Exécution imminente pour Zanyar et Loghman Moradi


Deux jeunes Kurdes d'Iran, Zanyar Moradi et Loghman Moradi, sont menacés d'exécution à tout moment, leur condamnation à mort ayant été envoyée au Bureau d'application des verdict, la dernière étape avant la pendaison.

Arrêtés respectivement en août et octobre 2009, condamnés à mort en décembre 2010, ils avaient fait appel le 2 février 2011, et le 28 janvier dernier, la Cour suprême a confirmé cette sentence.

Le 22 décembre 2010, Zanyar Moradi et Loghman Moradi, détenus à la prison Rajaee Shahr de Mariwan, avaient été condamnés par la 15ème chambre du tribunal révolutionnaire de Téhéran, comme moharebeh (ennemi de Dieu) et pour le meurtre du fils de l’imam de Mariwan (dans le cas des sunnites, il s'agit juste du religieux qui dirige la prière du Vendredi et non d'un grand dignitaire), en 2009. Ils sont aussi accusés d'actions armées au sein du Komala et d'espionnage pour le compte de la Grande-Bretagne. 

En novembre 2009, la chaîne PRess TV, une chaîne officielle iranienne de langue anglaise,  annonçait que quatre "terroristes" liés au gouvernement britannique avaient été arrêtés à Mariwan. (À vrai dire on ne voit pas trop ce que les services britanniques britanniques pouvaient trouver d'intéressant à espionner à Mariwan, ville plutôt campagnarde de la province du Kordestan, et qui est tout à fait dépourvue, à mon avis, de centrale nucléaire en construction…). Et durant cette période, en effet, plusieurs religieux kurdes occupant des fonctions religieuses officielles au Kurdistan, mais sans être des personnages clefs, avaient été mystérieusement assassinés, sans que les revendications de pseudo-peshmergas kurdes aient été bien convaincantes. La plupart des Kurdes d'Iran y voyaient la main du régime afin de discréditer les groupes de résistances kurdes auprès de la population.

Loghman Moradi et Zanyar Moradi avaient depuis longtemps déclaré dans des lettres qu’ils ont pu adresser à l'extérieur, que tous leurs aveux avaient été extorqués sous la torture et sous la menace de viol. 

S’exprimant au sujet de l’accusation de meurtre du fils d’un mollah de Mariwan,  Eqbal Moradi, le père de Zanyar, étale les irrégularités et l’aspect très artificiel de ce dossier : 

"Mon fils a été arrêté il y a 20 mois, et c’est seulement 17 mois après qu’il a été accusé de meurtre et de terrorisme. Mais tous les gens de Mariwan, et même la famille de la victime, savent bien que ce n’est pas Zanyar et quelques autres de ces jeunes qui ont fait cela. Tous les gens de Mariwan et même la famille de la victime savent que ces cas récents de meurtres ne sont rien d’autre que le fait du régime, et que cela n’a rien à voir avec ces jeunes."

De même, le père de Loghman Moradi, Osman Moradi a confirmé le caractère tardif des accusations : 

"Durant les 9 premiers mois qu’il était détenu par les services de renseignements, il n’y avait pas d’accusation de meurtre dans son dossier. Même plus tard, durant les 7 mois où il était en prison, on n’a jamais parlé de cela. Mais ils l’ont ramené au ministère du Renseignement une fois de plus et ils l’ont gardé 25 jours. Il a été torturé et maltraité à un point tel qu’il a reconnu le meurtre. Je veux dire qu’il l’a reconnu pour échapper à une telle situation. Il a fallu 17 mois pour obtenir de lui cette confession."

Depuis que la condamnation a été confirmée, le père de la victime, l'imam Mamusta Mostafa Shirzadi, s'est refusé à toute déclaration publique, déclarant ainsi à l'agence de presse Rooz, qu'il ne jugeait "pas sage de parler aux media, ni maintenant, ni jamais."

Or le père de la victime est l'homme-clef qui pourrait sauver les deux jeunes gens car, selon la loi iranienne, des meurtriers ne peuvent être graciés que si la famille d'une victime le permet. Le père de Zanyar explique que leur seul espoir est que l'imam ne "succombera pas aux pressions des organisations de sécurité nationale". Il affirme même que "Mamoste Shirzadi sait mieux que personne comment son fils a été assassiné. Nous pensons que l'imam a été pris dans les mailles de la sécurité nationale politique. Il sait que Zanyar et Loqman sont innocents et j'espère qu'il va s'en souvenir."

Amnesty International organise une campagne de signature pour réclamer la grâce des deux jeunes gens. 

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