IRAN : 18 KURDES ATTENDENT LEUR EXÉCUTION DANS LES « COULOIRS DE LA MORT »


Les condamnations à mort se poursuivent en Iran et les militants kurdes sont parmi les groupes les plus touchés, quel que soit leur sexe. Dans son dernier rapport annuel, Human Rights Watch pointe les violations des droits de l’homme et de la liberté d’expression et d’opinion envers les Kurdes d’Iran, qui sont au nombre de 12 millions, soit environ 7% de la population iranienne au total.

Shirin Alan Hove, actuellement détenue dans la prison d’Evin, à Téhéran, a été ainsi condamnée à la peine capitale par le tribunal révolutionnaire, en tant que « mohareb » (ennemie de Dieu). Elle avait été arrêtée un an et demi auparavant dans la ville de Maku (province d’Azerbaïdjan occidental) où elle résidait. Deux autres détenus kurdes, Mohammad Amin Abdollahi et Ghader Mohammadzadeh, originaires de Mir-Abad (Bokan), ont été condamnés à mort par le tribunal d’Ourmiah. Âgé de 25 ans, Mohammad Amin Abdollahi, a été condamné à 20 ans de prison, avant d’être rejugé et condamné à être exécuté, le 16 de ce mois, pour « menace contre la sécurité nationale » et « agissements contre Dieu ». Ghader Mohammadzadeh, âgé de 32 ans, a d’abord écopé de 32 années d’emprisonnement, mais le même tribunal d’Ourmiah l’a rejugé et condamné à mort. Ces seconds jugements visant à aggraver les peines s’inscrivent dans une pratique qui se généralise et rappelle les circonstances de l’exécution d’Ehsan Fatahiyan, le 11 novembre dernier. Comme Ehsan Fatahiyan et tous les détenus politiques, les deux condamnés ont été torturés et soumis à de fortes pressions durant leurs interrogatoires. Amnesty International a appelé par ailleurs l’Iran à ne pas exécuter un autre Kurde, Habibollah Latifi, qui vient d’être transféré ce mois de son lieu de détention, à Sanandadj, pour une cellule isolée, dernière étape avant la pendaison. Habibollah Latifi est accusé d’appartenance au PJAK, branche armée du PKK en Iran. Arrêté en octobre 2007 à Sanandadj, il a été jugé à huit-clos, sans même la présence de son avocat.

Il y a, actuellement, 18 Kurdes prisonniers politiques en attente de leur exécution dans les « couloirs de la mort ». Par ailleurs, dix militants kurdes, de Sanandadj, de Kermanshah ou d’Ourmiah, ont été arrêtés le 14 janvier, alors qu’ils rendaient hommage à un étudiant, Ebrahim Lotfollahi, mort sous la torture deux ans jour pour jour dans les locaux des services secrets de Sanandadj. Les militants se sont rassemblés au cimetière Nehesht Mohammadi, devant la tombe d’Ebrahim Kotfollahi afin d’observer une minute de silence. C’est alors qu’ils ont été brutalement assaillis par les forces de sécurité et que dix d’entre eux ont été emmenés. Depuis, leurs familles sont sans nouvelles.

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