Accéder au contenu principal

Radio : églises d'orient, Ibn Arabî

Dimanche 19 septembre à

6 h et 22 h sur France Culture : L'interprétation est un voyage, avec Denis Gril (université de Provence), traducteur du Dévoilement des effets du voyage, Ibn Arabî. Cultures d'islam, A. Meddeb.

"Nous recevons un des éminents spécialistes du grand soufi Muhyî ad-Dîn Ibn ‘Arabî (Murcie, 1165 - Damas, 1240). Nous conversons avec lui autour de sa traduction du Dévoilement des effets du voyage, œuvre où Ibn ‘Arabî nous montre que le texte coranique est porteur d’un sens infini dont l’interprétation constitue un voyage métaphysique, cosmologique, initiatique. En effet, l’herméneutique constitue le modèle même du voyage, puisqu’elle fait passer de la parole ou du symbole à sa compréhension en escaladant les degrés de l’être et en fouillant dans les strates de l’écriture. Le Coran est identifié à celui à qui il est destiné. Chaque lecteur du Livre s’assimile au voyageur. D’abord il s’identifie au prophète de l’islam qui a été transporté de nuit de la Mecque à Jérusalem avant d’être propulsé vers l’Ascension des cieux pour parvenir au plus près du foyer divin. Ensuite, chaque référence coranique aux prophètes ici convoqués (Noé, Idriss -- Elie --), Abraham, Moïse) gagnent leur sens universel en faisant voyager le lecteur de la révélation à l’hermétisme, de l’alchimie à la cosmologie. C’est ainsi que ce voyage dans l’univers du sens nous fait traverser les frontières du concept pour nous retrouver dans le continent du signe. Comme l’illustre l’épisode du sacrifice d’Abraham qui engage les notions de rançon et de substitution relayées par le passage du corps à la demeure : le bélier qui est substitué au fils pris comme rançon suscite l’évocation de la mansion zodiacale dont la bête est le signe. Chacun de ces voyages et leurs effets convergent vers l’homme, dépositaire du secret divin, seul capable de recevoir le souffle au centre des cieux. L’homme est identifié à la Révélation à travers une longue transformation intérieure dans les voyages des prophètes. Ainsi devient-on tout entier oreille avec Moïse entendant la parole divine. Il s’agit d’un voyage vers le Coran, dans le Coran. Le lecteur est convié au voyage du Coran : « Réalise ce voyage, tu te féliciteras de son aboutissement. »"




8h00 sur France Culture : Le synode des évêques orientaux en octobre prochain ; Foi et tradition, Jean-Pierre Enkiri.

Mercredi 22 septembre à 13 h 30 sur RCF : Histoire des églises d'Orient (1) : Introduction. Histoire du christianisme, H. Billard.

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Manuel de Soureth ou comment apprendre la langue des anges

Épuisé sur Amazon, on peut trouver le manuel à des prix raisonnables chez Decitre.

Introduction(extraits) "L'araméen, dit-on, est la langue des anges, et si vous prévoyez qu'à défaut d'une vie vertueuse un petit coup de piston ne sera pas de trop pour que vous soyez admis dans le Jardin d'Allah au jour du Jugement, quand vous serez perdu au milieu de la multitude des humains se pressant devant l'entrée, vous pouvez espérer que son redoutable gardien sera si heureux de vous entendre le saluer dans sa propre langue qu'il entrouvrira la porte pour vous laisser passer." (Ceux qui se demanderaient pourquoi le soureth est la langue des anges, même ceux gardant le Paradis des musulmans, peuvent se reporter à ce lien, on vous dit tout).

"Si votre esprit, plutôt que se s'élever vers les sphères célestes, est attiré par celles d'ici-bas, vous serez fasciné par une langue qui porte le témoignage écrit de l'histoire de l'humanité – tant matérie…

Le syriaque, langue d'Abraham, des soufis et des Anges

À signaler sur le Cercle catholique syriaque, un article en ligne, passionnant, de Françoise Briquel-Chatonnet, initialement publié dans les actes du colloque Dialogue des religions d’Abraham pour la tolérance et la paix, Tunis 8-10 décembre 2004, Tunis, université Al-Manar : Abraham chez les auteurs syriaques : une figure du croyant pour des chrétiens en monde musulman.
Il s'agit d'une étude de la figure d'Abraham telle que l'ont vue, développée et commentée les chrétiens syriaques, d'abord en la distinguant du judaïsme et puis de l'islam, comme l'introduit l'auteur elle-même :
Les chrétiens syriaques ont produit une abondante littérature très ancrée dans le patrimoine biblique dont ils étaient nourris. C’est pourquoi, invitée à m’intéresser à Abraham en tant que figure de la tolérance dans les trois religions monothéistes, j’ai souhaité partir de cette littérature qui se révèle de grand intérêt. Comme cette littérature spirituelle ou mystique syriaque n&…

Concert de soutien à l'Institut kurde