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Articles

Affichage des articles du juillet, 2011

KURDISTAN D’IRAK : BOMBARDEMENTS IRANIENS ET COMBATS INTENSES AUX FRONTIÈRES

Dès le début du mois, les attaques de l’Iran sur des villages kurdes des provinces d’Erbil et de Suleimanieh, en bordure de frontières, ont contraint les habitants d’une vingtaine de localités à fuir leurs foyers. Mais faisant état de la présence de bases du PJAK, la branche iranienne du PKK, en guerre contre Téhéran, le gouvernement a répliqué qu’il se réservait le droit d’ « attaquer et de détruire les bases terroristes dans les zones frontalières », en accusant même directement le président kurde de soutenir et d’abriter volontairement les forces du PJAK sur son sol.
De son côté, le président de la Région du Kurdistan, Massoud Barzanî, a condamné ces attaques. Une délégation de dix députés du Kurdistan d’Irak s’est rendue au village de Choman, à 10 kilomètres de la frontière iranienne, particulièrement éprouvé par les bombardements et a, dans un rapport public, fait état de routes aménagées par les forces iraniennes à l’intérieur du territoire irakien, dans les zones qu’ils avaien…

TURQUIE : BRAS DE FER AU PARLEMENT, MONTÉE DES VIOLENCES INTER-ETHNIQUES

La tension politique au parlement turc, après le boycott des députés kurdes élus protestant contre l’emprisonnement de deux des leurs, a eu pour conséquence une recrudescence des affrontements armés et une surenchère politique de la part du BDP.
Le 8 juillet, un accrochage entre l’armée et le PKK tuait un soldat turc et en blessait trois autres, dans la région de Pülümür. Le 11 juillet, deux autres soldats tombaient aux mains de la guerilla kurde, ainsi qu’un civil travaillant pour le ministère de la Santé, non lors d’une opération militaire, mais d’un barrage de route. Des témoins ont affirmé avoir vu des militants kurdes armés arrêter les véhicules, retrouvés abandonnés par leurs occupants. Le 15 juillet, 13 soldats turcs et 7 combattants du PKK ont perdu la vie dans un combat près de Silvan, dans la province de Diyarbakir, ce qui en fait l’affrontement le plus meurtrier depuis 3 ans entre l’armée et les Kurdes, déclenchant une série de « condoléances » de la part de la Maison Blan…

AZERBAÏDJAN : UN GROUPE KURDE RECLAME DES DROITS CULTURELS ET POLITIQUES

Le 2 juillet, s’est tenue à Bakou, capitale de la république d’Azerbaïdjan, une conférence de presse au nom de la communauté kurde du pays, afin d’alerter l’opinion sur les menaces d’acculturation et de disparition qui pèsent sur leur communauté.
Tahir Suleymanov, rédacteur du journal « Diplomat » a lu devant les journalistes et le public présents, un appel rédigé au nom des Kurdes, à l’adresse du président azéri Ilham Aliyev. Dans cet appel, il insistait sur le besoin qu’ont les Kurdes, comme tous les autres groupes ethniques vivant dans le pays, d’avoir des écoles où l’on enseigne en kurde, ainsi que des programmes télévisés ou des pièces de théâtre dans leur langue maternelle, afin de préserver « leur identité nationale ».
Tahir Suleymanov a également pointé l’absence de représentant kurde parmi les 125 députés du parlement de Bakou.
Des media russes, également présents, ont souligné que jusqu’ici, les revendications des Kurdes d’Azerbaïdjan ne s’étaient jamais fait entendre, cett…

Albert Ruel Tamras

Ou Albert Rouil ou Rowel, toutes les orthographes se trouvent. Âgé de 67 ans, il vient tout juste de mourir hier, à Phoenix, Arizona. C'était un Assyrien/Syriaque, grand chanteur et grand joueur de tenbûr qui vivait donc aux États-Unis depuis 2000, et était originaire d'Irak. Il a enregistré pour la première fois à Bagdad, en 1966, sous le label Bashirphone. À ses débuts, sa voix assez nasillarde rappelle un peu celle du chanteur kurde Hasan Zirek.

Par la suite, la voix évolue vers des tonalités plus claires et plus amples, comme on peut l'entendre dans cet album enregistré presque 10 ans plus tard.




Avec l'âge, sa voix se fera plus sourde, plus feutrée, mais gardera son amplitude et sa chaleur.



Si vous ne voyez guère de différence entre sa musique et la musique kurde, c'est que c'est la même, seule la langue diffère, comme pour les juifs du Kurdistan. C'est en fait une musique purement "Irak du nord" comme disent certains, ou 'Iraqî Edjem comm…

radio : cuisine

Vendredi 5 août à 12 h 00 sur France Culture : Aux sources du Croissant Fertile : la cuisine alépine, d'Arménie et du Liban. Avec Alain Alexanian, Andrée Maalouf, Lisa et Ziad Asseily, du restaurant Liza à Paris. Voyage culinaire sur le continent européen (5). On ne parle pas la bouche pleine ! A. Kruger.

Le crétin (pardon martyr) du mois

Et l'heureux gagnant est Mohammed Nassif Jassem al-Hamdani de Hawija (Kirkouk), qui s'est fait lui-même sauter quand sa propre voiture piégée a explosé dans son garage. Et comme ce fin bricoleur avait le sens de la famille, il a généreusement embarqué deux de ses gosses (respectivement 10 et 11 ans) avec lui pour son aller simple au Paradis des martyrs, tandis qu'une vingtaine de voisins sont blessés. Bon Ramadan à eux.

(Source news.com.au).


'Stupidity, however, is not necessarily a inherent trait.'
Albert Rosenfield.

Roohafza Ensemble

Des musiciens presque tous d'Ispahan, purs Perses, donc, mais ayant adopté le tenbûr, l'instrument national kurde, et s'inspirant des musiques yarsans de Kermanshah, tout en se réclamant aussi de l'héritage spirituel de Rûmî. L'Ensemble Roohafaza a été fondé en 1998, par le compositeur et musicien Aliasghar Rahimi. Ils se sont produits le 19 juin dernier à Londres et répondaient à une interview de Six Pillars :

Six Pillars – Comment votre groupe s'est-il formé et qu'est-ce qui vous a amené à jouer ensemble ?Shahab Hamidi Manesh – L'Ensemble Roohafza Tanbour (Les Joueurs de Tanbour d'Ispahan) a été fondé en 1998 à Ispahan-Iran par le chef d'orchestre et compositeur Aliasghar Rahimi, un maître du tanbour.  Le tanbour est un ancient instrument kurde et persan, qui n'est pas très populaire dans la plupart des régions d'Iran, et est même inconnu à Ispahan. Le tanbour est majoritairement prédominant dans les régions kurdes à l'est de l'…

Ellsworth Huntington : Les Montagnards de l'Euphrate (11 et fin)

"Cette nuit-là, je me livrais à une enquête minutieuse au sujet d'une grotte carrée qui avait été creusée, des milliers d'années auparavant, sur la face d'une falaise perpendiculaire de calcaire massif, sur un des côtés du château. Est-ce qu'elle contenait des inscriptions ou des sculptures ? Les indigènes ne savaient pas. Le jour suivant, je descendis le fleuve sur quelques miles, jusqu'à un vieux monastère syrien, plâtré comme un nid d'hirondelle à mi-paroi du canyon de l'Euphrate, qui ne faisait ici que quelques quatre cents pieds de profondeur, mais très étroit. Sur le mur du monastère, il y avait une inscription syriaque sur une grande pierre encastrée dans le mur, à six pieds au-dessous du toit. Comme j'étais assis sur une boucle de corde, dansant dans le vide, les guides, du toit, crièrent soudain : "Regardez, regardez en bas, dans la rivière !" Je regardais, et là, loin au-dessous de nous, dans l'eau jaune et boueuse, il y ava…

Ellsworth Huntington : Les Montagnards de l'Euphrate (10)

"Après sept jours passés en descendant l'Euphrate, nous séjournâmes au château pittoresque de Gerger,sur un pic au-dessus des contreforts qui donnent sur les grandes plaines de Mésopotamie. Là, nous restâmes quelques jours dans un village occupé en partie par des Kurdes en partie par des Arméniens.Un jour, je sortis pour copier une inscription grecque datant de l'époque du Christ. Une vingtaine de Kurdes au teint basané, vêtus d'une culotte de coton blanc, d'une chemise blanche et de gilets gaiement brodés, me suivaient. Alors que je copiais l'inscription grecque, ils s'appuyèrent sur leurs longs fusils et parlèrent à voix basse, et finalement, semblèrent prendre une décision. Après quoi, ils partirent tous tranquillement. Puis j'entendis coup de feu sur coup de feu, venant apparemment de la porte du château.Quand je sortis, l'élégante inscription arabe sur la porte paraissait avoir été fraîchement écornée et défigurée. De toute évidence, les Kurde…

radio : cuisine, ismaéliens, jordi savall, nicolas bouvier, baas

Du lundi au vendredi 29 juillet, à 12 h 00 sur France Culture : Voyage culinaire sur le continent africain et le Moyen-Orient. On ne parle pas la bouche pleine, A. Kruger.

Mardi 26 juillet 
– à 13 h 30 sur France Inter : La secte des "Assassins", avec Anne-Marie Eddé, historienne. La Marche de l'Histoire.
– à 20 h 00 sur France Musique : Concert de Jordi Savall, à la viole de gambe, en direct du château du Lac, Genval (Belgique). Musiques ottomanes et traditionnelles sépharades, arméniennes et occidentales. 
– à 22 h 10 : Nomad's Land. Sur les traces de Nicolas Bouvier (Semelles de vent 3) ; avec Blaise Hofmann, lauréat du prix Nicolas Bouvier 2008). Figures libres, A. Coudin.
Jeudi 28 juillet à 13 h 30 sur France Inter : Le parti Baas et le panarabisme, avec Farouk Mardam Bey, écrivain et éditeur. La Marche de l'Histoire.

Ellsworth Huntington : Les Montagnards de l'Euphrate (9)

"Plus tard nous parvînmes à une gorge isolée, des rochers nus s'élevant près du fleuve et que couronnaient les ruines d'un ancien château, utilisé d'abord par les Khaldes, puis par les Romains et finalement par les Sarrasins. À ses pieds gisaient la mosquée en ruine de Pertag, une ville qui fut transportée en un autre lieu il y a près d'un siècle parce que les soldats y prenaient leurs quartiers chez l'habitant durant la moitié de l'année.Des mois plus tard, je visitai la nouvelle ville – un lieu pittoresque au pied des montagnes de calcaire massif, blanches et brûlantes, d'où jaillissaient des torrents d'une eau claire et froide, entretenant les arbres et les vignes poussant en tonnelle autour des maisons de pisé aux toits plats. Alors que mon compagnon et moi étions assis sous les mûriers que l'on trouve partout, nous régalant d'une pastèque à la chair jaune et aux graines brunes, un homme en guenilles, échauffé, épuisé et le souffle cour…

Ellsworth Huntington : Les Montagnards de l'Euphrate (8)

"Lors de ce voyage le long de l'Euphrate, notre premier contact avec les Kurdes fut à un bac. Alors que nous glissions vers le bac, les draviers arméniens dirent : "Vous voyez ce bateau ? Il appartient au village au-dessus du nôtre. L'hiver dernier, le vieux bateau appartenant aux Kurdes fut emporté dans un remous.  Dès que l'eau tomba, ils montèrent au village de nos voisins et emmenèrent leur bateau. Et que pouvaient faire les pauvres Arméniens ? Ils n'ont pas de fusils. Les Turcs les leur ont tous pris."Comme nous flottions en direction des Kurdes, nous nous approchâmes de la rive, et finalement nous nous arrêtâmes près d'eux. "Bakshish ! Bakshish ! Un cadeau !" fut leur salutation. "C'est notre bac et vous devez nous payer." Cela ne faisait pas de différence, à leurs yeux, comme nous le leur fîmes remarquer, que nous eussions notre propre moyen de locomotion, et que nous avançassions sur le fleuve, et non en le traversant.…

'Ô vieillesse ennemie !'

Lalihan Akbay, âgée de 102 ans, est actuellement poursuivie pour "propagande en faveur d'une organisation terroriste", ayant participé à une commémoration (mawlid), le 16 avril dernier, organisée par le bureau du BDP (parti pro-kurde) de Tatvan en mémoire de son fils, un membre du PKK mort le 16 avril 1985. 
Le procureur de Bitlis, qui avait lancé l'accusation contre Zahide Karakaşlı, co-présidente du bureau du BDp de Tatvan, à l'origine du mawlid a tenu à poursuivre en même temps la propagandiste centenaire ; devant la lourdeur du dossier (c'est quand même un gros poisson qu'on vient de pêcher dans les eaux troubles des milieux activistes), l'accusation vient d'être transférée au procureur de Van. Ce dernier, recevant la visite de Tevif Albay, fils de la criminelle, lui a intimé l'ordre de revenir dans 10 jours. C'est que ça prend 10 jours d'intenses réflexions, un procureur turc, avant de pouvoir statuer en son âme et conscience, sur …

Ellsworth Huntington : Les Montagnards de l'Euphrate (7)

"Les coutumes, le mode de vie, les croyances des Turcs et des Arméniens sont assez bien connus, mais pour les Kurdes, cela a été, en comparaison, très peu étudié. Quelques exemples vous donneront une idée de certaines caractéristiques kurdes, parmi les plus dignes d'être mentionnées. Au printemps 1901, l'auteur, en compagnie du professeur Thomas H. Norton, consul des États-Unis à Harpout, a pu faire un voyage de deux cent miles, descendant l'Euphrate en franchissant la grande série de canyons avec laquelle le fleuve traverse les monts du Taurus. Ce périple n'avait été accompli qu'une seule fois auparavant, par le grand général allemand von Moltke, en 1838.Le radeau était fait de peaux de moutons entièrement écorchés et gonflées d'air. Trente de ces peaux, semblables à de grandes vessies, avaient été liées sous une armature de poteaux et faisaient un fabuleux radeau flottant. Les rapides abondaient et nos draveurs arméniens craignaient de s'y engager. P…

Comment le Paradis fut trouvé, traduit, perdu et retrouvé ou Histoire du 'plus beau livre du monde'

"Au IXe siècle, Moses Bar Cephas, évêque de Mossoul, rédigea en syriaque le plus beau livre du monde. Il comporte sept cents chapitres. Moses Bar Cephas intitula l'ensemble de ses cahiers Le Commentaire du Paradis.Moses y consigne tous les détails qui se rapportent au bonheur.Bonheur au jardinPremière volupté charnelle.Premiers bonheurs que connurent Ève et Adam dans les arbres et auprès de serpents, nus, choisissant des fruits, caressant les feuilles."Pascal Quignard, Sur le Jadis, Dernier Royaume II.

Traduit en latin par Andreas Masius en 1569, à Anvers, ce traité du Paradis eut une grosse influence sur l'Édenologie de la Renaissance et de l'époque classique. Dans son History of the World, Walter Raleigh s'appuie sur lui pour contester, comme Moses, qu'Adam était de taille si gigantesque que, pour lui, un océan n'était guère plus profond qu'une mare où patauger et pour identifier l'Arbre de la Connaissance à un figuier (v. The Embrace of a f…

Ellsworth Huntington : Les Montagnards de l'Euphrate (6)

"À cinq ou six cents pieds au-dessus de la dernière demeure de la fille arménienne,  une grotte de calcaire massif contient une tombe, réputée pour être celle d'un saint mahométan du nom de Hassan. La tombe supposée est énorme en taille, couverte d'une grande quantité d'argile séchée, ornée de velours et de guirlandes apportés par les pieux adorateurs. L'arrière de la grotte est partiellement cloisonné à partir de la partie qui contient la tombe, et là, dans un renfoncement, toutes sortes de détritus y sont amassés – os, tendons et cartilages venant des sacrifices que les pèlerins ont dévorés près de la tombe. De l'extérieur de la grotte, on voit le lieu des sacrifices : un grand autel carré fait de pierres brutes, couvert du sang foncé d'innombrables victimes offerts par les Turcs, les Kurdes et les Arméniens à travers les âges, chacun eux pouvant également prétendre à la palme de la plus grande vénération. Près de l'autel principal s'élève un aut…

'ce qu'il y a de plus mystérieux, ce n'est pas la nuit profonde, c'est le grand jour à midi'

"On dit par exemple que ce qu'il y a de plus mystérieux, ce n'est pas la nuit profonde, c'est le grand jour à midi, le moment où toutes les choses sont étalées dans leur évidence, où se dénude le fait même de l'existence des choses. Le fait qu'elles sont là est plus mystérieux que la nuit, qui éveille des pensées de secret. Un secret se découvre, mais un mystère se révèle et il est impossible de le découvrir."Vladimir Jankélévitch, Penser la Mort.

Intéressante mise au point de Jankélévitch, qui réfute toute analogie entre secret et mystère, à contre-courant de l'opinion commune qui les assemble : 'faire des mystères, garder le secret ; ne pas tout dévoiler, tout révéler, laisser le mystère sur les choses, les émois, les faits'. Rien n'est plus mystérieux, au sens d'énigmatique, que l'être, l'existant, l'évidence de ce qui est au grand jour. Classique énigme : pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ? et ce quiest éto…

Ellsworth Huntington : Les Montagnards de l'Euphrate (5)

"En de nombreuses places, Turcs, Kurdes et Arméniens révèrent les mêmes lieux saints – des endroits qui ont été probablement sanctifiés dès les jours lointains où les païens combattaient les Assyriens ou s'opposaient à la marche de Xénophon. L'un des ces lieux les plus remarquables est situé dans la montagne de Mushar Dag, au creux d'un méandre fortement coudé de l'Euphrate qui entoure les monts de Harpout non loin de Malatya.Près du fleuve se dresse un grand rocher, façonné par une antique race du nom de Khaldes, dans un château dont les principales caractéristiques sont ses innombrables terrasses, marches, citerne et tunnels sculptés dans le calcaire massif. Quatre cent pieds au-dessus de la face brune et nue de la montagne, une grossière plate-forme de boue et de pierres passe pour être la tombe d'une sainte fille arménienne qui prenait soin d'une église en ruines s'élevant deux mille pieds plus haut, tout au sommet de la montagne. À côté de la tomb…

TV, radio : welcome, rûmî

TV

Mardi 19 juillet à 20 h 40 sur Ciné + Club : Welcome de Philippe Lioret, 2008 :

Pour impressionner et reconquérir sa femme, Simon, maître nageur à la piscine de Calais, prend le risque d'aider en secret un jeune réfugié kurde qui veut traverser la Manche à la nage.


Radio

Mardi 19 juillet à 21 h 00 : Rûmî, mystique musulman persan (1207-1273), avec Leïli Anvar. Les Racines du Ciel, Frédéric Lenoir.

Maya

Trente ans après mes premières contemplations provençales du ciel nocturne, lorsque je lève encore la tête vers le firmament étoilé, je n'y vois plus la même chose. Vingt années d'interrogation sur la forme de l'espace ont changé mon regard. On ne peut voir dans le ciel que ce qu'on est préparé à voir.Jen-Pierre Luminet, L'Univers chiffonné : I, La forme de l'espace ; 23, Maya.

Comme cela est vrai de toutes formes de connaissances, que ce soit en sciences humaines ou en sciences exactes, en philosophie comme en religion. Là-dessus, d'ailleurs, les constructions religieuses, qui sont toutes aussi mouvantes et soumises à l'histoire des mentalités que le reste, devraient en prendre de la graine une fois pour toutes, avec l'astro-physique moderne pour modèle, qui n'a cessé de voir bouleversés et remaniés toutes ses bases théoriques, gravité, relativité, univers fini, infini, plat, chiffonné, big bang, les uns balayant parfois les autres, alors que le…

Ellsworth Huntington : Les Montagnards de l'Euphrate (4)

Pour une fois, au sujet des Alévis, on nous épargne les habituelles rumeurs sur le orgies nocturnes, sacrifices de chiens noirs etc., pour insister au contraire sur le caractère hétéroclite des croyances locales, et surtout mentionner une cérémonie intéressante, évidemment issue du christianisme ; un récit sans doute fiable car le déroulé de ce rite n'est pas de ceux qui semblent 'inventés', n'étant ni sulfureux ni spectaculaire : il colle simplement en tout point à l'eucharistie, hormis le remplacement du pain par de la viande, qui  en rajoute d'ailleurs, dans le sens littéral 'ceci est ma chair', etc.


"L'amalgame des croyances religieuses chez les habitants les plus isolés de la région du haut Euphrate est quelque chose de singulier. Dersim, la région à laquelle nous nous référons, situé entre les deux principaux affluents de l'Euphrate, est majoritairement habité par des Kurdes kizilbash, qui ne sont ni bons mahométans, ni bons chrétiens,…

Ellsworth Huntington : Les Montagnards de l'Euphrate (3)

On poursuit sur le thème 'tout le monde s'adore', avec un exposé méthodique des clichés que se renvoient les uns et les autres à la face. Il s'agit là, d'ailleurs, des préjugés rapportés par les communautés entre elles, à leur tour repris par les voyageurs occidentaux, sur la foi de leurs témoignages et de leurs propres observations, si bien que ces jugements des uns sur les autres, finissent par être ceux de la doxa locale comme de celle des Occidentaux. 
Remarques intéressantes sur le processus d'assimilation des Kurdes par les Turcs dès qu'ils se côtoient dans un même habitat : on voit que le processus est invariablement le même et que l'activisme kémalisme n'a voulu qu'accélérer en usant de la manière forte dans les régions purement kurdes un état de fait qui existait déjà dans les villes mixtes, et qui se poursuit aujourd'hui dans les villes de l'ouest, dès qu'un Kurde quitte son environnement. Cette assimilation est la même pour…

Ellsworth Huntington : Les Montagnards de l'Euphrate (2)

Peinture fortement datée des trois peuples du haut Euphrate, du style "races, histoire et climats", classifiés par caractères essentiels, mais intéressante dans le tracé de l'occupation des sols, un tracé qui, en 1909, n'avait plus qu'une dizaine d'années à vivre. Les Kurdes, au début du XXe siècle, ont vu s'effondrer leurs grands émirats et principautés sous les coups de la reconquête centralisatrice ottomane. Ce n'est pas pour cela que le pays en est plus pacifié. Les tribus kurdes, appauvries et refoulées vers des terres infertiles, subsistent sur le dos des sédentaires, les rayas, de préférence chrétiens, car les autorités mettent moins de zèle à les défendre. Les troupes turques, comme aujourd'hui, mal nourries, mal payées, mal équipées, ne semblent d'ailleurs guère enthousiastes à l'idée d'en découdre dans les hauteurs avec des Kurdes souvent 'punis, mais jamais vaincus', qui se tapissent dans chaque coin de roche. Une fo…

Debout sur la terre

Présentation de l'éditeurAutour d’un incroyable trio va se dérouler avec fougue, brio, fantaisie, générosité et sous une plume aussi inspirée que drôle, l’histoire mouvementée du peuple iranien du début du XXe siècle jusqu’à quelques mois après la révolution de Khomeini.« Le livre possède son avant et son après la révolution. Dans l'avant, il y a un homme politique, auteur d'une biographie de Victor Hugo, qui pourrait être un vieil ami de la famille. Dans cet avant, il y a aussi un heureux réalisateur de télé. Il est l'œil du livre, celui qui par sa nonchalance, son indécision, son charme et son inertie même pourrait, plus tard, faire un film de cet Iran-là. Lui aussi, je l'ai connu. Il était amoureux de ma mère.Le livre est dominé aussi par une femme, originaire d'une tribu kurde, grande propriétaire terrienne dans le nord de l'Iran, dont le personnage est adapté de celui de ma mère. Sans ses terres, elle ne comprenait pas sa vie. Elle aime le réalisateur,…

Enluminures en terre d'Islam, entre abstraction et figuration

Enluminures en terre d'islam






Bibliothèque nationale de France 


du 7 juillet 2011 au 25 septembre 2011
Richelieu / Galerie Mansart

"La figuration est-elle totalement exclue de l’art islamique comme on le pense très souvent ? Fourmillantes de personnages et de vie, les nombreuses miniatures qui ornent certains livres, semblent pourtant prouver le contraire.L’exposition propose de découvrir à travers de prestigieux manuscrits arabes, persans et turcs conservés à la BnF, comment dès le début de l’Islam, s’est constitué, hors de la figuration, un art original basé sur la géométrie, l’arabesque et la calligraphie. Magnifiant la parole de Dieu, cet art qui apparaît dès les premiers corans, s’étend vite à d’autres domaines. La miniature est néanmoins présente : côtoyant l’enluminure abstraite, elle s’épanouit dans de nombreux textes profanes, scientifiques ou littéraires.A travers les images et les textes d’autres oeuvres aussi variées que Kalila et Dimna, contes d’origine indienne, le S…

Ellsworth Huntington : Les Montagnards de l'Euphrate

En février 1909, le National Geographic publiait un reportage intitulé The Mountainers of the Euphrates, d'Elssworth Hutington. Le journal précisait en note que cet article serait suivi de quelques autres du même sur des régions asiatiques peu connues. Le style est très descriptif, à une époque où le texte servait encore d'outil majeur pour donner à voir le monde, et surtout savoureux, avec les clichés d'usage, (turbulents montagnards vs soldats civilisés) mais aussi des jugements très drôles, même si expéditifs, par exemple sur les Alévis, "ni bons musulmans, ni bons chrétiens, ni bon païens"; certaines situations ont-elles vraiment changé, quand on lit que sans cesse "les rois des plaines proclamaient leur victoire sur les montagnards réfugiés dans leurs hauteurs, mais sans que la défaite soit jamais définitive ? … Bref, un récit d'exploration vivant et agréable, à lire sur la plage…

'Il y a trois mille ans, les fiers rois d'Assyrie menèrent leu…

radio : islam, nasr eddin hodja

Dimanche 10 juillet à 6 h 10 et 22 h 10 sur France Culture : L'aporie de l'islam moderne. Le rapport de l'islam avec la modernité. Avec Hamadi Redissi, auteur de La Tragédie de l'islam moderne (Seuil). Cultures d'islam, A. Meddeb.
Présentation de l'éditeurLa tragédie est grecque, mais voici qu'elle rattrape l'islam moderne. La tragédie est celle-ci : l'islam a perdu son identité rigide et aucune autorité n'est en mesure de décider ce qu'est le " vrai " islam. Entre tradition et modernité, il oscille, pratique le mélange et la cohabitation. La tradition ? multiple ? est devenue insaisissable, et sur la modernité ? protéiforme ? il n'y a aucun consensus. En réalité, à y regarder de plus près, on peut vérifier que le " sacré islamique " travaille toujours la volonté ou les prétentions de réforme, et que les avancées vers la modernité démocratique dissimulent mal l'immobilisme et le conservatisme : le statut des femmes…