tag:blogger.com,1999:blog-36989902008-05-15T14:39:18.215+02:00Incoherent thoughtsPilinghttp://www.blogger.com/profile/10192166833842176763noreply@blogger.comBlogger1154125tag:blogger.com,1999:blog-3698990.post-30902340104412310762008-05-15T13:44:00.008+02:002008-05-15T14:39:18.263+02:00Un imam rouge condamné<div style="text-align: center;"><a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://bp2.blogger.com/_iGM67GzuNNQ/SCwntiQeN3I/AAAAAAAABNk/B1o6fqALKsQ/s1600-h/mele_muhyedin.jpg"><img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://bp2.blogger.com/_iGM67GzuNNQ/SCwntiQeN3I/AAAAAAAABNk/B1o6fqALKsQ/s320/mele_muhyedin.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5200575332949571442" border="0" /></a><span style="font-size:85%;">Source NetKurd</span><br /><br /></div><div style="text-align: justify;">Décidément, même sous un gouvernement AKP la Turquie ne peut guère se fier aux mollahs kurdes. Ce n'est pourtant pas faute d'avoir soutenu les assassins du Hezbollah au Kurdistan. Après Sheikh Saïd, Sheikh Saïd Reza (qu'invariablement la doxa kémaliste présente comme des chefs tribaux arriérés uniquement soucieux de défendre leurs privilèges sans connaître une ligne de l'histoire des confréries kurdes) voilà que la République se heurte à des mollahs PKK, faut le faire.<br /><br />Ainsi l'ancien imam prêcheur (et donc normalement anciennement appointé par la Diyanet de Turquie, et donc censé prêcher un discours plus ou moins officiel) Muhyedin Eryilmaz, qui avait manifesté avec le DTP à Diyarbakir, le 25 février dernier, contre l'intervention militaire turque en Irak, vient d'être condamné à deux ans et demi de prison pour "propagande en faveur du PKK" et aussi pour avoir des idées malveillantes visant à démembrer la Turquie une et indivisible.<br /><br />Il avait, en effet, dans un discours, protesté contre les opérations de l'armée turque de février dernier, en brandissant le Coran, en plus ; tout juste s'il n'allait pas lancer une fatwa contre Büyükanit. Pour sa défense, son avocat a indiqué que l'unique souci de l'imam était d'empêcher les "effusions de sang". La justice turque a retenu, elle, qu'au lieu de dire "terroriste", l'imam a dit "guerilla", ce qui est assurément, bien au contraire, l'indice d'une âme assoiffée de sang turc. Comble du pire, il n'a même pas parlé d'intervention au "nord de l'Irak", mais a mentionné le "Kurdistan du sud", ce qui sous-entend qu'il pourrait y en avoir un au nord. Non mais, où va-t-on ?<br /><br />La police a également saisi chez ce pieux terroriste des écrits visant à "justifier les actions du PKK". Finalement, deux ans et demi, ça paraît peu, au regard d'une telle audace...<br /><br /></div>Pilinghttp://www.blogger.com/profile/10192166833842176763noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-3698990.post-20397353075785179142008-05-15T12:29:00.002+02:002008-05-15T12:32:18.551+02:00Radio<div style="text-align: justify;">Dimanche 18 mai à 8h00 sur France Culture : <span style="font-weight: bold;">Grégoire de Narek, évocation du poète et théologien (915-1003)</span>. Foi et tradition, J.P. Enriki.<br /></div>Pilinghttp://www.blogger.com/profile/10192166833842176763noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-3698990.post-40145261952755651322008-05-14T13:19:00.000+02:002008-05-14T17:31:18.520+02:00"Même si nous leur demandions de revenir dans la Région du Kurdistan, ils refuseraient !"<a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://bp3.blogger.com/_iGM67GzuNNQ/SCr-1SQeN2I/AAAAAAAABNc/nK8AYvbW9EI/s1600-h/Nawshirwan_Mustafa.jpg"><img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://bp3.blogger.com/_iGM67GzuNNQ/SCr-1SQeN2I/AAAAAAAABNc/nK8AYvbW9EI/s320/Nawshirwan_Mustafa.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5200248911140108130" border="0" /></a><br /><div style="text-align: justify;">Interview de l'ancien responsable de l'UPK Nawshirwan Mustafa, par Kamal Rauf, du journal Hawlati.<br /><br /><span style="font-style: italic;">Né en 1944, Nawshirwan Mustafa est un ancien peshmerga, le co-fondateur de l'UPK et son Secrétaire général adjoint jusqu'en décembre 2006, date à laquelle il démissionna, en raison d'un désaccord entre Jalal Talabani et lui même sur son agenda de réformes électorales au sein du parti. Nawshirwan Mustafa souhaitait notamment lutter contre l'absence de démocratie et le népotisme au sein de l'UPK, et promouvoir le renouvellement des cadres, dont souffre cruellement ce parti. Cela ne l'empêche pas d'être présenté parfois comme le successeur possible de Jalal Talabani à la tête de l'Irak, d'autres lui opposant Qubad Talabani, le propre fils de l'actuel président. Il tente actuellement de créer un centre de média indépendant à Suleïmanieh. </span><br /><br /><br /><span style="font-weight: bold;">Hawlati : De nos jours, l'incompétence des partis politiques et la corruption dans le gouvernement sont source d'un désespoir profond parmi les jeunes. Jusqu'à quel point ce désespoir peut affecter notre avenir ?</span><br /><br /><span style="font-weight: bold;">Nawshirwan Mustafa</span>:<br /><br />Bien sûr, l'absence d'espoir est mauvaise pour toutes les situations et toutes les époques. <br /><br />Il faut toujours croire en l'avenir et dans le fait que le monde change constamment. On n'arrête pas le cours de l'Histoire. Je crois que l'un des plus grands rôles que la presse indépendante peut jouer est de raffermir l'espoir des citoyens dans le changement et dans l'améliroation de leur condition. Ils ne doivent pas renforcer ce sentiment de désespoir.<br /><br /><span style="font-weight: bold;">Hawlati: Que pensez-vous que la presse indépendante puisse faire pour réduire ce sentiment de désespoir qui imprègne le moral des citoyens du Kurdistan, surtout les jeunes ? Ne pensez-vous pas que le gouvernement est le premier responsable de cette absence d'espoir des citoyens ?</span><br /><br /><span style="font-weight: bold;">Nawshirwan Mustafa</span>:<br /><br />C'est vrai. Mais l'autre aspect du problème pourrait être que la presse indépendante a, ces dernières années, seulement eu une attitude critique, et n'a montré que les faces sombres du pouvoir. En d'autres termes, ils ne montrent jamais la face "claire" de ce pouvoir. Dans le même temps, je crois pas que ce sentiment de désespoir ait submergé les citoyens et pour autant que je sache, même parmi les jeunes gens, il y a beaucoup d'espoirs. Parmi les cadres de l'Union patriotique du Kurdistan (UPK) et du Parti démocratique du Kurdistan (PDK) et des autres partis, il y a de l'espoir et des attentes positives envers ce qui peut être amélioré en termes de justice sociale et concernant le problème de la corruption. Je ne sais pas ; moi même, je n'ai pas constaté un tel degré de désespoir parmi les citoyens.<br /><br /><br /><span style="font-weight: bold;">Hawlati: Il y a eu l'idée que les Americains auraient un impact sur la mentalité politique des dirigeants kurdes, surtout après la chute du régime dictatorial de Saddam Hussein. Il y a eu aussi l'espoir que les dirigeants kurdes se préoccuperaient plus attentivement et plus sérieusement des conditions de vie du peuple kurde. Mais il semble qu'à présent toutes ces questions sont brouillées et que le PDK et l'UPK monopoliseront le pouvoir pour toujours. Ne croyez-vous pas que cela puisse être un facteur poussant nos jeunes au désespoir et à perdre toute foi en un possible changement ?</span><br /><br /><span style="font-weight: bold;">Nawshirwan Mustafa</span>:<br /><br />D'abord nous ne devons pas croire que dès que l'Amérique vient dans un pays, c'est pour y installer la démocratie et les droits de l'homme. L'Amérique a une stratégie globale. La place de l'Irak dans cette stratégie globale est évidente. L'Amérique est venue pour ses propres intérêts, pour les consolider et remplir ses propres objectifs. L'Amérique n'est pas venue dans ce pays pour apporter les droits de l'homme et la démocratie. Pour cela, nous ne devons dépendre que de nous mêmes et tirer avantage de la conjoncture internationale. Si nous ne dépendons que des USA et leur demandons de faire ceci et cela, ils ne feront rien. Le soutien des Américains aux deux parties (PDK et UPK) joue un rôle dans leur maintien au pouvoir. Mais au moment des élections, la majorité des gens ont voté pour ces deux partis. Ils ne sont pas venus au pouvoir par un coup d'Etat militaire. J'étais l'un de ceux qui ont voté pour eux et encouragé les autres à faire de même.<br /><br /><span style="font-weight: bold;">Hawlati: Dans quelle mesure la mentalité politique des Américains a influencé la mentalité politique des dirigeants kurdes ?</span><br /><br /><span style="font-weight: bold;">Nawshirwan Mustafa</span>:<br /><br />Aucune, je crois.<br /><br /><br /><span style="font-weight: bold;">Hawlati: Comment voyez-vous l'avenir des relations entre les USA et le Kurdistan? Êtes-vous optimiste à ce sujet ? Ou prévoyez-vous des changements significatifs?</span><br /><br /><span style="font-weight: bold;">Nawshirwan Mustafa</span>:<br /><br />D'abord, dans la mesure de ce que j'ai compris, les Américains sont venus pour rester, et non pour partir. A court et à moyen terme, les Américains resteront en Irak. Mais dans quelle mesure cela aura un impact positif sur la mentalité politique kurde, c'est quelque chose que nous même devons décider. L'Irak est une question internationale. Sur les problèmes de démocratie et de sécurité, les USA entretiennent d'étroites relations avec certains pays de la région, alors même que ces pays ne respectent ni la démocratie ni les droits de l'homme et oppriment au contraire leur propre peuple. La priorité des Américains est de sauvegarder leurs propres intérêts en Irak. De ce fait, la question du renforcement de la sécurité et de la stabilité dans ce pays passe avant celles de la démocratie et du combat contre la corruption. Maintenant, si nous regardons la situation, nous voyons que le poids du Kurdistan s'affaiblit dans la balance américaine, surtout depuis que les Chiites se sont réorganisés et que les Sunnites ont créé les Sah'was. Les intérêts américains en Iraq nécessitent d'accorder une plus grande attention à la Shia et aux Sunnites qu'aux Kurdes. Le rôle de la Turquie dans cette équation est aussi important. C'est la Turquie qui oblige souvent les USA à négliger les droits nationaux des Kurdes.<br /><br /><br /><span style="font-weight: bold;">Hawlati: Donc, que pensez vous : que le poids politique des Kurdes va se maintenir ou diminuer ?</span><br /><br /><span style="font-weight: bold;">Nawshirwan Mustafa</span>:<br /><br />Tant que l'Irak ira vers la démocratie et la liberté, le poids kurde augmentera plutôt que diminuera. L'une des raisons à la montée massive de la corruption et des restrictions des libertés politiques au Kurdistan est l'instabilité de Bagdad. Si nous comparons Bagdad et le Kurdistan, si nous regardons le travail des parlements irakiens et kurdes, ne pouvons-nous trancher lequel des deux parlements est le plus actif et a le plus de débats démocratiques ? Où y a-t-il le plus de transparence, en Irak ou au Kurdistan ? Dans quelle partie y a-t-il le plus de liberté d'expression et pour les média, au Centre ou au Kurdistan? Laquelle a le plus de transparence en annonçant et expliquant l'allocation et l'utilisation du Budget et en demandant des comptes aux ministres accusés de corruption et d'abus de pouvoir ? En tous ces points, la démocratie et la transparence sont plus grandes à Bagdad qu'au Kurdistan. Les débats qui ont lieu au Parlement irakien sont plus vivants, intenses et démocratiques que dans notre Parlement. Ainsi, je crois que si la situation à Bagdad évolue vers la stabilité, cela aura un effet sur la situation politique au Kurdistan.<br /><br /><br /><span style="font-weight: bold;">Hawlati: Pensez-vous que le problème de Kirkouk et de l'article 140 seront résolus de la façon que souhaitent les Kurdes ? Que pensez-vous de confier cette question àl'ONU ?</span><br /><br /><span style="font-weight: bold;">Nawshirwan Mustafa</span>:<br /><br />Toutes les questions [internationales] qui ont été confiées à l'ONU pour qu'il les résolve sont devenues plus complexes et ont duré plus longtemps. Ce ne sera pas différent pour Kirkouk. Si un mission est donnée à l'ONU, alors cela prendra longtemps, peut-être des années. Et il n'est pas du tout évident que l'issue sera dans l'intérêt des Kurdes, parce que les Kurdes n'ont aucune influence au sein des Nations Unies, tandis que les lobbies des Arabes et des Turcs sont très puissants, plus puissants que les amitiés kurdes dans cet organisme.<br /><br /><br /><span style="font-weight: bold;">Hawlati: On a beaucoup parlé du budget de la Région du Kurdistan, comment il est alloué et comment il est dépensé. On dit que ce Budget n'a aucune transparence. Une rumeur court selon laquelle 23% du Budget total est alloué au ministère des Finances, et que c'est bien plus que ce que le ministère de l'Education et celui de la Santé ont reçu ?</span><br /><br /><span style="font-weight: bold;">Nawshirwan Mustafa</span>:<br /><br />Depuis le début [de l'autonomie kurde dans la Région, soit dès 1991] jusqu'à maintenant, il n'y a jamais eu aucune transparence dans les Budgets du Kurdistan irakien. C'est l'une des plus grandes critiques qui lui est faite et l'une des principales raisons qui fait que les partis politiques [PDK et l'UPK] et le gouvernement sont accusés de corruption. Je pense qu'il est normal que les partis politiques, les organisations civiles et les médias reçoivent un soutien financier via le Budget de la Région. Mais je crois pas qu'il soit normal de laisser dans l'ombre ce soutien, sans que personne ne sache ce qui a été dépensé et pour qui. Cet argent est de l'argent publique. Vous êtes libre d'utiliser et de dépenser vos propres fonds privés comme bon vous semble ou de vous enrichir. Mais concernant l'argent publique, vous n'avez pas la liberté de séparer votre propre peuple en deux catégories : l'une richissime et l'autre pauvre. Je pense qu'il est très malsain d'utiliser les fonds publics pour renforcer les partis. Ce serait une bonne chose de révéler la manière dont le Budget est utilisé en ce sens. Il est néfaste de continuer à agir en secret, comme ce que nous constatons à présent.<br /><br /><br /><span style="font-weight: bold;">Hawlati: Les observateurs politiques pensent que les Kurdes ont subi de lourdes pertes dans les luttes internes [entre le PDK et l'UPK]. Ils pensent que l'actuel accord stratégique entre les deux partis nuit au peuple kurde mais d'une façon différente, en restreignant le champ des libertés politiques. Que pensez-vous de l'accord ?</span><br /><br /><span style="font-weight: bold;">Nawshirwan Mustafa</span>:<br /><br />Un accord entre l'UPK et le PDK ne peut être que dans l'intérêt du peuple kurde. S'il y a conflit, ce sont les Kurdes qui en pâtiront. Il se peut que cet "accord stratégique" se fasse pour monopoliser le pouvoir et réduire le champ des libertés politiques. Mais cela peut, de la même façon, être utilisé pour élargir le champ des libertés politique et de la démocratie, et pour améliorer les conditions de vie du peuple ainsi que les services, pour empêcher les luttes internes et meurtrières. Par principe, je pense que tout accord entre eux bénéficiera aux Kurdes, mais dans le même temps, je pense qu'aussi longtemps que la rivalité militaire subsistera entre leurs forces de peshmerga, le risque que cette rivalité dégénère en conflit armé subsistera.<br /><br /><span style="font-weight: bold;">Hawlati: Pour envisager les choses autrement, ne croyez-vous pas que cet accord a eu lieu parce qu'aun des deux partis n'acceptait la défaite ?</span><br /><br /><span style="font-weight: bold;">Nawshirwan Mustafa</span>:<br /><br />Oui, cela aussi est vrai.<br /><br /><span style="font-weight: bold;">Hawlati: Cet accord peut aussi être interprété de façon négative pour les citoyens en provoquant le ressentiment de la majorité des gens restant en dehors de ces partis, qui ont dépensé toute leur énergie pour changer les choses et améliorer leur vie de beaucoup de façons, alors que ces deux partis jouissent maintenant d'un plus grand bien-être et d'un pouvoir économique ?</span><br /><br /><span style="font-weight: bold;">Nawshirwan Mustafa</span>:<br /><br />De façon superficielle, cela peut être le cas. Mais toutes les alternatives nouvelles ont été refusées par le peuple. Au moment des élections, nous avons demandé aux citoyens de voter pour ces deux partis. Si une alternative s'est présentée et si les gens n'ont pas voté pour elle, cela peut indiquer une absence d'espoir parmi eux, mais je ne sais pas si c'est une preuve probante de désespoir.<br /><br /><span style="font-weight: bold;">Hawlati: La preuve en est cette émigration massive des jeunes dans les pays étrangers, les gens qui ont perdu tout enthousiasme pour l'action politique, et il y a de nombreuses critiques émanant des citoyens ici et là envers le pouvoir politique qui n'a pas réussi à se rendre efficace.</span><br /><br /><span style="font-weight: bold;">Nawshirwan Mustafa</span>:<br /><br />C'est vrai en grande partie. Mais la jeunesse part en raison de la situation économique qui n'est pas bonne. Quand ils arrivent [dans leur pays de destination] certains d'entre eux continuent de s'impliquer dans une activité politique. Ils ne restent pas oisifs.<br /><br /><span style="font-weight: bold;">Hawlati: Faisant partie de la branche réformiste, vous considérez-vous comme étant dans l'opposition ou juste comme faisant partie d'un groupe critique ?</span><br /><br /><span style="font-weight: bold;">Nawshirwan Mustafa:</span><br /><br />Premièrement nous ne sommes pas une branche en tant qu'entité organisée. Deuxièmement : nous ne sommes pas un groupe d'opposition. L'opposition doit être une alternative aux partis du gouvernement en termes de programme et d'action politique. Nous ne sommes ni un parti, ni une branche. Nous n'avons pas élaboré de programme politique. Nous pouvons donc dire que nous sommes un groupe critique.<br /><br /><span style="font-weight: bold;">Hawlati: Si la situation continue comme maintenant, envisagez-vous dans le futur de former une liste indépendante, de prendre la tête d'un mouvement dans la société actuelle, ou de prendre part aux élections en tant que candidat indépendant ?</span><br /><br /><span style="font-weight: bold;">Nawshirwan Mustafa: </span><br /><br />Je répondrai à ces questions le moment venu.<br /><br /><span style="font-weight: bold;">Hawlati: Comment voyez-vous l'avenir du Kurdistan?</span><br /><br /><span style="font-weight: bold;">Nawshirwan Mustafa</span>:<br /><br />Je vois l'avenir brillant pour le pays. Je veux apporter un tremplin pour l'optimisme. Ces 15 dernières années, 50. 000 étudiants ont achevé leurs études universitaires. Ils sont devenus docteurs, avocats, ingénieurs, professeurs, et experts dans différents domaines. Dans ce monde, la richesse d'un pays se mesure à la qualité de ses ressources humaines et non au nombre de barrils de pétrole qu'il produit ou d'or qu'il possède. Nous avons une grande richesse qui est notre jeunesse.<br /><br /><span style="font-weight: bold;">Hawlati: Pensez-vous que le gouvernement est capable d'utiliser cette richesse humaine ? Par exemple, le népotisme et les pots-de-vin sévissent dans les partis politiques, comment pouvons-nous parier, dans ce cas, sur ces ressources humaines ?</span><br /><br /><span style="font-weight: bold;">Nawshirwan Mustafa</span>:<br /><br />Jusqu'ici il n'a pas été possible d'utiliser cette richesse nationale, la jeunesse, et la raison en est ce que l'on peut appeler la "Vieille garde". La Vieille Garde contrôle maintenant la vie des partis et le gouvernement. Parmi ces 50.000 diplômés, je ne crois pas que 50 d'entre eux entreront au Parlement ou dans un cabinet mais je suis sûr que cela va changer, et dans pas si longtemps que ça.<br /><br /><span style="font-weight: bold;">Hawlati: Une partie des critiques de notre jeunesse est que les dirigeants des partis kurdes ne prêtent attention qu'à la population âgée et n'essaient pas de former la nouvelle génération à assumer des responsabilités à un niveau dirigeant.</span><br /><br /><span style="font-weight: bold;">Nawshirwan Mustafa</span>:<br /><br />C'est un combat que les jeunes doivent mener eux mêmes. Il n'y a aucun exemple dans l'Histoire qu'aucune classe dirigeante ait jamais cédé son pouvoir de bon gré. Ils doivent en être réduits à cela. Par conséquent notre jeunesse doit se lancer dans la compétition et obliger les plus vieilles générations à leur céder la place.<br /><br /><br /><span style="font-weight: bold;">Hawlati: On discute beaucoup aussi du Parlement. Les gens disent que les députés sont tous issus des partis, incapables d'évaluer les problèmes et donc de remplir leur rôle ?</span><br /><br /><span style="font-weight: bold;">Nawshirwan Mustafa:</span><br /><br />J'ai récemment publié un article sur le Parlement. Il est encourageant que ce Parlement bouge : vous savez qu'il n'a pas de grandes compétences. Mais jusqu'ici il avait des vues différentes sur la Loi sur le journalisme, les problèmes de pétrole et de gaz, les lois civiles, les questions de budget, de contrôle et de gestion des finances. Quelque personnes au Parlement ont commencé d'émettre des opinions et de faire bouger cette institution pour une évaluation des problèmes réels. Mais cela n'a pas atteint le niveau nécessaire, ni celui que les citoyens souhaitent. En bref, je ne suis moi même pas satisfait de la situation existante. J'avais espéré qu'il puisse être plus actif et plus efficace. L'une des causes peut en être l'influence des partis politiques.<br /><br /><span style="font-weight: bold;">Hawlati: Que peuvent faire les citoyens pour que ce Parlement soit plus actif et plus efficace ? Par exemple, vous parlez de la Loi sur le journalisme. Il est possible qu'elle puisse être orientée dans une direction encore plus mauvaise. Que peuvent les députés pour rendre le Parlement plus actif ?</span><br /><br /><span style="font-weight: bold;">Nawshirwan Mustafa</span>:<br /><br />Je voudrais dire qu'en tant qu'individus, tous les députés sont de braves gens, patriotes, qu'ils aiment leur pays. Au lieu de toujours les critiquer ou de publier leurs photos quand ils dorment, la presse pourrait user de deux approches différentes : d'abord en parlant avec eux, en débattant avec eux et en les encourageant individuellement à devenir plus efficaces. La seconde approche est qu'au lieu de se préoccuper uniquement de les attaquer dans les journaux, elle pourrait leur suggérer des choix raisonnables et des solutions aussi ; ou bien des analyses et des commentaires sur les projets de loi qui seront débattus et décidés, de sorte qu'ils seraient mieux informés et éclairés sur ces sujets. Tous les députés ne peuvent être mesurés à la même aune. Certains sont informés sur le monde extérieur. Il y en a d'autres qui ne sont au courant de rien. Certains sont actifs, d'autres non. Oui, le Parlement n'est pas actif. Il devrait l'être plus qu'aucune autre institution parce que ses membres ne peuvent être limogés et punis pour ce qu'ils disent, alors que tous les membres des instances dirigeantes au sein des partis et du Cabinet peuvent être changés. Les députés ne peuvent être révoqués jusqu'à ce que leur mandat ait pris fin ou bien qu'ils choisissent de démissionner. Ils ont une immunité dont ils peuvent user. Ils peuvent se mettre en avant et militer pour une plus grande activité et imposer leur nom pour les élections suivantes. Les journalistes peuvent les aider en cela en coopérant avec eux et en les encourageant plutôt que d'exposer seulement leurs défauts.<br /><br /><span style="font-weight: bold;">Hawlati: Mais vous ne pensez pas que l'incompétence du Parlement résulte du système qui prévaut, dans lequel les partis interfèrent en tout, ou bien est-ce juste qu'il n'y a pas de parlementaires compétents ?</span><br /><br /><span style="font-weight: bold;">Nawshirwan Mustafa</span>:<br /><br />Je pense que la raison principale est l'interférence des partis politiques.<br /><br /><span style="font-weight: bold;">Hawlati: Aujourd'hui, la presse indépendante subit de fortes attaques de la part des médias des partis dominants. Qu'en pensez-vous ? est-ce que cela vient de l'approche du PDK et de l'UPK envers la presse indépendante ?<br /><br /></span> <span style="font-weight: bold;">Nawshirwan Mustafa</span>:<br /><br />Vous croyez en la liberté d'expression. Se défendre est un des aspects de cette liberté d'expression. Eux mêmes étant constamment en butte aux critiques de la presse libre, ils répondent à ces critiques.<br /><br /><span style="font-weight: bold;">Hawlati: Qu'est-ce qui peut être fait pour que la presse indépendante touche davantage les citoyens ?</span><br /><br /><span style="font-weight: bold;">Nawshirwan Mustafa</span>:<br /><br />Elle devrait être plus exacte et plus honnête en publiant ses informations et en traitant les sujets. Le plus important est qu'ils cessent de présenter uniquement le côté sombre des situations et les aspects frustrants des événements. Les réussites et le bon travail devraient être relevés dans les journaux, de sorte que le pouvoir politique et les dirigeants des partis ne puissent plus penser que la presse indépendante n'est là que pour s'opposer à eux. Oui, elle doit critiquer le gouvernement et les actions néfastes du pouvoir politique. C'est la tâche principale des journalistes. Malheureusement, dans ce pays nous n'avons pas été capables de consolider ce Quatrième Pouvoir bien que les autres pouvoirs soient faibles aussi. Mais de tous le Quatrième Pouvoir est le plus faible. Pour le rendre puissant et efficace, les nouvelles, les opinions, les écrits et les analyses doivent être fondés sur des règles de vérité et de rigueur.<br /><br /><br /><span style="font-weight: bold;">Hawlati: Il y a une rumeur selon laquelle le congrès de l'UPK sera annulé jusqu'à que des discussions aient lieu entre vous et ceux qui sont critiques envers le parti ; et qu'ainsi aucun congrès ne pourra se tenir jusqu'à ce que ce problème soit résolu ?</span><br /><br /><span style="font-weight: bold;">Nawshirwan Mustafa</span>:<br /><br />Je n'ai aucune information là-dessus et n'ai été approché par personne à ce sujet.<br /><br /><span style="font-weight: bold;">Hawlati: Si cela se produit, serez-vous ouvert à une négociation ?</span><br /><br /><span style="font-weight: bold;">Nawshirwan Mustafa: </span><br /><br />Je suis en dehors de ces questions. Mais il y a un certain nombre de personnes du Bureau politique avec qui ils peuvent négocier.<br /><br />Hawlati: Envisagez-vous la possibilité de retourner au sein de l'UPK ?<br /><br /><span style="font-weight: bold;">Nawshirwan Mustafa</span>:<br /><br />Actuellement, pas du tout.<br /><br /><span style="font-weight: bold;">Hawlati: Quatre partis ont présenté un memorandum au gouvernement. Qu'en pensez-vous ? Est-ce qu'ils peuvent devenir un groupe d'opposition ou faire partie de ce gouvernement ?</span><br /><br /><span style="font-weight: bold;">Nawshirwan Mustafa</span>:<br /><br />Je me dois de donner mon opinion là-dessus : il n'y a pas d'opposition. J'ai dit que ces quatre-là pourraient participer au gouvernement et soutenir le PDK et l'UPK sur les questions importantes. Mais s'ils ne participent pas au gouvernement et jouent un rôle d'opposants ces deux partis peuvent les affamer à mort. Leurs cadres ne seront pas payés, leurs officiels ne recevront aucun traitement et ils n'auront aucun moyen financier de se maintenir à flot. C'est très triste mais c'est le cas et j'en suis moi même désolé. Mais je pense qu'ils peuvent faire un bon travail en continuant de faire pression pour l'application des requêtes qu'ils ont présentées dans leur memorandum.<br /><br /><span style="font-weight: bold;">Hawlati: Pensez-vous qu'il y a un début de transformation dans leur relations avec le PDK et l'UPK ?</span><br /><br /><span style="font-weight: bold;">Nawshirwan Mustafa</span>:<br /><br />Je ne pense pas. Je pense que le but est d'obtenir plus d'avantages du gouvernement.<br /><br /><span style="font-weight: bold;">Hawlati: On dit souvent que Nawshirwan Mustafa parle seulement du passé et n'a jamais rien à dire sur le futur alors qu'il en en position d'apporter des changements ?</span><br /><br /><span style="font-weight: bold;">Nawshirwan Mustafa</span>:<br /><br />Oui. Je parle du passé afin d'en tirer des leçons pour le présent. La série d'articles que j'ai écrit était une forme de philosophie politique pour le gouvernement. Quand nous réclamons que les partis soient écartés des pouvoirs exécutif et législatif, cela veut dire que les partis doivent quitter les universités, les forces des peshmarga et la sécurité. Rien que cela est une approche politique différente de ce qui a toujours été jusqu'à présent. C'est quelque chose pour le futur. Quand vous dissociez le parti de l'Etat, alors l'Etat devient une institution indépendante. Mais actuellement le parti a remplacé l'Etat. C'est le parti qui dirige les pouvoirs exécutif et législatif et les autorités universitaires. Cette approche ne concerne pas le passé, mais le présent. Les anciennes questions dont j'ai parlé telles que les négociations entre le Front du Kurdistan et le régime du Baath se répètent maintenant entre les Kurdes et Bagdad sur la question de Kirkouk et d'autres questions. Je ne fais pas de l'histoire pour faire de l'histoire. Et quand j'appelle les partis à quitter le Parlement et à se séparer du gouvernement, je parle du présent.<br /><br /><span style="font-weight: bold;">Hawlati: Des observateurs pensent que le pouvoir du gouvernement central (Bagdad) pourrait se renforcer dans la région et ils considèrent cela comme la perte d'un acquis important du Soulèvement (de 1991) et d'indépendance ?</span><br /><br /><span style="font-weight: bold;">Nawshirwan Mustafa</span>:<br /><br />Non, ce n'est pas le cas. Les conditions actuelles se consolident chaque jour et il ne sera plus possible d'avoir un pouvoir central à Bagdad dans la forme qui a existé précédemment. Cela ne sera pas accepté par le peuple kurde et même par les dirigeants kurdes.<br /><br /><span style="font-weight: bold;">Hawlati: le PDK et l'UPK contrôlent les petits partis via les fonds qu'ils leur allouent. Ne pensez-vous pas que le gouvernement central peut user de la même méthode ? Contrôler les partis politiques et le Kurdistan à travers le budget qui lui est alloué ?</span><br /><br /><span style="font-weight: bold;">Nawshirwan Mustafa</span>:<br /><br />Non, ce qu'ils nous donnent n'est pas une faveur. C'est notre part [constitutionnelle] du Budget total du gouvernement irakien.<br /><br /><span style="font-weight: bold;">Hawlati: Ce que le PDk et l'UPK donnent aux autres partis n'est pas en principe une faveur, mais en pratique ça l'est devenu, non ? </span><br /><br /><span style="font-weight: bold;">Nawshirwan Mustafa</span>:<br /><br />Oui, maintenant le PDK et l'UPK donnent des fonds aux autres partis comme une faveur. Mais àBagdad il y a un Etat, au sein duquel nous sommes partenaires. Nous participons à la présidence de la République, au gouvernement et au Parlement. Le Budget que nous recevons vient des revenus de l'Irak. Pendant longtemps l'Irak a survécu avec le pétrole de Kirkouk, maintenant nous recevons les bénéfices du pétrole de Basra. Cela s'est retourné en notre faveur.<br /><br /><span style="font-weight: bold;">Hawlati: Mais dans vos propres écrits vous n'êtes pas satisfait de l'action des officiels kurdes à Bagdad. Vous ne croyez pas que l'Irak peut utiliser leur faiblesse pour regagner un contrôle sur la Région du Kurdistan ?</span><br /><br /><span style="font-weight: bold;">Nawshirwan Mustafa</span>:<br /><br />Non, je crois qu'à présent, même si nous leur demandions de retourner dans la Région du Kurdistan, ils refuseraient !<br /><br />Hawlati, Sulaïmanieh, 30 avril 2008.<br /><br /><br /><br /></div>Pilinghttp://www.blogger.com/profile/10192166833842176763noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-3698990.post-18632326513346394802008-05-13T15:24:00.005+02:002008-05-13T18:38:40.602+02:00Le kurde dans le monde<div style="text-align: center;"><a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://bp2.blogger.com/_iGM67GzuNNQ/SCmXrSQeN1I/AAAAAAAABNU/4yYiJZWvEzw/s1600-h/Kurdi_dereceya31.jpg"><img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://bp2.blogger.com/_iGM67GzuNNQ/SCmXrSQeN1I/AAAAAAAABNU/4yYiJZWvEzw/s320/Kurdi_dereceya31.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5199854014667044690" border="0" /></a><br /><span style="font-size:85%;">Le français dans le monde, n° 355, février 2008.</span><br /><br /></div><div style="text-align: justify;">Un cocorico (enfin un cacabement de perdrix kurde) <a href="http://www.rizgari.org/modules.php?name=News&file=article&sid=13532">poussé par Rizgari</a>, découvrant le classement, fait en février dernier, par la revue <a href="http://www.fdlm.org/">Le Français dans le monde</a>, de la langue kurde, qui se place en 31° position par ordre d'importance, sur un total de 88 langues, talonnant le turc (en 26° position) et dépassant le persan (40°).<br /><br />Les critères de classement d'une langue étaient, entre autre :<br /><br /><span style="color: rgb(3, 93, 138);font-size:100%;" ><span style="color: rgb(0, 0, 0);"> - Le nombre de locuteurs.</span></span><br /><span style="color: rgb(3, 93, 138);font-size:100%;" ><span style="color: rgb(0, 0, 0);">- La représentation sur Internet.</span></span><br /><span style="color: rgb(3, 93, 138);font-size:100%;" ><span style="color: rgb(0, 0, 0);">- Le nombre d'Etats qui ont cette langue pour langue officielle.</span></span><br /><span style="color: rgb(3, 93, 138);font-size:100%;" ><span style="color: rgb(0, 0, 0);">- Le nombre de traductions faites dans et à partir de cette langue.</span></span><br /><span style="color: rgb(3, 93, 138);font-size:100%;" ><span style="color: rgb(0, 0, 0);">- Le nombre de films, de livres, de musiques, et même de prix Nobel que comprend cette langue.</span></span><br /><span style="color: rgb(3, 93, 138);font-size:100%;" ><span style="color: rgb(0, 0, 0);">- Le nombre de logiciels faits dans une langue.</span></span><br /><span style="color: rgb(3, 93, 138);font-size:100%;" ><span style="color: rgb(0, 0, 0);">- La progression du nombre de ses locuteurs, etc.</span></span><br /><br />Bon, le Kurde n'ayant pour le moment qu'un Etat où il est langue officielle (l'Irak), pas encore de Nobel et subissant plutôt les tentatives acharnées de trois Etats pour faire baisser le nombre de ses locuteurs, on peut avouer qu'il ne s'en sort pas mal, sans doute par une activité assez soutenue sur Internet et dans la traduction des logiciels, en plus des publications assez importantes, que ce soit pour les livres ou les revues, la création ou la traduction, au Kurdistan d'Irak et aussi, malgré les difficultés et le peu d'aide qu'ils reçoivent de l'Etat, en Turquie.<br /><br />Evidemment, le classement comprend le kurde toutes catégories confondues (langue morte ou vivante). Mais à ce sujet, le ministre de l'Education <a href="http://sohrawardi.blogspot.com/2008/04/querelle-lingusitique-au-kurdistan.html#links">qui avait appuyé ce brillant projet</a> commence à mettre de l'eau dans son arak, un peu désarçonné, semble-t-il, par la volée de bois vert en kurmanji qu'il s'est prise sur le dos. Finalement, le Kurdistan ne sera pas la Turquie bis du kurmanji...<br /><br />Ainsi, <a href="http://www.evropress.com/weziry%20perwerdy.pdf">il revient un peu sur sa position</a> en prenant ses distances avec les quelques 53 intellectuels et écrivains de langue soranî (et de Sulaïmanieh) qui avaient réclamé que le kurmanji devienne "langue morte". Le ministre précise donc qu'il s'est bien penché sur la question avec quelques académiciens et autres experts en tant que ministre mais que bon, il prendra sa décision comme un grand, et qu'il n'est pas question d'imposer un dialecte au détriment d'un autre, en tout cas pas sans "dialogue" préalable. Quant à la question de savoir qu'il approuvait ou désapprouvait ces 53 croisés anti-kurmanji, le natif de Sulaïmanieh répond qu'il n'est ni pour ni contre (bien au contraire ?) car cela n'entre pas dans ses fonctions. Il nie également ce qui avait été annoncé dans les média, à savoir la suppression des cours en kurmandji à Sulaïmanieh.<br /><br /></div>Pilinghttp://www.blogger.com/profile/10192166833842176763noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-3698990.post-91935525413740745002008-05-13T12:12:00.000+02:002008-05-13T16:01:08.204+02:00Agenda de la semaine<div align="justify"><a href="http://bp2.blogger.com/_iGM67GzuNNQ/SB9qR3kSGfI/AAAAAAAABMs/QXqfIlKfgFY/s1600-h/Affichette.jpg"><img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5196989350215293426" style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center;" alt="" src="http://bp2.blogger.com/_iGM67GzuNNQ/SB9qR3kSGfI/AAAAAAAABMs/QXqfIlKfgFY/s320/Affichette.jpg" border="0" /></a> </div><div align="justify">Espace Saint Michel (Paris 5ème) - Semaine du 14 au 20 mai 2008<br /></div><div align="center">Dans le cadre de la sortie en salle du film documentaire de Serge Avédikian<br /><strong>« Nous avons bu la même eau » </strong></div><strong></strong><div align="justify"><strong><br /></strong>Arteva, avec le parrainage de la Fondation Internationale Hrant Dink et l’accueil de l’Espace Saint Michel, vous propose Quatre rencontres-débats exceptionnelles avec projections des films à 19h (durée 72’).</div><div align="justify"><br /><strong>Mercredi 14 mai</strong> </div><div align="justify"><br />Avec Cengiz Aktar et Isabelle Kortian (Fondation Internationale Hrant Dink)</div><div align="justify"><br /><strong>La situation de la société, de l’adhésion à l’Union Européenne et de la « question arménienne » en Turquie : une vision des proches de Hrant Dink</strong>.</div><div align="justify"><br /><strong>Vendredi 16 mai </strong></div><div align="justify"><br />Avec Raymond Kevorkian (historien, écrivain) et Hélène Piralian (psychanalyste, écrivaine)</div><div align="justify"><br /><strong>Déplacements forcés de populations : chassé de ses terres, quelle place pour la mémoire de l’autre et le deuil ?<br /></strong><br /><strong>Samedi 17 mai</strong></div><strong></strong><div align="justify"><strong><br /></strong>Avec Yves Ternon (historien, écrivain) et Laure Coret-Metzger (Aircrige, universitaire)</div><div align="justify"><br /><strong>Le génocide des Arméniens, la Shoah et le génocide des Tutsi au Rwanda: similitudes et différences</strong>.</div><div align="justify"><br /><strong>Mardi 20 mai</strong> </div><div align="justify"><br />Avec Claire Mouradian (historienne, écrivaine) et Bernard Dréano (Helsinki Citizen Assembly)</div><div align="justify"><br /><strong>Les vérités de l’Histoire : comment les hommes peuvent-ils combattre la désinformation, ou venir à bout des tabous</strong> ?<br /></div><div align="center">***********<br />Livres et DVD : les derniers ouvrages des intervenants seront présentés, ainsi qu’arménie(s) édité par Arteva et le DVD du film édité par Chaletfilms<br /><br />***<br /><br /><br /></div><div align="justify"></div><div style="text-align: center;"><span style="font-weight: bold;">Bronzes du Luristan, Enigmes de l'Iran ancien</span><br /></div><div style="text-align: center;"><span style="font-weight: bold;">(IIIe-Ie millénaire avant notre ère)<br /><br /></span><a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://bp0.blogger.com/_iGM67GzuNNQ/SCBDnHkSGgI/AAAAAAAABM0/pA2La7YMpb4/s1600-h/luristan.jpg"><img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://bp0.blogger.com/_iGM67GzuNNQ/SCBDnHkSGgI/AAAAAAAABM0/pA2La7YMpb4/s320/luristan.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5197228309310740994" border="0" /></a><br /></div><div style="text-align: center;"><span style="font-weight: bold;">Exposition du 4 mars au 22 juin 2008</span><br /></div><br /><div style="text-align: justify;"><span style="font-size:85%;">"Le musée Cernuschi présente une exposition de Bronzes du Luristan du 4 mars au 22 juin 2008. Elle réunit plus de deux cent trente pièces de collections publiques et privées d’Europe. Le Luristan, région montagneuse de l’Iran occidental qui domine les confins de la plaine mésopotamienne, a livré au cours du siècle dernier des milliers de bronzes antiques.<br /><br />Le Luristan, région montagneuse de l’Iran occidental qui domine les confins de la plaine mésopotamienne, a livré au cours du siècle dernier des milliers de bronzes antiques. Puisant dans les collections publiques et privées d’Europe, l’exposition « Bronzes du Luristan. Enigmes de l’Iran ancien. IIIe-Ier millénaire avant J.-C.» rassemble pour quelques mois au Musée Cernuschi, Musée des Arts de l’Asie de la Ville de Paris, deux cent trente pièces. Cet ensemble sans précédent illustre la richesse et l’originalité de cet art métallurgique d’une très grande technicité, qui suscita, au moment de leur arrivée en grand nombre sur le marché de l’art dans<br />les années 1930, tant d’étonnement et d’enthousiasme. Exceptionnels entre tous, les bronzes de l’âge du fer (1300-650 av. J.-C.) affichent une iconographie exubérante. Des créatures hybrides et composites, génies d’une mythologie qu’aucun texte n’éclaire, euplent mors de chevaux, armes, épingles et idoles. Art sans pareil, la civilisation du Luristan resta longtemps dans l’ombre. Il fallut attendre les années 1960 et l’essor de la recherche archéologique dans la région pour qu’une partie du voile soit soulevé.<br /><br />Cette rétrospective d’une ampleur inédite clarifie, grâce aux contributions des plus grands spécialistes en la matière, nos connaissances sur cette civilisation énigmatique et l’histoire de son art."</span><br /><br /><span style="font-weight: bold;">Musée Cernuschi, musée des arts de l’Asie de la Ville de Paris</span><br />7 avenue Vélasquez<br />75008 Paris<br />Téléphone:00. 33.(0)1 53 96 21 50<br />Fax :00.33.(0)1 53 96 21 96<br />L’entrée de l’avenue Vélasquez se situe au niveau du 111-113, boulevard Malesherbes et par le Parc Monceau, allée centrale.<br /><br />Métro : ligne N° 2, Villiers ou Monceau - Ligne N°3 : Villiers, à 3 minutes de la ligne 14 Saint-Lazare - A 10 minutes de la ligne N° 9 Saint-Augustin<br />Bus : ligne 30, 94 stations Malesherbes/Courcelles et 84 station Monceau (avenue de Messine et rue de Monceau)<br /><br />Station Vélib': 75, rue de Monceau<br />Ouvert tous les jours de 10h à 18h, sauf les lundis et jours fériés.<br />Fermeture des caisses à 17h30.<br /><br /><div style="text-align: center;">***<br /><br /><br /></div><br /></div><a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://bp2.blogger.com/_iGM67GzuNNQ/SB7ahHkSGeI/AAAAAAAABMk/YnCXSeaRlog/s1600-h/Printemps08_clip_image002_0035.jpg"><img style="margin: 0pt 0pt 10px 10px; float: right; cursor: pointer;" src="http://bp2.blogger.com/_iGM67GzuNNQ/SB7ahHkSGeI/AAAAAAAABMk/YnCXSeaRlog/s320/Printemps08_clip_image002_0035.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5196831282533898722" border="0" /></a><br /><div style="text-align: justify;">A partir du 9 mai et jusqu'au 7 juin la <a href="http://sildav.ifrance.com/">Maison d'Europe et d'Orient</a> participe au Printemps de Paris, avec de nombreux spectacles, dont voici un florilège :<br /><br />- mardi 20 mai à 20h, au Studio de l'Opéra Bastille :<br /><span style="font-weight: bold;">Polyphonies géorgiennes Maran</span>i. (<a href="http://www.operadeparis.fr/">rés. et renseignements Opéra de Paris</a>).</div><br /><br /><br /><br /><br /><br /><br /><br /><br /><br /><br /><br /><br /><br /><div style="text-align: center;">***<br /><br /></div><div style="text-align: center;">C<span style="font-weight: bold;">onférence "Les chrétiens en Irak"</span><br />par le Père Pierre de Charentenay<br />le 20 mai à Paris à 19h30<br /><br /><div style="text-align: justify;">Membre de la délégation de Pax Christi qui s’est rendue au Kurdistan irakien en février dernier, le Père de Charentenay, s.j., rendra compte de la vie des chrétiens en Irak au cours d’une conférence avec projection de photos.<br /><br />Mardi 20 mai à 19h30<br /><span style="font-weight: bold;"> Centre Sèvres - faculté jésuite de Paris</span><br />35 bis, rue de Sèvres 75006 Paris - métro : Sèvres babylone<br />Entrée libre.</div></div>Pilinghttp://www.blogger.com/profile/10192166833842176763noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-3698990.post-79800192314749501042008-05-10T10:34:00.003+02:002008-05-10T10:43:43.096+02:00Coup de projo sur : Ghada Shbeir<div align="center"><a href="http://bp3.blogger.com/_iGM67GzuNNQ/SCVeS7QlS3I/AAAAAAAABNM/phwXZMkjiRs/s1600-h/shbeir.jpg"><img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5198665024107006834" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; CURSOR: hand; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://bp3.blogger.com/_iGM67GzuNNQ/SCVeS7QlS3I/AAAAAAAABNM/phwXZMkjiRs/s320/shbeir.jpg" border="0" /></a> => <a href="http://pagesperso-orange.fr/kurdistannameh/culture/musique.htm">A l'écoute ici <=</a><br /><br /><div align="justify">J'aime bien la fête de la Pentecôte, parce que, si l'on y réfléchit, c'est celle des polyglottes et des traducteurs. Pour l'occasion, sorti en avril dernier, trop tard pour Pâques mais à temps pour la descente des langues de feu sur les têtes apostoliques, ce CD de chants syriaques, interprétés par la libanaise Ghada Shbeir, qui est à la fois ethnomusicologue à l'université du Saint-Esprit de Kaslik (ça tombe bien) et chanteuse de talent, que ce soit pour les traditions et les liturgies byzantine, maronite, syraque et les chants arabes.</div><div align="justify"> </div><div align="justify">Enfin, on ne répétera jamais assez que, contrairement à ce qu'on lit partout et ce que souvent même des chrétiens d'Orient répètent eux-mêmes faute de s'etre suffisament renseignés : non, le syriaque n'est pas une langue morte. Il suffit d'aller se promener dans les villages chrétiens du Kurdistan d'Irak (où les plus jeunes ne parlent même plus arabe), de ceux de Ninive et de Mossoul pour s'en mettre plein les oreilles. </div><div align="justify"> </div></div>Pilinghttp://www.blogger.com/profile/10192166833842176763noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-3698990.post-66513124981444907602008-05-08T18:02:00.005+02:002008-05-08T18:43:48.781+02:00Kurdistan, Louristan et Jibal sous les Abbassides<a href="http://bp3.blogger.com/_iGM67GzuNNQ/SCMoF2znzYI/AAAAAAAABNE/NEbbh_fwIW8/s1600-h/lombard.jpg"><img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5198042475992173954" style="FLOAT: right; MARGIN: 0px 0px 10px 10px; CURSOR: hand" alt="" src="http://bp3.blogger.com/_iGM67GzuNNQ/SCMoF2znzYI/AAAAAAAABNE/NEbbh_fwIW8/s200/lombard.jpg" border="0" /></a><br /><br /><div align="justify">"L'Iran est un immense pays de déserts salins ou de steppes arides, de montagnes dénudées, avec quelques points fertiles, oasis où s'épanouissent les cultures jardinées et la vie urbaine. Par opposition à la steppe, c'est le <em>firdaws</em>, ou "paradis". Au coeur de l'oasis, la grosse ville entourée de murs s'auréole d'une banlieue cultivée grâce à l'irrigation par un système de canaux (<em>qanat</em>) souterrains, afin d'éviter l'évaporation dans ces pays de soleil torride. L'époque abbasside, continuant les grands travaux de l'époque sassanide, voit un développement considérable des surfaces irriguées, ce qui permet la continuation et l'amplification de l'essor urbain. La technique de ce système iranien d'irrigation gagnera par la route des déserts et des oasis jusqu'au sud algérien (<em>foggara</em>) et au sud marocain (<em>khattara</em>). Les Touaregs l'appellent "travaux persans".</div><div align="justify"><br /></div><div align="justify"></div><div align="justify"><br /></div><div align="justify">Ces oasis iraniennes s'égrènent au pied du rebord intérieur des chaînes du pourtour ou au pied de la chaîne centrale en oblique qui divise le pays en deux dépressions désertiques. Les eaux venues de la montagne sont directement et soigneusement captées pour servir à l'habitat périphérique, villes en chapelet qui servent de relais aux routes caravanières. Sur ces routes circulent les grands chameaux à deux bosses de Bactriane, élevés dans la région de Balkh, une des capitales du Khurasan, et aussi les forts chevaux iraniens, capables de porter les cataphractaires lourdement armés (<em>asawira</em>) si souvent figurés sur les bas-reliefs sassanides. Les éleveurs de chevaux, Kurdes et les Lours, occupent le rebord du plateau qui tombent sur la Mésopotamie ; Kurdistan et Louristan, terres de nomadisme, sont toujours restés indépendants face aux grands Etats administratifs et bureaucratiques de la plaine : Achéménides, Séleucides, Parthes, Sassanides, Califes ; contenus par l'organisation policée du bas pays, leurs peuples l'ont continuellement menacé de leurs incursions. C'est ainsi qu'un large tampon de vie pastorale et sauvage s'étendait, et s'étend aujourd'hui encore, entre la plaine de Mésopotamie et le plateau iranien.</div><div align="justify"><br /></div><div align="justify"></div><div align="justify">Trois brèches s'ouvraient pour franchir cette zone, trois routes gardées par les forces de l'ordre. D'abord, vers l'Arménie, où les vallées du Tigre et du Bitlis, par Jazira ibn 'Umar, conduisaient à Bitlis et Akhlat ; puis, vers l'Iran, la grande voie qui depuis Bagdad par la vallée de la Diyala menait à Kirmansha et à Hamadhan (Ecbatane), et, de là, vers Zanjan et l'Azerbaïdjan, l'Arménie et Trébizonde ou vers l'Arran, Derbend et Itil ; ou encore, après la traversée des Jibal (les "Montagnes") jusqu'à Rayy (Téhéran) et de là, par le Khurasan, vers l'Asie centrale ; enfin, un itinéraire menait de Bagdad au Khuzistan (Dizful) et au Fars (Shiraz)."</div><div align="justify"> </div><div align="justify">"<strong>Jibal</strong></div><div align="justify"> </div><div align="justify">Nous revenons à notre point de départ, le bord du Zagros, par une épaisse région montagneuse de plus de 1000 kilomètres de long sur 200 kilomètres de large, sorte de bourrelets épais et continu, fait d'énormes rides parallèles, qui porta le nom de province des Jibal (les "Montagnes) sous l'empire abbasside. Une seule rivière, la Diyala, pousse son cours perpendiculairement à l'intérieur de la chaîne dans un ensellement qui joua un rôle important comme voie de communication entre le plateau iranien et la plaine mésopotamienne. Au débouché de cette route naturelle : Bagdad, tête de pont iranienne en pays araméen, comme, avant elle, la Séleucie-Ctésiphon des Sassanides, mais avec plus d'ampleur. La ville ronde s'ouvre par quatre portes dont les noms indiquent les quatre directions principales de ses relations extérieures : au nord-est, la porte du Khurasan, au sud-est, la porte de Basra, au sud-ouest, la porte de Kufa, au nord-ouest, la porte de Syrie. La route du Khurasan est la route triomphale parcourue par la nouvelle dynastie des Abbassides. C'est la vieille route historique qui passe par Kirmanshah, Behistun, Nihavend où les Musulmans livrèrent contre les troupes perses la bataille décisive qui leur ermit de forcer le passage vers Hamadhan (Ecbatane). Après Kirmansha, elle franchit un défilé, le col de Zagha (2 340 m) puis descend le rebord montagneux vers Hamadhan sur un plateau d'où partent les routes en direction de Rayy et de Zanjan. Des pentes pierreuses, désolées, forment le rebord intérieur de ce puissant bourrelet montagneux. Cependant, quelques oasis apparaissent au débouché des cours d'eau qui descendent de la montagne : Hamadhan, Isfahan, reliées par des routes caravanières avec le Fars au sud, et au nord, à Rayy et à Hamadhan, toutes deux sur la grande voie Khurasan-Mésopotamie.</div><div align="justify"> </div><div align="justify">Les Jibal sont une province d'un intérêt crucial pour les communications du califat abbasside avec l'Iran. Ibn Khurdabeh qui était maître des postes (sahib al-barid) des Jibal sous le calife al-Mu'tamid (870-992), a décrit, étape par étape dans son Kitab al-masalik wal-mamalik (Livre des Routes et des Provinces) les grandes routes qui rayonnaient autour de Bagdad. Le maître des postes était un fonctionnaire important et nécessairement bien renseigné : il contrôlait les courriers officiels, espionnaient les autres fonctionnaires et restait en rapport direct avec les bureaux centraux. L'oeuvre d'Ibn Khurdabeh, compilation à l'usage de ses subordonnés, permet de retracer très exactement le réseau routier d'alors."</div><div align="justify"> </div><div align="justify">Maurice Lombard, <em>L'Islam dans sa première grandeur, VIII°-XI° siècle</em>, II, "Le monde iranien".</div>Pilinghttp://www.blogger.com/profile/10192166833842176763noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-3698990.post-39025180425705120372008-05-07T12:03:00.021+02:002008-05-14T11:40:42.853+02:00"Un enfant à la fois ordinaire et exceptionnel"<a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://bp0.blogger.com/_iGM67GzuNNQ/SCF_FmznzXI/AAAAAAAABM8/dZHIMa2Ff1c/s1600-h/mk.jpg"><img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5197575179255401842" style="margin: 0pt 0pt 10px 10px; float: right; cursor: pointer;" alt="" src="http://bp0.blogger.com/_iGM67GzuNNQ/SCF_FmznzXI/AAAAAAAABM8/dZHIMa2Ff1c/s200/mk.jpg" border="0" /></a><br /><div style="text-align: justify;"><span style="font-style: italic;">"En 1980, Manuel Kirkyacharian, né à Adana (région de Cilicie) en 1906 et décédé à Sydney en 1997, a enregistré ses mémoires : une histoire ordinaire et exceptionnelle de déportation dont il fut victime à l'âge de 9 ans. </span><br /><br /><span style="font-style: italic;">Sa mère se suicide sous ses yeux. Deux jours plus tard, son père décède, étendu à ses côtés. Il trouvera, un peu après, le reste des déportés, exterminés. Les gens sont assassinés sous ses yeux à coup de canne, de poignard, par lapidation. Ses vêtements lui sont dérobés. A plusieurs reprises, il est laissé entièrement nu. On imagine aisément la situation telle qu'elle peut être vécue par un enfant d'origine paysanne, surtout à cette époque. Puis il est vendu comme esclave. Il fuit à maintes reprises les familles qui l'ont "adopté". Il va de village en village à la recherche d'une nouvelle maison, d'un refuge. Il chemine jusqu'à Mossoul à pied, puis de là, se rend à Alep. En définitive, il aura arpenté la région pendant une dizaine d'années avant de retrouver ses proches."</span><br /><br />Ainsi <a href="http://www.baskinoran.com/">Baskin Oran</a> présente-t-il les "Mémoires" de M.K, dont il a établi le texte à partir des enregistrements sur bandes magnétiques, qu'à la fin de sa vie, M.K. a souhaité laisser. Enfant et puis homme à la fois "ordinaire et exceptionnel", tel apparaît effectivement le jeune Manuel dans son récit. Son père est cordonnier, il grandit à Adana, dernier enfant et fils unique, après 4 soeurs. Les revenus de sa famille semblent modestes, mais pas pauvres. Tous les enfants vont à l'école, la famille quitte à un moment une "maison de pisé" pour "une maison de briques, à deux étages." C'est une famille de petits artisans citadins. Rien dans son éducation n'a donc prédisposé Manuel à mener la vie errante d'un louveteau à l'abandon dans les montagnes et les plaines kurdes. Ce n'est pas un enfant de paysans anatoliens habitué à un travail harassant pour manger juste de quoi ne pas mourir de faim. Ce n'est pas un enfant de nomade, un fils de tribu que l'on a mis en selle avec un fusil dans les mains dès le plus jeune âge, pour qu'il s'aguerrisse au combat. Et pourtant, il va survivre, malgré les privations physiques, l'atrocité des événements qu'il va vivre, la cruauté des Tcherkesses, des Turcs, des Kurdes. C'est pourquoi il est à la fois ordinaire et exceptionnel : parce que rien, en lui, aucun talent ni éducation particulière, ne l'avaient mieux armé que les autres à surmonter la mort, la fatigue, la détresse, le chagrin et que sa capacité de survie n'en est que plus impressionnante.<br /><br />Sur ce que l'on appelle "le genre du témoignage", il y a parfois contestation, les uns lui déniant le qualificatif de "littéraire", soit parce que l'absence de mise en forme, de recherche de style, d'obéissance à certaines conventions de la littérature écrite, manquent ; d'autres parce que le terme "littéraire" semble suspect, synonyme d'artefact, et ce, donc, au détriment de la sincérité ou de la véracité brute du témoignage, comme si ce témoignage là, pour être recevable, ne devait pas aller plus loin qu'une simple déposition (les faits, rien que les faits et pas de contradiction entre eux) enregistrée au commissariat de l'Histoire. Or ces récits sont portés par des constantes, qui tiennent non seulement à la façon dont l'esprit humain s'arrange ou non d'événements traumatiques, mais aussi à la façon dont la parole humaine, sert et a toujours servi, à organiser la mémoire, quitte à parler autour des "trous noirs de la conscience" quand elle ne peut pas s'y enfoncer. Il est donc tout aussi absurde de dénier à ce genre le qualificatif de littéraire que de refuser celui de "musique" aux chants et aux expressions musicales spontanées qui finissent toujours par fleurir dans les groupes humains rassemblés dans des expériences violentes ou humiliantes, comme l'esclavage, les camps ou la prison.<br /><br />Contrairement aux catastrophes naturelles, aux ravages des cyclones, aux éruption des volcans, la violence génocidaire n'a pas d'explication rationnelle et salutaire pour nous rassurer, pas même celle de la guerre où l'ennemi n'a même pas besoin d'être diabolisé : "C'est lui ou moi", "C'est obéir ou être fusillé"... Non, cela tombe des voisins, des gens aussi ordinaires que soi, changés tout soudain en serial-killers. Les événements surviennent si rapidement que les victimes n'ont même pas le temps de se demander si elles ont mérité ou non leur sort, s'il y a un motif, bon ou mauvais, à ces massacres. Tout est vécu dans une sorte d'hébétement détaché, dans une dissociation peut-être salvatrice entre ce que vit le corps et une réflexion engourdie.<br /><br /><span style="font-style: italic;">"Moi, je m'étais débarrassée de la peur. Je m'accoutumais au brouhaha des hurlements, j'attendais le fer. Quelquefois, on a peur au déclenchement d'une situation, mais au fond, on avance en une sorte d'anesthésie. J'étais devenue patiente."</span> (Sylvie Umubyeyi, 34 ans)*<br /><br /><span style="font-style: italic;">"Tuer des Tutsis, je n'y pensais même pas quand on vivait en bonne entente de voisinage. Même d'échanger des bousculades ou de mauvais mots, ça ne me semblait pas convenable. Mais quand tout le monde a commencé à sortir la machette en même temps, j'ai fait pareil sans m'attarder. Je n'avais qu'à imiter les collègues et penser aux avantages. Surtout qu'on savait qu'ils allaient quitter le monde des vivants pour de bon."</span> (Pio Mutungirehe, 20 ans)***.<br /><br /><br />Cette distance, ce ton à la fois nu et détaché pour raconter ou commenter la succession des drames, on la retrouve tout au long du récit de M.K, et le support adopté pour fixer ces souvenirs, des séquences brèves d'enregistrement sur bandes, est assez souple pour être usé au gré du narrateur, qui suit à la fois le fil de son histoire dans son sens chronologique, mais avec la liberté de revenir en arrière, de raconter deux fois le même souvenir, avec des variations ou des précisions très significatives, d'interrompre ce récit pour y intercaler d'autres séquences, des chansons kurdes, ou la description d'un village syriaque. Il faut, en analysant le ton détaché et la fragmentation des souvenirs déroulés, garder en mémoire que <span style="font-style: italic;">"l'effet immédiat de la violence est la perte de la narration et du langage. Après que leur vie quotidienne a été fracassée par une violence inattendue, beaucoup de gens trouvent difficile de parler de leur expérience et de se re-lier au monde, temporellement et spatialement, par le biais de la narration."*</span>*. Et aussi le fait que <span style="font-style: italic;">"raconter l'histoire d'un traumatisme, comme le souligne Michael Jackson, est difficile, non seulement en raison de l'effet de fragmentation qui affecte les notions de temps et de lieu chez la personne traumatisée, mais aussi parce que le récit implique un échange d'émotion/compassion dans lequel beaucoup ne souhaitent pas s'engager." **</span><br /><br />Ce qui peut apparaître a priori comme un effet d'authenticité remarquable, à savoir l'adéquation totale des scènes racontées avec l'âge du narrateur, au moment où il y assistait, est sans doute causée par cette fragmentation du temps : ainsi les scènes de viol et de meurtre sont décrites telles qu'un enfant de neuf ans pouvait les voir, les comprendre et ne pas les comprendre, notamment dans le fait que la nudité des corps (ou la sienne quand il est dépouillé) le choque peut-être plus encore que les blessures ou la vue de cadavres ; puis viennent les récits de l'adolescence où Manuel, plus âgé de quelques années, observe, juge les adultes et leur comportement envers lui, avec une compréhension plus mature de leur psychologie, où déjà, il y a possibilité d'expliquer à soi-même l'aléatoire de ses relations avec les autres ; puis vient le dernier volet, où le narrateur a 18, 19 ans, et déroule avec plus de précisions sa propre volonté, le pourquoi de ses recherches, le déroulé pratique, concret de ses formalités, où ses propres émotions, aussi, sont exprimées, ce qui n'était pas le cas dans les souvenirs antérieurs : Ainsi quand il apprend que sa tante vit à Alep : <span style="font-style: italic;">"J'étais si heureux. Le paradis s'ouvrait enfin devant moi."</span> ; ou le jugement sur le prêtre qui n'est pas <span style="font-style: italic;">"un der baba qui aime son millet"</span> induit qu'il peut, là, se mettre en posture de condamner ou désapprouver les agissements de son entourage, au lieu d'être complètement dénudé devant une violence abasourdissante et qui le rendait muet, dix ans auparavant.<br /><br />Or il ne s'agit à aucun moment du récit fait par un enfant de neuf ans, puis d'un adolescent, puis d'un jeune homme, au fur et à mesure des étapes successives de sa vie. Il s'agit du même Manuel, celui qui a choisi, à 74 ans, de raconter sous le nom de M.K ce qui est arrivé à Manuel Kirkyacharian quand il avait 9, 14, 18 ans. Mais il y a sans doute, dans les victimes traumatisées par la violence, ces fractures du temps où le temps n'a pas coulé, où l'on a toujours l'âge que l'on avait quand on les a vécues, où la mémoire n'a pas reconstitué les scènes avec les yeux de l'adulte, se reliant peut-être avec ce que Judith Butler appelle la dissolution de la temporalité"**.<br /><br /><span style="font-style: italic;">"Pour moi, le génocide, c'était hier dans ma mémoire, ou plutôt l'année dernière ; et ça restera toujours l'année dernière, car je ne discerne aucun changement qui permette au temps de reprendre convenablement sa place."</span> <span style="font-style: italic;">(</span>Edith Uwanyiligira, 34 ans).*<br /><br /><span style="font-style: italic;">"Je pense que le temps va me permettre de laisser les souvenirs pénibles à Rilima, quand je vais quitter. Je vais plier les mauvaises pensées dans l'uniforme de prisonnier. Je pense que je vais revenir chez moi avec une mémoire de bonne facture, pour recommencer une existence de bon entrain.<br />Mais le souvenir de la galerie de mine où l'on a enfumé les Tutsis vivants, celui-là, il ne va jamais me lâcher. Je le sens bien dissimulé derrière mon esprit. Il va me ronger sur la colline. Et c'est grand-chose. Il va me guetter à l'improviste puisque j'habite non loin des mines." </span>(Ignace Rukiramacuru, 62 ans).***<br /><br /><span style="font-style: italic;"><br /></span>Le récit est organisé en plusieurs volets, découpés chronologiquement, ordonnés en actes comme une tragédie. Il y a d'abord l'introduction au génocide, telle que l'explique M.K. A ce sujet, la fidélité aux enregistrements a été heureusement conservée, jusque dans les erreurs factuelles que fait M.K, comme par exemple le nom du ministre de la Défense ou le fait d'attribuer aux Assyro-Chaldéens la langue latine en place de l'araméen ! Cette présentation d'avant la tragédie ne repose évidemment pas sur les faits auxquels aurait assisté le jeune Manuel, mais sur ce qu'il a entendu dire, alors ou plus tard, ou sur les récits d'autres témoins qui lui sont parvenus et qu'il retranscrit lui-même. On a ainsi un précieux recueil de ce qui se disait chez les Arméniens de l'Empire, de ce que l'on croyait ou pas, des rumeurs, des fables, de la doxa ambiante, de ce que l'on percevait alors des Français, des Anglais, des Allemands et des Jeunes Turcs.<br /><br />Et puis commence l'histoire proprement dite : <span style="font-style: italic;">"Venons-en à notre batmutyun."</span> Comme beaucoup de récits de catastrophe, par exemple la Partition de l'Inde et les exodes qui s'en sont ensuivis, la vie d'avant est présentée comme un "âge d'or passé" brutalement interrompue par une violence dévastatrice, : <span style="font-style: italic;">"Dans son analyse des récits de la Partition Chakrabaty avance que si l'Histoire explique les périodes de violence de façon cohérente, les présentant comme la cause d'événéments antérieurs, les gens se souviennent de cette violence comme un fait inattendu et irrationnel. Ils mettent l'accent sur l'événement violent en le présentant comme un fait inexplicable, troublant le paradis d'une vie paisible."**</span><br /><br />M.K; lui, nous dit : <span style="font-style: italic;">"Nous vivions tous en famille, comme des frères à Adana, tous les Arméniens, tous les Turcs, ceux nés en Turquie et les autres. Il y avait alors la liberté, la justice, l'égalité et la patrie. Enfin, le jour est arrivé où nous aussi avons été soumis au sevkiyet.</span><br /><br /><span style="font-style: italic;">Notre histoire commence."</span><br /><br />Et l'histoire commence bien là, abruptement, sans long développement de comment ils en sont arrivés là, les préparatifs, les doutes, la façon dont l'ordre a été accueilli, discuté, par les parents de Manuel. Les faits se succèdent, après que tombent les ordres, abrupts, sans explication : <span style="font-style: italic;">"Ma mère, mon père et moi, nous nous sommes rendus à la nouvelle gare pour prendre le train en tant que muhacir."</span> Plus tard, après l'installation à Osmaniya, autre déplacement : <span style="font-style: italic;">"Puis un jour un ordre du gouvernement est tombé : "Ici la population est trop nombreuse. La saleté augmente. les maladies vont se répandre." Et les déplacés doivent louer des charrettes et de rendre dans la plaine de Gatma, en attendant un autre transfert. "Nous avons chargé nos affaires puis nous avons pris la route." "Nous sommes repartis."</span> Les premiers pillards, les premières attaques, sont commentés simplement, des <span style="font-style: italic;">"journées difficiles et pénibles." </span><br /><br />Les cris et les pleurs sont évoqués, mais de façon impersonnelle, comme une scène à laquelle on assiste, sans que l'on sache si l'enfant y participe ou non : <span style="font-style: italic;">"Là, ce ne fut que pleurs et lamentations à l'idée d'être égorgés."</span> Mais jamais les larmes des parents de Manuel ne sont évoquées. Ce sont les autres, qui pleurent : "<span style="font-style: italic;">En face, ceux qui étaient partis avant nous pleuraient. Ils avaient été pillés." </span>Les paroles, par contre, sont retranscrites, sans doute en résumé d'une longue discussion, quand la mère de l'enfant veut se tuer, et le motif de ce suicide, s'il pouvait avoir de nombreuses causes (peur du viol, de la mort dans les supplices, ou dépression profonde), est d'abord expliqué de façon sèche et concrète, dans ce qu'il voyait : <span style="font-style: italic;">"Ma mère, les pieds gonflés, était incapable de marcher."</span> Mais il est extrêmement conscient de ce qui se passe, notamment entre les deux époux : <span style="font-style: italic;">"En fin de compte, mon père ne l'y a pas conduite. Il n'a pas voulu" ;</span> avec, en filigrane, le sentiment du fils, fait d'impuissance et d'incompréhension devant l'obstination de sa mère à mourir : <span style="font-style: italic;">"Quant à moi, je n'étais qu'un enfant. Mon père l'aurait prise sur son dos."</span> Le premier récit de cette mort, à laquelle il assiste, est concis. Il tourne la tête, puis regarde, sa mère se débat dans le fleuve, puis disparaît. Et c'est tout : <span style="font-style: italic;">"A notre retour, la colonne s'était mise en marche.</span>" Vient ensuite la mort du père, qui est encore moins détaillée, peut-être parce qu'elle fut la résultante de violences de l'ennemi, en plus de l'épuisement : <span style="font-style: italic;">"Le matin je me suis levé. Mon père était mort."</span><br /><br />Mais M.K revient sur ces morts, après une courte séquence où il décrit la façon dont les Arabes achetaient les enfants aux Tcherkesses. Il raconte à nouveau, sans préciser qu'il revient en arrière, ni qu'il va répéter les deux morts de ses parents, un peu comme si sa parole, pour réussir à capturer les faits et les circonscrire dans son récit, avait besoin de s'en approcher graduellement, de tourner autour en cercles concentriques. C'est dans le second récit du suicide de la mère que ses explications sur la peur d'être suppliciée sont rapportées. Et que ce qui semblait avoir été un geste de désespoir rapide, dans le premier récit, a été en fait une mort ritualisée, avec venue du prêtre, communion, jusqu'à la scène finale, où le geste de l'enfant, de se détourner, est justifié, contrairement à la première fois.<br /><br />Le sentiment de dépossession, de perte irrémédiable, se traduit plus dans le détail minutieux, précis, des objets qu'on leur ôte, et dont les couleurs des objets sont toujours indiquées, comme des éclats fichés dans la mémoire : il y a le <span style="font-style: italic;">"joli canif à manche jaune"</span> qui est la première chose dont on le dépouille. Il y a le châle noir de la mère, <span style="font-style: italic;">"un châle de valeur"</span>, échangé contre du pain et le troc revient deux fois dans le récit, chaque fois avant celui du suicide. Sa paire de <span style="font-style: italic;">"souliers en cuir rouge"</span>, contre du boulgour, revient aussi deux fois pour annoncer la mort du père. M.K se souvient, avec la même précision, des deux derniers pantalons qu'il portait, l'un avec <span style="font-style: italic;">"des rayures noires et blanches et l'autre de couleur foncée."</span> Peut-être le décompte précis des vols sert-il de support, au moins cohérent, aux faits et gestes des bourreaux qui agissent non seulement avec une brutalité inexplicable, mais dont la violence même obéit à des rémissions aléatoires. Ainsi le Kurde qui l'emmène pour l'adopter, qui change d'avis en chemin, <em>"je ne sais pas pourquoi"</em>, et le dépouille, lui faisant enlever ses vêtements jusqu'à la taille et ne lui laisse que ses deux pantalons, que Manuel décrit fidèlement, ainsi que la façon dont il déchire "le foncé" pour s'en faire une veste.<br /><br /><span style="font-style: italic;">"Ces corps nus à l'abandon du temps, il n'étaient plus tout à fait eux, ils n'étaient pas encore nous. Il étaient un cauchemar véridique, je ne pense pas que vous pouvez comprendre."</span>(Claudine Kayitesi, 21 ans) *<span style="font-style: italic;"><br /></span><br /><span style="font-style: italic;">"On voyait des femmes qui fouillaient dans les maisons. Elles se risquaient jusque dans les marais, pour dénouer les pagnes des malheureuses qui venaient d'être tuées. ça pillait tout, les bassines, les tissus, les cruches, les images pieuses, les images de mariage ; partout, dans les maisons, dans les écoles, sur les morts.<br />ça pillait les vêtements sanglants sans crainte des lavages. ça pillait dans les culottes à cause des cachettes d'argent. Sauf dans l'église, toutefois, à cause des pourritures de cadavres oubliés depuis le massacre du premier jour."</span> (Léopord Twagirayezu, 22 ans)<span style="font-style: italic;">***<br /><br /><br /></span>L'aléatoire des comportements fait sentir le manque d'une parole, celle des tueurs, pour s'expliquer pourquoi, à un moment, on tue, on épargne, on protège, on abandonne. Un vieil homme le voit passer, le prend chez lui, ainsi qu'un autre jeune Arménien, les héberge et les nourrit deux nuits, puis leur dit de partir. Ils dorment dans des ruines, des femmes kurdes ne semblent pas hostiles puisqu'elles leur portent du pain ou de l'ayran. D'autres Kurdes arrivent, "adoptent" Manuel et l'emmènent. <span style="font-style: italic;">"Parfois je marchais, parfois ils me mettaient sur leur âne</span>." Puis, comme <span style="font-style: italic;">"je restais en arrière, un Kurde ramassa une pierre et me la lança. L'oreille touchée et j'y passais. Mais, visiblement, mon heure n'était pas arrivée." </span>Mais le Kurde le mène malgré tout à son village (après avoir traversé les lieux où le convoi de M.K était massacré). On le nourrit. Entre temps, les paysans tuent à coups de pierre un adolescent arménien, rescapé du massacre. Lui, non. Au matin, il semble qu'il ne soit plus question "d'adoption". On ne le tue pas, cependant : les enfants de <span style="font-style: italic;">"cet homme, un fils et une fille plus jeune, m"ont sorti du village. Je ne savais pas où nous allions. Après avoir passé l'endroit où étaient entassés tous les cadavres, ils se jetèrent sur moi pour me prendre mon pantalon et ma culotte. Je les enlevai et leur tendis. Puis ils partirent."</span> Sur la route, il assiste à un viol suivi d'un meurtre, où, sans qu'il se l'explique lui même, le meurtrier ne touche pas à l'enfant, lui adressant quelques mots et repartant ensuite. Un autre Kurde, avec une jeune fille, passe et lui donne un pain. D'autres lui parlent, n'insistent pas; On ne sait quand la mort arrive et pourquoi. Un groupe de femmes survient, l'une d'elle, une jeune, veut lui fracasser la tête à coup de mottes de terre. Les autres l'en empêchent. Une autre a pitié de lui et le couvre du lange de son bébé pour l'emmener. C'est ainsi qu'il connut sa première "adoption."<br /><br /><span style="font-style: italic;">"Si j'essaie de trouver une réponse à ces hécatombes, si j'essaie de savoir pourquoi nous devions être coupés, mon esprit s'en trouve malmené ; et j'hésite sur tout ce qui m'entoure. Je ne saisirai jamais la pensée des cohabitants hutus. Même celle de ceux qui ne cognaient pas directement mais qui ne disaient rien.</span>"* (Janvier Munyaneza, 14 ans).<br /><br /><span style="font-style: italic;">"C'était possible de ne pas tuer un avoisinant, ou une figure qui attirait de la reconnaissance ou de la pitié, mais ce n'était pas possible de la sauver. On pouvait s'accorder sur une esquive, décider d'une tricherie de ce genre. Sans toutefois d'aucune utilité pour le tué. Par exemple, celui qui rencontrait quelqu'un avec qui il avait percé trop de Primus en amitié, il se détournait de côté. mais un autre venait derrière qui allait s'en charger. De toute façon, dans notre groupe, ça ne s'est jamais présenté."</span> (Adalbert Munzigura, 23 ans). ***<br /><br />Deuxième volet : les villages kurdes,(10-14 ans).<br /><br />Est-ce parce que le temps du massacre a été bref ? Ou bien parce qu'une fois véritablement adopté, il n'était plus chair à couteau ? Dans ces villages kurdes, la menace de la mort arbitraire s'estompe. Quand les soldats turcs passent, les Kurdes les préviennent afin qu'ils se cachent. Les filles enlevées travaillent dans les maisons, sont réservées, quand elles sont belles, aux garçons kurdes. C'est que les pratiques tribales reviennent, après le temps de la sauvagerie. Les tribus, qu'elles soient kurdes ou bédouines, passaient souvent leur temps à enlever les enfants ou les filles de chrétiens pour leur profit. Une fois intégrés et mariés dans la tribu, ils devaient perdre peu à peu leur statut de captif. Mais la peur semble revenir chez l'enfant à chaque geste de violence. La menace d'une simple correction le fait paniquer jusqu'à le faire fuir, dans une autre maison, où le muhtar suscite peut-être chez lui un sentiment de protection, puisqu'il tient tête à l'agha qu'il a quitté. <span style="font-style: italic;">"Quant à moi, j'étais de la famille." </span>Mais le sentiment de son identité, l'invincible besoin de retrouver les siens, sa quête de tous les villages chrétiens dont il entend parler, sa pratique fidèle des prières qu'on lui a enseignées, montre un irrépressible besoin de sauver la seule chose qui lui reste après avoir tout perdu : ce qu'il est lui-même, un Arménien. Une conversation entre le maître et le sheikh sur son prochain mariage et sa future conversion (ce qui n'est pas vécu par les Kurdes, comme une brimade, mais, pour le coup, comme une réelle adoption) le décide à s'enfuir vers un village chrétien, celui d'Azak.<br /><br />Troisème volet : Le village des Syriaques (14-16 ans).<br /><br />Chez les Syriaques, il se fait engager comme un domestique dans une famille. Même si son statut repasse de "fils de la maison" à serviteur, il semble se détendre, rassuré par la pratique religieuse chrétienne des villageois, et aussi leur combativité et leur acharnement à ne pas se laisser faire par les musulmans : <span style="font-style: italic;">"Ici, tu es à Azak. Un chrétien qui arrive à Azak ne tombera plus jamais entre les mains des Kurdes.'"</span> C'est pourquoi aussi s'intercale dans ses propres souvenirs le récit long, héroïsé, de la défense victorieuse du village lors du génocide, où les montagnards syriaques ont tenu en échec à la fois les soldats turcs et les Kurdes des alentours. Azak est donc un lieu où l'anéantissement et la mort n'ont pas trouvé place, un lieu préservé. Il décrit longuement, soit par plaisir ou dans une forme d'hommage, la vie des ces gens, la topographie du village, ses maisons, ses puits, ses grottes. Il loue la richesse des vignobles, des troupeaux. Puis il revient à sa propre histoire pour avouer tout de même que le travail, dans ce village, était si dur, qu'il change de maison pour une autre, où sa condition est meilleure. "<span style="font-style: italic;">Mais déjà, je cherchais une autre solution."</span> C'est qu'entre-temps, d'après ce que l'on comprend, il réalise peu à peu que tous les Arméniens ne sont pas morts, qu'il en reste à Mossoul, ou ailleurs.<br /><br />Et peut-être parce que le temps du départ est proche dans le récit, M.K éprouve le besoin de revenir en arrière, ce qu'il annonce de façon curieuse : <span style="font-style: italic;">"Si on parlait un peu de moi. ça sert à rien de trop réfléchir. Il est important de se détendre. j'ai besoin de me changer les idées."</span> Or, le <span style="font-style: italic;">"besoin de se détendre"</span> est en fait celui de citer toutes les chants que l'adolescent a apprises, en kurde, et qu'il chantait <span style="font-style: italic;">"pour se consoler"</span>. Ainsi tout son répertoire des chansons paysannes kurdes y passent. Jusqu'à la chanson finale, celle peut-être qui est à la fois le condensé de ses émotions tues et peut-être aussi la conclusion de sa vie d'errance dans les montagnes, puisque c'est l'avant-dernière séquence avant le départ pour Mossoul : <span style="font-style: italic;">"Mais mes pensées, après avoir chanté, m'ont vite rattrapé. Elles ne me laissent jamais seul bien longtemps. J'ai aussi inventé une chanson sur ma vie. Elle est en kurde"</span>, une chanson où il s'adresse à sa mère, où il est un "<span style="font-style: italic;">adolescent de 14 ans" "sans biens ni personne"</span>, et se plaint du "<span style="font-style: italic;">déluge</span>", du "<span style="font-style: italic;">gouffre</span>" du "<span style="font-style: italic;">chagrin</span>" dans lequel il est tombé.<br /><br />Puis <span style="font-style: italic;">"Bebbo Efendi, l'aîné des fils, un vrai seigneur, quelqu'un de très sérieux,"</span> respecte sa promesse et lui annonce qu'il pourra bientôt partir pour Mossoul, à la recherche des siens.<br /><br />Quatrième volet : Mossoul - 16-18 ans.<br /><br />A Mossoul, il semble que Manuel reprenne la maîtrise de son destin. A présent, ce n'est plus un enfant ou un jeune adolescent terrifié. Il arrive à la ville, trouve le prêtre, demande à travailler, trouve un employeur, économise en plus de l'argent que lui ont donné les Syriaques. Il apprend que des parents peuvent se trouver à Iskenderun. Et c'est là que le miracle arrive, ou bien faut-il dire que la chance tourne, puisque l'Arménien qui accepte de rédiger sa lettre pour un Kirkyacharian d'Iskenderun, a, dans sa poche, une autre lettre, celle du mari de la tante de Manuel ! Au passage, on voit que les Arméniens rescapés, dispersés, cherchaient à retrouver les leurs survivants, en s'échangeant des nouvelles et des pistes ou en s'interrogeant de diaspora en diaspora.<br /><br />Autre saut temporel. Au moment où Manuel voit enfin <span style="font-style: italic;">"le paradis s'ouvrir devant lui"</span>, M.K revient en arrière, et reparle longuement des Kurdes, de leurs coutumes, des jeux, de leur vie quotidienne, comme il l'avait fait pour le village chrétien d'Azak, mais comme il ne l'avait pas fait alors dans son récit des villages kurdes, qui était montré sous un jour plus sombre, craintif. Ses souvenirs, ici, prennent un ton plus détendu. Il a quelques mots d'éloges pour les paysans, très religieux, il revoit des jeux auxquels il participait. Il parle plus longuement du sheikh Aziz (celui qui voulait le convertir en se réjouissant de son mariage), notamment quand le sheikh explique aux villageois apeurés par un tremblement de terre que leur maison est impure car contenant des poutres volées lors du pillage (sans doute de villages chrétiens). Là aussi il semble qu'il veuille solder quelque chose.<br /><br />Et puis le récit reprend tout aussi soudainement, pour enchaîner sur Alep.<br /><br />Cinquième volet - Alep. 18-19 ans.<br /><br />Le récit d'Alep commence d'ailleurs par l'histoire d'un autre garçon, qui ayant oublié sa langue et ne parlant plus que l'arabe, s'est seulement rappelé de son nom quand il a réentendu l'arménien autour de lui, à Mossoul. M.K nous dit simplement qu'il s'était aussi renseigné pour lui, en Syrie.<br /><br />Puis le récit du voyage, un peu épique, mais moins dramatique bien que périlleux, entre Yézidis qu'il ne faut pas fâcher en disant du mal du diable, et bédouins brigands amateurs de figues et de halva, se déroule jusqu'à Alep. Et le récit s'arrête ici, sur ces mots : <span style="font-style: italic;">"Enfin, un après-midi, nous sommes arrivés à Alep."</span><br /><br />Les bandes suivantes ont-elles été perdues ? Ou bien M.K a-t-il jugé que le récit n'avait plus lieu d'être au moment où il retrouvait son nom, ses proches, des parents qui pouvaient parler de lui à sa place ? Mystère. Il épousa, Zahuri, que sa mère, alors qu'il avait huit ans, avait déjà demandé pour lui à sa voisine. Comme si une chaîne brisée momentanément devait être reforgée à jamais.<br /><br /><br />* <span style="font-style: italic;">Dans le nu de la vie. Récits des marais rwandais</span>, Jean Hatzfeld, Le Seuil, 2000.<br />** "Travail sur les après-conflits et la reconstruction des lieux et de l'espace : Economie, institution et réseaux", Nazan Ütündag, in <span style="font-style: italic;">Etudes kurdes n°8</span>, sept. 2006, L'Harmattan.<br />*** <span style="font-style: italic;">Une saison de machettes</span>, Jean Hatzfeld, Le Seuil, 2003.<br /><span style="font-style: italic;"></span></div>Pilinghttp://www.blogger.com/profile/10192166833842176763noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-3698990.post-6170704121891839642008-05-06T13:32:00.003+02:002008-05-06T13:41:19.703+02:00Expo : Les bronzes du Luristan<div style="text-align: center;"><span style="font-weight: bold;">Bronzes du Luristan, Enigmes de l'Iran ancien</span><br /></div><div style="text-align: center;"><span style="font-weight: bold;">(IIIe-Ie millénaire avant notre ère)<br /><br /></span><a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://bp0.blogger.com/_iGM67GzuNNQ/SCBDnHkSGgI/AAAAAAAABM0/pA2La7YMpb4/s1600-h/luristan.jpg"><img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://bp0.blogger.com/_iGM67GzuNNQ/SCBDnHkSGgI/AAAAAAAABM0/pA2La7YMpb4/s320/luristan.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5197228309310740994" border="0" /></a><br /></div><div style="text-align: center;"><span style="font-weight: bold;">Exposition du 4 mars au 22 juin 2008</span><br /></div><br /><div style="text-align: justify;"><span style="font-size:85%;">"Le musée Cernuschi présente une exposition de Bronzes du Luristan du 4 mars au 22 juin 2008. Elle réunit plus de deux cent trente pièces de collections publiques et privées d’Europe. Le Luristan, région montagneuse de l’Iran occidental qui domine les confins de la plaine mésopotamienne, a livré au cours du siècle dernier des milliers de bronzes antiques.<br /><br />Le Luristan, région montagneuse de l’Iran occidental qui domine les confins de la plaine mésopotamienne, a livré au cours du siècle dernier des milliers de bronzes antiques. Puisant dans les collections publiques et privées d’Europe, l’exposition « Bronzes du Luristan. Enigmes de l’Iran ancien. IIIe-Ier millénaire avant J.-C.» rassemble pour quelques mois au Musée Cernuschi, Musée des Arts de l’Asie de la Ville de Paris, deux cent trente pièces. Cet ensemble sans précédent illustre la richesse et l’originalité de cet art métallurgique d’une très grande technicité, qui suscita, au moment de leur arrivée en grand nombre sur le marché de l’art dans<br />les années 1930, tant d’étonnement et d’enthousiasme. Exceptionnels entre tous, les bronzes de l’âge du fer (1300-650 av. J.-C.) affichent une iconographie exubérante. Des créatures hybrides et composites, génies d’une mythologie qu’aucun texte n’éclaire, euplent mors de chevaux, armes, épingles et idoles. Art sans pareil, la civilisation du Luristan resta longtemps dans l’ombre. Il fallut attendre les années 1960 et l’essor de la recherche archéologique dans la région pour qu’une partie du voile soit soulevé.<br /><br />Cette rétrospective d’une ampleur inédite clarifie, grâce aux contributions des plus grands spécialistes en la matière, nos connaissances sur cette civilisation énigmatique et l’histoire de son art."</span><br /><br /><span style="font-weight: bold;">Musée Cernuschi, musée des arts de l’Asie de la Ville de Paris</span><br />7 avenue Vélasquez<br />75008 Paris<br />Téléphone:00. 33.(0)1 53 96 21 50<br />Fax :00.33.(0)1 53 96 21 96<br />L’entrée de l’avenue Vélasquez se situe au niveau du 111-113, boulevard Malesherbes et par le Parc Monceau, allée centrale.<br /><br />Métro : ligne N° 2, Villiers ou Monceau - Ligne N°3 : Villiers, à 3 minutes de la ligne 14 Saint-Lazare - A 10 minutes de la ligne N° 9 Saint-Augustin<br />Bus : ligne 30, 94 stations Malesherbes/Courcelles et 84 station Monceau (avenue de Messine et rue de Monceau)<br /><br />Station Vélib': 75, rue de Monceau<br />Ouvert tous les jours de 10h à 18h, sauf les lundis et jours fériés.<br />Fermeture des caisses à 17h30.</div>Pilinghttp://www.blogger.com/profile/10192166833842176763noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-3698990.post-45814176261934889392008-05-05T11:55:00.005+02:002008-05-05T12:21:52.811+02:00Le Printemps de Paris<a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://bp2.blogger.com/_iGM67GzuNNQ/SB7ahHkSGeI/AAAAAAAABMk/YnCXSeaRlog/s1600-h/Printemps08_clip_image002_0035.jpg"><img style="margin: 0pt 0pt 10px 10px; float: right; cursor: pointer;" src="http://bp2.blogger.com/_iGM67GzuNNQ/SB7ahHkSGeI/AAAAAAAABMk/YnCXSeaRlog/s320/Printemps08_clip_image002_0035.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5196831282533898722" border="0" /></a><br /><div style="text-align: justify;">A partir du 9 mai et jusqu'au 7 juin la <a href="http://sildav.ifrance.com/">Maison d'Europe et d'Orient</a> participe au Printemps de Paris, avec de nombreux spectacles, dont voici un florilège :<br /><br />- mardi 20 mai à 20h, au Studio de l'Opéra Bastille :<br /><span style="font-weight: bold;">Polyphonies géorgiennes Maran</span>i. (<a href="http://www.operadeparis.fr">rés. et renseignements Opéra de Paris</a>).<br /><br />- jeudi 22 mai à 20h00, Gare au théâtre :<br />de la mer Egée à la mer Noire, <span style="font-weight: bold;">Yasemi en concert</span> (<a href="http://www.gareautheatre.com">Gare au théâtre</a>).<br /><br />- mercredi 28 mai à 20h00, La Java :<br /><span style="font-weight: bold;">D'exil en exil</span>, textes de Nâzim Hikmet et musique d'Ayser Vançin ; <span style="font-weight: bold;">Divanî </span>musique classique et populaire de Turquie et de Grèce. (<a href="http://www.sildav.org">res. et infos Maison d'europe et d'Orient)</a><br /><br />- samedi 31 mai à partir de 18h00, Soirée Projections, <a href="http://sildav.ifrance.com/">Maison d'Europe et d'Orient</a> :<br />18h45 : <span style="font-weight: bold;">Nous avons bu la même eau</span>, de Serge Avédikian (fr., 2007, 72').<br />20h15 : <span style="font-weight: bold;">Un hiver à Istanbul</span>, de Françoise Bouard et Régis Blanchard (Fr., 2001, 59').<br /><br />- mercredi 4 juin à 20h30, Soirée Projections, <a href="http://sildav.ifrance.com/">Maison d'Europe et d'Orient</a> :<br /><span style="font-weight: bold;">Demi-lune</span>, de Bahman Ghobadi (Au, Fr,Iran, irak, 2006, 107', VO stfr).<br /><br />- jeudi 5 juin à 19h30, Soirée Projections, <a href="http://sildav.ifrance.com/">Maison d'Europe et d'Orient</a> :<br /><span style="font-weight: bold;">Koro</span>, de Güldem Dumraz (Belgique, 2002, 13').<br /></div>Pilinghttp://www.blogger.com/profile/10192166833842176763noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-3698990.post-25480092460632276402008-05-03T09:40:00.007+02:002008-05-03T22:13:38.144+02:00Coup de projo sur : musique des Kurdes d'Iran et la collection Christensen<a href="http://bp2.blogger.com/_iGM67GzuNNQ/SBwXRnkSGdI/AAAAAAAABMc/BeaCP3JoLKM/s1600-h/western+iran.jpg"><img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5196053661525088722" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; CURSOR: hand; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://bp2.blogger.com/_iGM67GzuNNQ/SBwXRnkSGdI/AAAAAAAABMc/BeaCP3JoLKM/s320/western+iran.jpg" border="0" /></a><br /><div align="center">=> <a href="http://perso.orange.fr/kurdistannameh/culture/musique.htm">A l'écoute ici</a> <=</div><div align="center"></div><div align="justify">En 1962, Dieter et Nerthus Christensen collectent des enregistrements de musique au Kurdistan d'Iran, lors d'une mission d'ethnomusicologie et d'anthropologie, sponsorisée, entre autre, par le musée d'anthropologie et l'institut d'ethnomusicologie de Berlin. Les enregistrements originaux sont aujourd'hui déposés aux archives de l'univeristé de l'Indiana (département musique traditionnelle). <a href="http://sohrawardi.blogspot.com/2008/01/coup-de-projo-sur-chants-de-barzan-de.html#links">Comme pour la musique des Kurdes d'Irak</a>, le Smithsonian Global Sound project les réédite.</div><div align="justify"></div><div align="justify"></div><div align="justify">- <em>Pishderamedî Mahor</em>, le premier morceau, fut enregistré à Mahabad, le 23 juillet 1962, avec Asker Tarzan, de Meraqe, au tar et Mohammed Hatemî, de Mahabad, au dimbek. Ces deux musiciens étaient des professionnels qui jouaient pour la radio locale. Le pishdemared est une introduction aux pièces musicales jouées sur le mode indiqué (ici Mahôr).</div><div align="justify"></div><div align="justify"></div><div align="justify">- <em>Xanê Keyqa </em>et son <em>Pashbend</em> ont été enregistrés le 24 juillet 1962 à Mahabad. Le chanteur est Hadji Hemedersh, du village d'Indigars, de la tribu Debokri au nord de Mahabad. La pochette nous renseigne sur ce dengbêj (ou goranîbêj en parler local). Âgé de 70 ans au moment de l'enregistrement, il restait un fameux conteur, bien que son élocution pâtisse alors de la perte de plusieurs de ses dents ! Ce beyt qu'il interprète relate les exploits d'un vaillant Kurde appelé Xanê Keyqa. La chanson, répandue dans la région occidentale des Mokrî, peut dater du 19° siècle ou d'un peu plus tôt. Après la récitation du poème épique (beyt) le pashbend (c'est-à-dire la suite) est un chant d'amour.</div><div align="justify"></div><div align="justify"></div><div align="justify"><span style="font-size:85%;">Texte : Viens Khan, Ô Khan, toi le plus élevé, le sublime, toi dont l'autorité était assez grande pour laisser reposer une assiette sur le tranchant d'une faux,- ta mère supportera ton malheureux destin-, quand tu montas ton cheval brun aux jambes noires pour prendre la route de Herîr, Khoy et Salmas : "Je jure par Dieu et le Prophète que je prendrai une lance de 18 qed, et n'épargnerai aucun hommes des Kamênî, Khoy et Bilbas, dussent-ils se cacher au plus inaccessible endroit. Viens, Khan ! Viens Khan, toi mon Khan du diwan ! Il est parti avec son armée à Shno et les a dispersés à Kewneladjan, en ce jour - ta mère supportera ton malheureux destin - quand tu chargeais tous tes biens sur le dos des buffles et renvendiquais Kermanshan, quand tu as conquis pour moi la plus haute place du Diwan et a laissé la dernière place aux lâches, viens Khan...</span></div><div align="justify"><span style="font-size:85%;"></span></div><div align="justify"><span style="font-size:85%;"></span></div><div align="justify"><span style="font-size:85%;">Pashbend : C'est le printemps, comme tristement chante le rossignol ! Combien de temps encore me lamenterai-je de mon amour pour toi ? Ô ma fleur, mon bouton de rose, tu as affermi mon coeur, tu as affermi mon coeur. Mes entrailles brûlent du désir de te revoir, j'ai perdu l'esprit et le sens et la raison. Mon âme pour toi se sacrifie, mon coeur est tien, je n'ai rien gardé pour moi, sois fidèle ! Mes entrailles brûlent du désir de te revoir, j'ai perdu esprit, sens et raison, je suis emplis de douleur, mon coeur s'est changé en kebab. Je suis ivre, sans avoir bu ni bière ni vin.</span></div><div align="justify"><span style="font-size:85%;"></span></div><div align="justify"></div><div align="justify">- <em>Shor Mehmûd et Xatû Merzêngan</em> : Enregistré à Hadjiabad le 26 juillet 1962. Récit et chant par Shêr Alî, un goranîbêj-paysan du village de Hadjiabad, près de Miandoah. Il est mentionné que Shêr Alî en plus de chanter et de réciter, mime l'histoire de la tête et des mains.</div><div align="justify"></div><div align="justify"></div><div align="justify">Cette histoire est connue sous le nom de Pirdewan (le gardien du pont). Shêr Alî l'avait apprise des années auparavant d'un derviche nommé Mehmûd. De l'avis des Kurdes qui étaient dans l'assemblée, c'est une histoire très ancienne, que peu connaissaient encore. Son récit se passe dans la région de Mangur, au sud-est de Mahabad.</div><div align="justify"></div><div align="justify"></div><div align="justify">Xaleresh était un chef de tribu qui devait fournir chaque année au Shah d'Iran 7000 cavaliers. Une année, un seul homme manquait. Le Shah lui proposa alors de s'acquitter de son tribut soit en trouvant un cavalier, soit en épousant sa fille, la belle Xatû Merzêngan.</div><div align="justify"></div><div align="justify"></div><div align="justify">Alors que Xaleresh se morfondait, son neveu, le fils de son frère, qui s'appelait Shor Mehmûd, quand il apprit le marché, proposa à son oncle de devenir le 7000ème cavalier manquant contre la main de sa cousine, la belle Xatû Merzêngan.</div><div align="justify"></div><div align="justify"></div><div align="justify">Xaleresh accepta et Shor Mehmûd partit avec ses 6999 cavaliers pour combattre dans l'armée du Shah. Il combattit sept ans à Tepewlat Turkman et sept autres années à Khams-ul-Mehreban. Quand il voulut rentrer chez lui, le voyage de retour lui prit un an. Naturellement, en bon Kurde, Shor Mehmûd ne songea pas à donner régulièrement de ses nouvelles à sa promise, si bien qu'au bout de 15 ans, Xatû Merzêngan n'avait plus beaucoup d'espoir de le revoir.</div><div align="justify"></div><div align="justify"></div><div align="justify">Un jour qu'elle est assise au bord de la rivière avec ses suivates, un groupe de cavaliers approche. Les femmes autour lui disent qu'il s'agit de Shor Mehmud, mais elle refuse d'y croire tout d'abord. Elle s'adresse à lui au moyen d'une chanson, il lui répond de même et enfin elle le reconnaît.</div><div align="justify"></div><div align="justify"></div><div align="justify">Mais voilà l'oncle, Xaleresh, refuse d'honorer sa promesse et de les marier. Shor Mehmûd, indigné, laisse alors trois choix à son oncle : soit il lui donne sa fille, soit il le combat ou quitte le pays avec les siens. Xaleresh fait semblant de réfléchir mais se prépare, avec ses homes, à partir secrètement pour Djewalereshan, dans la région de Gagesh. Mais Xatû Merzêngan, qui n'est au courant de rien, remarque les préparatifs du départ et questionne sa mère, qui l'instruit alors de la décision de son père. Xatû court alors réveiller son cousin, lui apprend que ce n'est pas le moment de dormir, que son père est en train de faire ses bagages avec les hommes de la tribu. "Va et persuade-les de rester contre un boisseau d'or que je leur offrirai s'ils acceptent."</div><div align="justify"></div><div align="justify"></div><div align="justify">Shor Mehmûd leur fait alors cette offre et les Kurdes lui répondent avec regret : "Shor Mehmûd nous t'aimons et voudrions te suivre. Mais ton oncle est rusé et nous a fait jurer sur le Coran que nous le suivrons jusqu'à Dejwalereshan. Comme nous ne pouvons rompre notre serment, voilà ce que nous ferons : nous le suivrons comme dit là-bas, resterons trois jours, et puis nous reviendrons et tu auras Xatû Merzêngan, de qui nous ne demandons pas d'argent ; nous ne voulons que votre bonheur."</div><div align="justify"></div><div align="justify"></div><div align="justify">Mais Shor Mehmûd est impatient et bouillant. Il galope jusqu'aux pâturages d'été des Haledinan et parle à leur chef, lui demandant des hommes pour reprendre sa fiancée. Le chef des Haledinan accepte mais lui demande un peu de temps pour rassembler ses cavaliers. Shor Mehmûd, très impatient, ne peut attendre et s'élance tout seul sur les traces de son oncle.</div><div align="justify"></div><div align="justify"></div><div align="justify">Xatû Merzêngan, qui a dû suivre son père dans les montagnes, fait, une nuit, un rêve, où elle voit Shor Mehmûd tomber d'un pont et se noyer. Or, le jour suivant ce rêve, la tribu franchit un pont et elle reconnait celui de son rêve. Terrifée, elle parle au gardien du pont, sans s'apercevoir que son père, caché dessous, écoute toute leur conversation.</div><div align="justify"></div><div align="justify"></div><div align="justify">Xatû Merzêngan dit au gardien qu'il verra sans doute venir un magnifique cavalier, avec une longue lance, et qu'il doit l'aider alors à franchir le pont. Le gardien promet. Mais quand Xatû retourne vers les siens, Xaleresh sort de sa cachette, et dit au gardien que le cavalier attendu est un homme mauvais, qui mettra la vie de tous en danger s'il lui laisse franchir ce pont. Xaleresh offre à l'homme 100 tomans et lui demande de jurer sur le Coran qu'il l'empêchera de franchir le pont et qu'il dira au cavalier ces paroles : qu'une grande tribu dont il ne sait le nom a passé le pont, qu'il y avait parmi eux une belle fille montée sur une mule blanche, que son nom était Xatû Merzêngan, et que la mule blanche s'est battue avec une mule noire, que Xatû est tombée du pont et s'est noyée. Le gardien jure sur le Coran de raconter à Shor Mehmûd cette histoire.</div><div align="justify"></div><div align="justify"></div><div align="justify">Quand Shor Mehmûd arrive et qu'il entend ce récit, de douleur, il descend de cheval, fait ses ablutions rituelles, prie, saute du pont et se noie en demandant pardon à Dieu.</div><div align="justify"></div><div align="justify"></div><div align="justify">Quand Xatû Merzêngan revient au pont, pour se renseigner, elle voit le cheval de Shor Mehmûd, sans son cavalier. Questionnant le gardien du pont, elle apprend toute l'histoire. Elle écrit alors une lettre racontant la vérité, qu'elle cache dans la selle du cheval de son cousin. Puis elle fait ses ablutions, prie, et prend le même chemin que Shor Mehmûd.</div><div align="justify"></div><div align="justify"></div><div align="justify">Peu de temps après, les cavaliers promis par la tribu de Haledinan arrivent au pont, voit le cheval et trouvent la lettre. Furieux, ils tuent le gardien, attaquent la tribu de Xaleresh .</div><div align="justify"></div><div align="justify"></div><div align="justify">Un peu plus tard, la mère de Shor Mehmûd vint sur le pont et laissa tomber dans l'eau une fleur, en chantant l'épopée qui a ainsi survécu dans la bouche et la mémoire des hommes.</div><div align="justify"><span style="font-size:85%;"></span></div><div align="justify"><span style="font-size:85%;"></span></div><div align="justify">- Qazelê Nalî : Nalî est un poète mystique soranî, ici chanté par un derviche, Hemebor, âgé de 33 ans, de Yekshawa. Il appartenait à une tariqat près de Saqiz mais vivait aussi à Yekshawa, qui appartenait à la fameuse famille de Baba Miri Mokkri. Il s'accompagne lui-même au def.</div><div align="justify"></div><div align="justify"><span style="font-size:85%;"></span></div><div align="justify"><span style="font-size:85%;">Texte :</span></div><div align="justify"><span style="font-size:85%;"></span></div><div align="justify"><span style="font-size:85%;">Ay, ay, ay, grand Dieu, Seigneur des mystères</span></div><div align="justify"><span style="font-size:85%;">Couvert de soie précieuse, prince des terres brûlantes</span></div><div align="justify"><span style="font-size:85%;">Oh toi le sceau de notre religion, toi dont la stature est d'un jeune pin</span></div><div align="justify"><span style="font-size:85%;">Qui a la beauté de la quatorzième lune, - O Messager de Dieu je me repens -</span></div><div align="justify"><span style="font-size:85%;">Toi qui est environné et protégé de nuages.</span></div><div align="justify"><span style="font-size:85%;"></span></div><div align="justify"><span style="font-size:85%;">Ay, ay, ay,</span></div><div align="justify"><span style="font-size:85%;">Il n'est pas comme Darius, il n 'est pas comme Alexandre,</span></div><div align="justify"><span style="font-size:85%;">Non, il n'a pas la pompe de Salomon</span></div><div align="justify"><span style="font-size:85%;">Il est le prince des volées d'Anges - O messager de Dieu je me repens-</span></div><div align="justify"><span style="font-size:85%;">Il a apposé le sceau de notre religion,</span></div><div align="justify"><span style="font-size:85%;">Il n'est pas le Jésus des chrétiens, il n'est pas Moïse de la montagne de Tûr,</span></div><div align="justify"><span style="font-size:85%;">Oui, il est le roi d'Esra, oui il a clamé de la place du mihrab</span></div><div align="justify"><span style="font-size:85%;">Je me prosterne sur ton seuil,</span></div><div align="justify"><span style="font-size:85%;">Tout-puissant je me sacrifie pour toi,</span></div><div align="justify"><span style="font-size:85%;">Il est le désir de mon coeur, celui de me perdre en Toi.</span></div><div align="justify"><span style="font-size:85%;">Je me prosterne sur Ton seuil, Dieu je serai ton hôte</span></div><div align="justify"><span style="font-size:85%;">Je me sacrifie pour Toi.</span></div><div align="justify"><br /><span style="font-size:85%;">Debout ! Voici Mohammed, par Dieu !</span></div><div align="justify"><span style="font-size:85%;">Il a toqué à la porte et l'univers a tremblé.</span></div><div align="justify"><span style="font-size:85%;">Ta dignité est ronde et immense, Seigneur des Seigneurs,</span></div><div align="justify"><span style="font-size:85%;">Ton nom est Mohammed Ami, ton titre est Prophète.</span></div><div align="justify"><span style="font-size:85%;">Oh par ton doux visage ô messager, mon oeil droit est la Résurrection.</span></div><div align="justify"><span style="font-size:85%;">Maintenant je suis démuni, je serai ton sacrifice, </span></div><div align="justify"><span style="font-size:85%;">Aujourd'hui est un jour précieux !"</span></div><div align="justify"><span style="font-size:85%;"></span></div><div align="justify"></div><div align="justify">- Leyli çûye humam a été enregistré à Bawale, le 25 septembre 1962. Le chanteur est Hasan, 32 ans, un paysan de Bawale, qui s'accompagne au daîre. Une jeune fille, Leyla, va au hammam. Elle ordonne d'abord à sa servante de prendre tous les objets nécessaires à sa toilette. Puis elle entre au hammam qui, de sombre qu'il était habituellement, s'illumine comme un clair de lune par la beauté de Leyla. Puis on nous détaille la vêture de la jeune fille au fur et à mesure qu'elle se dévêt. Un strip tease en chanson, quoi. </div><div align="justify"></div><div align="justify">Il est mentionné que ce type de chant, accompagné au dâire, est très populaire à Kermanshan et Kulyai, et que, contrairement aux autres formes de chants, il est interprété sans déchoir par des hommes ayant un certain rang nobiliaire, "lors des longues soirées d'hiver où les tribaux kurdes boivent du "brandy" produit par les juifs du coin et fument de l'opium en chantant et écoutant ce type de musique, s'échauffant ainsi les sens de toutes les façons.</div>Pilinghttp://www.blogger.com/profile/10192166833842176763noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-3698990.post-30749562443788309462008-05-02T11:45:00.002+02:002008-05-02T12:02:16.185+02:00Où l'on reparle du Verdoyant<a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://bp0.blogger.com/_iGM67GzuNNQ/SBriynkSGcI/AAAAAAAABMU/X4t4LoVXFNM/s1600-h/nezami.jpg"><img style="margin: 0pt 0pt 10px 10px; float: right; cursor: pointer;" src="http://bp0.blogger.com/_iGM67GzuNNQ/SBriynkSGcI/AAAAAAAABMU/X4t4LoVXFNM/s200/nezami.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5195714479367788994" border="0" /></a><br /><div style="text-align: justify;">Et pour finir, last but not least, où il est fait mention de <a href="http://sohrawardi.blogspot.com/2007/02/roman-de-babars-le-procs-du-moine.html#links">Khidir, mon prophète fétiche</a>.<br /><br /><span style="font-size:85%;">"Pour accomplir l'union de l'Âme et de l'Intelligence, il faut imiter Khezr. Le roman, pris dans son entier, a pour sens ésotérique cette simple injonction : se faire le disciple de Khezr.<br /><br />Ce personnage, Khadir ou Khezr, est le guide initiatique