Coup de projo sur : Hafez Nazerî


Né en 1980, Hafez Nazerî, fils de Shahram Nazerî, commença d'étudier la musique avec son père dès l'âge de trois ans. Excellent joueur de sétar, il joue aussi du tar, du dombak, du tenbûr. A l'âge de neuf ans, il commence à se produire sur scène avec son père. C'est en joueur virtuose de sétar qu'il se fait d'abord remarquer sur les scènes internationales. En 2000, il forme son propre groupe, l'ensemble Rûmî, avec d'autres jeunes musiciens, et joue sur scène ses propres compositions. Ayant rencontré un grand succès pour sa musique innovatrice, Hafez décide, comme avant lui Kayhan Kalhur, d'explorer et d'étudier le répertoire de la musique occidentale et part à New York en 2000, où il vit toujours, ayant reconstitué l'ensemble Rûmî. Avec In the Path of Rûmî, the Rûmî Symphony Project mêle ainsi des musiciens du Moyen-Orient (l'ensemble Rûmî) et d'Occident (de l'orchestre philarmonique de Los Angeles). L'année 2007, qui est aussi celle de Mawlana Jalal od-Dîn, Shahram et Hafez font une tournée où le père chante les poèmes de Rûmî mis en musique par son fils, ce qui a donné le CD, The Passion of Rûmî, un album magnifique, avec une écriture plus libre, plus moderne, plus fougueuse aussi, où Shahram trouve à déployer son tempérament et sa voix extraordinaire, qui ne s'est jamais satisfait du "bon goût" académique de la musique persane classique. Dans une interview donnée au monde, le 16 janvier dernier, il racontait ainsi sa rencontre avec le poète de Konya: " Je suis venu à Rumi, sans doute parce que je suis kurde, raconte Nazéri. Je porte en moi cette culture, ses expressions épiques. Je ne crains pas le trouble. Encore adolescent, je vais chez mon maître, Banan, et je lui chante un poème de Rumi, où il est question d'une tempête, de l'océan, d'un naufrage, et d'une énorme baleine qui boit l'eau et le sang. Banan, surpris et cassant, me dit que ces mots trop violents vont me casser la voix. Que j'agis comme un chauffeur qui dédaignerait la route goudronnée pour le chemin de rocaille. Des années plus tard, je lui ai dit : "Maître, voyez-vous, je suis de ceux qui préfèrent nager dans la houle plutôt que dans une piscine". Il peut être satisfait, son fils lui a offert une mer digne du Bateau ivre.

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