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TURQUIE : MENACES D’INCURSIONS TERRESTRES AU KURDISTAN


Les attaques du PKK n’ont pas faibli après les accrochages sanglants qui avaient incité la Turquie à intervenir une fois de plus au Kurdistan d’Irak. Le 12 septembre, des attaques simultanées, notamment d’un commissariat de police et d’une caserne ont fait 5 victimes à Semdinli, dans la province de Hakkari, et une dizaine de blessés. Le gouverneur de Hakkari a fait état de 2 combattants kurdes tués dans les assauts, en indiquant qu’une « opération de représailles » était en cours.

Dès le lendemain, le ministre turc de l’Intérieur, Idris Naim Şahin a déclaré à la presse qu’une incursion terrestre pouvait succéder aux bombardements aériens, alors qu’une rencontre à Bagdad entre responsables irakiens, turcs et kurdes avait eu lieu récemment. Mais derrière les promesses de représailles et la « ligne guerrière » volontiers affichée par Ankara dès qu’il s’agit du PKK, la diffusion d’enregistrements sonores faisant état de rencontres secrètes en 2010, entre le gouvernement turc et le mouvement kurde, sans intermédiaire mais sous patronnage norvégien, a été largement commenté par la presse. Répondant aux journalistes, le président du Parlement de Turquie, Cemil Çiçek, qui était vice-premier ministre à l’époque, loin de nier, a pris en exemple la Grande-Bretagne et ses négociations avec l’IRA, ainsi que l’Espagne et ses rencontres avec l’ETA : « L'Etat turc et ses institutions font ce qu'ont fait des pays comme la Grande Bretagne ou l'Espagne concernant le terrorisme, c'est tout ».

Même si elles brisent un tabou en Turquie, celui d’une quelconque « reconnaissance » d’une force kurde avec laquelle il faut négocier, ces rencontres avouées, pour le moment, n’ont abouti qu’à un échec et depuis les élections parlementaires et l’emprisonnement de membres du BDP, la solution politique semble au point mort, ce qui se traduit par une recrudescence de la violence.

Le 22 septembre, une autre attaque, dans la province de Van, faisait deux morts du côté des forces turques, et trois blessés. Dans le même temps, à Diyarbakir, un tireur isolé, armé d’une kalachnikov, a fait feu sur des policiers en plein centre ville, en tuant un et blessant l’autre (il devait succomber à ses blessures peu de temps après), ainsi que deux passants. Le tireur ayant pris la fuite, il est difficile d’apprécier les raisons de son geste, ni même s’il s’agit de l’acte d’un déséquilibré ou d’un militant.

Mais l’attentat qui a fait le plus de bruit, le même jour, revendiqué cette fois par l’énigmatique groupe des « Faucons de la Liberté du Kurdistan » (TAK) qui semblent souvent agir en dehors de tout contrôle du PKK, a fait 3 morts et 15 blessés, dans le centre de la capitale turque cette fois, et non plus en terre kurde. Dans un mail adressé à l’agence de presse Firat News, pro-PKK, l’organisation affirme que cette attaque « n’est qu’un début et que d’autres suivront dans les villes turques ». Le 23 septembre, des avions turcs bombardaient une fois de plus la zone frontalière du Kurdistan d’Irak. Le porte-parole du PKK, Dozdar Hammo, déclarait à l’AFP que les bombardements, qui vise le mont Qandil, n’avaient fait aucun blessé.

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