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Festival du film et forum international sur les droits humains



Du 2 au 11 mars à Genève, Maison des Arts du Grütli, le Festival est dédié particulièrement, cette année, à la Syrie. Sera projeté le 2 mars à 20 h 45 le documentaire de Sofia Amara, en présence de la réalisatrice : 


Syrie, dans l'enfer de la répression (France // 2011 // Couleur // 52 français/arabe) 
Sofia Amara se présente comme la première journaliste indépendante à rapporter des images de la répression syrienne. Les médias étant interdits d’entrée depuis le début de la révolte, la réalisatrice nous entraîne clandestinement dans le secret des comités de coordination, parmi les Officiers Libres qui s’élèvent contre un véritable terrorisme d’état. Dans la Syrie de Bachar al-Assad, meurtres de manifestants, enlèvements et torture sont devenus monnaie courante. Même les enterrements sont la cible de bombardements. Mais il n’y a pas que l’horreur. Ce que la réalisatrice nous montre aussi, ce sont d’incessantes manifestations pacifiques ; des places, des villes entières, toutes mues par le même élan de rébellion et d’espoir. Le peuple ne se rend pas. Décrié par le régime, ce reportage relate de l’intérieur la plus grande crise actuelle du monde arabe.

Suivi d'un débat sur la révolte syrienne :


Révolte Syrienne : inertie coupable 2 Mars/ 20h45 / Alhambra / Co-présenté avec Le Temps, Amnesty International et ARTE. 
Intervenants : Anouar Malek | Haytham al-Maleh | Neil Sammonds | Samar Yazbek |
Voilà une année que les Syriens sortent de chez eux pour dire NON à la dictature. Une année qu'ils subissent une répression particulièrement odieuse et pernicieuse dont les enfants ne sont pas épargnés. A Deraa, Homs, Hama, et même Damas, les exactions ne se comptent plus : tueries, tortures, détentions arbitraires, disparitions, viols. Des hôpitaux sont transformés en lieux d'arrestation et de sévice. En décembre, faisant état d'au moins 5'000 morts, la Haut-Commissaire aux droits de l'homme de l'ONU, Navi Pillay, a exhorté Damas à « rendre des comptes » pour ce qu'elle a qualifié de « crimes contre l'humanité ». De son côté, le Conseil national syrien, représentant le gouvernement d'opposition en exil, n'a eu de cesse d'invoquer la « responsabilité de protéger », demandant notamment la création de couloirs humanitaires pour venir en aide aux populations. Mais la communauté internationale est restée sourde à ces appels. Pourquoi cette inertie? Le veto imposé par la Russie et la Chine au Conseil de sécurité de l'ONU ne peut expliquer à lui seul ce silence criminel. Le principe d'une intervention en Libye a pourtant été rapidement accepté. Pourquoi ce deux poids deux mesures? Quid de couloirs humanitaires ou des zones tampons pour venir au secours des civils syriens? En décembre, une délégation de la ligue arabe a été dépêchée sur place, mais la légitimité de cette mission sous haute surveillance du régime syrien a été sérieusement écornée. Plusieurs observateurs ont jeté l'éponge, dont Algérien Anouar Malek, qui a dénoncé une « mascarade » et a déclaré ne pas vouloir assister à un « désastre humanitaire ». A l'heure où la perspective d'une guerre civile dans tout le pays est redoutée, se pose toujours la question d'une intervention extérieure. Mais comment mettre en pratique la responsabilité de protéger sans embraser encore plus le pays et la région?


À signaler aussi le 5 mars à 18 h 45 :

Aghet - Ein Völkermord (Aghet: 1915, le génocide arménien) 
Allemagne // 2010 // Couleur // 83 vo. allemand, st. ang/fr Aghet. 
Un mot qui signifie catastrophe en arménien, mais surtout le mot qui désigne le génocide arménien. Un million et demi d'hommes, de femmes et d'enfants, déportés, massacrés, exterminés et une nation rayée de la carte de l'empire Ottoman entre 1915 et 1918. Parti à la rencontre de la diaspora, s'appuyant sur des documents d’archives diplomatiques allemandes et américaines, exhumant des témoins de l'époque - à qui des acteurs allemands prêtent leur voix -, le documentariste Éric Friedler illustre la chronique impitoyable de la tragédie arménienne, pour mieux dénoncer les négationnistes. En particulier les autorités turques pour qui le sujet reste tabou. Le prix Nobel de littérature Orhan Pahmuk a été poursuivi en justice pour l'avoir évoqué, et le journaliste turc arménien Hrant Dink purement et simplement assassiné. À l'heure où la France s'attire les foudres d'Ankara pour avoir pénalisé le négationnisme du génocide arménien, Aghet tranche radicalement dans le vif du débat.

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