Parution : Les Alévis, bardes d'Anatolie



Présentation de l'éditeur
En Turquie, les alévis représenteraient près d'un quart de la population. Contrairement aux sunnites - et aux chiites avec lesquels ils sont souvent confondus - ils ne fréquentent pas les mosquées ni ne jeûnent pendant le ramadan. Aux questions : Qui sont les membres de cette communauté attachés aux principes de la laïcité ? Qui sont ces hommes et ces femmes qui se réunissent lors de cérémonies, longtemps tenues secrètes, ponctuées de prières, de danses rituelles, de chants, voire d'une consommation communielle d'alcool ? Ce livre souhaite apporter des éléments de réponse, à partir de lectures mais aussi de l'expérience de l'auteur. L'ouvrage privilégie les croyances et les pratiques religieuses imprégnées d'animisme, de chamanisme, de chiisme et de soufisme populaire. Une place de choix est également réservée aux achiks, les bardes d'Anatolie, et à leur extraordinaire répertoire où la poésie, portée par la musique et le chant, reflète leur foi, mais aussi leurs perceptions de l'histoire, leurs conceptions du présent, leurs prises de positions idéologiques et politiques.

Biographie de l'auteur
Catherine Pinguet a vécu douze ans à Istanbul où elle a enseigné l'histoire et les littératures comparées dans plusieurs universités. Elle est l'auteur d'un essai sur le soufisme et la littérature populaire turque, La Folle Sagesse (éditions du Cerf, coll. " Patrimoines ", 2005) et d'un livre intitulé Les Chiens d'Istanbul (éditions Bleu Autour, 2008), récit d'une cohabitation urbaine entre les Stambouliotes et les chiens des rues de l'Empire ottoman à nos jours. Elle collabore à un ouvrage collectif à paraître en 2009 : Istanbul (éditions Robert Laffont, coll. " Bouquins ").





Incipit :

Vésines, "près de quatre mille habitants et quatre cents électeurs !", disait-on déjà du quartier ouvrier de Chalette-sur-Loing dans les années trente. Des bruits alarmistes circulaient sur des "bandes", on racontait toutes sortes de choses sur des étrangers aux coutumes "bizarres". Que les gens de Vésines aient alors demandé leur séparation d'avec Chalette ne me surprend pas, le refus du conseil municipal non plus : Vésines concentrait toutes les industries. Le quartier ne parvint pas à devenir une commune, mais le fossé demeura. Aujourd'hui encore, les habitants de Chalette-Bourg et de Montargis – la Venise du Gâtinais des guides touristiques – ne fréquentent pas Vésines, qui garde sa réputation d'antre malfamé. Des automobilistes, surtout des femmes, seules, préfèrent en cas de crevaison poursuivre leur chemin plutôt que de s'arrêter demander de l'aide. Mes parents ont tenu un commerce pendant près de quarante ans au carrefour de Vésines, nous étions donc aux premières loges, et la scène s'est renouvelée plusieurs fois. Pourtant, dans le quartier, la solidarité était de mise et, côté pneu, on en connaissait un rayon. C'est même ce qui se fabriquait le plus dans le secteur.

Table :

Prologue

Festival de Hadji Bektach (16-18 août 1988)
Premier séjour à Tekke Köyü (fin août 1988)
Visite à un baba bektachi, Tire (fin août 1988)
Tekke Köyü "restauration" d'un cimetière et récit d'une amitié (août 1989-1990)
Incendie criminel, Sivas (2 juillet 1993)
Le pèlerinage, Istanbul-Tekke Köyü (juin 1997)
Visite à Tekke Köyü et vacances en Méditerranée (août 1997)
Fête de Nevruz, Tekke Köyü (21 mars 1998)
Istanbul et le "renouveau " alévi
Abdal Musa, derviche combattant


Épilogue :

Mercredi des Cendres, Istanbul-Vésines (février-mars 20004)

Glossaire des termes étrangers
Bibliographie


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