La vie à Halabja avant l'Automne noir


"En raison de son site, de la beauté de la nature, de sa proximité avec le lac Derbendikhan, de la chaîne des monts Ballamir, Megrro, Shirniwi, Hewraman, Sorîn, de la grande plaine de Shahrazûr, Halabja peut être considérée comme une jolie presque île. Quant à son mode de vie, dans la plaine de Halabja avant cette période tragique, on cultivait le blé, l'orge et toutes sortes de céréales, le coton, le tabac et toutes sortes de fruits, dont les fameuses grenades de Halabja. Avant 1963, Baxî Mîr, le Jardin du Prince, s'étendait de Halabja jusqu'à Sheikh Kanî, la Source du Sheikh, et l'on y cultivait des raisins, des pommes, des prunes, des grenades et d'autres fruits. Dans le passé, les chanteurs avaient coutume de chanter les récoltes de pommes venues de Halabja.

En ce qui concerne la topographie de Halabja, on trouve toutes sortes de paysages, de hauts et bas pays... Des montagnes, des vallées, des plaines fertiles, des champs, des vergers, des sources, des rivières, des cascades et toutes sortes de végétations. Son climat tempéré ne connait pas les orages. La vie était facile à Halabja.

La plupart des gens vivaient d'agriculture et d'élevage. Avant le bombardement chimique, la population (du centre comme du district), selon le recensement de 1977, était de 91.937 habitants (Halabja et ses 216villages). Au recensement de 1987, elle était de 115.540, dont 70.000 pour la ville de Halabja.

Après le bombardement de la ville et la destruction du district, la déportation des habitants, des 216 villages, seuls 18 subsistaient, les autres ayant été détruits et les villageois déportés entre 1978 et 1979 dans les villages collectifs d'Eneb et Zemeqî. Toutes les récoltes, le bois de cosntruction, le bétail et les biens des habitants furent pillés ou brûlés et le district devint une zone interdite. En 1998, quand les citoyens de Halabja revinrent dans la ville après le retrait du Baath, des responsables des Nations Unies firent un recensement en vue d'appliquer la résolution 986 (Pétrole contre Nourriture). Le résultat du recensement ne donna que 42.000 personnes pour Halabja et tout le district ! Sur 5000 maisons, 1800 avaient été détruites par le régime du Baath et le reste était démantelé ou ruiné. Quand les gens revinrent à Halabja, elle semblait une ville peuplée de fantômes et de corbeaux."

Mémoires de Halabja, Bekir, Heme Sidîq Arif.

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