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Kurdistan & Diaspora kurde



KURDISTAN ET DIASPORA KURDE : 1983-2012

Colloque organisé par l'Institut kurde de Paris, Samedi 23 février 2013, de 9h à 17h, Salle Victor Hugo, 101 rue de l'Université, 75007 Paris.


Les années 1980 occupent une place sombre dans les annales historiques kurdes, tant elles sont déterminées par un phénomène massif de répression et de destruction exercées par les États à l’encontre de toute résistance kurde, armée ou pacifique, mais aussi des populations kurdes : au Kurdistan d’Iran, les folles journées révolutionnaires de 1978-1979 laissent place au jihad lancé par l’ayatollah Khomeiny contre la société kurde dans son ensemble, au Kurdistan d’Irak la destruction des campagnes va crescendo pour déboucher sur une politique génocidaire vers la fin de la décennie, et dans la Turquie des généraux la kurdicité elle-même est criminalisée, ou alors associée à une pathologie à soigner par une dose accrue de kémalisme et la torture. La fondation d’un Institut kurde à Paris, rendue possible à la suite d’une alternance politique en France, découle autant d’une urgence consistant à sauver la culture de ce peuple que tout semblait vouer à une destruction irréversible, que de la volonté de fédérer les intellectuels kurdes chassés par la répression politique, doublée d’une guerre atroce entre l’Iran et l’Irak qui fera près d’un millions de victimes. 
Trente ans après, alors que le Moyen-Orient passe par une nouvelle période marquée par la violence dans de nombreux pays, l’heure est au bilan. Il va cependant de soi que ce bilan ne saurait être exclusivement celui de l’Institut kurde ou de la diaspora qui a lourdement marqué l’évolution du Kurdistan depuis des décennies. Il importe en effet de prendre la mesure des transformations politiques considérables, se traduisant, notamment, mais pas exclusivement, par l’émergence d’une région fédérée kurde en Irak, ou de réfléchir aux conséquences socio-économiques de l’urbanisation rapide qu’a connue le Kurdistan dans sa totalité au cours des années 1980-2010, entraînant dans son sillage l’émergence d’une jeunesse désormais partiellement aux commandes, aux profils sociologiques radicalement différents de l’intelligentsia nationaliste des décennies 1950-1970. La prise en compte du fait générationnel dans l’histoire récente du Kurdistan est d’autant plus cruciale qu’une partie des figures qui avaient dominé les domaines politiques ou culturels, d’Abdul Rahman Ghassemlou, dirigeant du PDK-Iran, au cinéaste Yilmaz Güney, des poètes Cegerxwîn ou Hejar aux savants Noureddine Zaza ou Ismet Chériff Vanly, appartiennent désormais au Panthéon national kurde. Si dans les années 1980 encore, la diaspora restait le seul espace où un brassage pacifique entre les Kurdes de divers pays était possible, l’intégration interne, économique, mais aussi culturelle voire politique, du Kurdistan s’est largement accélérée dans les années 1990-2000 ; les frontières interétatiques, déjà fragilisées par les nouvelles technologies de communication, le sont désormais aussi par un mouvement des populations. Force est enfin de constater que les domaines linguistiques et culturels connaissent depuis une ou deux décennies un renouveau inédit dans l’histoire kurde ; en contraste avec la situation de 1983 où le mot « kurde » même faisait peur dans de nombreuses universités, les « études kurdes » en Europe et aux États-Unis connaissent également une véritable montée en puissance, des dizaines de thèses sur l’histoire et la société kurde étant soutenues chaque année. 
Le « présent » constitue toujours cet espace-temps invitant les contemporains à évaluer le passé et de se projeter dans un avenir encore indéterminé. Ce colloque, célébrant le 30ème anniversaire de la fondation de l’Institut kurde, se veut une réponse à cette double invitation.

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