mardi, novembre 24, 2009

Conférence : Dersim 1936-1938




Vendredi 27 novembre 2009, de 9h30 à17h30

Colloque

Dersim : 1936-1938




Organisé par l'Institut kurde de Paris

Assemblée Nationale
Salle Victor Hugo
101, rue de l’Université, 75007 Paris

La révolte de Dersim qui s’étale sur la période 1936-1938, est la dernière des grandes révoltes kurdes sous la République kémaliste en Turquie. Elle est aussi celle qui a été le plus durement réprimée. Prenant l’allure d’une véritable campagne d’extermination, l’ « opération de pacification » de Dersim a laissé un traumatisme durable parmi ses survivants dispersés dans les campagnes anatoliennes, mais aussi, dans l’histoire de la République turque. Certains hauts responsables, parmi lesquels Ihsan Sabri Caglayangil, président par intérim en 1980, Süleyman Demirel, président de la République de 1993 à 2000, l’essayiste Necib Fazil Kisakürek ou encore le général Cemal Madanoglu, ont rappelé, par le truchement des mémoires et déclarations, l’horreur de cette campagne. De même, un hebdomadaire turc, Nokta, lui a consacré un numéro spécial. Plusieurs chercheurs, parmi lesquels le sociologue Ismail Besikci et l’anthropologue Martin van Bruinessen ont établi des parallèles entre la répression de 1936 et 1938 et les violences génocidaires du 20ème siècle.

A la base de la décision du pouvoir kémaliste de détruire cette région kurdo-alévie, il y a une déclaration présidentielle de 1935 décrivant Dersim comme un « abcès » au sein de la République désormais largement turquifiée, puis, une loi spécifique datant de la même année. Pour le pouvoir, Dersim, qui jouissait d’une autonomie de fait, posait en effet un triple problème : un problème historique, car comme le rappelait le général Kâzim Karabekir, cette région « hérétique » avait par le passé résisté au pouvoir ottoman et sauvé nombre d’Arméniens lors du génocide de 1915 ; un problème « national », car elle était considérée comme le dernier refuge d’une kurdicité défaite dans les autres parties du Kurdistan ; un problème « civilisationnel », enfin, car Dersim constituait aux yeux du pouvoir un « continent clos » où la Révolution kémaliste ne parvenait pas à s’implanter. La destruction de la province, la déportation de ses habitants et la constitution d’une nouvelle entité administrative nommée Tunceli (« Main de Bronze » ou « Pays du Bronze ») étaient dès lors posées comme autant de conditions préalables de la turquification de cette région dissidente et de son « entrée dans la civilisation ».

Le colloque de l’Institut kurde de Paris, « Dersim : 1935-1938 » vise à établir, en partant des travaux universitaires déjà effectués, des recueils de l’histoire orale et des fonds d’archives, un état des lieux de la recherche sur l’ensemble de cette période.

lundi, novembre 23, 2009

"On Vulnerable Ground", rapport de HRW sur Ninive (suite)


Contrôle et protection kurdes :

Le début de ce passage commence par une interprétation discutable des élections provinciales de 2009, en tout cas à nuancer. HRW affirme ainsi que le scrutin fut un recul pour les Kurdes dans la province de Ninive, bien qu'ils aient largement arrosé d'argent les minorités de Ninive. Or, si, comme ils l'ont eux-mêmes indiqué plus haut, les élections de 2005 ont été remportées dans tout Mossoul en raison du boycott sunnite, il est évident que les résultats allaient être modifiés dès lors que les arabes sunnites, majoritaires, participaient. Mais 19 sièges sur 34, ce n'est pas non plus une victoire écrasante, même dans tout Mossoul-Ninive, et la liste Fraternité kurdo-chrétienne l'emporte dans les districts justement réclamés par le GRK (Sindjar, Sheikhan, plaine de Ninive) ce qui fait dire, aux officiels du GRK, que ces dernières élections ont bel et bien fait figure de référendum.

Élections provinciales de janvier 2009 :

* Al-Hadbaa Liste Nationale (nationalistes sunnites): 48.4% - 19 sièges sur 34
* Fraternité Ninive (Coalition Kurdo-chrétienne) : 25.5% - 10 sièges
* Parti islamique (parti sunnite, coalisé avec Maliki) : 6.7% - 3 sièges
* Front turkmène (proches d'Ankara) : 2.8% - 1 siège
* Rassemblement pour le projet irakien (sunnite) : 2.6% - 1 siège
* Al-Mehrab ou Liste des Martyrs (parti chiite de l'ayatollah Al-Hakim) : 1.9%
* Liste de l'Unité nationale irakienne : 1.8%
* Liste irakienne nationale (alliance laïque sunnites-chiites qui a rassemblé notamment deux anciens Premiers ministres, Allwai (chiite) et Yawer (sunnite)) : 1.8%

Le texte poursuit ensuite sur un "on rapporte que" Sarkis Aghakan, l'ancien ministre des Finances, "aurait dépensé des millions de dollars dans les territoires disputés". Qu'il y ait eu énormément de dépensé pour les chrétiens, ça ne fait pas de doute mais je ne suis pas sûre que cela ne couvre pas aussi la chaîne Ishtar, les partis chrétiens pro-Kurdistan, la presse, l'accueil et le logement des réfugiés, l'ouverture d'école de part et d'autre de la frontière de la Région, en plus de financer la protection des villages de Ninive. Quoiqu'il en soit, la "marque" de Sarkis Aghajan est visible dans la région, avec nouveaux logements, églises, aide sociale, clubs de sport et de jeunesse, etc. Cela dit, ils n'ont qu'à aller à Ankawa et dans toutes les grandes villes du Kurdistan, même Shaqlawa, ils trouveront la même chose. Ce n'est pas réservé aux chrétiens de Ninive.

Mais cela suscite méfiance, suspicion, ou aigreur, de la part de "membres du clergé). Ainsi le propos d'un "prêtre de Qaraqosh" est transcrit tel quel : "Les Kurdes ont un agenda caché et utilise l'argent pour se coopter les chrétiens – ce n'est pas parce qu'il veulent aider notre peuple... Je crois que quiconque est en désaccord avec cet agenda risque sa vie."

Ce qui est dommage, quand HRW rapporte de tels propos, c'est qu'il ne mentionne pas à quelle faction politique appartiennent les chrétiens opposés à la liste Fraternité. Ni même qui ils sont et d'où ils viennent. Par exemple, tout le séminaire de Baghdad, la plupart du Patriarcat, se sont repliés entre Ninive et Ankawa, et pas parce que les Kurdes les menaçaient. Mais à l'intérieur même du clergé, par exemple chaldéen, la fraction arabe est à couteaux tirés avec la fraction kurdistanî. Quant au Patriarche il essaie à tout prix de garder le contrôle politique tout autant que spirituel sur l'ensemble des Chaldéens et a même écrit à Massoud Barzanî pour protester contre la mention des Assyriens Chaldéens etc, en voulant que, comme dans la Constitution irakienne, les Chaldéens soient mentionnés comme un peuple à part (et ceci contre la volonté de ses ouailles elles-mêmes dont les députés ont failli faire une crise pour des histoires de virgule, comme nous l'avons vu). D'autres chrétiens appartiennent au Mouvement démocratique assyrien, un temps soutenu par le PDK, brouillé avec depuis. Des chrétiens venus de Bagdad, ou de Basra se sentent "Irakiens" (en étant totalement arabisés), tandis que des chrétiens locaux, ou du Kurdistan ne parlent même plus l'arabe. Bref, ce qui est gênant dans le rapport, c'est qu'ils n'ont pas l'air d'interroger la neutralité des élites dès lors qu'elles protestent contre le GRK, les présentant comme parole absolument neutre, alors que les pro-Kurdistan sont présentés implicitement comme terrifiés ou achetés.

Or il y a très peu de factions neutres dans cette histoire. Et évidemment, le clientélisme à l'irakienne ou à la kurde joue à fond. Celui qui paie le plus a le plus de partisans, ce qui n'est pas une surprise. Ainsi d'autres "représentants chrétiens" (de quoi ? quel type de représentation ?), accusent le GRK d'acheter des allégeances tribales (c'est aussi de la même façon que l'Irak a rallié les tribus sunnites dissidentes) et de nourrir des "divisions internes" dans les minorités, en fondant des sociétés alternatives (à qui ?) qui favoriseraient le pouvoir kurde et bloqueraient les autres.

Ce que je crois sans peine, de même que les "églises" ou des ONG hostiles aux Kurdes se sont vu couper les fonds par le GRK. C'est tellement évident dans l'esprit des Kurdes qu'ils ne s'en cachent absolument pas et la réponse de Mohammed Ihsan, l'ancien ministre des Affaires extra-régionales, chargé de ces territoires donc, est des plus limpides et ingénues : "Nous ne sommes pas des anges, nous sommes des politiciens, et c'est la politique. Rejoignez-nous et nous vous donnerons ceci et cela", tout en niant les pressions et les menaces. Quant aux fonds dont disposait Sarkis Aghajan, le (toujours) ministre de l'Intérieur, Karim Sindjari, a répondu tout aussi nettement : "Ce n'est pas l'argent d'Aghajan, mais l'argent du GRK... Il n'a rien fait par lui-même, il l'a fait par le biais du GRK. Le Premier Ministe l'avait ordonné."

Ce qui est sûr, c'est que c'était effectivement la politique de Nêçirvan Barzani au sein même de la Région et pas seulement pour les chrétiens. Le Centre Lalesh des Yézidis à Duhok était soutenu financièrement par lui, ainsi que des programmes de relogement des chrétiens dans leurs anciens quartiers, comme à Zakho, en indemnisant les musulmans qui s'y étaient installés entre temps. Parfois c'était effectivement les Finances, parfois c'était directement le Premier Ministre.

Est-ce un si grand traumatisme pour les chrétiens de se faire arroser de partout ? Sheikh George Kako, un leader chrétien "pro-Kurdistan" (un chrétien qu'on appelle Sheikh et Kako, celui là on est SÛR qu'il est ne vient pas du sud arabe...) raisonne comme un paysan madré, en confirmant à HRW : " Je souhaite que la région reste disputée cent ans car nous continuerons à recevoir des fonds des deux côtés. Laissons-les nous entretenir."

Il est intéressant –ou significatif – que HRW n'ait pas relevé "les deux côtés" de ces propos en demandant quel était l'autre parrain. De façon générale, les "représentants des minorités" interrogés viennent des factions anti-Kurdistan, que ce soit les Shabaks, les chrétiens, les yézidis. On aurait quand même pu équilibrer les dires en présentant les points de vue divergents, mais ce n'est jamais le cas. Les leaders hostiles au GRK "représentent" toute leur communauté, les leaders pro-Kurdistanî sont quasi-absents du rapport ou confondus avec "les Kurdes"

Il est dit ainsi que "les Kurdes" soutiennent le centre culturel Lalesh, et paient les employés, centre qui a des branches dans la plupart des villes kurdes (toujours sans distinguer la Région et les territoires extérieurs). Il aurait été judicieux de préciser que le siège en est à Duhok et que cette politique des minorités n'est pas seulement destinée aux territoires revendiqués, c'est celle que le GRK applique dans la Région (le clientélisme aussi et pas seulement envers les minorités). Et que par ailleurs les dirigeants de ces centres sont des notables politiques, parfois députés, de la Région du Kurdistan. Il est d'ailleurs étonnant qu'ils ne soit jamais fait mention de Mîr Tahsin Beg, qui est quand même le chef, en principe spirituel et politique des Yézidis, et qui n'est pas dur à trouver à Sheikhan. Il aurait été intéressant de l'entendre à ce sujet.

Vient un point sur lequel vont se planter royalement les rapporteurs de HRW, c'est la question des ethnies. Tout commence par un propos de Qusay Abbass, le seul élu shabak au Conseil provincial de Ninive (les autres boycottent, s'ils font partie de la liste Fraternité, ou n'ont pas eu de siège), qui accusent les Kurdes de vouloir les "kurdifier" comme les Arabes ont voulu les arabiser auparavant. Tout comme les partis yézidis "indépendants" c'est-à-dire anti-GRK, qui se plaignent d'être marginalisés en étant écartés de la manne financière du GRK. À vrai dire, je ne vois pas trop comment le GRK aurait le devoir de financer des partis adverses ou pro-"on reste dans l'Irak"...

La question est plus pertinente concernant l'administration et la sécurité assurées par les milices locales. Étant financées par le GRK, il est évident que ce n'est pas une force neutre. Karim Sinjari souligne que les Peshmergas sont dans la Région depuis 2004 à la demande des USA et de l'Irak du temps où Mossoul-Ninive ressemblait à Falloujah. Le fait est que la "protection" kurde a sécurisé les lieux, même si ce n'est pas autant que dans la Région du Kurdistan (mais on ne peut demander aux Peshmergas de moins contrôler Ninive et en même temps d'assurer la sécurité quasi-totale qu'il y a dans les provinces de Duhouk, Erbil et Suleïmanieh, c'est pourtant ce qu'on va leur reprocher plus loins).

Karim Sinjari affirme que les gens qui vivent dans les territoires revendiqués souhaitent le rattachement au GRK. Bassem Bello, maire chrétien de la ville mixte de Tell Kaif (mi-chrétiens mi-arabes sunnites), voit les forces kurdes comme "illégales". À ce stade, on se dit que vivement un référendum qui éclaircirait les positions des uns et des autres, mais on peut l'attendre encore longtemps...

Vient ensuite les plaintes concernant les Peshmergas et les Asayish.

(à suivre)

dimanche, novembre 22, 2009

La Rose de Djam : I, L'Appel des Quarante, V, Les Brigands


« Cagade de bougresse ! »

Pèir Esmalit roula, froissa, hacha le menu mot que lui avait laissé sa garce d’épouse, tandis que l’anneau de leurs épousailles, contenue dans le message, roulait à terre. La fureur qui l’avait saisi à sa lecture n’était pas petite et le sort de ses hommes, partis sur les routes avec les frères et les mamelouks de cette traîtresse, le tracassait.

Se joignait à l’inquiétude, l’humiliation brûlante de s’être laissé berner comme le premier cocu venu. Il avait honte, oui, et brûlait d’une autre blessure, mais qu’il n’avouerait jamais et pas même en sa conscience, parce que lui, Pèir Esmalit, capitaine de la meilleure route de Syrie, n’allait pas tourner au chevalier chanteplore abandonné par sa dame. Non ! Il n’allait pas se laisser abattre par une femelle, fourbe et vaine comme elles le sont toutes, il l’avait toujours su, paysanne ou châtelaine, toutes des catins ! Tant pis pour elle, qu’elle aille se faire forcer par tous les brigands de grand chemin si elle avait réussi à déjouer la surveillance de ses Gascons.

Lui avait bien autre chose à penser.

La preuve, son lieutenant Jauffre venait l’avertir benoîtement :
– Capitaine, le Turc est sous nos murs.

samedi, novembre 21, 2009

TV, radio

TV :


Mardi 24 novembre sur Cinécinéma Club à 22h30 : Yol, de Yilmaz Güney et Serif Gören.










Vendredi 27 novembre à 20h40 sur Planète Doc : Les Rois du désert, documentaire de Diego Buñuel (France, 2003), dans le cadre de la semaine "20 ans de l'agence Capa".

à 20h35 sur Histoire : Les derniers jours de Zeugma, documentaire de Thierry Ragobert (France-Belgique, 2000).

Radio :


Samedi 21 novembre à 16h45 sur Fréquence protestante : Les chrétiens d'Irak, d'Istanbul à Bagdad, avec Sébastien de Courtois (EPHE). Par C. Boulanger.


à 22h11 sur France Culture : Oleg Grabar, historien d'art, spécialiste de l'art islamique, correspondant étranger de l'Académie des inscriptions et Belles-Lettres. Affinités électives, Francesca Isidori.

Dimanche 22 novembre à 6h00 et 22h11 : Le génocide arménien, avec Ahmet Insel, économiste et Michel Maria, philosophe. Cultures d'Islam, A. Meddeb.

à 14h05 sur France Inter : Orhan Pamuk. Cosmopolitaine ; P. Jacques.

Du Lundi 23 au jeudi 26 à 20h00 : Lucette Valensi, historienne spécialiste de l'Islam méditerranéen ; À Voix nue, V. Beaumont :

- Lundi : De l'orientalisme à l'anthropologie du monde musulman;
- Mardi : Écrire l'histoire de l'Afrique du nord;
- Mercredi : L'historienne et la définition des espaces de recherche;
- Jeudi : Les itinéraires de la mémoire;
- Vendredi : Lucette Chemla, la céramique et le TGM (Tunis-Goulette-Marsa).

Jeudi 26 à 13h30 sur RCF : Ibn Khaldûn, le grand historien de l'Islam, avec Gabriel Martinez-Gros, historien du Moyen-Âge arabe, par M-F. Tinel.

vendredi, novembre 20, 2009

"Kermanshan est notre ville, nous ne la céderons à personne"

16 novembre, Université de Téhéran. Hommage et protestation des étudiants kurdes après la pendaison de Ehsan Fattahiyan. Discours et slogans :

Le Kurdistan sera une tombe pour ses ennemis (ou pour les fascistes) ;

le Kurdistan est prêt pour la résistance ;

Non aux prisons, fédéralisme en Iran !

Terreur, exécution, torture, c'est la justice islamique !

Kermanshan est notre ville, nous le la céderons à personne ;

Tant que les Kurdes vivront, le Kurdistan continuera d'exister ;

Vive le Kurdistan, mort aux terroristes !

Donnez-nous la liberté ou la mort !

Libérez tous les prisonniers politiques.







On le voit, ceux-là, à ce moment-là, sont loin de la "Révolution verte". C'est une autre partie qui se joue, et qui remonte à bien plus loin.

Depuis, selon le blog du PDK-Iran à Londre, 5 des étudiants ont été arrêtés. Il s'agit de :

Leila Mohammedi
Pekhshan Azizi
Sirwe Weisi
Ahmed Ismaili
Amanj Heydari.

Par ailleurs sur le même blog il est indiqué qu'une quarantaine de prisonniers politiques kurdes sont en grève de la faim.

jeudi, novembre 19, 2009

Les Kurdes et la Grande Peste


En ces temps d'épidémie, un petit flash back pour se remettre dans l'ambiance... Les horreurs de la Peste noire qui tua sans doute un tiers de la population au Moyen-Orient et un tiers de l'Europe. Apparue en 1347 en Égypte, la France la vit passer entre 1351-1355, l'Angleterre dans les années 1360. On voit que la maladie a eu le temps de tourner.


D'Asie centrale, de l'Iran, du Kurdistan, il semble que ce soit les campements mongols et les soldats qui n'aient pas qu'un peu aidé à sa propagation. L'Empire mongol était une des premières tentatives de mondialisation des échanges et du pouvoir. On en a vu vite les effets nocifs...

« C’est alors qu’éclata une épidémie de peste comme on n’en avait encore jamais vu depuis l’Islam. Elle s’introduisit en Égypte à la fin de la saison où les prairies verdissent, donc pendant l’automne au cours de l’année 748 (1347). Elle s’infiltra dans l’ensemble du pays dès le début de Muharram 749 (avril 1348) et atteignit son maximum en Égypte durant les mois de Sha’bân, Ramadân et Shawwâl (de novembre 48 à janvier 49).
La mortalité journalière au Caire et au Vieux-Caire fut de dix, quinze et même vingt mille personnes. Les civières et les banquettes destinées au lavage des corps furent fabriquées gratuitement. D’ailleurs on transportait les morts, la plupart du temps, sur de simples planches, sur des échelles, sur des battants de porte : on creusait des fosses dans lesquelles on jetait trente, quarante cadavres, ou même davantage. L’individu atteint de la peste crachait le sang, poussait des hurlements et mourait. La famine se faisait également sentir dans tout l’univers.


Cette épidémie était sans précédent, en ce sens qu’elle n’affecta pas spécialement une région à l’exclusion d’une autre, mais qu’elle s’étendit à toutes les parties de la terre, à l’Orient comme à l’Occident, au Nord comme au Sud ; en outre elle engloba non seulement toute l’espèce humaine, mais aussi les poissons dans la mer, les oiseaux du ciel et les bêtes sauvages.
Elle prit naissance au pays du grand Khan, dans le premier climat, à six mois de marche de Tebriz, contrée habitée par les Hitai et les Mongols, qui adorent le Feu, le Soleil et la Lune, et qui sont subdivisés en plus de trois cent tribus. Tous périrent sans raison apparente, dans leurs campements d’hiver ou d’été, dans les pâturages ou au cours de leurs randonnées à cheval ; leurs montures périrent aussi, et les cadavres des bêtes et des gens étaient abandonnés sur place. Cette catastrophe s’est produite en l’année 742 (1341) selon les informations en provenance du pays d’Uzbek.
Le vent transmit la puanteur de ces cadavres à travers le monde : lorsque ce souffle empoisonné s’appesantissait sur une cité, un campement, une région quelconque, il frappait de mort à l’instant même hommes et bêtes. Les soldats de l’armée du grand Khan périrent en nombre considérable, que Dieu seul connut. Le grand Khan lui même et ses six enfants moururent également, et personne ne subsista pour assurer le gouvernement.

La contagion gagna toutes les régions de l’Orient, le royaume d’Uzbek, les parages d’Istanbul et de Césarée de Cappadoce, pénétra à Antioche, où toute la population disparut….

C’est ainsi que la population des montagnes de Qaramân et de Césarée fut presqu’entièrement anéantie, en même temps que les bêtes de charge et le bétail. De peur d’être victimes de cette calamité, les Kurdes se lancèrent dans l’émigration, puis, rencontrant partout des cadavres, ils revinrent à leur point de départ et succombèrent tous….

Des pluies torrentielles, comme on n’en avait jamais signalées, étaient tombées à une époque inaccoutumée dans le pays des Hitai. Les bêtes de trait et le bétail souffrirent et périrent sans exception, puis ce fut le tour des humains, des oiseaux et des bêtes sauvages, et la région des Hitai devint déserte. En trois mois, seize princes moururent. La Chine fut presque complètement dépeuplée. L’Inde subit aussi ce fléau, mais dans des proportions moindres que la Chine.
Ce fut ensuite le tour de Bagdad. L’homme se découvrait soudain un gros abcès au visage : à peine y portait-il la main qu’il mourait subitement….

A Damas la maladie se manifesta de la façon suivante : un petit bouton poussait derrière l’oreille, qui suppurait rapidement, puis c’était un bubon sous l’aisselle, et la mort survenait très vite. On nota aussi la présence d’une tumeur qui causa une sérieuse mortalité. Quelque temps plus tard, ce furent des crachements de sang, et la population était terrifiée de la multitude des décès : le maximum de survie après les crachements de sang était de cinquante heures. La mortalité journalière à Alep fut de cinq cent personnes. A Gaza, du 2 Muharram au 4 Safar (un mois) selon le rapport du gouverneur de la province, plus de vingt deux mille personnes décédèrent et les marchés furent fermés.
Cette mortalité gagna les terrains de culture de la banlieue de Gaza. C’était la fin des labours : on trouvait certains hommes morts tenant en main leur charrue ; d’autres étaient tombés le poing fermé sur des semences. Les bestiaux furent frappés : on narra l’incident d’un paysan qui avait emmené vingt bœufs pour travailler dans son champ : ils moururent l’un après l’autre ; l’homme les vit tomber et rentra à Gaza, d’où il partit pour le Caire.
A Qatyâ les cadavres étaient épars sous les palmiers et devant les boutiques : il ne resta plus que le préfet, deux de ses domestiques et une vieille servante. Ce préfet démissionna et le vizir le remplaça par Mubarak, majordome de Tukhjy.

Dans tout le Delta, les corps gisaient sur les chemins, car on ne trouvait personne pour les enterrer. A Mahalla, la mortalité fut si forte que le préfet ne recevait plus de plaignants, et le cadi requis pour une signature destinée à la validation d’un testament ne pouvait se procurer de témoins qu’au prix d’énormes difficultés, par suite de leur nombre infime. Les hôtelleries n’étaient plus gardées.
L’épidémie s’étendit à toute la campagne au point que presque tous les fellahs moururent. On ne pouvait trouver personne pour faire rentrer les cultures. Les riches se dégoutèrent de leur fortune et la distribuèrent aux pauvres…
Dans la Buhayra, les barques contenaient leurs équipages de pêcheurs morts, ayant en main des filets remplis de poissons morts : les poissons étaient couverts de boutons.

Au Caire et au Vieux Caire, la peste atteignit d’abord les femmes et les enfants, puis les vendeurs, et le nombre de décès devient très grand. Le Sultan partit pour Syriaqûs et y demeura du 1er au 20 Rajab. Au début la mortalité journalière fut de trois cent personnes pour dépasser, à la fin de Rajab, le chiffre de trois mille….
La peste augmenta par la suite au point qu’il fut impossible de dénombrer les morts. A la fin de Ramadan, le sultan revint de Siryâqûs. En Shawwâl, apparurent de nouveaux symptômes qui consistaient en crachements de sang. Le malade ressentait une fièvre intérieure, suivie d’une envie incoercible de vomir, puis il crachait le sang et mourait. Personne n’avait le temps de consulter les médecins ni de prendre des potions ou des médicaments, tant la mort survenait brusquement. Au milieu de Shawwâl, les cadavres s’amoncelaient dans les rues et les marchés ; on finit par désigner des équipes pour procéder aux inhumations et de pieuses personnes se tenaient en permanence dans les divers lieux de prière du Caire et du Vieux Caire pour réciter les oraisons funèbres. Cette épidémie dépassa les bornes de l’entendement et il fut impossible de dresser une statistique. Presque toute la garde royale disparut et les casernes de la Citadelle furent vidées de leurs effectifs.
 Au début de Dû l-qa’da (21 janvier) le Caire était devenu un désert abandonné, et l’on ne voyait aucun passant dans les rues : un homme pouvait aller de Bab Zuwayla à Bab al Nasr sans rencontrer âme qui vive. Les morts étaient trop nombreux et tout le monde ne pensait qu’à eux. Les décombres s’entassaient dans les rues. Les gens circulaient avec des visages inquiets. De partout on entendait des lamentations
…


On effectua le dénombrement des personnes pour lesquelles on avait récité les prières des funérailles dans les oratoires des faubourgs hors de Bab al Nasr, de Bab Zuwayla, de la Porte brûlée, de l’esplanade de la Citadelle, à l’oratoire du Tueur de Lions en face de la mosquée de Qaswûn : en deux jours, on compta treize mille huit cents décès, sans y adjoindre ceux qui périrent dans les marchés, dans les propriétés non bâties, à l’extérieur de la porte du Fleuve, ceux qui furent abandonnés dans les boutiques, ou dans les quartiers de Hussayniyya et de la mosquée d’Ibn Tulûn…
Suivant une autre estimation, il y eut vingt mille décès en une seule journée. La statistique des funérailles au Caire, durant les mois de Sha’bân et de Ramadan (novembre et décembre), donna le chiffre de neuf cent mille ! »

Ibn Tagrîbirdî, La Grande Peste (historien mamelouk né en 812/1409, s’appuie sur des témoignages, et poursuit l’histoire d’Egypte).
Traduction de G. Wiet in Etudes d’Orientalisme dédiées à la mémoire de Levi-Provençal, Maisonneuve et Larose, Paris, 1962.

Il n'est pas précisé d'où ces Kurdes émigrèrent pour fuir la peste et d'où ils s'en retournèrent, pour finalement mourir. Comme l'historien vient tout juste de mentionner l'Anatolie centrale, Kahraman, Kayserî, il est possible que ce soit le Diyar Bakr, ou même plus à l'ouest, puisqu'ils s'étaient avancés sous la poussée mongole.

Rappelons aussi, pour les amateurs de frissons médiévaux, que madame Xenopsylla Cheopis, est une des puces agentes de la Peste noire qui existe toujours dans un de ses "réservoirs naturels" du Kurdistan... On comprend dès lors que des populations de nomades avec leurs troupeaux, soient de très bons passeurs de l'épidémie, tout en en étant bien sûr les victimes privilégiées.

Recension : Syria's Kurds. History, Politics and Society



Paru en septembre 2008, l'ouvrage de Jordi Tejel sur les Kurdes de Syrie vient de faire l'objet d'une recension par Boris James dans la Revue des Mondes musulmans et de la Méditerranée. Pour ceux que le livre tenterait mais qui ont du mal avec l'anglais, ils doivent savoir, histoire de râler davantage, que le livre a été initialement écrit en français et traduit en l'anglais pour la publication, voilà voilà.

Hardcover
Publisher: Routledge (September 2008)
Language: English
ISBN-10: 0203892119
ISBN-13: 978-0203892114

Présentation

This book is a decisive contribution to the study of Kurdish history in Syria since the Mandatory period (1920-1946) up to the present.

Avoiding an essentialist approach, Jordi Tejel provides fine, complex and sometimes paradoxical analysis of the articulation between tribal, local, regional, and national identities, on one hand, and the formation of a Kurdish minority awareness vis-à-vis the consolidation of Arab nationalism in Syria, on the other hand.

Using unpublished material, in particuliar concerning the Mandatory period (French records and Kurdish newspapers) and social movement theory, Tejel analyses the reason behind the Syrian "exception" within the Kurdish political sphere. In spite of the exclusion of Kurdishness from the public sphere, especially since 1963, Kurds of Syria have avoided a direct confrontation with the central power, most Kurds opting for a strategy of 'dissimulation', cultivating internally the forms of identity that challenge the official ideology. The book explores the dynamics leading to the consolidation of Kurdish minority awareness in contemporary Syria; an ongoing process that could take the form of the radicalization or even violence.

While the book offers a rigorous conceptual approach, the ethnographic material makes it a compelling read. It will not only appeal to scholars and students of the Middle East, but to those interested in history, ethnic conflicts, nationalism, social movement theories, and many other related issues.

Jordi Tejel is a Ph. D in History (University of Fribourg, Switzerland) and Sociology (École des Hautes Études en Sciences sociales-EHESS Paris). He is currently a Post-Doctoral Fellow at the EHESS, Paris. His research interests focus on nationalism in the Middle East, with a particular interest in Kurdish mobilizations in the interwar period. He is the author of several books and articles, including Le Mouvement kurde de Turquie en exil. Continuités et discontinuitées du nationalisme kurde sous le mandat francais en Syrie et au Liban (1925-1946).


Contents

Acknowledgements
A note on transliteration
List of abbreviations
Frontispiece map 1 : Kurdish enclaves in northern Syria
Frontispiece map 2 : Areas inhabited by Kurds.

Introduction

1. The Kurds during the French Mandate.
Kurdish populations under the French Mandate
The mandate system and the birth of the Syrian state
The Mandate and "colonial expertise"
The Kurdish cultural movement in Syria and Lebanon
Fragmentation of the Kurdish community ; politics in Jazira

2. Syria in transition, 1946-63
Minorities under suspicion
Searching for new political horizons
The triumph of Arab nationalism and the United Arab Republic

3. The Ba'athist system and the Kurds
Ba'athism : an exception in Arab nationalism ?
The years of ideological purity (1963-70)
The years of exploitation (1970-2000)

4. The Kurdish issue and its transnational dimension
The emergence of Hafiz al-Asad's game
The fall of Saddam Husayn and the collapse of Syrian strategy

5. The Kurdish response and its margins : "dissimulation" of a hidden conflict
The Kurdish parties at the margins of the legal system
Kurdish identity at the margins of official Islam
The defense of Kurdish culture

6. The Qamishli revolt, 2004 : the marker of a new era for the Kurds in Syria
The events preceding the Kurdish upheaval
The Qamishli revolt
Toward a radicalization of ethnic divisions?

Conclusion

Appendix
Notes
Bibliography
Index


mercredi, novembre 18, 2009

"On Vulnerable Ground", rapport de HRW sur Ninive (suite)


Vient ensuite le résumé de la période qui a suivi immédiatement l'occupation américaine et la chute du Baath. Il est répété que la guerre civile entre sunnites et chiites a permis aux Kurdes de "renforcer tranquillement leur mainmise militaire, politique et culturelle sur les territoires disputés du nord de l'Irak, en utilisant les forces des Peshmergas pour assurer la sécurité et bâtir des structures politiques et administratives kurdes dans la zone."

Ce que le rapport tait, c'est tout de même que la situation sécuritaire à Mossoul, Ninive, était telle que l'armée irakienne était alors incapable de jouer le rôle des Peshmergas et que, concernant Sindjar et Ninive, c'est après les assassinats et les attentats contre les chrétiens et les yézidis qu'ils ont été déployés. Il est évident que ces territoires étant considérés comme devant lui revenir, par le GRK, il n'allait pas se gêner pour y installer ses structures administratives et politiques, d'autant que l'Irak, entre 2003 et disons 2006-2007 était en plein chaos et bien incapable d'y assurer quoi que ce soit. Enfin, le terme de "mainmise" culturelle est étonnant. Une fois de plus, on dirait que les membres du rapport n'ont jamais jeté un œil sur la constitution kurde, et notamment que le syriaque et le turkmènes seront langues officielles dans les zones où elles seront majoritaires, et langues d'enseignement partout. On ne voit pas bien, sinon, ce qu'il faut entendre comme emprise culturelle kurde, d'autant que les partisans d'un rattachement des zones chrétiennes de Ninive veulent justement en faire une région autonome chrétienne. Pour le reste des minorités, quoi qu'en pense HRW, il s'agit aussi de Kurdes, ça ne va pas beaucoup les changer.

Sur la question de l'article 140, les termes choisis là aussi semblent partiaux et dépréciatifs et ne tiennent surtout pas compte du passé de la Région kurde, notamment de son détachement de facto de l'administration irakienne et de l'acceptation des Kurdes à la réintégrer uniquement contre certaines conditions, dont le respect du fédéralisme et l'auto-détermination des Kurdes et autres habitants vivant dans les "territoires" disputés. En tout cas le leadership kurde, présenté comme "enhardi" par la faiblesse irakienne serait assuré de gagner le référendum, en raison de sa "formidable présence politique et sécuritaire" dans ces zones. C'est oublier que le reférendum est réclamé depuis 2005, bien avant l'installation des Peshmergas à Ninive, et que s'il est certain que la sécurité dont jouit la Région du Kurdistan peut influer sur le choix des habitants, c'est peut-être que ces mêmes habitants y voient leur intérêt. Il est là encore, curieux que le rapport ne souffle jamais mot des milliers de réfugiés de toutes origines qui ont préféré s'installer au Kurdistan plutôt que de rester en Irak, pour comprendre pourquoi le GRK est "assuré" de gagner ce référendum. Enfin, il est est indiqué que les sunnites considèrent ce référendum comme "expansionniste' et 'illégitime" ; cependant il aurait fallu rappeler que cette même constitution irakienne et donc son article 140 a été votée par référendum en octobre 2005 par tout l'Irak ; ce n'est pas précisément un coup d'État kurde.

Viennent ensuite les développements qui concernent Ninive. Il est rappelé que le boycott des Arabes sunnites aux élections de 2005 a permis aux Kurdes (en fait, une alliance kurdo-chrétienne) de remporter la majorité au conseil de province, alors que, dit-on, les Kurdes sont minoritaires dans cette province.

La question de la minorité des Kurdes à Ninive est en fait la même que celle des régions kurdes de la province de Diyala ou du découpage de la province initiale de Kirkouk : le nord de l'actuelle Ninive a été détaché des régions à majorité kurdo-syriaques pour le souder aux territoires arabes de Mossoul sud. C'était la tactique de Saddam de "casser" le poids démographiques des régions non-arabes pour affaiblir les dissidences. Ce que réclame le GRK est en fait la recomposition des anciennes provinces historiques de l'Irak.

Les élections de 2009 sont ainsi vues comme une victoire des Sunnites à Mossoul-Ninive, ces derniers ayant compris que le boycott ne faisait pas leur affaire. Il est dommage de ne pas non plus lier certains résultats à un exode de Mossoul qui a concerné tout autant les chrétiens que les Kurdes, qu'ils soient ou non musulmans, mais les expulsions et intimidations des Kurdes musulmans de Mossoul par des extrémistes nationalistes ou religieux ne sont jamais mentionnées (pourtant, au final, les Kurdes de Mossoul étaient aussi une minorité persécutée). De plus, les résultats district par district ont confirmé la tendance de 2005 : dans les zones à majorité kurde ou chrétienne, la liste kurdo-syriaque l'emporte, tout comme dans les régions kurdes de la Diyala, ou bien à Sindjar, tandis que la liste nationaliste arabe Al-Hadhba gagne dans les districts arabes de Ninive. Là dessus, il n'y a aucune surprise, c'est ainsi dans tout l'Irak, comme on peut le constater : les choix de vote sont surtout ethniques, religieux, tribaux.

Ainsi le boycott par la liste Fraternité du conseil de province de Ninive à donimation Al-Hadhba 9nationaliste arabe) est présenté comme une réaction de mauvais joueurs de la part des "Kurdes", comme s'ils avaient été désavoués par les autres électeurs de Ninive, alors que cette liste Fraternité est triplement chrétienne, yézidie, kurde sunnite et qu'en plus elle est composée de gens vivant à Ninive, et non de forces du GRK, même si elle est soutenue par le GRK. S'il y a désaccord, c'est bien entre les élus de Ninive-Mossoul. Au lieu de ça, le rapport écrit tout bonnement : "Kurdish authorities have blocked Arab officials from carrying out their duties in Kurdish-controlled areas of Niniveh province, and they pressured districts under their control to boycott the new Arab governor." On n'est pas plus objectif... Une fois de plus le terme imprécis d'"autorités kurdes" permet commodément de laisser entendre qu'Erbil occupe Ninive, sans faire de distinction entre élus locaux et GRK. Il suffit d'analyser de près toute la période post-électorale en Irak pour se rendre compte que ce n'est pas peut-être pas Erbil toute seule qui est en cause. Il est dommage que prétendant se pencher sur la question yézidie, HRW ne se soit pas rendu à Sindjar où les élus yézidis ne veulent plus rien avoir à faire avec Mossoul, mais c'est sûrement encore parce qu'ils sont terrifiés par les Barzani...

Évidemment la nouvelle constitution kurde incluant dans les limites géographiques et politiques du Kurdistan est vue comme un "outrage" ressenti par les "minorités" aussi bien que par les Arabes. Si tant de gens sont contre le rattachement à la Région, on ne voit vraiment pas pourquoi Bagdad se refuse à le faire ce référendum alors que l'on voit que même des élections à Kirkouk font peur...

Vient ensuite une étude détaillée du "contrôle et du parrainage kurde" sur Ninive...

(à suivre)

Conférence : Le monachisme syriaque


Vendredi 20 novembre

à l'Institut protestant, 83 boulevard Arago, 75014 - Paris (métro/RER Denfert-Rochereau)


VIIe Table ronde de la Société d'Études syriaques :

Le monachisme syriaque

Programme

9h 45 : Introduction par Philippe Hoffmann (EPHE V)
10h00 : Marie-Joseph Pierre (EPHE V) : Les membres de l'Ordre, d'Aphraate au Liber Graduum.
10h30 : Florence Jullien (LEM, UMR 8584) : Le monachisme féminin en milieu syriaque.

Discussion.
Pause.

11h30 : Claire Fauchon (Université Lyon 3) : Formes de la vie monastique et ascétique en milieu syriaque (Ve-VIIe s.).
12h00 : Lucas Schachner (Université d'Oxford) : Rôle économique des monastères.

Discussion.
12h30 : Déjeuner.

14h30 : Sabino Chialà (Bose, Itlaie) : Les règles monastiques syro-orientales et leur caractère spécifique.
15h00 : Andrew Palmer (Université de Manchester ; Institut de l'Orient chrétien de Nimègue) : La géographie monastique du Tur 'Abdin.

Discussion.
Pause.

16h30 : Ioan Ovidiu (Université de Sibiu ; Institut de recherche œcuménique, Roumanie) : Controversies between Church hierarchy and monks in the Syriac Christianity.
17h00 : Jacques-Noël Pérès (Faculté de théologie protestante, ELCOA) : Un monachisme syrien en Éthiopie ? Une nouvelle réponse à une ancienne question.

Discussion.
18h : Conclusion, par François Cassingena (Ligugé, ICP).
18h15 : Pot amical.