Peyda shodam, sheyda shodam
Samedi 16 mai. salle Pleyel. Alem Qasimov en première partie ; Shahram Nazerî en second. Deux monuments en une même soirée : le plus grand chanteur d'Azerbaïdjan et le plus grand chanteur d'Iran (oui, je préférerai toujours Nazeri à Shajarian). Alem Qasimov, je l'ai vu comme sous un hâl , une vision rouge, avec dans ses chants, quelque chose d'un peu sauvage, qui tournoyait, comme la danse des cosaques dans Ivan le Terrible . Il a quelque chose de tourmenté et d'introverti, malgré sa façon de se tordre, assis, pour lancer une note plus haute que d'autres, ou un passage plus pathétique, suivant un silence, où il reprend souffle, s'éponge le front, s'essuie les yeux, se mouche. Entrecoupé de pauses, de torsions et tendu sous l'effort, son chant, son abord au public, évoquent une forteresse fière, qui n'ouvre pas ses portes aisément à la compréhension des oreilles béotiennes. La beauté du mughal se mérite... Elle culmine comme la majesté de l'El...