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KURDISTAN D’IRAK : LES PREMIERS EFFETS DES CAMPAGNES ANTI- EXCISION


En juin dernier, le parlement kurde d’Erbil avait voté une loi interdisant la pratique de l’excision, après une campagne de plusieurs années de la part d’ONG locales et internationales visant à l’interdiction de cette pratique. WADI, une ONG kurdo-allemande, avait ainsi sillonné les régions du Kurdistan d’Irak pour évaluer l’importance des cas d’excision, avec le soutien du gouvernement kurde.

À présent, l’attention et les efforts de cette même ONG se porte sur les districts kurdes en dehors de la Région, notamment à Kirkouk, mais aussi dans le reste de l’Irak où ce qui était présenté comme une tradition kurde pourrait aussi affecter les populations arabes. La province étant multi-ethnique et multi-confessionnelle, elle permet aux ONG d’émettre des hypothèses sur la situation des provinces irakiennes où il est trop dangereux d’enquêter.

Sur 100 entretiens conduits dans le gouvernorat de Kirkouk, il apparaît que 54% des sunnites pratiquaient des excisions, tandis que les chiites et les autres minorités religieuses ne sont presque pas touchées ; que les excisions sont surtout pratiquées dans les zones rurales et très peu en ville. Sur la répartition entre Kurdes, Arabes et Turkmènes il apparaît que les cas d’excision sont kurdes à 78%, pour seulement 25% d’Arabes et de Turkmènes. Les chrétiens, qu’ils soient assyriens, chaldéens ou arméniens ne sont pas touchés par cette pratique.

Sur les femmes ayant subi une excision, seulement 2% affirment souhaiter que leurs filles le soient à leur tour, tandis que 62% des excisées se disent contre. Cependant, parmi ce même groupe, 29% ont déjà fait exciser leurs filles, ce qui indique un basculement des mentalités très récent, peut-être dû aux campagnes d’information très actives venues de la Région kurde et ce malgré l’opposition de certains milieux islamistes, toutefois minoritaires, hostiles à cette interdiction.

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