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Duhok-Lalesh

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Nous nous avançons vers la tente sous laquelle siège avec un ennui majestueux le gratin yézidi de Duhok et leurs visiteurs. Les « fêtes » yézidies ressemblent tout à fait aux « fêtes de Pâques » d'Ankawa : il s'agit juste de faire salon, sauf que chez les yézidis à peine s'est-on assis qu'on vous met un thé dans les mains, une bouteille d'eau, qu'on vous tend un panier de bonbons et un autre rempli d'oeufs de Pâques peints de toutes les couleurs : les mêmes oeufs durs que chez les chrétiens sauf qu'ils ne sont pas camouflés en bois comme ceux de Rabban, ce qui fait que je comprends tout de suite que ce sont de vrais oeufs (les yézidis ne sont pas fourbes comme les évêques chrétiens). L'autre différence est le rituel pour les manger, enfin les manger si on a de la chance. Deux personnes prennent chacune un oeuf, et l'un tape le sien sur celui de l'autre. L'oeuf dur qui a cassé sera reposé, intact, et seul le vainqueur pourra manger le sien...

Duhok : Lycée international

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Réveil à 5 heures (je ne me reconnais plus ici), toilette de chat à l'eau glacée. On descend faire un tour dans l'église inachevée alors que la messe s'achève dans la salle réservée à cet effet au presbytère. Je crois que le plus beau village du monde est aussi le plus froid, vent et pluie en prime. Revenant dans les bâtiments à la fin de la messe, nous croisons Rabban et le prêtre de Kwane qui en sortent. Même topo que d'habitude : nous apprenons tout ensemble, avec ordre de charger les sacs, le départ et le lieu de destination : Duhok et le lycée international, sauf que, manquement au rituel, cette fois-ci nous ne le mettons pas en retard (ça viendra 2 heures plus tard, rassurez-vous). Petit-déjeuner à trois sur une table dressée dans le hall qui sépare l'église provisoire et le presbytère. Décidément, dans ce village, la température est hivernale, ce dont j'ai confirmation quand, montant en voiture, je regarde le thermomètre : 7°c. Au fur et à mesure qu'o...

Le plus beau village du monde

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"Comment ça, vous n'en avez pas à Paris ????" Le matin, après avoir préparé les sacs, vérifier que rien n'était oublié (enfin Roxane vérifiant comme toujours que je n'ai rien oublié) et laissé quelques livres à l'évêché à reprendre au retour, nous descendons dans le jardin, pour respirer le parfum des fleurs d'oranger qui embaume toute la cour. Quand nous avions demandé à Rabban ce que c'était comme arbre, sa réaction de stupeur a été comique : « Mais ce sont des orangers ! » « Ah ? C'est très joli et ça sent très bon. » « Mais... (il en suffoquait presque) vous n'avez pas ça à Paris ? » « Ben non? » « Vous n'avez pas ça à Paris ???? » « Ben non ! » Avis à Delanoë : à la prochaine visite de Monseigneur il serait de bon ton qu'il plante des orangers le long des boulevards, sans ça, Paris est perdu de réputation... Remontant et redescendant (parce que j'avais naturellement oublié quelque chose) je tombe sur Roxane qui me dit tout de s...

Komané

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Ankawa : Lundi de Pâques

Hier matin, Rabban est parti tôt à Shaqlawa pour une messe à sept heures. La veille, il est rentré quasiment halluciné de fatigue. Il s'endormait même au téléphone ! Il s'est juste réveillé pour réciter le Notre Père en araméen avec un correspondant italien. Ou alors il le récitait en dormant. Il nous expliquait avec son air de l'autre monde que sa nourriture, c'était l'amour des gens, la prière et la communion spirituelle. Pas comme nous autres, infâmes Européens sans coeur, qui ne regardons même pas nos voisins de train. A vrai dire je ne les écoute pas davantage, avec mon ipod sur les oreilles et sans aucun remord. On ne sait quand il est rentré, car après le petit-déjeuner de 9 heures, nous sommes partis faire une promenade dans les parcs d'Erbil, celui de Sami Abdulrahman, celui du minaret et un tout nouveau en face, avec une espèce de taupinière géante qui abrite une galerie souterraine servant de salle d'expositions et agrémentée, dessus, de sculpture...

Ankawa : Dimanche de Pâques

Dimanche de Paques (suite) : Aussi, quand on descend avec tout l'attirail de Roxane et que le Sayyid nous dit, devant sa voiture, « on y va », il a l'air légèrement décontenancé quand je lui explique : « Non mais, tu sais, on peut y aller à pied. » Roxane prétend qu'il pouvait être tout aussi décontenancé que l'on aille finalement à une messe. Bon, on monte dans son 4/4 et les journalistes, apparemment, suivent dans leur voiture. Rabban fait un signe de croix et c'est parti. Il y a foule dans le quartier, et les gens marchent nonchalamment en plein milieu de la rue, nous barrant le passage, ce qui fait que Rabban les gourmande à voix haute, sans qu'ils puissent d'ailleurs entendre. Ils mettent même un certain temps à réaliser que leur évêque attend pour passer, alors s'ils veulent leur messe... « N'écrase pas des chrétiens un jour de Pâques, ça ferait mauvais effet » conseillé-je au Sayyid. « Non, non, je ne les écrase pas », me rassure-t-il avec sa ...

Ankawa : Dimanche de Pâques

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Ce matin, très bien réveillée à 6 heures. Ç'en est presque inquiétant, ou alors c'est notre hôte qui déteint sur moi. Je me lève, prends ma douche, jette un oeil par la fenêtre, vois des chrétiens se diriger vers Saint-Joseph. Il est 7 heures et je me dis que la messe va sûrement commencer. Comme Roxane, dans sa chambre, ne donne pas signe de vie, je sors seule et va dans la cour. Il est 7h20, l'église est pleine, et les gens en SORTENT. Mais à quelle heure ont-ils commencé ? Je me faufile à l'intérieur, vois Rabban qui termine, retourne dare-dare à l'évêché prendre mon appareil photo histoire de palier la défection de Roxane. Après quelques photos, je m'assois sur les bancs de gauche avant de me rendre compte que c'est la partie des hommes et je me relève d'un bond. Derrière moi, une vieille en costume me regarde en rigolant Elle aussi, fatiguée de faire la queue pour sortir, s'est assise à la même travée et me fait signe de me rasseoir avec une mim...