, je la vois au bras d'un homme que je crois être son père, mais qui va s'avérer être son cher et tendre.

Ceci pouvant expliquer l'air absolument catastrophée de l'épousée, qui avait l'air d'être là uniquement parce qu'on l'avait traînée sur l'autel avec un canon de fusil sur les reins. Rabban n'a pas eu l'air de s'en apercevoir, il est vrai qu'il avait peut-être d'autres préoccupations. Le discours était en araméen je n'ai donc pas compris ce qu'il disait, mais s'il a chanté les joies du mariage et de l'amour conjugal, il a dû sacrément tomber à côté de la plaque : cela peut expliquer l'air mauvais qu'elle a eu, par moment, en écoutant le sermon. Avec Roxane, nous compatissions beaucoup pour elle, au milieu des cris de joie des autres femmes du village (qui ne devait pas ajouter à sa sérénité, à sa place j'aurais eu envie de les claquer toutes).

Après la cérémonie, Monseigneur parle un peu avec les chefs du village et on remonte en voiture. L'humeur n'est guère plus riante (au moins chez les deux passagers avant), la Passion du Christ tourne toujours en boucle, mais peu à peu les nuages d'orage se dispersent sans éclairs et quand, devant le croisement des deux routes menant respectivement à Duhok et Amedî, il nous est proposé Amedî, et que nous opinons pour le changement inattendu, la météo céleste redevient nettement plus printanière. Comme quoi, les programmes « souples » ont aussi du bon (sifflotons)...

En route, donc, pour Amedî, dans une atmosphère nettement plus allègre. De toute façon entre Lalesh et Amedî, pour moi il n'y aura jamais photo, c'est toujours la seconde qui l'emporte, d'une part, et entre la fête yézidie la plus somptueuse (même avec le prince et tous les pirs et sheikh et qawli que l'on veut) et une journée de crapahutage avec le Matran (même grognon et exaspérant au possible) dans les villages les plus paumés du Kurdistan, (voire même dans la sinistre Ankawa), il n'y a pas photo non plus. Le tout est de poser les bonnes questions.



En route donc pour Amedî et j'avais presque retrouvé le sourire. Presque. On passe Sersing, puis ma ville fétiche est en vue, avec ses montagnes vertes autour, pleines de charme. Je retrouve alors tout à fait le sourire en disant à Rabban : « C'est beau. » « Hein ? » « C'est BEAU ! » « Elle veut faire des photos ? » Oui, aussi, si tu veux. Il s'arrête sur le premier terre-plein venu, Roxane descend, pleine de bonne volonté (tout en me faisant remarquer plus tard que ce n'est pas le meilleur angle). Flemmarde, je reste dans la voiture, tandis que Rabban, renversé sur son siège, lunettes fumées sur les yeux, commente pour moi le parcours de la photographe avec un geste nonchalant et évasif en prenant la mine d'un metteur en scène de la Cinecittà : « Par là, c'est mieux ». Après quatre prises elle remonte en voiture et on repart... en dépassant Amedî, pour parvenir à un village visiblement chrétien, aisément reconnaissable à son église et sa croix immense en béton, le tout inachevé, mais dépassant largement en proportion la taille habituelle des églises des villages environnant : Kwane (ou Komané), alias le village de Monseigneur, que nous surnommons instantanément et avec un bel ensemble « le plus beau village du monde » (15 ans d'expérience nous ont appris quelques éléments basiques de diplomatie gundî...).



D'ailleurs, c'est vrai que les montagnes alentour sont très belles, comme la plupart des paysages autour d'Amedî. Kwane, comme tous les villages de cette région, a été détruit, reconstruit, détruit, reconstruit, au gré des destructions et déportations commencée depuis les années 1960. Il y a encore des réfugiés kurdes (musulmans, donc) dont le village a été rayé de la carte par Saddam qui se sont retrouvés en 1991 dans des maisons de fortune, entassés avec leur nombreuse progéniture dans des deux pièces, et squattent depuis des terres chrétiennes. Malgré toutes les promesses du Gouvernement de régler leur sort (par exemple en reconstruisant et en repeuplant leur village) ils attendent toujours. Que faire, quand on est réfugié dans son propre pays et que même la pomme que l'on cueille au passage, dans un verger, ne vous appartient pas ? Au lieu de rêver sur leur nouveau Dubaï, le GRK ferait mieux de s'attacher à ce qui a toujours été l'âme et la richesse du Kurdistan : ses montagnes, ses cultures et ses villageois ; accessoirement, subventionner l'agriculture les aiderait à retrouver leur auto-suffisance alimentaire... Quand on pense qu'ils importent des tomates d'Iran et du lait de Turquie...

On débarque donc chez sa nièce. L'irascible Sayyid se transforme immédiatement en grand-oncle gaga de ses petits-neveux et nièces, qui semblent tout autant raffolés de leur « Mam Matran », dont le portrait, pris sans doute le jour de son intronisation, fait pendant dans le salon à Baba Isho (littéralement Papa Jésus). Ces gosses sont d'ailleurs ravissants, certains avec des yeux bleus magnifiques, bordés de longs cils sombres. Roxane va passer la journée à les mitrailler.

Nous déjeunons tous les trois des boulettes de blé et de viande baignant dans une sauce tomate goûteuse, que Rabban nous dit être son plat préféré : « J'en mange à chaque fois deux assiettes ». Là, je cafte : il en a avalé au moins le double. En fait, ses airs d'ascète émacié et chipotant sur la nourriture, c'était juste le réflexe du gundî kurde qui ne trouve mangeable que les plats de SON village, voire de SA famille, toute autre nourriture étant susceptible de l'empoisonner. Cela étant, ça fait plaisir de le voir dévorer comme ça.

Après le repas, Roxane part fumer dehors et a envie de faire un tour dans le village. Pensant que nous allions repartir pour Amedî je rentre et demande ingénument au Sayyid, en train de se raser, si nous avons le temps de faire un tour. Il interrompt ses préparatifs pour me dire « Oui, oui, par là, ça va direct à l'église. » Je repars un peu perplexe devant cette indication. Veut-il dire qu'après une courte promenade, nous « pouvons » encore assister à une messe ?


Nous passons donc l'après-midi à nous promener dans le plus beau village du monde, qui s'avère aussi être le plus froid quand le soleil commence à tomber. Comme nous sommes en polo et chemisette, et que nous avons laissé nos pulls dans la voiture, nous retournons vers la maison après trois-quart d'heure. Tout ça pour constater que le 4/4 a disparu. Perplexes, nous nous demandons où diable (si je puis m'exprimer ainsi) a pu passer Rabban... Nous passons sereinement (en fait mortes de rire) toutes les hypothèses possibles : a-t-il décidé de partir pour Amedî sans nous attendre, étant une fois de plus, « en retard » ? A-t-il décidé de nous kidnapper et de nous laisser sous bonne garde dans sa famille (si le rapt est génétique chez les Kurdes, ils ont bien dû communiquer quelques-uns de ces gènes aux chrétiens ) ? Est-il parti en visite chez un paroissien en emmenant du même coup nos valises et nos pulls ? En attendant la réponse, on décide de refaire un tour dans le village, sous bonne escorte enfantine (ceux de sa famille, des voisins, ceux ramassés au passage...). On descend dans les vergers, dans les prés, je parle kurde aux enfants et leur traduis des mots en français, tout en apprenant quelques mots araméens, comme « âne », « ail » etc, très utile à Paris, tout ça. Au passage, un gamin nous annonce qu'une des maisons nous appelle « pour prendre le thé ». Le thé s'avère être un goûter bien copieux, avec yaourt, miel, pain, oeuf dur, thé et café... Nos hôtes sont ravis d'avoir des Parisiennes dans leur cuisine, avec qui ils peuvent bavarder en kurde. Et en plus des invitées du Matran, qui est évidemment le plus grand personnage du plus beau village du monde.

Comme il commence vraiment à cailler, on rentre gelées pour se vautrer sur les canapés du miwankhane, les neveux de Monseigneur sur les genoux. Un gamin essaie tout de même, depuis un certain temps, de me dire quelque chose au sujet du « Matran ». Bon, il est où, le Matran, justement ? A l'église (je l'aurais parié, d'ailleurs, c'est l'heure de la messe). On ressort, on avance jusqu'à la petite église, rien. Evidemment, on n'a pas pensé à la grande, en bas, dont l'aspect inachevé ne nous laissait pas supposer qu'il pouvait y avoir, caché derrière, un presbytère et une salle qui servait actuellement à la messe. Mais devant l'insistance du gamin, qui après deux ou trois aller-retour, devenait de plus en plus pressant (ça nous rappelait le Vendredi Saint à Ankawa) on se décide à le suivre et c'est ainsi qu'on atterrit au bon endroit, qu'on voit la voiture (fermée) avec nos pulls dedans, qu'on passe devant le bureau (fermé) de Monseigneur ; le gamin fait un geste apeuré du genre « il doit dormir » et ne voulant pas paniquer notre guide, nous décidons vertueusement d'aller à la messe qui commence, en attendant que Rabban se réveille ou se décide à ouvrir sa porte.

Dans l'église (chauffée, ce qui était bienvenue, car nous étions toujours bras nus au milieu de gosses en anorak), nous assistons en fait à une cérémonie de baptême, pour deux poupons, dont l'un porte le prénom très araméen de Giovanni. D'ailleurs, je trouve qu'il y a beaucoup de gosses qui portent des noms italiens dans ce village, on se demande vraiment de qui ça vient... Noms que l'une de nos accompagnatrices (nommée Êlîn ou Hêlîn) me demande de lui traduire dans les deux sens : elle apprend ainsi que Giovanni c'est Yohanna et s'entend aussi dire, avec surprise, que Oumta (qui doit vouloir dire dire « nation ») n'a pas d'équivalent dans les prénoms français. Comme nous étions sur les bancs du fond, entourées de toute une tripotée de gosses qui regardaient, fascinés, leurs portraits dans les appareils de Roxane, ou bien qui bavardaient avec moi, le pauvre curé avait au fond de la salle quelques rangées pas très attentives, parfois... Mais bon, le braillement des deux baptisés couvrait nos bavardages. La cérémonie s'est conclue par un lancer de bonbons dans l'église, qui a provoqué instantanément un grouillement impressionnant de gamins sur le sol, sur et entre les bancs.

On s'échappe de la mêlées en essayant de n'écraser personne pour retrouver Rabban dans son bureau, bien chauffé, un bonheur, où il nous questionne sur nos activités de l'après-midi : « Mais où vous étiez ? » « Ben, dans ton village » (non mais où tu veux qu'on soit ?). « Qu'est-ce que vous avez fait ? » « Ben on s'est promené. » « Vous êtes allées chez des gens ? » « Oui. » « Qui ça ? » « Sais pas. » Bon, il semble que nous avons été légèrement attendues tout l'après-midi au presbytère mais je ne suis pas (encore) assez versée « en communion spirituelle » pour me passer de communication orale, précise et informative. Finalement, nous pouvons chercher nos sacs dans la voiture et les monter dans nos chambres et ENFIN, passer nos pullovers avant de mourir en hypothermie. Nous avons ainsi la confirmation de ce que nous subodorions dès le début de l'après-midi : on peut se brosser pour Amedî, en tout cas aujourd'hui, le plus beau village du monde étant amplement suffisant. Nous ne disons mot, mais tout de même, je me redis que les programmes « souples » ont parfois du bon (re-sifflotons...).

Peut-être remis de bonne humeur devant cette docilité digne des meilleurs murîds, le Sayyid passe un coup de fil à un certain « évêque » (pas dur de deviner de qui il s'agit), pour se renseigner enfin sur les fêtes yézidies. Ledit collègue évêque lui confirme qu'aujourd'hui il y avait bien une fête de Nouvel An à Lalesh, et que demain il y en a une au centre Lalesh de Duhok (dont Rabban semble apprendre l'existence, bravo le Mgr Kurdistanî). Il apprend aussi du même coup, de notre part, qu'il y a un jour de l'an yézidi, appelé le Mercredi rouge. Il balaie nos moqueries par un « oui, bon, il y a tellement de calendriers ici, on ne peut pas tous les retenir : kurde, yézidi, assyrien, chrétien, musulman, juif, et celui de la Révolution française... » Ces deux derniers, et surtout le dernier, me font bien rire. Ça fait longtemps qu'il n'y a plus de juifs ici et ça m'étonnerait que le calendrier révolutionnaire ait été beaucoup utilisé au Kurdistan...

Une fois les bagages montés, la soirée a commencé par une visite aux parents du baptisé Giovanni (de la famille de Monseigneur), où une hôtesse prétendait couper deux parts de gâteau grosses comme une brique pour chacune d'entre nous. On s'en est tiré en mangeant une seule brique à deux. Puis, on revient chez sa nièce où l'on monte à l'étage, dans la pièce familiale où trône au centre un poêle qui dégage une chaleur tropicale (et une légère odeur de monoxyde de carbone qui fait flipper Roxane). Mais avec les coupures de courant ici, le chauffage électrique c'est la mort par congélation assurée. Dîner (où un certain ascète avale au moins trois assiettes de köfte, si ce n'est quatre) et soirée TV en famille, avant de retourner au presbytère, dans nos chambres hélas non chauffées au charbon mais à la clim', ce qui veut dire 0 chauffage pour la nuit. Bah, avec quatre couvertures, ça va à peu près, et ça m'ennuie, finalement, de partir demain pour Lalesh (mais post-production des photos de 2007 oblige). Ne sommes-nous pas dans le plus beau village du monde ?



La tactique du plus grand était simple mais efficace : attraper un petit très mignon et en plus neveu de Matran, en faisant mine de le pousser devant la photo, style "prends-le, il est beau mais timide !" et de se faire photographier plusieurs fois, mine de rien...

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