Le Crépuscule des fourmis


Présentation de l'éditeur 
Le roman de Zavèn Bibérian est un hapax dans la littérature arménienne occidentale. Il s'agit d'un roman inscrit dans la réalité turque, mais aussi dans l'individualisme désabusé et désorienté d'une génération qui doit supporter un présent qui voit s'effriter des valeurs " arméniennes ", généralement portées aux nues et déclarées essentielles, mais aussi porter un passé, celui du génocide, qui ne lui parle pas. Le roman de Bibérian nous emmène dans une Istanbul des années 1940-50 qui a conservé une structure de population issue de l'expérience impériale de par la diversité de ses groupes religieux et linguistiques hérités de la Constantinople ottomane. 
C'est dans ce cadre qu'il campe les tribulations de son héros si peu héroïque, Bared, jeune arménien. De retour du service militaire, durant la Seconde Guerre mondiale, Bared retrouve après plusieurs années d'absence sa ville et les membres de sa famille, qui, en raison des restrictions, se retrouve dans une quasi misère. Plus rien ne lui évoque alors le temps heureux de son enfance ou les promesses de sa première jeunesse. Commence alors le dur apprentissage de la vie adulte, qui voit l'une après l'autre les valeurs qui avaient fondé sa vie se désagréger comme autant d'illusions dans une nausée existentielle égarante. Balançant entre le collectif et l'individuel, ce roman arménien montre une grande synchronie réflexive avec la vie culturelle occidentale, dont Bibérian était proche par son éducation en partie française. L'anti-héros, parfois sympathique, propose un contre-discours nationaliste arménien dont un lecteur, intéressé par le Proche-Orient, ne peut que s'étonner et se réjouir. 
Biographie de l'auteur 
Zavèn Bibérian est né après le génocide qui élimina presque toute présence arménienne de ce qui allait devenir l'Anatolie turque. Il collabora dans les années 1940 dans différentes revues engagées où il publie notamment " Al gi pavé" (" Maintenant, ça suffit ! ") qui dénonçait les décisions et les publications anti-arméniennes, article pour lequel il fut emprisonné et inculpé. Il quitta la Turquie en 1949 pour aller travailler à Beyrouth où les conditions de vie furent si difficiles qu'elles le motivèrent à rentrer à Istanbul en 1953. Son retour en Turquie fut accompagné d'un clair engagement politique. En 1968, il fut élu au conseil municipal d'Istanbul dans lequel il fut adjoint au président du conseil. Dans les conditions défavorables au maintien d'une vie culturelle arménienne en Turquie, son rôle de journaliste fut déterminant pour maintenir et vivifier une haute culture écrite en arménien. À sa carrière de publiciste, Bibérian conjugua une activité littéraire. Il publia plusieurs romans : L'effronté en 1959, La mer en 1961, Les amoureux désargentés en 1962 et Le crépuscule des fourmis en 1984. Il meurt prématurément à l'âge de 63 ans. 
Broché ; Editeur : Métis Presses (24 mai 2012) Collection : LE METIER A TIS Langue : Français ISBN-10: 2940406413 ISBN-13: 978-2940406418.

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