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128 cars turcs bloqués en Irak

Sans doute une conséquence de la visite éclair, fort peu appréciée, du ministre turc des Affaires étrangères, Ahmet Davutoğlu à Kirkouk, le mois dernier, sans l'autorisation de Bagdad mais avec la bénédiction d'Erbil : 128 cars, venant de Turquie et transportant des pèlerins pour La Mecque, ont été bloqués en Irak sous prétexte que leurs visas ne viennent pas de Bagdad mais de la Région kurde.

Les pèlerins avaient pu passer sans encombre la frontière du Kurdistan d'Irak où, au poste d'Ibrahim Khalil, ce sont les autorités kurdes qui gèrent les allées et venues. Ils devaient entrer en Arabie saoudite par le poste-frontière proche d'Arar, à la frontière saoudienne. Mais là, ils ont été invités à faire demi-tour sans pouvoir entrer en Arabie saoudite, comme le confirme Ali Al-Mussavi, un proche du Premier Ministre Nouri Al-Maliki dont les relations avec Ankara sont au plus bas.

"Ni Ankara ni l'ambassade turque à Bagdad ont contacté les autorités irakiennes pour prévenir de l'arrivée d'un si grand nombre de gens, et nous ne savons pas vraiment si ce sont des pèlerins" (AFP).

Notons que les cars, après avoir quitté la Région du Kurdistan, ont tout de même traversé tout l'Irak sans un visa "valable" aux yeux de Bagdad, et que laisser rouler 128 véhicules immatriculés en Turquie, potentiellement  bourrés de kamikazes malfaisants et malveillants, pour ne s'apercevoir qu'à 60 kilomètres de l'Arabie saoudite qu'il y a peut-être un problème légal, n'est pas à l'honneur de la vigilance des forces anti-terroristes irakiennes. Nouri Al-Maliki aurait pu exiger la démission immédiate de son ministre de l'Intérieur, s'il en avait eu un. Mais comme c'est lui qui cumule, depuis sa réélection, les postes de ministres de la Sécurité et de la Défense, on ne peut que lui souhaiter de se trouver au plus vite du personnel compétent pour le décharger un peu de ses heures supplémentaires.

Quant à l'ambassadeur turc en poste à Bagdad, il s'est refusé à tout commentaire.

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