La connaissance des corps est indissolublement physicienne et métaphysicienne


Pour Sohravardî, décrire les corps célestes, comprendre la physiologie des organismes humains ou animaux, décider de ce qu'est un minéral, ou quelle est la place du palmier ou du corail dans l'échelle des êtres, ce n'est pas seulement analyser l'univers matériel, c'est pratiquer, à une étape déterminée de son développement, le dévoilement spirituel. La connaissance des corps est indissolublement physicienne et métaphysicienne. Voilà pourquoi la physique elle-même est un "exercice spirituel" ; sa vérité n'est pas d'abord à rechercher dans la vérification empirique de ses jugements, mais dans l'intensité de la révélation de la nature des corps et des effets qu'ils produisent.

Dans son Introduction  à la Sagesse orientale, Christian Jambet précise, par ailleurs, qu'"il n'y a pas de physique sohravardienne du tout dans la mesure où les corps n'ont pas d'effet par eux-mêmes." Mais cette façon que l'on avait, alors, de ne pas penser la physique "comme une branche séparée" de la métaphysique, et donc de ne pas dissocier le monde matériel du spirituel ou de l'intellect, unifiait le monde de façon plus séduisante. Aujourd'hui, la science médicale et psychiatrique, via la neurologie, redécouvre l'inextricable lien de réciprocité entre corps et esprit. Qui sait, pour le reste des sciences de la terre et de l'univers, dans son ensemble ?

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