Parution : Le Kurdistan d'Irak, 1918-2008




LE KURDISTAN D'IRAK
1918-2008
Saywan Barzani
Préface de Gérard Chaliand

ISBN : 978-2-296-08626-5 • mai 2009 • 290 pages
Présentation de l'éditeur :
"Retraçant 90 ans d'histoire au Kurdistan d'Irak, l'auteur livre le portrait d'un pays mal connu en France, et pourtant riche de peuples et d'anciennes cultures. Grâce à un accès à des archives encore totalement inédites en arabe, persan et kurde, voici des éléments sur les relations entre Kurdes et régime de Saddam Hussein, les relations diplomatiques et les tractations du mouvement kurde avec les grandes puissances, les origines de la guerre civile et des interventions étrangères au Kurdistan et en Irak. "


Table des matières:
Introduction :


Cerné par les trois grands groupes ou ethnies du Moyen-Orient - les Arabes, les Turcs et les Perses - les Kurdes vivent écartelés sous la domination de leurs voisins. La zone qu'ils occupent est dépourvue d'accès à la mer et donc de voie de communication libre vers le monde extérieur...


Chapitre I : Les origines de la Question kurde en Irak : le démembrement de l'Empire ottoman et le partage du Kurdistan :
Le 2 décembre 1918, le président du Conseil français, Georges Clémenceau, céda à l'Angleterre les "droits" de son pays sur le vilayet de Mossoul, à condition que la France ait sa part de pétrole. Une partie du Kurdistan passa donc sous occupation britannique, tandis que la région de Sulaïmanieh restait sous le contrôle des Kurdes. Ces derniers reconnaissaient toujours l'administration locale instaurée par les Ottomans, placée alors sous l'autorité d'un chef kurde, le cheikh Mahmoud Barzandji...
-Le Traité de Sèvres
- La Turquie de Kemal "Atatürk"
- Le vilayet de Mossoul
- Les révoltes de Cheikh Mahmoud Barzandji
- Les révoles de Barzan
- La République de Mahabad


Chapitre II : La République d'Irak et la Révolution kurde :
A l'aube du 14 juillet 1958, les troupes irakiennes marchèrent sur Bagdad et encerclèrent le palais royal. La famille du roi, ainsi qu'un grand nombre de dignitaires du régime, dont le Premier ministre Nouri Saïd, furent exécutés...
- La République du 14 juillet 1958
- La "Révolution kurde" de 1961
- Le coup d'Etat du 8 février 1963
- Le schisme kurde et les "Djash 66"

Chapitre III : L'avènement du Baath et l'effondrement de la Révolution kurde :
Chassé du pouvoir cinq ans plus tôt, au profit des Nassériens du général Aref, le parti Baath prépara soigneusement sa reconquête de l'Etat irakien...
- Le Baath au pouvoir
- La déclaration du 11 mars 1970
- La "Révolution kurde" de 1974
- Les Accords d'Alger et l'effondrement kurde


Chapitre IV : La Première Guerre du Golfe et l'Anfal des Kurdes :
Saddam Hussein était entre temps devenu président de la République irakienne, le 17 juillet 1979, après avoir évincé en douceur son cousin Ahmed Hassan Al-Bakr du pouvoir. Il avait continué d'éliminer ses rivaux au sein du parti unique, le Baath, en les accusant de comploter avec le frère ennemi baathiste de la Syrie voisine...
- La guerre Iran-Irak
- L'Anfal des Kurdes
- Les "Amis de Saddam" et l'aide internationale



Chapitre V: La Deuxième Guerre du Golfe et le "grand Exode" :
Le Koweït, qui dépendait du vilayet de Bassora sous l'Empire ottoman, était devenu un protectorat britannique en 1899, lorsque le cheikh de ce pays assassina son propre frère. Cette instabilité politique donna l'occasion aux Britanniques, qui avaient des visées coloniales dans le Golfe, de contrôler ce petit territoire qui leur assurait une position stratégique, entre l'embouchure du Chatt Al-Arab et les ports iraniens...
- L'invasion du Koweït
- L'opération Tempête du désert
- La survie du régime irakien
- Le soulèvement de mars 1991
- Le "Grand Exode"


Chapitre VI : La résolution 688 et la zone d'autonomie kurde :
Depuis l'admission de l'Irak au sein de la Société des Nations, le problème kurde en Irak était devenu une question interne, au vu du droit international. Ni le mouvement de décolonisation du milieu du siècle dernier, ni le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes ne semblaient concerner le Kurdistan. L'intangibilité des frontières fut le maître mot des grandes puissances comme des pays du Tiers-Monde. Pour qu'un pays soit reconnu "colonisé", il faut qu'il soit iccupé par une puissance coloniale qu'aucune continuité territoriale ne lie aux ethnies dominantes. Par ailleurs, aucun Etat n'a pu envisager de mettre en jeu ses relations avec l'Iran, la Turquie et les pays membres de la Ligue arabe pour soutenir la cause kurde, quelle que soit sa justesse...
- L"'internationalisation de la "Question kurde"
- La résolution 688
- Provide Comfort et Safe Haven
- Le "baiser de Bagdad"
- Les raisons du retrait irakien
- Les Kurdes laissés à eux-mêmes


Chapitre VII : Naissance d'une autonomie politique au Kurdistan : une situation inédite :
Sur le terrain politique, la situation était assez confuse. Chaque parti accordait sa protection à ses sympathisants, chaque formation kurde disposait de ses propres milices, tentait de concurrencer les autres, et prétendait représenter une fraction importante de l'opinion publique. Les armes étaient très répandues, même dans les rues..
- Le Front du Kurdistan et les élections de 1992
- Le scrutin du 19 mai 1992
- Le compromis du "fifty-fifty"


Chapitre VIII : Les nouvelles institutions politiques au Kurdistan : un Etat qui ne dit pas son nom :
Le Kurdistan fut officiellement nommé Région, Herêm en kurde, mot équivalent à l'arabe Iqlim, un terme qui avait été employé pour désigner la Syrie et l'Egypte sous la République arabe unie, entre 1959 et 1962. La "Région du Kurdistan" fut dorénavant la dénomination officielle de cette entité qui se créa au nord de l'Irak...
- Un régime parlementaire
- Le chef du Mouvement de libération du Kurdistan
- Le Conseil du Gouvernement
- Le partage du pouvoir


Chapitre IX : La guerre civile :
L'accord de partage des pouvoirs entre le PDK et l'UPK, et leur tentative de marginalisation des autres forces politiques sembla d'abord fonctionner. Officiellement, l'entente était bien sûr parfaite et l'image donnée à l'étranger était celle d'un pays qui avait su se doter d'institutions démocratiques et qui, en tant que victime, avait besoin d'une aide internationale pour reconstruire ses milliers de villes et villages détruits...
- Un consensus fragile
- Premiers affrontements
- La supériorité militaire de l'UPK
- L'occupation du Parlement
- Les pourparlers de Rambouillet
- L'isolement du PDK


Chapitre X : L'internationalisation du conflit
Depuis le 1er mai 1994, la guerre civile avait essentiellement opposé les combattants des deux principales formations kurdes, sans intervention militaire directe de l'extérieur. A partir de juillet et d'août 1996, le conflit kurde prit parfois le caractère d'un affrontement entre l'Iran et la Turquie, par Kurdes interposés...
- L'Iran entre dans le jeu
- Le coup de poker de Barzani ou l'alliance avec le diable
- La débâcle de l'UPK
- Le retour au dualisme et le partage du Kurdistan
- Le PDK face à une triple alliance


Chapitre XI : Le bilan de la guerre civile :
La guerre civile au Kurdistan avait porté un rude coup à l'image des Kurdes et aurait pu remettre en cause la protection internationale dont ceux-ci bénéficiaient. Depuis le début des affrontements entre les sympathisants de l'UPK et ceux du PDK, en 1994, la presse occidentale avait rendu compte des événements au Kurdistan, ce qui avait contribué à détériorer l'image des Kurdes. La guerre civile avait également fourni l'occasion au régime irakien de marteler l'idée que les partis kurdes étaient incapables de s'auto-administrer. L'apogée de la médiatisation négative du conflit se situa au moment de l'intervention irakienne à Erbil, qui permit au Parti démocratique du Kurdistan de reprendre la ville...
- Les conséquences néfastes de la guerre
- Les réactions à l'étranger
- Les effets positifs de la guerre


Chapitre XII : La reconnaissance politique des Kurdes : une variable au gré des circonstances :
Le Parlement du Kurdistan avait déclaré unilatéralement la Région comme une entité fédérée dépendante de l'Irak. La situation du Kurdistan permettait une flexibilité concernant ses attributions. Cette "Région fédérée" avait les institutions d'un Etat indépendant pour répondre à la nécessité que requérait cette situation exceptionnelle. Elle se réservait peut-être aussi le droit de proclamer sa séparation de l'Irak, si la situation internationale le permettait...
- Un statut juridique en devenir
- Les raisons du choix fédéraliste
- Une indépendance de facto et une législation libérale
- Une diplomatie parallèle
- Les relations avec l'ONU
- Les ONG au Kurdistan
- Les partis politiques étrangers
- La presse internationale


Chapitre XIII : La Troisième Guerre du Golfe :
Le Kurdistan se prépara aux changements annoncés par les Américains dès la fin de l'année 2001. La volonté de renverser le régime irakien avait été en effet clairement exprimée par les officiels américains à leurs interlocuteurs kurdes. Les Etats-Unis demandèrent aux Kurdes de se préparer à la guerre contre l'Irak en s'unifiant, en rassemblant les différentes tendances politiques, ethniques et confessionnelles irakiennes, pour faciliter l'invasion et pour administrer l'Irak de l'après-Saddam Hussein. Il fallait aussi que le Kurdistan joue un rôle militaire et profite de ses réseaux de renseignements à l'intérieur de l'Irak pour soutenir les efforts des Américains...
- Le Kurdistan se prépare à la guerre
- Un Parlement réunifié
- Une constitution pour le Kurdistan
- Préparer l'après-Saddam Hussein
- La menace turque
- Les motifs de cette guerre
- Operation Iraqi Freedom


Chapitre XIV : L'effondrement de l'Irak et l'occupation américaine :
Une fois le régime irakien tombé, les Alliés contrôlaient l'ensemble du territoire irakien. Mais il leur restait l'après-guerre à gérer. Cette tâche s'avéra plus difficile que prévue et un régime d'occupation militaire s'instaura pour plus d'un an. Cette période transitoire suscita des critiques et des divergences, quant à la gestion et la refondation de l'Etat irakien...
- La désintégration de l'Etat irakien
- La légalisation a posteriori de la guerre
- Le chaos sécuritaire
- La refondation de l'Irak : un Etat prioritaire
- Les raisons de l'instabilité
- Les effets positifs de la libération
- La Loi sur l'administration provisoire
- L'exception kurde


Chapitre XV : L'indépendance de l'Irak et les élections du 30 janvier 2005 :
Le 8 juin 2004, le Conseil de sécurité vota la résolution 1546 sur la souveraineté de l'Irak qui mettait fin au régime de l'occupation militaire, à l'Autorité provisoire de la Coalition et au Conseil du gouvernement intérimaire irakien. Elle reconnaissait la pleine souveraineté de l'Irak et de son nouveau gouvernement intérimaire, formé le 1er juin 2004. Elle fixait enfin la date du 30 juin pour que l'indépendance soit effective...
- La résolution 1546
- Les élections du 30 janvier 2005
- Victoire chiite et appel au consensus
- Les deux présidents kurdes
- La constitution irakienne
- Une large autonomie au Kurdistan


Chapitre XVI : Le Kurdistan d'Irak : Défis et perspectives :
Le Kurdistan d'Irak qui se présente volontiers comme un ilôt de paix et de relative prospérité dans une région troublée et instable doit relever ses propres défits, internes et externes, liés à sa situation politique atypique et à un développement économique spectaculaire...
- Les défis internes
- Les défis extérieurs :
* La question de Kirkouk
* La Turquie et le PKK
* La question du pétrole


Conclusion
:
La Région du Kurdistan est, si l'on excepte le cas particulier de l'Etat d'Israël, un exemple remarquable (même si jugé imparfait au regard des critères occidentaux) de démocratie et de tolérance des minorités religieuses et ethniques, au regard de l'état des droits de l'Homme dans la plupart des pays du Moyen-Orient. "L'expérience kurde" est donc originale à plusieurs titres et si elle reste fragile en raison du contexte géopolitique, elle demeure cependant un espoir et un réoncofrt pour l'ensemble des populations vivant à l'intérieur de la Région ou bien immédiatement voisines...

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