La Turquie au Moyen-Orient : le retour d'une puissance régionale ?






Présentation de l'éditeur
La République de Turquie a tourné le dos au Moyen-Orient pendant la plus grande partie du xxe siècle. Ce repli stratégique et culturel, acté dans les années 1920 pour consolider l'État naissant après l'effondrement de l'Empire ottoman et refonder une nation turque débarrassée des influences orientales, a perduré jusqu'à la fin de la guerre froide. Le monde arabe et iranien était devenu l'Orient d'une Turquie qui se voulait fermement ancrée dans la modernité occidentale. 

Le contraste est aujourd'hui saisissant : la Turquie en plein renouveau, progressivement libérée des tabous du kémalisme, réinvestit rapidement le Moyen-Orient, devenu terrain d'expansion économique et d'expérimentation diplomatique. Elle se positionne comme une puissance régionale à part entière, sur le mode du soft power. Le Moyen-Orient est même parfois présenté comme l'alternative à une perspective européenne en berne. Mais les « printemps arabes » posent un sérieux défi à l'influence turque dans la région. Modèle naturel pour les futures démocraties arabes, ou acteur impérial qui défend au plus près ses intérêts de puissance : quel sera le rôle de la Turquie dans un contexte de profonde instabilité régionale ? La diplomatie de l'AKP, le parti d'origine islamiste qui dirige le pays depuis 2002, subit ici un test majeur, entre recherche d équilibre et exercice de responsabilité. 

Sous la direction de Dorothée Schmid, cet ouvrage collectif rassemble les analyses de 14 éminents spécialistes issus d’horizons complémentaires. Le croisement des points de vue turcs, arabes, iranien, européens, américain permet de saisir dans toute sa complexité le système turco-oriental en cours de formation. 

Table des chapitres

Sommaire 


Introduction :   La Turquie au Moyen-Orient : un retour programmé ? Dorothée Schmid

Partie 1 : La diplomatie turque au Moyen-Orient : inspiration et moyens 

– La Turquie et le monde arabe : de la république kémaliste à la fin de la guerre froide (1923-1990), William Hale ;
– La place du monde arabe dans la nouvelle politique étrangère d’Ahmet Davutoğlu,  Jean Marcou ;
– La diplomatie turque vue par les arabes, Michel Naoufal ;
– Une réorientation de l’économie turque vers le Moyen-Orient ?, Rémi Bourgeot ;
– L’attraction de la modernité « à la turque » dans le monde arabe à travers les productions audiovisuelles, Yves Gonzalez-Quijano ;
– La question du « modèle turc » ou le soft power de la Turquie au Moyen-Orient, Meliha Benli Altunışık.

Partie 2 : La Turquie et les grands dossiers politiques régionaux

– La relation turco-américaine à l’épreuve du Moyen-Orient,  Ömer Taşpınar ;
– Turquie/Syrie : de rapprochements en désillusions,  Ayşegül Sever ;
– L’Irak, nouvel espace de déploiement de la puissance turque,  Julien Cécillon ;
– Turquie/Iran : une rivalité stratégique continue,  Mahan Abedin ;
– L’affaire de la flottille de gaza dans les médias arabes : les enjeux politiques de la « nouvelle image de la Turquie »,  Mohammed el Oifi ;
– La Turquie et le Conseil de coopération du golfe (CCG) : une relation d’avenir ?,  Fatiha Dazi-Heni ;    – L’affaire libyenne, ou les contradictions de la diplomatie turque,  Marc Semo.

Conclusion : La Turquie entre orientalisme et réorientation,  Dorothée Schmid.   





Broché: 290 pages
Éditeur : CNRS (23 décembre 2011)
ISBN-10: 2271073529 ISBN-13: 978-2271073525

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Manuel de Soureth ou comment apprendre la langue des anges

Le syriaque, langue d'Abraham, des soufis et des Anges

L'alimentation kurde comparée à celles des autres communautés du Kurdistan : Arméniens, Assyro-Chaldéens et Juifs