TURQUIE : BOMBARDEMENTS MEURTRIERS AU KURDISTAN


Les attaques meurtrières se poursuivent au Kurdistan de Turquie. Le 17 août, huit soldats turcs ont été tués par la guerilla du PKK, dans la province de Hakkari, par deux mines ayant explosé au passage du convoi militaire. En représailles, l’aviation turque a bombardé « 168 objectifs du PKK » au Kurdistan de Turquie et violé la frontière irakienne pour pilonner, selon les communiqués officiels, « 85 objectifs et positions du PKK » situés au Kurdistan, dans la zone de Khakurk, Qandil et Zap.

Cela faisait un an que l’armée turque n’avait pas passé la frontière pour attaquer les bases du PKK. Le bilan humain de ces bombardements serait d’une centaine de morts dns les rangs du PKK, en plus de 80 blessés, selon la Turquie, qui indique aussi que 14 installations, 8 dépôts de vivres, un autre de munitions, neuf canons de DCA, 18 cavernes et 79 caches ont été touchés. Les Kurdes d’Irak dénoncent, eux, un raid de l’aviation responsable de la mort de 7 civils, dans la région de Qalah Dizah, dans le village de Kortek, dans la province de Suleïmanieh.

Une famille, fuyant en voiture, le 21 août, les bombardements, a été en effet entièrement massacrée. Les images et les vidéos des corps et des débris du véhicule, très choquantes, ont fait le tour de la presse kurde, des sites web, et ont été brandies dans des manifestations de protestions à Erbil, alors que la presse turque choisissait d’ignorer ces dégâts collatéraux. Amnesty International a réclamé des autorités turques une enquête indépendante pour éclaircir les circonstances de la mort de Hussein Mustafa Hassan, âgé de 61 ans, de sa femme, Mer Haci Mam Kak, 43 ans, de sa fille, Rezan Hussein Mustafa, 20 ans, de ses deux petites-filles, Sonia Shamal Hassan (2 ans) et Sholin Shamal Hassan (6 mois), 2 ans et 10 ans, de son fils, Zana Hussein Mustafa (11 ans) et sa nièce, Askar Khuzer Hassan (10 ans). De son côté, l’Irak a demandé l’arrêt immédiat de ces violations de son territoire et a protesté contre ces victimes civiles.

Ainsi pris entre deux feux, le gouvernement de la Région du Kurdistan a de nouveau appelé à un cessez-le-feu bilatéral. L’ancien Premier Ministre et l’actuel nº 2 du Parti démocratique du Kurdistan, Nêçirvan Barzanî, de retour de Téhéran, a ainsi appelé dans une interview donnée au journal Rudaw les combattants du PKK et du PJAK à déposer les armes. « Le gouvernement turc doit poursuivre une politique d'ouverture et de démocratie, et dans le cadre de cette politique, (le PKK) doit déposer les armes et entreprendre un combat civil et parlementaire en Turquie. »

En Turquie, les conséquences de la guerre se font sentir dans la vie politique et civile, en échauffant la rue turque contre les Kurdes et en incitant les citoyens kurdes à protester contre le durcissement de la politique d’Ankara. La répression policière d’une manifestation à Çukurca (Selê), où l’attaque des convois a eu lieu, a ainsi provoqué la mort d’un élu kurde, Yildirim Ayhan, membre du BDP, tué par une cartouche de gaz lacrymogène : "Les officiers ont soudain donné l'ordre aux soldats qui nous faisaient face d'intervenir. Ils ont commencé à tirer des gaz lacrymogènes. L'une des cartouches a atteint Ayhan et nous l'avons vu en train de s'effondrer", a déclaré un témoin à l'AFP.

Mais les représailles militaires n’ont pas eu pour résultat l’arrêt des combats, et le 28 août, trois militaires et un gardien de village trouvaient la mort dans l’explosion d’une mine télécommandée au passage de leur véhicule à Semdinli. Trois autres soldats ont été blessés. À Midyat, l’attaque nocturne d’un poste de police a causé la mort d’un gardien de village et a fait trois blessés parmi ces miliciens.

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