Le Talisman



Disons-le tout de suite, La Nuit kurde est une daube. Mais une daube bien écrite, un peu comme ces films bien bourins à intrigue nulle et gros budget dont on dit : "Ah ouais, mais les effets spéciaux assurent." Pas pu le finir, tellement ça m'ennuyait. Visiblement l'auteur s'est documenté, il a peut-être lu des Hawar, il connaît des noms comme Hakkari, zoma, des bouts de chants kurdes, mais question psychologie et vraisemblance, ça laisse à désirer : entre complexe du métis chrétien ( avec toutes les chrétiennes que les Kurdes enlevaient pour les marier, si chaque gosse issu des noces faisait un complexe de bâtardise, ç'aurait été une nation à 30% névrosée), viol ET cannibalisme, ce qui fait quand même beaucoup pour un seul Kurde (m'étonnerait que bouffer de la Grecque, et crue en plus, soit halal, essayez de faire avaler à un Kurde un steak tartare, pour voir), on a le droit à tous les fantasmes orientalistes (sexuels et culinaires, dans le cas qui nous occupe) et aussi le report de ses propres complexes de juif européen sur des musulmans qui n'en demandaient pas tant...



Par contre, Le Talisman, cité par l'auteur dans son introduction, semble être un bon cru. Entre Sir Kenneth, le chevalier géant, brave mais glouton et un peu rustre, débarqué de ses monts d'Écosse, Shirkouh le bel émir kurde, mince, élégant et redoutable au lancer du jerrid, le grand et vaillant ermite Théodoric d'Engaddi, "l'arpenteur du désert, l'ami de la croix et le fléau des infidèles" quand on croise sa route, mais saint au coeur d'agneau dans le privé, hôte attentionné bien que grand jeûneur (on m'a juré qu'il me rappellerait quelqu'un :))) ), légende de Zohhak racontée au passage, grandeurs et généalogies du Kurdistan énoncées fièrement, ça va ferrailler dur entre le roi Richard et Saladin... Il faut avouer que Walter Scott semble avoir plus d'estime pour le souverain kurde que pour le bouillant Cœur de Lion. Bref, une lecture qui s'annonce drôle et captivante, à recommander pour les vacances...

Incipit ou Ça commence comme ça :

"Alors que le soleil de Syrie n'avait pas encore atteint son apogée, un chevalier à la croix écarlate, qui avait quitté sa lointaine patrie septentrionale pour rejoindre l'armée des croisés en Palestine, parcourait lentement le désert de sable qui s'étend aux alentours de la mer Morte, ou, comme on le nomme, du lac Asphaltite, où les vagues du Jourdain se déversent en une mer intérieure dont les eaux ne s'écoulent nulle part.

Le pèlerin en armes avait peiné entre falaises et précipices durant les premières heures de la matinée. Un peu plus tard, il était sorti de ces défilés rocheux et périlleux pour déboucher sur la vaste plaine dont les cités damnées avaient, dans les temps anciens, provoqué la colère du Tout-Puissant.

Les peines, la soif, les dangers du chemin, tout était oublié lorsque le voyageur songeait à l'épouvantable catastrophe qui avait transformé en un désert aride et sinistre la belle vallée fertile des Siddim, aussi bien arrosée autrefois que le jardin d'Eden, et qui n'était plus qu'une étendue desséchée et maudite, condamnée pour toujours à la stérilité."


Présentation de l'éditeur
Grand roman historique, Le Talisman (1825) nous plonge au cœur du XIIe siècle, à la fin de la Troisième Croisade. Deux nobles chefs s'affrontent en terre de Palestine : Richard Cœur de Lion et le sultan kurde Saladin, passé maître dans l'art du déguisement. Le roi anglais est affaibli par la maladie, mais aussi par les complots orchestrés par le maître de l'ordre des Templiers. Dans ce contexte sensible, Kenneth, dit le chevalier au Léopard, est chargé d'approcher un mystérieux ermite afin d'éclaircir son rôle auprès des Sarrasins. Pour cet Ecossais d'origine modeste, la mission est aussi risquée qu'inespérée. Il y voit l'occasion de prouver sa valeur au souverain, dont il aime éperdument la cousine, l'inaccessible Edith de Plantagenêt.

Une cause à faire triompher, une belle à conquérir, des intrigues à déjouer, des combats singuliers à mener : tous ces ingrédients savamment dosés font du Talisman un captivant roman de chevalerie. Et les portraits qu'il dresse - sans manichéisme aucun - de l'Orient et de l'Occident trouvent aujourd'hui de singulières résonances.

Biographie de l'auteur
Poète, romancier et historien prolifique, Sir Walter Scott (1771-1832) puisa d'abord son inspiration dans la tradition orale écossaise. Avec Ivanhoé, il lança la mode du roman historique en Europe et devint l'auteur le plus connu de son époque, exerçant en France une influence considérable sur des auteurs romantiques tels Hugo, Vigny et Balzac.

Poche: 383 pages
Editeur : Editions Phébus (20 mars 2008)
Collection : Libretto
Langue : Français
ISBN-10: 2752903367
ISBN-13: 978-2752903365


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