Un poète syriaque contemporain : Hanna Bahnan


Le syriaque est à la fois langue liturgique et vernaculaire, soit. Mais en dehors des missels et des auteurs post-classiques et médiévaux, écrit-on en syriaque ? Apparemment oui, en tout cas à Qamishlo (ville la plus importante des régions kurdes orientales de Syrie, où vivent aussi de nombreux chrétiens syriaques). Traduit par Georges Bohas (également co-traducteur, avec Jean-Patrick Guillaume du Roman de Baïbars et co-auteur avec Florence Hellot des Assyriens, du Hakkari au Khabiour), ce petit recueil présente quelques poèmes de Hanna Bahnan, "poète syriaque contemporain". Le Cercle catholique syriaque, met en ligne la plaquette de présentation, ainsi que la biographie de l'auteur tirée de WikiSyr :

"Hanna Bahnan est né en 1955 à Khwêtla, petit village situé à une vingtaine de kilomètres de Qamechli, en direction de Malkiyyé. Il commence ses études au village, puis à Qaht.aniyyé et Qamechli. Il passe le brevet en candidat indépendant. Il poursuit ses études pendant son service militaire, ce qui lui permet de passer le baccalauréat en 1979. Il s’inscrit à l’université arabe de Beyrouth pour obtenir une licence en droit (1986). Il enseigne l’arabe trois ans à Qamechli et est ensuite nommé inspecteur au ministère de l’approvisionnement. En 2002, il abandonne ce poste pour ouvrir à Qamechli une librairie où il vend des ouvrages en syriaque et en arabe.

La production de Hanna Bahnan est encore inédite. Le Professeur Georges Bohas a regroupé les poèmes sous trois rubriques : poésie de circonstance, critique sociale, poésie politique. Entrent dans la première les poèmes composés à l’occasion de la fête d’un saint, d’un décès, d’un anniversaire. Dans la deuxième, des considérations sur l’existence et la vie en société au Moyen-Orient. Enfin, sous la troisième, un poème composé à l’occasion d’un événement qui a laissé une trace profonde dans toutes les consciences, et auquel il a été fait allusion dans le dialogue : le bombardement de Cana en 1996.

Que ce soit en dialecte ou en classique, toute la production poétique de Hanna Bahnan, comme celle de la plupart des poètes syriaques, est marquée par une forte imprégnation de la culture religieuse ; j’ai tenté de retrouver les références bibliques ou évangéliques auxquelles certains vers font allusion."



Editeur : Institut des langues de l'Orient ancien et moderne (ILOAM).
Contact et adresse de l'ENS-LSH dans le document pdf à télécharger. Prix 10 €.

Commentaires

  1. Anonyme11:58 AM

    Pas facile pour les peuples sans état de faire survivre leur langue, le syriaque est un peu dans la situation de l'occitan, du romanche ou du frioulan en Europe, coincé entre les langues arabe, iranienne et kurde comme le breton ou le gallois entre l'anglais et le français.
    Culture minoritaire mais pas mineure cependant tant la langue araméenne d'où sort la langue et la culture syriaque est ancienne et riche.
    Un livre en syriaque , et pour une fois en dehors des missels et liturgies, pour parler de poésie et de tout,c'est toujours une bonne nouvelle.

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