Téhéran ville ouverte ou : "Soyons tous des chats persans..."


Parfois, le cinéma entre en résonance avec l'Histoire en train de se faire, des films rencontrent un moment politique. Ainsi, le cinéma iranien des dix dernières années, écho puissant des déchirures et des évolutions de la société iranienne.

Il y a trois ans, Marjane Satrapi secouait le festival de Cannes et révolutionnait l'image de l'Iran avec son iconoclaste Persepolis. En 2009, Les Chats persans de Bahman Ghobadi, sorti quelques mois après le début du mouvement de contestation de juin qui a suivi la réélection d'Ahmadinejad, ont opéré un travail de dévoilement du « pays réel », offrant le paysage neuf d'un Téhéran gagné à la jeunesse et au rock n'roll. Téhéran, le polar dérangeant de Nader T. Homayoun qui n'hésite pas à plonger sa caméra dans les bas fonds de la société, poursuit ce travail de vérité, en donnant à voir un Iran jamais vu. Enfin, en point d'orgue de notre programmation de résistance, Le chasseur, le film de Rafi Pitts, présenté au dernier festival de Berlin, sera projeté en avant-première à la Cinémathèque.

Depuis la découverte éblouissante d'Abbas Kiarostami au début des années 1990, on n'avait pas eu autant de bonnes nouvelles du cinéma iranien.

Aujourd'hui, la société iranienne vit au rythme de la censure et de la répression la plus violente comme en témoignent les images des violences de l'Etat sur la population civile qui circulent sur Internet (image devenue symbole de la mort de la jeune Neda Agha-Soltan). Pour avoir commencé un tournage sur la situation actuelle, le cinéaste Jafar Panahi est toujours détenu en prison. Le cinéma fait peur au régime, le cinéma cœur révélateur des changements de l'Iran.

Projet
Avec Une journée à Téhéran, la Cinémathèque peut proposer au public un voyage au cœur des transformations de l'Iran actuel. Téhéran est choisi comme première et essentielle étape du voyage, mais la programmation abordera bien sûr les sorties de ce territoire urbain. L'exil à l'intérieur du pays (à la mer, dans les provinces reculées), hors du pays, est une « deuxième peau » nécessaire pour tout Iranien épris de liberté. Le programme : projection de plusieurs films emblématiques permettant au public de comprendre la situation actuelle loin des logiques médiatiques , une table ronde « le cinéma iranien aujoud'hui » avec ceux qui font l'Iran ici et là-bas (les réalisateurs Sou Abadi, Bahman Ghobadi, Nader T. Homayoun, Rafi Pitts, Marjane Satrapi, les actrices Behi Djanati, Gholshifteh Faraheni …), des projections et ateliers (films d'animation) pour les enfants , une animation musicale, un déjeuner persan sur l'herbe...





La Cinémathèque française
51, rue de Bercy
75012 Paris
Informations : 01 71 19 33 33

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