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Ghada Shbeir : Arabesques orientales






Vendredi 15 février à 20 h 30, Ghada Shbeir donne un récital (dont on va se dépêcher d'oublier le titre remarquable de kitscherie coconne) à l'auditorium de l'Institut du monde arabe à Paris :


Ghada Shbeir est spécialiste du chant arabo-andalou et, bien sûr, du chant sacré syriaque, culture d’un peuple chrétien au parler araméen établi d’Iran jusqu’en Syrie et au Liban. Mais elle chante tout aussi magistralement le mouwashah, cet art de douceur élaboré dans l’Andalousie arabe de la fin du xie siècle qui a pris plusieurs formes au fil du temps, aussi bien au Maghreb, où il s’intègre dans la nouba arabo-andalouse, qu’au Moyen-Orient, où il devient un moment intense du tarab, l’extase musicale. De transmission orale, cette culture exigeante est de moins en moins interprétée. Parcourant les scènes du monde, Ghada Shbeir fait revivre de son timbre ample et lumineux ses poésies d’amour courtois, d’enchantements féminins, de cour assidue. La chanteuse-chercheuse restitue aussi avec une sensibilité extrême une musique et des prières syriaques et maronites qui ont traversé les siècles, et dont elle a réuni un corpus d’un demi-millier de mélodies. Outre différents diplômes et diverses récompenses musicales, Ghada a remporté en 1997 le premier prix du Concours de la meilleure chanson arabe en Egypte – le pays qui règne sur la musique orientale depuis près d’un siècle ; un prix donc loin d’être anecdotique… Par sa lecture et son interprétation modernes, elle donne aux traditions arabes, qu’elles soient savantes, spirituelles ou profanes, une actualité bienvenue et bienheureuse.

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