Accéder au contenu principal

La Rose de Djam I : L'Appel des Quarante



1186 de l’ère chrétienne… Le royaume de Jérusalem tombe sous les coups du sultan Saladin qui règne au Caire et sur la Syrie musulmane. La Quatrième Croisade se prépare. 

Mais c’est une toute autre bataille que mènent les Quarante, ces initiés qui servent en secret un maître unique, le Pôle du Monde, et tentent de préserver la cohésion de l’univers quand s’étend l’ombre du grand dragon de la nuit. 

Une quête aventureuse et fantastique qui, des côtes syriennes aux montagnes les plus inaccessibles du Kurdistan, unit ou confronte tous les héros de l’Orient médiéval : chevaliers normands, princes kurdes, mercenaires gascons, guerriers turcs, faqîrs aux pouvoirs surnaturels, brigands lettrés, amoureux vaillants et mystiques tortueux.

Pour commencer
1186 de l’ère chrétienne… Minés par des querelles internes, le royaume de Jérusalem et ses terres vassales, le comté de Tripoli et la principauté d’Antioche vivent leurs derniers jours, tombant sous les coups du sultan Saladin qui règne au Caire et sur la Syrie musulmane.

Les musulmans ne sont pas plus unis, cependant, que les Francs venus d’Outre-mer ou les Byzantins. En 1171, le dernier calife chiite ismaélien est mort en Égypte. Officiellement, Saladin gouverne la capitale au nom du calife sunnite de Bagdad. Mais ce dernier se méfie fort de lui. Entre Le Caire et Bagdad, Turcs et Kurdes se disputent les terres de Syrie, d’Irak et du Kurdistan.

Et puis il y a les Nizârîs, ces ismaéliens qui sont entrés à la fois en dissidence avec les chiites du Caire et avec tous les autres musulmans, qui n’obéissent qu’à leur Grand Maître retiré à Alamut, dans une des plus hautes et des plus imprenables montagnes de la Caspienne, ou bien à son émissaire de Syrie, le Vieux de la Montagne, dont les alliances politiques se font et se défont, indifféremment, entre Francs et sunnites.

Voilà pour le pouvoir de l’Apparent. Passons aux maîtres du Secret.

Si musulmans et chrétiens s’affrontent pour quelques lieux saints, il existe une autre bataille pour défendre un pouvoir qui n’est pas tout à fait de ce monde, mais qui en est le socle et le garant de son équilibre. 

Ce « Pôle du Monde », comme on le surnomme, disparaît et renaît toujours, au fil des temps, en divers visages, diverses époques, divers lieux. Les musulmans en font un prophète qu’ils nomment Khidr, le « Verdoyant » ; il est Elias pour les juifs et les chrétiens, ou bien aussi saint Georges, pour ces derniers. Mais tout cela n’est que spéculation car son visage n’est connu que des Sept Cavaliers, ses meilleurs fidèles, recrutés parmi les Quarante Saints du monde, qui vaquent ça et là, entre visible et invisible, et dont les desseins et les actes secrets croisent ou ignorent, accompagnent ou contrarient les menées et les luttes des hommes. Comme leur vision porte à la fois en amont et en aval du temps, et qu’ils voient tout aussi bien l’envers que l’endroit des événements, leur comportement semble fort erratique au commun des mortels, voire scandaleux pour les plus prudes d’entre eux, et la vie des fous de Dieu ou des  pieux errants est une des vêtures qu’ils choisissent d’endosser le plus volontiers – avec celle des truands.

L’histoire de la Rose de Djam ou comment la Coupe qui détenait tous les secrets de l’univers fut perdue et retrouvée est un volet de cette longue histoire des Quarante, lequel commence dans un château syrien tenu par des seigneurs normands, où vit la plus improbable des créatures terrestres que le Pôle du monde pouvait charger de cette mission.

Incipit
Quand le seigneur de Terra Nuova annonça qu’il donnerait une fête, se réjouirent tous les alentours, tout ce qu’il y avait, dans la châtellenie, de seigneurs normands, de bourgeois syriens, de marchands sarrasins ou grecs, et même de juifs fortunés ou savants. Car Bastian, malgré sa piété, tolérait le commerce de ces gens-là. 
Le « duc de Fer », comme on l’appelait, si austère et si pieux qu’il fût, quand il donnait des fêtes, savait les rendre merveilleuses, sans pareilles, avec des dépenses folles qui laissaient fort à penser sur sa fortune, laquelle ne pouvait venir des maigres oliviers de ses collines. Il amenait sur ses tables toutes les épices, toutes les douceurs d’Orient, et faisait préparer les mets les plus délectables par les meilleurs cuisiniers de Syrie, venus spécialement d’Alep. Car le duc avait beaucoup d’amis chez les Turcs, et avoir été captif tant d’années entre leurs mains lui avait fait nouer de puissants liens avec leurs princes. Ils lui avaient même offert deux mamlûks dévolus à sa sûreté. Cependant, si la Principauté était en paix, les nouvelles du Saint Royaume, depuis la mort du roi lépreux, une année auparavant, laissaient présager que le ciel rougirait à nouveau du sang des batailles. 
Mais en ce bel été, comment songer à la guerre ? Jamais la Syrie n’avait été si aimable, les vergers resplendissaient de leurs fleurs, les roses des jardins s’ouvraient en étoiles pourpres et odorantes. Les nuits étaient déjà plus douces à vivre que les jours. Cédant à la demande de sa nièce Sibylle, et même, plus vraisemblablement, à celle de son jeune époux Corbin, le duc Bastian avait donc invité toute la contrée. 
Cette fête, que personne, au château, n’oublierait jamais, devait commencer à la vêprée et durer toute la nuit, jusqu’à l’aube, la jeunesse s’étant promis de danser à mollets rompus.

Table des chapitres

Pour commencer 
Carte 
Chapitre I : La Fête 
Chapitre II : Shudjâ’ le faqîr 
Chapitre III : Pèir Esmalit 
Chapitre IV : Les noces 
Chapitre V : Les brigands 
Chapitre VI : Le Sindjârî
Chapitre VII : L’embuscade
Chapitre VIII : Alep la Grise 
Chapitre IX : Le Navarrot  
Chapitre X : Bagarre au souk
Chapitre XI : Les soufis 
Chapitre XII : Raclée au caravansérail
Chapitre XIII : La chevauchée de l’Euphrate 
Chapitre XIV : Le Poison des « six jours »
Chapitre XV : La poursuite 
Chapitre XVI : Le Maître de l’Instant 
Chapitre XVII : L’Assemblée des Quarante 
Chapitre XVIII : Le secret de Pèir
Chapitre XIX  : L’échiquier du monde 
Chapitre XX : En longeant le Tigre 
Chapitre XXI : Le chien des brumes 
Chapitre XXII : Hisn Kayfâ 
Chapitre XXIII : Les Kurdes 
Chapitre XXIV : « Pied de canard » 
Annexe
Bibliographie 

Disponible sur amazon, en version kindle ou brochée :






  

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Manuel de Soureth ou comment apprendre la langue des anges

Épuisé sur Amazon, on peut trouver le manuel à des prix raisonnables chez Decitre.

Introduction(extraits) "L'araméen, dit-on, est la langue des anges, et si vous prévoyez qu'à défaut d'une vie vertueuse un petit coup de piston ne sera pas de trop pour que vous soyez admis dans le Jardin d'Allah au jour du Jugement, quand vous serez perdu au milieu de la multitude des humains se pressant devant l'entrée, vous pouvez espérer que son redoutable gardien sera si heureux de vous entendre le saluer dans sa propre langue qu'il entrouvrira la porte pour vous laisser passer." (Ceux qui se demanderaient pourquoi le soureth est la langue des anges, même ceux gardant le Paradis des musulmans, peuvent se reporter à ce lien, on vous dit tout).

"Si votre esprit, plutôt que se s'élever vers les sphères célestes, est attiré par celles d'ici-bas, vous serez fasciné par une langue qui porte le témoignage écrit de l'histoire de l'humanité – tant matérie…

Le syriaque, langue d'Abraham, des soufis et des Anges

À signaler sur le Cercle catholique syriaque, un article en ligne, passionnant, de Françoise Briquel-Chatonnet, initialement publié dans les actes du colloque Dialogue des religions d’Abraham pour la tolérance et la paix, Tunis 8-10 décembre 2004, Tunis, université Al-Manar : Abraham chez les auteurs syriaques : une figure du croyant pour des chrétiens en monde musulman.
Il s'agit d'une étude de la figure d'Abraham telle que l'ont vue, développée et commentée les chrétiens syriaques, d'abord en la distinguant du judaïsme et puis de l'islam, comme l'introduit l'auteur elle-même :
Les chrétiens syriaques ont produit une abondante littérature très ancrée dans le patrimoine biblique dont ils étaient nourris. C’est pourquoi, invitée à m’intéresser à Abraham en tant que figure de la tolérance dans les trois religions monothéistes, j’ai souhaité partir de cette littérature qui se révèle de grand intérêt. Comme cette littérature spirituelle ou mystique syriaque n&…

Concert de soutien à l'Institut kurde