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KURDISTAN D’IRAK : VISITE HISTORIQUE DU PREMIER MINISTRE TURC


Les 28 et 29 mars le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan s’est rendu en visite en Irak, accompagné de plusieurs ministres et d’une délégation d’hommes d’affaires « pour évoquer les relations politiques et économiques importantes avec ce pays voisin et renforcer la coopération économique et des sujets régionaux » a indiqué une source diplomatique turque, ajoutant que la question de la lutte contre le PKK serait également abordée avec le président de l’Irak, Jalal Talabani et le Premier ministre Nouri Al-Maliki.

Mais le point fort de cette visite a été l’étape d’Erbil, puisque c’était la première fois qu’un chef de gouvernement turc se rendait dans la capitale kurde. Le PKK n’était pas le seul sujet de désaccord entre la Turquie et la Région kurde. La question de Kirkouk et des relations entre Kurdes et Turkmènes a été aussi abordée, comme l’avait annoncé, un jour avant, Saadeddine Arkij, leader du Front turcoman, parti soutenu par Ankara. Mais, signe du réchauffement politique entre Kurdes et Turcs, le chef du Front turkmène a indiqué que le gouvernement turc insistait pour qu’ils règlent « leurs différends avec les Kurdes » : « Un des objectifs de cette visite est d'essayer de réduire les divergences entre Turcomans et Kurdes, mais on ignore ce qui va se décider. »
Recep Tayyip Erdogan a profité de cette visite pour inaugurer avec Massoud Barzani l’aéroport d’Erbil nouvellement agrandi, et qui peut désormais accueillir 150 vols par jour. Dans son discours d’inauguration, le président de la Région du Kurdistan, Massoud Barzani, a qualifié le nouvel aéroport international de « premier pas dans la construction d’une infrastructure solide dans tout l’Irak, et particulièrement au Kurdistan, et c’est une clef pour beaucoup de projets à plus grande échelle dans le développement du Kurdistan et de l’Irak. » Massoud Barzani a ensuite salué la présence du Premier ministre et du ministre des Affaires étrangères turcs : « Nous considérons cela comme un moment très historique. Nous croyons que cette visite bâtira un pont très solide dans les relations bilatérales entre l’Irak et la Turquie et tout particulièrement entre la Turquie et la Région du Kurdistan. »

Recep Tayyip Erdogan a souligné les « liens historiques et culturels avec l’Irak » et avec « cette belle région » (sans nommer explicitement le Kurdistan). Il a annoncé que les prochains vols Turkish Airlines pour Erbil démarreraient le 14 avril prochain. Jusqu’ici, c’était une compagnie privée, Atlas Jet, qui assurait, d’Istanbul, 4 vols hebdomadaires pour Erbil et Suleïmanieh. Turkish Airlines mettra en place 3 vols par semaines pour Erbil.

En plus du Premier Ministre, la présence de Mehmet Simsek, ministre des Finances, a permis de mettre à la fois cette délégation turque sous le signe de la coopération économique, mais aussi linguistique, puisque Mehmet Simsek, originaire de Batman, a pu prononcer un discours en kurde, en parlant d’une ‘fraternité millénaire’ entre Kurdes et Turcs. Mais alors qu’en Turquie même, les élus kurdes peuvent encore être poursuivis pour avoir prononcé des discours en kurde devant leur électorat, d’aucuns y voient surtout une tentative d’apaiser ou de se concilier les faveurs de l’électorat kurde de Turquie pour les prochaines élections.

Le cortège des officiels s’est ensuite dirigé vers le consulat turc qui, bien que déjà ouvert depuis un certain temps, était ‘inauguré’ ce même jour, pour l’occasion. Cette fois, dans son discours, le Premier ministre turc a insisté sur les liens économiques entre les deux capitales et l’ampleur des investissements turcs au Kurdistan : « L’an dernier, la Turquie a réalisé plus de 7 milliards de dollars de chiffre d’affaire en Irak, dont plus de la moitié dans les provinces du Nord. Il y a actuellement plus de 20 000 Turcs qui ont obtenu des permis de travail dans le gouvernorat d’Erbil et plus de 35 000 si nous y ajoutons Duhok et Suleïmanieh. »

Un entretien privé a ensuite eu lieu entre le président Barzani et le Premier ministre Tayyip Erdogan, portant sur les relations bilatérales, les liens économiques et la coopération énergétique.

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