Le Kurdistan, ce Nâ-Kodjâ-Abâd

Dans mon roman Kawa le Kurde, j'avais appelé le Kurdistan le Pays-des-mots-gelés. Mais à ce sujet, la Turquie en arrive à me donner des leçons d'Ishraq, c'est-à-dire de pensée sohrawardienne, ce qui est un exploit.

Un Kurde d'Irak, par ailleurs citoyen britannique, qui, pour se rendre au Kurdistan d'Irak était passé par la Turquie, a ainsi été agressé, non par des Turcs ordinaires, abrutis par la propagande de base ou militants Loups gris, mais par les forces de sécurité de l'aéroport d'Istanbul, ce qui n'est pas rien comme vitrine internationale.

Et qu'a fait ce pauvre Kurde pour déclencher la foudre des dogues gardiens de la République ?
Il est né à Duhok, tout simplement, Duhok, KURDISTAN, ce qui est impardonnable, car c'est être né, comme dirait Sohrawardî, au Nâ-Kodjâ-Abâd, le Pays du Non-Où.

M. Abdulrahman, en effet, se rendant à Duhok, pour voir sa famille (au moment du Newroz c'est le grand rush) passe la barrière de contrôle des passeports et soudain se voit entouré de policiers qui l'insultent et le malmènent, l'un d'eux pointant même son arme sur sa tête, au cas où le Kurde aurait voulu les mordre.

A ce stade, et ne parlant évidemment pas le turc, et les autres ne parlant pas l'anglais, le sieur Abdulrahman ne savait pas du tout ce qu'on lui reprochait. Il a fallu trouver une femme, faisant partie du personnel de l'aéroport pour lui expliquer son crime : "Tentative de créer un pays", car, expliqua-t-elle : "Il n'y a pas de pays qui s'appelle KURDISTAN !"

Ce qu'apparemment les autorités de Royaume-Uni ignorent aussi. En fait, la Turquie devrait attaquer la reine Elizabeth et le Premier Ministre pour tentative d'inventer un Pays du Non-Où. (source Nâ-kodjâ-abâd.net).

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