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Komané

Temps toujours épouvantable, orage et pluie. À croire que j'amène toujours ça à Komané.

Recette du thon de Carême à la Komané,  qui consiste à ouvrir 2 boites de thon à l'huile (une chacun), à en presser le couvercle au-dessus de la poubelle pour en sortir le maximum d'huile, et à faire chauffer directement la boite sur le gaz, à la scout, en y ajoutant du jus de citron. C'est très bon.





Pâques. Le Christ est ressuscité, me dit Rabban. Good news. Moi, j'étais un peu morte de fatigue avec sa messe de 5 h, c'est-à-dire que réveillée à 3h 18, ça ne servait pas à grand-chose de me rendormir. J'attends donc sous les couvertures le signal du tocsin de de 4 h, enfin la cloche, qui a sonné à 4 h 30. Me suis habillée de ce que je trouvais sous la main, enfile des sandales et hop, je descends.

La veille, à 17 h, le Matran était parti pour ses trois messes de nuit, sur des routes que l'orage avait laissées dans un état épouvantable. Il n'y a que lui pour tenter de se forcer un chemin, s'enfiler trois messes, rentrer à 1h 40 et remettre ça à 4 h. Nuit blanche, d'autant plus qu'aujourd'hui, c'est visite sur visite. Donc, à 5 h, l'église était quasi-pleine.

Avant cela, la veille de Pâques, je n'ai finalement pas dîné seule, comme j'aurais pu très bien le faire, tranquille, devant un film. À 18 h 30, j'entends monter à l'étage. J'étais assise au sol, Giovanni sur un coussin, quand ça toque à la porte et une tête timide apparaît à l'entrebaillement. Je crois comprendre que le Matran lui a téléphoné entre deux ornières pour lui dire de s'occuper de moi, c'est-à-dire de me nourrir. Visiblement, Rabban doute de ma capacité à faire chauffer une boîte de thon sur le gaz. Au demeurant, ce neveu, Ashur, est très gentil. Donc on a parlé kurde toute la soirée, de dialectologie comparée du bohti et du behdinani.



Lendemain, messe. J'y étais à 5 h, j'ai la preuve, j'ai les photos.




Je somnole à moitié pendant tout l'office, mais j'ai l'excuse de rien comprendre

Je rentre ensuite pour me doucher et je réussis à somnoler par phases de 10 mn, ça et là, ce qui finit par me revigorer. Quand je descends, je vois le Matran dans le salon de réception, recevoir les visites par rafales : certains viennent de villages éloignés et repartent au bout de 5 mn, ayant encore un long périple à faire. Les gosses défilent et reçoivent des bonbons. Moi, ne sachant trop que faire de mon corps, j'ai tiré une chaise à l'entrée et j'écris au soleil, en regardant le défilé. Entre deux visites et deux coups de tel, on échange quelques propos, enfin lui, il me commente les visites.

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