SYRIE : UN RAPPORT DE l’ONU ALARMANT SUR LA SITUATION DES PAYSANS KURDES


Un haut responsable des Nations Unies, Olivier de Schutter, a dénoncé dans un rapport la condition « inacceptable » faite aux Kurdes de Syrie, après une visite dans ce pays, notamment dans la région de Djézireh où vivent plus de 300 000 kurdes privés de tous droits civiques. « Ils ne peuvent voyager à l’étranger. Ils n’ont pas accès aux emplois publics et sont discriminés pour recevoir des soins ou être éduqués. » a déclaré De Schutter dans une conférence de presse à Damas. Cette région souffre aussi de sécheresse depuis 2005 ce qui a considérablement paupérisé sa population.

Quatre sécheresses consécutives auraient obligé 50 000 familles à fuir leur habitat, la plus sévère étant celle de 2007-2008. Les gouvernorats qui ont le plus souffert sont ceux de Hassaké, Deir ez-Zor et Raqqa. Au total, le rapport estime que 1.3 millions de gens sont touchés, dont 95% dans ces trois régions. 800 000 d’entre eux sont très sérieusement affectés dans leur survie : pour l’essentiel de petits fermiers, dont le blé tendre a été gravement atteint par la maladie de la rouille jaune et les petits éleveurs qui ont perdu entre 80 et 85% de leur cheptel depuis 2005.

Beaucoup de familles ont émigré vers les villes dans l’espoir de trouver des emplois saisonniers ou permanents. Certaines estimations font état de 29 à 30 000 familles ayant émigré en 2009 en prédisant qu’en 2010 ce chiffre s’élèvera encore, pouvant atteindre 50 000 familles. Les plus touchés par cet exode rural sont les fermiers de Hassaké. Une des conséquences de ces migrations et de cette détresse économiques est la chute spectaculaire de la scolarisation. Dans certaines écoles du nord-est de la Syrie, ces taux de scolarisation ont baissé de 80%. Le rapporteur de l’ONU estime que ces familles émigrées remplissent les critères des populations déplacées en interne, définis par les Principes des déplacements internes de 1998, et donc ont droit à un soutien de l’État syrien, où qu’ils se trouvent, à la fois durant leur exode et aussi une fois qu’ils chercheraient à retourner sur leurs terres.

Au sujet des distributions alimentaires préconisées par l’ONU, le rapporteur pointe la situation dramatique des Kurdes « sans papiers » de Syrie qui, de ce fait, ne peuvent bénéficier de cette aide alimentaire. Olivier de Schutter rappelle que le droit à une nationalité et celui de n’en être pas arbitrairement déchu fait partie des droits universels.

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