Kurdistan et diaspora kurde : 1983-2013 ( résumé des interventions)





Le 23 février 2003, l’Institut kurde de Paris fêtait ses 30 ans d’existence et avait organisé, à cette occasion, un colloque à l’Assemblée nationale intitulé : 


La première table ronde, était présidée par M. Bernard DORIN, Ambassadeur de France et avait pour thème le Kurdistan de 1983 à 2013. Y participaient le professeur Hamit Bozarslan, de l’EHESS, Khaled Saleh, de l’université du Kurdistan, Chris Kutschera, journaliste et spécialiste de la question kurde, Sevê Izouli-Aydin, avocate a la cour, et Celîlê Celîl, professeur émérite.

Khaled Saleh : « le Kurdistan d'Irak entre Saddam Hussein et Nuri al-Maliki » : Retraçant les rapports entre la Région du Kurdistan et l’État irakien, Khakled Saleh les a décrits comme une alternance de crises violence et de négociations ouvertes, avec des arrières-pensées stratégiques de part et d'autres. Ainsi, une autonomie très large avait été accordée aux Kurdes au début des années 1970, qui devait être totalement appliquée dans un délai de 4 ans. Mais restant lettre morte, cet accord a été rompu par un nouvel épisode de violence armée. Et pour finir, dans les années 1980, le Kurdistan a subi une vague de destruction et d’actes de génocide, qui a détruit presque la totalité des villages kurdes.
La fin de Saddam Hussein a fait espérer un nouveau départ, un "redémarrage des programmes".
Au début du nouvel Irak, après la chute de Saddam, Nouri Maliki était un personnage quasi-inconnu en Irak, dont le seul soutien efficace provenait des Kurdes, qui était le groupe le plus uni et le plus avancé dans le jeu politique, ayant connu une expérience politique d’autonomie 10 ans avant la chute du Baath. Les Kurdes, à cette époque, tenaient la clef des négociations.
Maintenant, si l’on se reporte aux derniers événements de Kirkouk, des gens qui étaient auparavant marginaux en politique, menacent à présent de mener une autre campagne militaire contre les Kurdes. 
L’irak souffre d’être encore sous l'influence des idéologies et des comportements politiques qui avaient cours dans les années 60 et 70 et jusque dans les années 1990, où des accords pouvaient être acceptés, signés, et finalement rétractés très facilement, surtout quand une nouvel personne arrivait au pouvoir. C’est le principal danger qui pèse sur les perspectives de la Région du Kurdistan.
De 2003 à 2005, il y avait un climat propice à un changement des mentalités et à une  reconstruction de l’Irak, mais cela a changé peu à peu,
De 2003 à 2004, on parlait encore de l’ « arabisation » des territoires kurdes (hors Gouvernement Régional du Kurdistan) mais pour des raisons peu claires, les Kurdes ont finalement accepté, dans la  constitution (sous proposition américaine) d’appeler ces territoires territoires « disputés », ce qui changeait fortement la façon d’aborder la question : « territoires disputés » laisse entendre qu’il y a deux points de vue, deux façons de voir les choses, alors qu’ « arabisation » met l’accent sur l'injustice d'une politique.
L’autre problème important est le partage du pouvoir et des revenus qui fait l’objet d’un contrôle sourcilleux de la part de Bagdad. Mais pour le Kurdistan, toute remise en cause de ce partage du pouvoir, du partage des revenus et de la questions des territoires revendiqués déclenche chez eux un réflexe de défense nationale contre ce qui peut en découler.
Passer de Saddam à Maliki n’a pas modifié la donne initiale et les problèmes de fonds : « Que veut-on créer en Irak ? un espace où l’on puisse respirer, et vivre dans la dignité ? Depuis les années 1980-1990 un pas a été franchi, depuis l'époque du génocide, mais il faut être toujours être attentif aux problèmes de fonds auxquels font face l’État irakien ainsi que les Kurdes et ce au-delà des individus et des positions.

Chris Kutschera : L’histoire des « Kurdes iraniens entre lutte armée et résistance civile » : La révolution iranienne a surpris tout le monde, y compris le Dr. Abdulrahman Ghassemlou, Secrétaire général du PDKI, événement qui l’a amené à la tête d’une résistance armée forte de milliers de Peshmergas. Son erreur a été de croire à un effondrement rapide du régime islamique, après le renversement du Shah, et après 1983, le PDKI et le Komala se replient à la frontière irakienne et enfin à l'intérieur du Kurdistan d’Irak.
Les 2 assassinats des leaders du PDKI (Ghassemlou et Sherefkandi) lui ont porté des coups terribles et ce parti a sombré dans un travers fréquent au cours de l’histoire kurde, celui de la « guerre des chefs et des sous-chefs », dans un monde encore imprégné par les organisations tribales. Le PDKI et le Komala se sont ainsi divisés en plusieurs mouvements, allant jusqu’à s’affronter violemment. Les années qui suivent les assassinats sont des années de plomb. 
En 2004, on assiste à une renaissance de la société civile kurde sous la libéralisation relative du président Khatami, avec les étudiants, comme à Sanandajd, des médecins, avocats, journalistes, tous attentifs à ce qui se passait dans les autres partis du Kurdistan, tout en se défiant des partis traditionnels, toujours attachés au cadre iranien de la question kurde. En 2004 fut aussi fondé le PJAK, considéré comme un avatar du PKK, qui lutte pour un «Iran démocratique et fédéral». Des jeunes Kurdes iraniens, admiratifs du PKK, rejoignent le PJAK et les affrontements commencent avec les Gardiens de la Révolution. Alors que le PKK avait longtemps été toléré, voire plus, en Iran, un rapprochement entre la Turquie d’Erdoğan et Téhéran a changé la donne.
Après plusieurs années d’affrontement, le PJAK a conclu, à l’automne 2011, un cessez-le-feu avec les Iraniens et s'est redéployé à la frontière, alors que l’armée iranienne cessait, de son côté, ses opérations militaires et suspendaient les exécutions des prisonniers politiques kurdes. Défaite ou véritable cessez-le-feu ? En tout cas, on voit à nouveau de nombreux jeunes Kurdes d’Iran se battre dans les rangs du PKK contre la Turquie, alors que les relations entre Téhéran et Ankara sont de nouveau tendues, puisque que la Turquie soutient l’opposition syrienne.
Le Kurdistan iranien, comme celui de Turquie, a des problèmes de délimitation géograhique que ne connaît pas la Région du Kurdistan d’Irak. Selon les Kurdes iraniens, le Kurdistan comprend les provinces de l'Azerbaïdjan occidental, le Kurdistan, l’Ilam et le Kermanshah. L’Azerbaïdjan occidental a des villes largement peuplées d’Azéris chiites, comme Urmiah, Koy, Makou, Miandoab. En 1946, Qazi Mohammad avait déjà refusé de prendre position sur le rattachement de la ville d’Urmiah à la république de Mahabad, pourtant demandé par des chefs tribaux azéris. La province de Sanandadj a une population à peu près homogène (Kurdes sunnites) Kermanshah et Ilam ont une population hétérogène, en grande partie chiite. Le Kurdistan d’Iran réclame une solution plus complexe que celle de l'article 140 de la constitution irakienne soutenu par le Kurdistan d’Irak, pour résoudre le problème des territoires « disputé s» iraniens.
Mais récemment, les deux dirigeants rivaux du PDKI, Mustafa Hijri et Khaled Azizi ont pu se rencontrer (grâce aux efforts du Dr. Frédéric Tissot, ancien consul de France à Erbil) ce qui peut laisser espérer une coopération des 2 branches rivales issues du PDK-I à défaut de leur coopération.
Les bouleversements du Printemps arabe vont-ils atteindre l’Iran ? Les Américains jouent-ils la carte kurde contre le régime de Téhéran ? Dans ce jeu, le PDKI ne fait pas encore le poids et il n’y a pas de contacts du moins officiels entre le PJAK et les USA. La carte du Kurdistan iranien, au contraire de celle du Kurdistan irakien, n’est pas prometteuse.

Sève Izouli-Aydin, « Le sort des Kurdes en Syrie »Sève Izouli-Aydin commence par évoquer les années terribles qui ont suivi le Coup d'État en Turquie, quand même les Kurdes des villages syriens frontaliers autour de Qamishlo vivaient dans la terreur des incursions turques, et l’effet que fit l’annonce, à la BBC, de la création de l’Institut kurde de Paris.

Puis elle a présenté la population des Kurdes syriens dans ses grandes lignes démographiques, en évoquant le cas des Kurdes « apatrides » enregistrés comme « étrangers » ou non-répertoriés du tout, qui vivent paradoxalement dans les régions parmi les plus riches de la Syrie, en raison de leurs ressources en eau. En 1970, une loi sur la redistribution des terres agricoles a dépossédé de leurs terres ces Kurdes apatrides pour les donner à des colons arabes venus d’autres régions syriennes.

Le premier parti kurde syrien fut fondé en 1956 (le PDKS). Aujourd’hui, on en compte plus d’une dizaine, avec 4 partis particulièrement actifs et influents.

Depuis la fin des années on peut donc parler d’une véritable « opposition des Kurdes de Syrie », avec des partis, des associations, des revendications, un programme, et une capacité importante de mobilisation au sein de la population.

Avant la révolution syrienne de 2011, il y a eu le soulèvement de 2004, après les attaques de supporters kurdes lors d’un match de football, par des supporters arabes clamant des slogans hostiles à Barzani, échauffourées qui furent ensuite réprimée par des tirs de milices du Baath. Cette répression déclencha une série d’émeutes dans les villes kurdes et la statue de Hafez al Assad fut abattue dans la ville d’Amude, bien avant la révolte arabe de 2011. D’autres lois, dans les années 2000, visaient les Kurdes, en interdisant toute transaction immobilière dans leurs régions, ou interdisaient d’employer des apatrides, ou des règlements agricoles freinaient toute activité dans les régions kurdes.

Avec la révolution de 2011, le 7 avril, un décret de Bachar Al Assad rétablit les Kurdes dans leur nationalité. Mais c’était loin d’être la seule revendication des Kurdes, contrairement à ce qui se disait ou lisait dans la presse, puisque « la reconnaissance des droits fondamentaux et démocratique est au niveau zéro » : liberté d’expression, durée des garde à vue, séparation des pouvoirs, une TV indépendante, libertés des partis politiques, élections libres et régulières, lever l’interdiction sur des partis. Il s’agit en fait de toute l’instauration d’un État de droit. La restitution de la nationalité aux Kurdes syriens n’est donc pas à présenter comme un « cadeau », c’est un des nombreux droits fondamentaux dont les Kurdes ont été privés.

Les Kurdes ont toujours été contre la dictature syrienne mais ils se méfient des Frères musulmans qui tentent de récupérer la révolution syrienne avec l’aide de l’AKP turque, malgré le caractère laïque de la majorité de la Syrie.

Les Kurdes ont aussi des revendications particulières, et refusent une seconde « république arabe syrienne ». Ils sont aussi pour un État laïc et démocratique Ils veulent inscrire dans la constitution l’égalité entre hommes et femmes.

Celîlê Celîl, « Les communautés kurdes de l'ex-URSS  après l’effondrement du communisme »:  Cette région a joui d’un potentiel intellectuel remarquable, en raison des travaux effectués par les Kurdes de l’ex-URSS, intellectuels, artistes, scientifiques. Les Kurdes d’ex URSS (les 3 républiques du Caucase) ont connu différentes dynamiques. Ainsi, l’Azerbaidjan des années 30 a vu progressivement le déclin de la dynamique kurde. En Géorgie, leur nombre a diminué depuis 1991.

Jusqu’à la fin du communisme, les Kurdes souhaitaient préserver leur identité : les villages étaient groupés, proches les uns des autres, et ces groupements ruraux sont devenus la base de l’identité kurde, traités dans des ouvrages, des magazines, par des intellectuels, des enseignements,

Mais plusieurs milliers de Kurdes ont été déportés en Sibérie par Staline ce qui a créé une nouvelle diaspora au Kazakhstan, encore très stable. Puis de nouvelles portes se sont ouvertes, culturelles, après la mort de Staline. En 1955, il y a eu publication d’un journal kurde à Erevan, suivi d’ouvrages. Le monde intellectuel kurde avait à nouveau voix au chapitre, ainsi que le monde scientifique kurdophone, jusqu'au début de la glasnost et de la perestroika. 

Ce fut alors une nouvelle ère, un enivrement de la liberté mais une source de chaos. Des conflits religieux se sont transformés en conflits ethniques, avec des groupes armés, et la guerre a amené des changements en Arménie et en Azerbaidjan, notamment pour les Kurdes. Il y a eu des milliers de victimes en Azerbaïdjan, des Kurdes musulmans et yézidis ont quitté le pays, contraints. La plupart sont partis au Kazakhstan, au Kirghizistan. 

20 ans après l'effondrement du bloc soviétique, un bilan  :

En Géorgie, une guerre a posé des problèmes à beaucoup de minorités, mais les Kurdes ont plus de droits ; des organisations ont vu le jour, des associations, mais qui ont peu d’influences économiques et politiques.

En Azerbaïdjan, il n’est plus interdit d’être kurde mais des milliers ont oublié leur langue. Dans le Karabagh et d'autres régions qui souhaitent être intégré à l'Azerbaïdjan, des Kurdes ont fait face à une forme de persécution et ont aussi abandonné culture et langue.

En Arménie, il y a maintenant une division entre les Kurdes yézidis et les Kurdes musulmans : deux groupes se sont formés, avec soi-disant deux langues et deux cultures différentes. Aucun droit politique n’a été accordé aux Kurdes (pas un député kurde au Parlement. La société kurde a ainsi perdu son unité. Les association culturelles ont disparu, n'étant plus plus soutenues par l’État. Des journaux vont aussi disparaître, et les programmes TV sont limités à une heure. 

Les points positifs : l’alphabet cyrille a fait place à l’alphabet latin. Le journal Riya Taze l’utilise aussi. C'est une évolution importante pour les Kurdes de l’ex-URSS, car c'est un instrument d’échange et de lien entre les autres Kurdes et les différentes diaspora.

De façon globale, en ex-URSS, les Kurdes jouissent d’une autonomie culturelle mais ces droits ne sont pas suffisants et l’éparpillement de la diaspora rend les choses difficiles. Seule la diaspora au Kazakhstan est assez forte et plusieurs scientifiques et intellectuels kurdes des États du Caucase  s’y sont rendus pour continuer leurs travaux.

Hamit Bozarslan, « le Kurdistan de Turquie, du coup d'État militaire à l'AKP » : En 1983, le facteur important était l’existence d’une terreur massive, la langue kurde est interdite pour la première fois depuis les années 1920. Le Kurdistan, comme l’illustre le film Yol, est une prison, elle-même dans une autre prison, la Turquie.

Mais un mouvement kurde et une socialisation kurde existent, transgénérationnels. Dans les années 1960, on voit la naissance d’un mouvement kurde autonome. Dans les années 1970, se créent beaucoup de mouvements et d’organisations kurdes. En 1977, un maire ouvertement kurdiste, Mehdi Zana, gagne les municipales. Sous la répression, un mouvement émerge, très radicalisé et très fragmenté en 1971, et la fin de la révolte de Mustafa Barzani, en qui les Kurdes de Turquie espéraient et qu'ils voyaient comme leur « grand-père »  brise ise aussi ce mouvement, mais leur permet aussi  de se prendre en main, en Turquie.

1977-78 : création du PKK et du KUK. Après le coup d’État, les Kurdes d eTurquie s'ouvrent au Moyenb-Orient et forment la majeure partie de la diaspora en Europe. Le PKK livre d'ailleurs ses premiers combats contre Israel, au Liban, et non contre la Turquie. La diaspora est formée de militants très jeunes, 18 - 20 ans, les plus âgés ont la trentaine. Ils sont politisés depuis l’adolescence, et sont en Europe très fragmentés. 

En 1970 les Kurdes veulent créer une organsiaiton, puis passer à la lutte armée. En 1980, dans la diaspora, ils veulent  au moins sauver la culture (fondation de l'Institut kurde de Paris).

Bilan : des milliers de villages détruits, une grosse urbanisation des Kurdes de Turquie, la disparition de la mémoire tribale et rurale. Mais il y a un nouveau paysage kurde : la kurdicité est devenue la base même de la lutte politique, même si l’AKP a une implantation non négligeable, car même ses représentants locaux se présentent comme kurdistes. 

Le parti BDP exerce une hégémonie et le mouvement kurde a gagné une centralité au Kurdistan et en Turquie.  

Il y a eu une génération 1968, puis une génération 1978, puis 1988, 1998 et 2008 : le mouvement kurde peut maintenant assurer une transmission transgénérationnelle, mais chaque génération est dans une rupture, et invente son propre langage politique, avec différents profils : Ahmet Türk (70 ans), Öcalan (64), mais aussi des maires en cravate ou des jeunes femmes qui ont une réelle influence politique, inscrivent ce mouvement dans la durée.

En Turquie, le langage politique a changé : il n’y a plus de négation du fait kurde, mais le langage nationaliste les définit comme "ennemis de l'intérieur, une menace biologique contre les Turcs". Ou bien les Kurdes, groupe non civilisé, doivent être civilisé par les ministères de la Justice, de l’Économie, de l’Éducation. L'AKP leur apporte une reconnaissance mais demande en contrepartie qu'ils se mettent au service de la turcité musulmane (comme le comité Union et Progrès l'avaient demandé aux Arméniens en 1914).

Chez les Kurdes, il y a aussi évolution du langage politique : En 1982-83 c'est le règne du marxisme-léninisme, mêlé avec Frantz Fanon, et puis le culte de la personnalité d’Öcalan qui distinguent les Kurdes de Turquie des autres Kurdes qui n'ont pas ce même culte autour de leurs dirigeants, même très populaires, comme Ghassemlou ou Barzani. 

Mais aujourd’hui, il n'y a plus de normes à l'échelle internationale, comme avant l'influence de l'URSS, ou de l'Albanie. C'est plus Bruxelles et Washington qui dictent le ton, et l'on tient des discours écologiste, féministe, défenseurs des homosexuels, etc., parmi les Kurdes. Le Kurdistan de Turquie est devenu aussi un espace de création artistique et de pluralité esthétique : musique, théâtre, et toutes sortes d'expressions.

La recherche sur le Kurdistan s’est énormément développée. De plus en plus de jeunes chercheurs sortent de la question kurde en tant que telle, pour se consacrer à des tas d'autres sujets – enfance, habitat, etc. – au sein de la société kurde, dans une analyse apaisée, signe de banalisation.

Mais le Moyen Orient a une sitution précaire, versatile, on peut craindre une nouvelle période de violence pour la décennie à venir, même si on n’est plus dans les années 1980, les plus sombres et les plus dramatiques des Kurdes.

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