Hewler 2

Hier on a démarré cool par un café au lait et une part de gâteau au Sheraton, puisqu’on s’était levé trop tard pour le petit déj du Shereen. Internet café jusqu’à deux heures, et le parc Sami Abdul Rahman avec sa roseraie splendide, enfin vu de jour.




A cette heure là, c’est calme (pas de ciné en plein air, pas de musique) et surtout fréquenté par des étudiants, venus réviser au frais (l’université n’est pas loin).






Naturellement, beaucoup ont envie de se faire prendre en photo, mais seuls ils n’osent pas trop.


En passant devant un groupe avec deux gamins, j’entendais les plus âgés chuchoter et inciter les deux mômes à venir nous aborder pour qu’on puisse parler ensuite, ne sachant pas que je les comprenais. L’un d’eux venait d’Allemagne, d’ailleurs, comme quoi ils reprennent leurs manières de timides sur place. Et puis après qu’on ait bavardé un peu, les plus grands osent enfin demander une photo. Et maintenant qu’on avait tout à fait fraye, une photo avec moi entre les deux aînés. De toute façon c’est presque invariable : ils sont timides et fiers et n'osent pas regarder, et puis si on sourit ils fondent et sourient aussi, et puis voilà…




Le jardin est vraiment immense, avec des milliers et des milliers de rosiers.



En août les plates-bandes étaient seulement en chantier, là ils ont vraiment bien travaillé, toutes
les allées ont des massifs qvec des milliers de roses en tout.


Je peux voir le monument des martyrs de 2002 de jour, alors que je ne l’avais vu que de nuit.



Je me demande d’abord pourquoi des drapeaux de toutes les couleurs sur la gauche, face aux drapeaux du Kurdistan. Roxane me fait remarquer que ce sont les couleurs de l’arc en ciel.

Ah ouais, l’arc-en-ciel face au Soleil du drapeau, tout un symbole.


Puis on file au bazar pour acheter une carte SIM et on se promène longuement dans le souk.


Là aussi faudrait tous les photographier pour ramasser tous les sourires…


Mousseline,


miel,



gomme,


fromages, epices,



et ces chapelets de raisiné séché ou faits avec du jus de grenade, qui ressemblent à des saucisses.


En sortant, juste au bas de la Citadelle, devant un marchand de jus de fruit, on voit un soldat, très brun de peau, qui nous mate et est ravi de pouvoir parler en anglais.


Je le prend d’abord pour unMarine, lit sur l’écussion à son épaule Fidji Isles. Voilà, un soldat fidjien de l’armée australienne. Il a fait six mois à Bagdad, retourne chez lui maintenant « yeaahh ! », et passe ses derniers jours en perm’ à Hewlêr (c’est vrai que ce serait con de se faire sauter les derniers jours à Bagdad).



On repart le soir au Sheraton et Roxane commence à photographier les fresques sur les murs anti-attentats. Du coup, deux peshmergas qui n’avaient pas posé demander à etre photographier ont carrément appelé : « alors là ! si elle photographiait les murs, elles pouvaient bien les photographier eux ! » On tchache, on prend leur nom, aparemment suffit d’envoyer les photos au Sheraton à Ghazi et Sabah rien d’autre. Ça m’étonne toujours un peu leurs adresses space mais ça a l’air de marcher.


En sortant du Sheraton quelques heures après, on les retrouve, alors qu’on attend un taxi. Du coup ravis, ils expliquent toute l’histoire à d’autres (et elle est photographe, et l’autre travaille avec les kurdes, etc), dont un civil responsable de je ne sais quoi, peut-être des hello taxi. Un taxi s’arrete (ils l’ont fortement hélé) et là, crise de rire on est finalement tombé sur le pervers sexuel de Hewlêr qui essaie de conduire d’une main en fourrant l’autre sous nos jupes (sauf qu’avec un jean c’est pas ça). Il ponctue ses mots kurdes d’autres que je ne capte pas et qui ne sont pas arabes. Comme il avait tout de suite demande si on connaissait Ankawa et si c’était bien, ça a fait tilt : « Tu es chrétien toi non ? ISawî ? Masa’î ? » il rigole un peu, nie mollement. Le pire je m'en doutais avant, c’est vrai qu’un kurde ou un Arabe n’aurait jamais fait ca, même allumé (en tous cas pas de cette façon) et on se marre en tachant qu’il nous ramène quand même au Shereen, en imaginant la tête des peshmergas qui l’etriperaient s’ils voyaient ça : encore un conflit religieux ethnique avorté… D’ailleurs ça n’a pas empêché la bête de sexe de d’abord ne réclamer qu’un baiser pour paiement et devant les 3000 dinars que je lui mettais d’autorité sous le nez, de geindre que c’était trop peu, qu’il fallait 20 000 dinars. Ben tiens ! « T’avais qu’à pas nous promener autant !
»




Réveillée ce matin vers 8 heures par une grosse explosion. J’ouvre un œil et Roxane m’assure qu’elle n’y est pour rien, qu’elle a tout fait pour pas faire de bruit mais que ça vient du dehors. Apparemment ça a dû être la méga explosion, pour faire trembler les murs ici. Puis sirènes de police et d’ambulance. Là de la chambre d’hôtel, difficile de savoir où c’est.

C'est en fait le ministere de l'Interieur et les services qui ont morfle. Du Diwan on avait entendu 20 morts et 52 blesses, ca a l'air plus selon Peyamner, allez savoir. Passant devant l'hopital, des tas de gens attendaient, familles ou collegues sans doute, des nouvelles. Merde alors y avait pas eu d'attentats a Hewler depuis 2002, raclures de baathisto-islamistes , va.


PHOTOS SANDRINE ALEXIE NON LIBRES DE DROIT


Commentaires

  1. Piling, tu oublies qu'il y avait eu deux attentats à Erbil contre des jeunes recrues de la police en 2005. Depuis le réseau de Seir Zana avait été démantelé, mais cette pieuvre visiblement a encore des ressources. Mauvaise nouvelle pour la ville.

    Et depuis quand les pervers pépères peuvent-ils impunément peloter les filles à Ankawa ou dans n'importe quel autre quartier chrétien de la région? Tu confonds avec le métro parisien ou est-ce que de retrouver les sourires désarmants des Kurdes te fais virer ultra nationaliste kurde ? C'est plus probable que c'est tout simplement parce qu'il n'a pas l'habitude qu'une femme s'installe à côté de lui que votre pervers taxi a cru pouvoir se permettre des gestes aussi déplacés.
    (enfin j'en déduis que c'était le cas. Tenter de peloter une femme assise à l'arrière tout en conduisant me parait quand même accrobatique, même pour des gens pas vraiment obsédés par la sécurité au volant)

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  2. Il est EVIDENT que nous nous sommes assises à l'arrière du taxi et non devant, et puis quoi encore ? On n'a pas gardé les Peshmergas ensemble, que je sache... et que c'était justement parce que ce crétin tournait le dos à son volant et à la route que l'on pouvait s'inquiéter entre deux crises de fou rire !

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