SYRIE : LA DÉCLARATION DE DAMAS PROMET AUX KURDES LA PLEINE RECONNAISSANCE DE LEURS DROITS


Samir Nashar, Secretaire général et porte-parole de la force d’opposition syrienne « Déclaration de Damas pour un changement démocratique », fondée en 2005, interviewé par le site Kurdwatch, a affirmé que la question kurde en Syrie ne serait pas mise de côté par l’opposition arabe, si elle parvenait au pouvoir, et que son mouvement travaillait à « une solution juste et démocratique » à l’égard de la situation des Kurdes. « La question kurde en Syrie est une question nationale qui doit être résolue à une échelle nationale, a affimé Samir Nashar, « dans un nouvel État démocratique, à multiples facettes, un État civil. Comme tous les autres citoyens, arabes, assyriens, arméniens ou tcherkesses, les Kurdes sont aussi des citoyens syriens. »

Selon l’opposant, donner des droits civiques identiques à toutes les composantes de la population syriennes réglera toutes les difficultés. Interrogé plus précisément sur ces droits, Samir Nashar a évoqué la question des Kurdes sans nationalité, celle de l’accès des Kurdes à des postes gouvenementaux, et au droit de ces mêmes Kurdes à pratiquer leur culture, leurs traditions, leur langue, et à avoir leurs propres universités. Le kurde serait même la seconde langue officielle en Syrie, et aurait un statut prépondérant dans les régions à majorité kurde. S’exprimant sur une des revendications de certains partis kurdes, à savoir la reconnaissance constitutionnelle de « l’ethnie kurde » en Syrie, Samir Nashar se montre plus réticent, indiquant qu’il n’approuve pas un nationalisme assyrien ou kurde qui ne se dirait pas « syrien avant tout ». « Moi-même, je refuse tout nationalisme, même le nationalisme arabe. J’aimerais que les nationalistes arabes et kurdes fassent de même. Certains groupes arabes craignent que la reconnaissance des Kurdes comme la seconde ethnie syrienne amène les Kurdes à demander la sécession de la Syrie, ou une auto-détermination ou à s’auto-gouverner dans l’avenir. » Cependant, Samir Nashar se dit favorable à une décentralisation de l’État syrien au profit d’acteurs locaux dans les différentes provinces.

Au sujet des expropriations causées par la politique de la « ceinture arabe » dans les régions kurdes, l’opposant syrien incline plus pour des compensations versées aux propriétaires lésés que pour des restitutions. Enfin l’attentisme des partis kurdes devant la révolution syrienne, et l’attitude ambiguë de certains d’entre eux, hésitant entre rejoindre l’opposition et négocier avec le régime en place, pourrait avoir que des conséquences négatives pour les Kurdes après la chute du Baath, selon les dissidents arabes.

Les Kurdes de Syrie, il est vrai, peinent toujours à s’unifier dans une action et une ligne politique claire et commune. Le 4 août, ils ont annoncé projeter une conférence pour élaborer enfin une stratégie plus nette sur leur rôle futur dans la nouvelle Syrie, mais sans faire déjà l’unanimité sur la tenue de cette conférence. Ainsi sur les 12 partis kurdes, le mouvement Sawa de la jeunesse kurde, un des plus actifs dans les manifestations, a décliné sa participation. « Les partis kurdes n’ont même pas clarifié leur position envers le régime syrien. Cela nous rend suspicieux. Nous espérons qu’ils annonceront publiquement cette position avant la tenue de la conférence, parce que, en ce qui nous concerne, nous en avons fini avec le régime d’Assad. Et malgré cela, les partis kurdes parlent encore de possibles négociations avec ce régime. »

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