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« Dijla » contre « Hemrin » : Kurdes et Irakiens prêts à une guerre civile

Source Wall Street Journal

À peine le conflit sur les hydrocarbures mis en sourdine, c’est à nouveau au sujet des régions kurdes séparées du Gouvernement Régional du Kurdistan, dont le statut aurait dû être réglé par référendum en 2007, qu’un bras-de-fer a été de nouveau entamé entre Erbil et Bagdad.
Début novembre, les autorités de la Région du Kurdistan ont protesté contre la venue d’Abdulamir Zaidi, commandant des forces armées irakiennes Dijla, à Qaratepe, un district dont les Peshmergas kurdes assurent la sécurité. Leurs protestations ont été relayées par des membres du Parlement irakien, et notamment par Shwan Taha, de la Commission Sécurité au Parlement, qui y voient une « violation de la Constitution irakienne. La sécurité de chaque région est sous la responsabilité des Conseils provinciaux et les mouvements des forces Dijla déstabiliseront la sécurité de cette région et en bouleverseront la réalité politique. »
L’été dernier, le Premier Ministre Nuri Maliki a en effet décidé d’unifier les forces du ministère de l’Intérieur (dont il assure l’administration) avec les forces de police de Kirkouk et de la Diyala, sous le Commandement militaire des forces Dijla (Tigre). La Diyala englobant plusieurs régions à majorité kurde réclamées par le GRK, en plus de Kirkouk, les Kurdes avaient dénoncé cette unification des forces comme une tentative irakienne d’assurer une mainmise solide sur la province, au mépris de l’article 140 de la constitution irakienne. Le gouverneur de la province de Kirkouk, Najmaddin Karim a déclaré ne pas reconnaître les forces Dijla ni croire à leur succès opérationnel.

Loin de baisser le ton, Maliki a envenimé la polémique en déclarant, le 6 novembre, dans un entretien télévisé  : « Kirkuk est une province irakienne et l’armée irakienne, en accord avec la Constitution, peut aller à Kirkouk,  Erbil, Salah ad-Din et Suleïmanieh. » Or, la constitution kurde énonce que les Peshmergas sont les seules forces armées du Kurdistan et jamais un soldat irakien n’a, depuis 1991 (hormis une brève incursion à Erbil en 1996), mis le pied dans une des trois provinces du GRK. Dans la foulée, le Premier Ministre a accusé les Kurdes de s’être procuré les armes de « l’ancienne armée irakienne », en parlant de chars d’assaut, d’artillerie et de lance-roquettes se trouvant aux mains des Kurdes, tandis que l’armée irakienne, n’aurait, selon lui, que « des armes légères ». Nouri Maliki affirme détenir des preuves écrites, notamment les copies des contrats de transaction.

Jabbar Yawar, le secrétaire génétal du ministère des forces de défense kurdes, a nié ces allégations de même qu’un contrat d’armement avec Israël, et a une fois de plus appelé le gouvernement central à « respecter la constitution » en armant et finançant les troupes des Peshmergas. L’entretien des forces kurdes est en effet un point de litige aussi ancien que celui de la loi sur le pétrole et la répartition du budget fédéral, mais on imagine mal qu’en ces moments de tension où des affrontements entre soldats irakiens et Peshmergas ont éclaté, Bagdad alloue un budget pour l’armement du GRK. Le Premier Ministre irakien a réclamé, au contraire, que les Peshmergas soient sous commandement irakien, c’est-à-dire dirigé par Nouri Maliki lui-même, puisque, depuis les dernières législatives, il n’a toujours pas désigné de ministre de la Défense, pas plus que de l’Intérieur, et dirige ainsi directement toutes les forces de sécurité et de défense du pays. 


Sans attendre l’aval et les dinars de Bagdad, la formation de bataillons kurdes « Hemrin » (montagnes de la région) a été annoncée, en riposte à celle des forces Dijla, afin d’assurer la « défense de Kirkouk ». Selon le journal kurde Awene, le Parti démocratique du Kurdistan (PDK) de Massoud Barzani, le président du Kurdistan et l’Union Patriotique du Kurdistan (UPK) de Jala Talabani, le président de l’Irak, se sont ainsi accordés sur un commandement militaire conjoint de Peshmergas (militaires), d’Asayish (Renseignements) et de policiers de Kirkouk, après que le 6 novembre, le ministre des Peshmergas, Jaafar al-Sheikh Mustafa et son adjoint, Anwar al-Haj Othman, ont rencontré, à Kirkouk, les responsables kurdes de la sécurité de la province, pour discuter de la formation des forces Hemrin, leur commandement et leur logistique : Les forces Hemrin seront sous le commandement du ministre des Peshmergas ainsi que de son adjoint, les Asayish de l’UPK relèveront de la responsabilité du gouverneur de Kirkouk, le Dr. Najmaddin Karim, un Kurde proche de Jalal Talabani et les policiers de celle du directeur général de la police de Kirkouk, Jamal Tahir.

C'est qu'à Kirkouk, les forces Dijla ne semblent guère en imposer aux Kurdes, même si son commandement a, dès son arrivée dans la Diyala, ordonné aux forces de cette province, aux forces de Kirkouk et de Salahaddin de ne plus bouger « sans son ordre ». Halo Najat, le chef de la sécurité (PDK) de Kirkouk affirme qu'« ils ne verront jamais le jour où les Peshmergas, la sécurité et la police travailleront sous leurs ordres. C’est le début d’une nouvelle confrontation entre Bagdad et la Région du Kurdistan. »

Ahmed Askari, qui préside le Comité de la Sécurité du Conseil provincial de Kirkouk, est lui aussi certain qu’une « nouvelle ère de confrontation » s’ouvre et que l’Irak s’éloigne de plus en plus des objectifs qu’il s’était donné à sa libération, ceux de rompre avec la politique de l’ancien régime. Dans un entretien au journal Rudaw, il compare même les forces Dijla au commandement de Ali Hassan Majid (Ali le Chimique, responsable des opérations Anfal au Kurdistan) à qui son cousin Saddam avait laissé carte blanche pour régler la question kurde : «Le commandement des forces Dijla veut faire d’une pierre deux coups : affronter indirectement le GRK, prendre l’entier contrôle des territoires disputés et intimider certains Arabes de la province. » Ahmed Askari évoque un « agenda secret » de ces forces,  celui de « chasser la sécurité kurde et les Peshmergas de Kirkouk ».

Dans la Diyala, l’arrivée de ces bataillons est loin de faire l’unanimité et Talib Muhammad Hassan, qui préside le Conseil provincial, reconnaît que la situation sécuritaire dans la province était meilleure avant leur arrivée. Il a aussi fait état de confidences de la part des officiers de Dijla, qui lui auraient avoué n’avoir aucun pouvoir d’action réel  : « Nous recevons des ordres de Bagdad mais nous ne les exécutons pas .»

Les affrontements sanglants que l’on craignait ne se sont pas fait attendre : le 16 novembre, une personne était tuée et 13 autres blessées dans un accrochage entre les troupes irakiennes et des forces de l’UPK qui gardaient une maison appartenant à un responsable du parti à Tuz Khormato, une localité habitée par des Kurdes, des Turkmènes et des Arabes, actuellement dans la province de Salahaddin et qui appartenait, avant le redécoupage des districts et provinces par Saddam, au gouvernorat de Kirkouk.

Dès le lendemain, Massoud Barzani ordonnait aux Peshmergas « de faire preuve de retenue face aux provocations, mais aussi d'être prêts à faire face à tout acte d'agression, en se tenant en état de grande alerte ». De son côté, le lieutenant-général Abdulamir al-Zaidi, à la tête des forces Dijla, déclarait à l’AFP qu’il ne s’agissait pas d’un incident « visant les Peshmergas » mais de l’arrestation d’une personne accusée de meurtre et de kidnapping.

Cette tension croissante inquiète aussi les États-Unis qui ont offert, selon une source diplomatique kurde citée dans un quotidien kowaiti, Shafaq News, de se redéployer dans les territoires disputés. Toujours selon la même source, Massoud Barzani aurait accepté l’offre américaine, tandis que Maliki la rejetait. Mais Joe Binden aurait signifié au Premier Ministre irakien que l’accrochage de Tuz Khurmatu était un franchissement de « ligne rouge » et que si des combats éclataient à Kirkouk, les USA interviendraient tout de même. D’après Shafaq News, les Américains sont convaincus que les mouvements de troupe ordonnés par Maliki sont à imputer à la Syrie et à l’Iran, désireux, à travers un contrôle militaire irakien sur le Kurdistan, d’affaiblir l’influence de la Turquie dans la région ainsi que celle des pays sunnites du Golfe qui soutiennent largement la rébellion syrienne, dans un axe sunnite anti-chiites et anti-Iran.

Le 20 novembre, Jalal Talabani, le président kurde de l'Irak, condamnait lui aussi la formation des Dijla, qui « causeront chaos, peur et insécurité » dans le pays. Ali Musawi, un conseiller de Maliki, a mis alors au défi le président de trouver et d’user de moyens constitutionnels pour les dissoudre, en rappelant que le Premier Ministre était « commandant en chef des forces armées d’Irak ». D’autres membres du parti Dawa, le parti de Maliki, ont critiqué les déclarations de Talabani, qui est soutenu à la fois par son propre parti, l’UPK et par celui de Massoud Barzani comme l'a expliqué son porte-parole, Jaafar Ibrahim : « Jalal Talabani n’a jamais été seul et a toujours été soutenu par Barzani et le PDK. Nous avons eu, parfois, des points de vue différent, mais dans des questions vitales telles que l’article 140 et le problème de Kirkouk, les membres du PDK soutiennent Talabani et l’UPK .» 

En plus de ressouder le PDK et l’UPK (alors que Talabani avait évité à Maliki un vote de défiance du parlement irakien qu'aurait voulu Barzani) , l’obstination de Bagdad a même permis à l’Alliance kurde  (UPK + PDK) d’être approuvée, sur cette question, par sa propre opposition, à savoir le parti Goran,  l’Union islamique du Kurdistan et le parti de gauche Komal, alors que jusqu’ici, ni Goran ni l’UPK n’avaient soutenu les efforts conjoints du PDK pour écarter Maliki du gouvernement. Serdar Abdullah, le chef de Goran à l’assemblée nationale irakienne, a même relevé avec ironie que Nuri Maliki se montre peu reconnaissant envers Jalala Talabani qui a tout fait pour lui épargner ce vote de défiance.

Le 20 novembre, un renfort de la 9ème division de l’armée irakienne, venu de Bagdad, traversait les monts Hamrin en direction de Kirkouk, d’autres renforts, venus de Tikrit se dirigeaient vers Tuz Kurmatu, tandis que Nuri Maliki lançait un avertissement aux forces kurdes de ne pas approcher les positions irakiennes. Le lendemain, 21 novembre, c’était au tour du commandant des Peshmergas d’informer que ses troupes envisageaient d'attaquer les Irakiens :

« Une grande bataille peut éclater à tout moment », a déclaré Mahmoud Sankawi à l’Associated Press. « Nous sommes en état de grande alerte. Nous ne permettrons à aucune force de menacer la sécurité du Kurdistan. Nous leur résisterons. » D’après lui, 30 chars d’assaut irakiens auraient pris position à 80 km de Kirkouk et des dizaines d’autres se seraient déployés dans les monts Hemrin. Des Peshmergas ont été envoyés le 21 dans le district kurde de Khanaqin, afin de prévenir toute incursion irakienne.

La Turquie a même été mise en cause dans le conflit. Le 17 novembre, Abdul Salam al-Maliki, un député du groupe parlementaire de Maliki, a appelé le chef du gouvernement irakien à former un Commandement militaire du Nord pour « protéger la Région du Kurdistan » des incursions turques sur la frontière, en arguant que les Peshmergas n’étaient pas capables d’assurer la sécurité de la province :

«Le Kurdistan fait partie de l’Irak et il est du devoir du gouvernement central de défendre ses citoyens contre les continuelles violations turques. Nous pensons que les forces des Gardes régionaux (Peshmergas) ne peuvent sécuriser la souveraineté de la Région, surtout après que le Gouvernement régional a demandé au gouvernement central d’intervenir pour faire cesser ces violations. Tout le monde doit savoir que la formation de forces opérationnelles au Nord doit se faire sous l’autorité de Maliki. »

S’il est vrai qu’entre 2008 et 2009, le GRK protestait contre les incursions de l’armée turque venant frapper les bases du PKK, l'Irak, à cette époque, ne s’en émeuvait pas ou peu. À présent que les alliances ont changé de camp, ce n’est plus Erbil que ces opérations militaires offusquent. Quant à un « Commandement  militaire du Nord », la dernière fois qu’une telle force armée a pris le contrôle du Kurdistan c’était du temps de Saddam Hussein, et c’est alors Ali le Chimique qui avait les pleins pouvoirs militaires. On peut donc imaginer le succès qu’une telle décision rencontrerait chez les Kurdes.

Le président du Parlement irakien, Osama Al-Nujaifi (un sunnite) a finalement entamé une série de pourparlers avec des leaders politiques irakiens et kurdes, dans le but d’éviter « une guerre civile ». Le 26 novembre, le ministre des Peshmerga envoyait à Bagdad une délégation au Ministère de la Défense, pour discuter avec plusieurs hauts responsables de la sécurité nationale. Le même jour, lors d’une conférence de presse tenue à Erbil, le Premier Ministre kurde, Nêçirvan Barzanî déclarait que le dialogue était la clef pour résoudre le conflit, et non la force.

Les rencontres se sont poursuivies le 27 et 28 et, le 29 novembre, le ministre des Peshmergas a livré à la presse un brouillon de projet d’accord avec le ministère de la Défense irakienne, dont les points suivants étaient validés :


1 - Les modalités et les mécanismes de concertation et les comités d'action communs dans les zones contestées de la Région du Kurdistan restent tel qu'en l’état actuel, les mécanismes d'action entre les forces du gouvernement fédéral et le GRK doivent activés.

2 - Organisation de réunions de tous les comités de concertation chaque mois, ou plus si nécessaire, surtout les les réunions du Comité Suprême d'action.

3 - Les réunions doivent être organisées et coordonner par le Commandement général des forces armées en tant que responsable de la coordination des travaux des comités et des comités suprêmes d’action.

4 - Après les travaux et les décisions des comités de concertation, epunir toute personne et toute entité qui viole ces conventions, résolutions et ordres du jour.

5 - Punir toute personne ou entité qui fournit de fausses informations aux autorités supérieures afin de créer des dissensions et des problèmes dans n'importe quelle position.

6 - Informer la Commission suprême de tout problème qui pourrait avoir lieu dans les zones contestées de façon urgente et immédiate, que a Commission devra s’efforcer de contenir et surmonter. 

7 - Respecter la Convention et punir tout commandement ou fonctionnaire ou toute personne qui la viole.

8 - Développer des actions d'urgence pour retirer rapidement toutes les forces et les unités qui ont été amenées par les parties après le 16/11/2012 ; le retrait des troupes doit être réel et transparent et sous le contrôle des membres du Comité d'action suprême, après l'approbation du Comité supérieur ministériel.

9 - Examen des décisions des responsables des opérations dans les régions, en particulier ceux des forces Dijla et redonner les pouvoirs concernant la sécurité à Kirkouk à la police et aux forces de sécurité, ainsi qu’au ministère de l’Intérieur.

Mais les Kurdes demandent plus, à savoir la dissolution des forces Dijla ce qui est refusé par Maliki et a finalement bloqué les négociations. Dès le 30 novembre, Jabbar Yawar a pu annoncer l’échec des tables rondes, en en faisant porter la responsabilité au Premier Ministre irakien, à qui il impute le refus d’appliquer l’accord élaboré entre les Kurdes et les responsables de la Défense irakienne, et en l’accusant de ne pas vraiment vouloir résoudre le problème.

Dans une conférence de presse donnée le 1er décembre, Nuri Maliki a, lui, mis en garde contre les dangers d’une « guerre ethnique » qui ne serait ni dans l’intérêt des Kurdes, des Arabes comme des Turkmènes. À cela, Massoud Barzani a répliqué dans sa propre conférence de presse que ses préoccupations concernaient tous les Irakiens et pas seulement les Kurdes, et qu’il n’était pas souhaitable de vouloir traiter une question politique à l’aide de l’armée.

Le vote du budget alloué par Bagdad à la Région du Kurdistan ne fera qu'attiser les tensions. Alors que l’Iraq a augmenté son budget pour 2013 (113 milliards de dinars) la part réservée aux Kurdes a baissé de 7%. Un accord entre Bagdad et Erbil a décidé, depuis quelques années, que la Région du Kurdistan reçoit 17% du budget central tant que le recensement de la population n’a pas été effectué. Ensuite, le gouvernement central doit répartir l’argent entre toutes les provinces en fonction de leur démographie. 

Mais ce recensement est constamment reporté depuis 2007, sans doute en raison du litige au sujet de Kirkouk et de la crainte de Bagdad (selon les Kurdes) que les résultats montrent une trop forte majorité kurde dans cette province ; ce qui fait que depuis le début des années 1960, la population irakienne n’a plus été dénombrée.

Commentaires

  1. Anonyme5:40 PM

    Maliki voudrait faire exploser l'Irak qu'il ne s'y prendrait pas mieux! Merci Monsieur le premier ministre de dévoiler si vite les véritables projets des nouveaux maîtres de Baghdad! Et merci de nous conforter dans nos suspicions et notre méfiance.Merci aux dirigeants Kurdes d'avoir pris les précautions nécessaires, lors de la rédaction de la constitution irakienne et des discussions préalables à son adoption, pour tuer dans l'oeuf toute tentative de mainmise irakienne sur la Région kurde...les violations de la constitution irakienne par les composantes arabes du pays commencent à faire beaucoup et le temps est peut être venu de mettre en application ce qui a été convenu: interroger la population de la Région autonome sur son avenir au sein de cet Irak qui se baathise petit à petit.

    Vouloir entrer en conflit avec les Kurdes à un moment où ils sont plus puissants (mieux organisés et mieux armés) que sous l'ère Saddam Hussein,à un moment où l'Irak n'a plus de pays que le nom, à un moment où l'encre de la constitution qui leur garantit un certain nombre de droits est à peine sèche, où l'Irak est encore très fragile et où de nombreuses questions sensibles restent à régler...est complètement incompréhensible! Je ne sais pas ce qu'il cherche le père Maliki mais ce n'est sûrement pas de cette façon qu'il va conduire l'Irak vers la stabilité politique, économique et social.

    dilo

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  2. Je crois que Maliki préférerait un Irak implosé qu'un Irak qui lui échappe.

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