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De l’usage de la notion d’ethnie dans l’histoire de l’Islam médiéval

À lire sur Ménestrel, par Boris James, chercheur associé à l’Institut français du Proche-Orient

:

Plus que tout autre objet d’étude, les sociétés de l’Islam médiéval poussent l’historien à penser les phénomènes de différenciation ethnique. L’arrivée des peuples arabes sur le devant de la scène politique au VIIe siècle se présente comme la matrice de toute différence qui se fait jour jusqu’à la prise de Constantinople par les Ottomans. L’expansion de l’Empire musulman de l’Indus à l’Atlantique et l’intégration en son sein de populations diverses provoquent la recomposition permanente de cette diversité et la modulation continue de sa perception. Alors que dans les premiers siècles, la production d’une différence ethnique se double d’une différenciation religieuse (islam arabe, christianisme grec, mazdéisme iranien…), les phénomènes ethniques suivants s’inscrivent dans le cadre d’une civilisation islamique bien établie. L’établissement de pouvoirs islamiques iraniens et la déferlante turcomane sur le Moyen-Orient au XIe siècle mettent la question ethnique au centre des préoccupations de l’historien. Les phénomènes croisé, mamlouk et mongol laissent aussi une grande place à l’analyse en terme ethnique. La marque distinctive des régimes successifs de cette époque (califats, sultanat seldjoukide, ayyoubide, mamlouk etc.) fut leur extranéité, que ce soit en al-Andalus, au Maghreb ou en Orient. En raison de la définition normative des catégories sociales (dans la littérature ou le droit) et des politiques de gestion des populations (recrutement militaire, politiques de sédentarisation…), ces États étaient susceptibles d’influencer les processus de différenciation ethnique (unanimisme culturel et politique, constitution de « races » martiales…)

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