Accéder au contenu principal

La fanfare du Négus : Les Arméniens en Éthiopie (XIXe - XXe siècles)



"Combien de fois ai-je entendu dire que "les Arméniens étaient les plus proches des Éthiopiens". Que, contrairement à la plupart des Blancs en Éthiopie, ils n'étaient pas considérés comme des "étrangers ? A partir de l'exemple de la minuscule communauté arménienne et du non moins minuscule épisode de la création d'une fanfare de 40 orphelins rescapés du génocide de 1915, Boris Adjemian met en lumière le silencieux ouvrage d'un enracinement paradoxal, qui place les individus à mi-chemin du national et de l'étranger. 
En 1924, 40 enfants rescapés du génocide de 1915 sont recrutés par le ras Tâfâri, alors prince héritier et régent de l'Empire d'Ethiopie, pour former la fanfare officielle et c'est le chef d'orchestre de cette fanfare qui compose le premier hymne officiel du nouvel Etat. En focalisant sa recherche sur "la fanfare du négus", Adjemian nous fait comprendre le rôle surprenant joué par ces immigrants étrangers dans l'invention de l'hymne national éthiopien et la place exceptionnelle qu'occupe dans les récits de vie qu'il a recueillis, le thème des Arméniens "amis des Rois". Comment les traces de la présence arménienne continuent-elles à modeler le présent éthiopien ? Que nous dit l'histoire d'une poignée d'immigrants et de leurs descendants sur la construction sociale de l'étranger et du national dans une société africaine qui n'a pas connu la colonisation ? 
Voici une originale et passionnante porte d'entrée pour explorer à la fois l'histoire de l'Ethiopie et de la construction de l'Etat national contemporain, réfléchir sur le concept de diaspora, les rapports entre mémoire collective et individuelle. Au-delà du cas des Arméniens d'Ethiopie, il nous invite à repenser la question de l'intégration des étrangers dans l'État-nation."
Boris Adjémian est docteur en histoire de l'École des Hautes Études en Sciences Sociales et de l'Université degli Studi di Napoli "L'Orientale". Il a commencé ses premiers travaux de terrain en Éthiopie en 1997. Ses recherches actuelles portent sur les diasporas en Afrique et au Moyen-Orient.
Table des matières
 Préface de Gérard Noiriel 

Introduction : De la part sédentaire des diasporas à l’histoire de l’État-nation 

Première partie : Genèse d’une tradition politique éthiopienne. Essai d’histoire régressive 
Chapitre premier : La cire et l’or : le rôle politique insoupçonné de la fanfare royale 
Chapitre II : Le temps long d’un événement : de Jérusalem à Jérusalem 
Chapitre III : Des immigrants et des rois : vers une nationalisation symbolique 

Deuxième partie : L’amitié des rois. La logique en action d’une autobiographie collective Prélude à l’histoire d’une mémoire collective
Chapitre IV L Un passé qui engage le présent : les enjeux sociaux de la fabrique des héros 
Chapitre V : Arméniens de Ménélik. De l’accueil vécu à la sédentarisation d’un imaginaire 
Chapitre VI : Arba ledjotch : apothéose logique d’une destinée collective 

Troisième partie – La sédimentation de l’insaisissable. Configuration et usages d’un espace de l’entre-deux 
Chapitre VII : De la liminalité à l’interstitiel : un espace de sociabilités décloisonné 
Chapitre VIII : Entre apatride et national : la Belle Époque d’un entre-deux juridique 
Chapitre IX – Entre färändj et habäsha : représentations et pratiques sociales de l’hybridité



Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Manuel de Soureth ou comment apprendre la langue des anges

Épuisé sur Amazon, on peut trouver le manuel à des prix raisonnables chez Decitre.

Introduction(extraits) "L'araméen, dit-on, est la langue des anges, et si vous prévoyez qu'à défaut d'une vie vertueuse un petit coup de piston ne sera pas de trop pour que vous soyez admis dans le Jardin d'Allah au jour du Jugement, quand vous serez perdu au milieu de la multitude des humains se pressant devant l'entrée, vous pouvez espérer que son redoutable gardien sera si heureux de vous entendre le saluer dans sa propre langue qu'il entrouvrira la porte pour vous laisser passer." (Ceux qui se demanderaient pourquoi le soureth est la langue des anges, même ceux gardant le Paradis des musulmans, peuvent se reporter à ce lien, on vous dit tout).

"Si votre esprit, plutôt que se s'élever vers les sphères célestes, est attiré par celles d'ici-bas, vous serez fasciné par une langue qui porte le témoignage écrit de l'histoire de l'humanité – tant matérie…

Le syriaque, langue d'Abraham, des soufis et des Anges

À signaler sur le Cercle catholique syriaque, un article en ligne, passionnant, de Françoise Briquel-Chatonnet, initialement publié dans les actes du colloque Dialogue des religions d’Abraham pour la tolérance et la paix, Tunis 8-10 décembre 2004, Tunis, université Al-Manar : Abraham chez les auteurs syriaques : une figure du croyant pour des chrétiens en monde musulman.
Il s'agit d'une étude de la figure d'Abraham telle que l'ont vue, développée et commentée les chrétiens syriaques, d'abord en la distinguant du judaïsme et puis de l'islam, comme l'introduit l'auteur elle-même :
Les chrétiens syriaques ont produit une abondante littérature très ancrée dans le patrimoine biblique dont ils étaient nourris. C’est pourquoi, invitée à m’intéresser à Abraham en tant que figure de la tolérance dans les trois religions monothéistes, j’ai souhaité partir de cette littérature qui se révèle de grand intérêt. Comme cette littérature spirituelle ou mystique syriaque n&…

Concert de soutien à l'Institut kurde