Duhok-Lalesh
Nous nous avançons vers la tente sous laquelle siège avec un ennui majestueux le gratin yézidi de Duhok et leurs visiteurs. Les « fêtes » yézidies ressemblent tout à fait aux « fêtes de Pâques » d'Ankawa : il s'agit juste de faire salon, sauf que chez les yézidis à peine s'est-on assis qu'on vous met un thé dans les mains, une bouteille d'eau, qu'on vous tend un panier de bonbons et un autre rempli d'oeufs de Pâques peints de toutes les couleurs : les mêmes oeufs durs que chez les chrétiens sauf qu'ils ne sont pas camouflés en bois comme ceux de Rabban, ce qui fait que je comprends tout de suite que ce sont de vrais oeufs (les yézidis ne sont pas fourbes comme les évêques chrétiens). L'autre différence est le rituel pour les manger, enfin les manger si on a de la chance. Deux personnes prennent chacune un oeuf, et l'un tape le sien sur celui de l'autre. L'oeuf dur qui a cassé sera reposé, intact, et seul le vainqueur pourra manger le sien...