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On en sait plus sur le meurtre de Mashaal Tammo

La chaîne de télévision Al-Arabiyya a fait état de documents prouvant que l'État syrien était l'auteur de l'assassinat du politicien kurde Mashaal Tamo, le 7 octobre 2011.


Un document secret divulgué par la chaîne établit qu'un ordre avait été donné le 3 octobre 2011, émanant du colonel Saqr Mannoun qui lui-même obéissait  au palais présidentiel. Cet ordre a été transmis au colonel Jawdat Hasan, qui appartient aux forces de l'air des services de renseignements, lui enjoignant de se rendre sans tarder dans la province de Hassaké, d'exécuter Mashaal Tammo et de revenir immédiatement.


Mashaal Tammo avait déjà échappé à deux tentatives d'assassinats et son parti, comme d'autres leaders politiques, tel Eman Eddin Rasheed, qui dirige le Bureau politique du Rassemblement national syrien et qui, sur les plateaux d'Al-Arabiyya, a raconté avoir le leader kurde au téléphone le matin de sa mort et lui avoir demandé de quitter le pays. Mashaal Tammo lui a répondu qu'il resterait pour les manifestations du vendredi et qu'il partirait ensuite. Il a été tué à 2 heures de l'après-midi.


 Un document estampillé 'top secret', non daté, a été envoyé par le colonel Saqr Mannoun à Bashar Al-Assad, confirmant le meurtre de Tammo et mentionnant un ordre émanant du président datant du 22 septembre 2011.

Des informations reçues par les services secrets sur une réunion de l'opposition kurde comprenant Mashaal Tammo, son fils et Zahida Rashkilio à Qamishlo ont amené les forces militaires à faire un raid sur le lieu de cette réunion et le document indique que toutes les personnes présentes avaient été 'éliminées'.

De plus, le document fait état des motifs de l'opération : 'Amener le pouvoir turc à une attitude neutre et coopérante à l'égard de la crise la Syrie'.

Si la position neutre et bienveillante attendue de la Turquie avait dû être suscitée par le meurtre de Kurdes, il aurait mieux valu, en toute logique, s'en prendre aux leaders du PYD. Mais ceux-ci, armés et à l'époque dans une attitude de neutralité elle-même ambiguë devant la révolution syrienne, étaient plus difficiles à assassiner. Et porter un coup à un parti kurde qui, à l'époque, n'était pas du tout en bons termes avec le PYD, précisément parce qu'il prônait une ligne politique très éloignée de tout compromis avec Damas et plutôt proche des mouvements de jeunesse de la rue, pouvait permettre à la Syrie d'affaiblir ou de faire taire un mouvement kurde qui avait des velléités d'action tout en avantageant, du coup, le PKK syrien alias le PYD : une hégémonie de ce mouvement sur les régions kurdes avait bien plus de chances de dissuader la Turquie de soutenir les opposants au Baath.

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