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Maison des Cultures du Monde : Alep et Topkapı

Vendredi 14 et samedi 15 Janvier 2011 



Né à Alep, le munshid (hymnode) Omar Sarmini est un spécialiste du chant classique et des airs alépins. Digne représentant de l’art du muwashshah (chant classique arabe oriental) dont il incarne la nouvelle génération, considéré comme une icône de l’art vocal citadin arabe, il est réputé pour ses improvisations sur des poèmes du XIe siècle et, selon la tradition vocale alépine,des chants spirituels soufis.
Omar Sarmini évolue dans des milieux religieux et fréquente très jeune les rituels du dhikr, conduit par son père, le Cheikh Muhammad Sarmini, qui lui enseigne l'essentiel du répertoire de la musique sacrée. La Syrie est à cette époque l’une des dernières régions arabes où la pratique des répertoires savants demeure très présente au quotidien. Ayant appris de son père l'essentiel du répertoire sacré, le jeune chanteur poursuit sa formation au Club des Jeunesses Arabes de sa ville. Omar Sarmini se produit régulièrement avec l’ensemble Al-Kindi, participant à des festivals aussi prestigieux que le Festival International de Baalbek ou le Festival des Musiques Sacrées du Monde à Fès.
Omar Sarmini et son ensemble d’Alep interprètent plusieurs suites vocales et instrumentales (wasla) ayant pour unité un maqam (mode) particulier. Au sein de chacune de ces suites un instrumentiste interprète un taqsim (improvisation) afin de plonger l’auditoire comme le chanteur dans l’état psychique correspondant au dit maqam, puis l’ensemble joue un prélude instrumental rythmé. Le chanteur improvise alors sur des poèmes classiques (qasida poèmes monorimes) suivant une technique vocale ancestrale qui se nourrit de l’intemporalité de l’esthétique musicale et des mélismes du chant sacré. Les vocalises aléatoires sont accompagnées par un ou plusieurs instruments, soit sans support rythmique, soit avec un cycle rythmique et une ligne mélodique répétitive de basse (ostinato). Puis le chanteur et les choristes interprètent des muwashshaat et qoudoud (chansons mesurées) anonymes très anciens, qui servent d’écrins aux somptueuses vocalises d’Omar Sarmini.

Vendredi 21 et samedi 22 janvier 2011


Après trente années passées à interpréter les musiques savantes profanes et sacrées du monde arabe, Julien Jalal Eddin Weiss se consacre aujourd'hui au répertoire de la sublime musique turque ottomane des 15e au 17e siècles, en mettant en valeur l'improvisation instrumentale et vocale: le taqsim et la qasida.
Né à Paris de mère suisse et de père alsacien, Julien Jalal Eddin Weiss abandonne une carrière de guitariste classique pour étudier le qanun arabe dès 1978, au Caire puis à Tunis, Istanbul, Bagdad, Beyrouth et Alep. En 1983, il fonde l'ensemble instrumental Al Kindi, avec de remarquables musiciens : Mohamed Saada de Tunis, Abdessalam Safar de Damas, Adel Shams El-Din d'Alexandrie, Mohamed Qadri Dalal d'Alep, Zyad Qadi Amin de Damas, Ozer Ozel d'Istanbul, Malik Mansurov de Bakou, Mohamed Gommar de Bagdad…
À partir de 1990 l'ensemble Al Kindi présente différents programmes de musique classique arabe avec des chanteurs réputés : Loutfi Bouchnak de Tunis, Husseyn Al Azami de Bagdad, Hamza Chakkur de Damas, Sabri Mudallal, Omar Sarmini, Adib Daykh et Sheikh Habboush d'Alep, Dogan Dikmen d'Istanbul, la chorale tropos d Athènes… Tous ces spectacles – Les derviches tourneurs de Damas, Le Salon de Musique d'Alep, Poèmes d'Amour au Bimaristan d'Alep, L'Art du Maqam de Bagdad, Malouf de Tunis etc – ainsi que son abondante discographie lui assurent une renommée mondiale. En 2001, Julien Jalal Eddin Weiss est nommé officier des arts et des lettres.
Julien Jalal Eddin Weiss direction et qanun, Dogan Dikmen chanteur soliste, Ozer Ozel maître du luth ottoman, Refik Kaya maître du rebab, Prabhu Edouard maître du tabla indien.

Maison des Cultures du Monde
101 Boulevard Raspail 75006 Paris Tél : 01 42 84 90 00
Métro : Rennes - Notre-Dame-des-Champs

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