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Articles

Affichage des articles du avril, 2009

"Demain, 10 heures, Saint-Joseph, Ankawa"

Shaqlawa, on connait. Pas grand-chose de neuf à voir, même si tout s'est spectaculairement construit, là encore, et que les boutiques du bazar se sont transformées en galeries commerciales un peu prétentieuses, un peu clinquantes, tout ça pour vendre les mêmes loukoums mais en plus cher, sans doute. Bon, je ne vais pas m'épancher sur la mort du vieux bazar ou Monseigneur va encore se moquer en tendant sa boite de mouchoirs même à distance...
Le lendemain de notre arrivée à Shaqlawa, pas grand-chose à faire, sinon profiter de l'internet café-bar du Khanzat, avec un réceptionniste très sympathique. A cette heure de l'après-midi, on a la salle pour nous seules, bien climatisée, avec bières fraiches apportées sur un plateau. Que demande le peuple ? Il est trop tard pour l'excursion prévue à Salahaddin, et le Medya Palace est en bas du quartier chrétien, nous dit-on (décidément on est poursuivie...). On décide d'y aller faire un tour, au moins jusqu'à l'égli…

ARRESTATIONS MASSIVES AU SEIN DU DTP

rès de cent personnes, en majorité membres du parti kurde DTP ont été arrêtées lors d’une vaste opération policière, conduite dans 90 endroits compris dans 13 villes de Turquie : Diyarbakır, Adana, Ankara, Aydın, Elazığ, Gaziantep, İstanbul, Mardin, Şanlıurfa, Şırnak, Bingöl et Hakkari. Selon les forces de l’ordre, ils sont accusés d’appartenance au Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK), ou bien d’apologie du mouvement ou d’être liés aux incendies de véhicules qui avaient eu lieu dans plusieurs villes, en guise de protestation.
Plusieurs figures politiques ou militantes ont été arrêtées dans le coup de filet policier: Seracettin Irmak, un avocat d’Öcalan, ou des responsables du DTP comme Kamuran Yüksek, Bayram Altun, Selma Irmak, ou faisant partie des équipes municipales du DTP de Tunceli ou de Diyarbakır. A Ankara, personne n’a été arrêté mais plusieurs raids ont été menés aux domiciles de membres du DTP, et des documents ont été saisis. Dans la capitale turque, des manifestatio…

IRAK : PERIODE POST-ELECTORALE DIFFICILE

Les tensions entre le gouvernement de la Région du Kurdistan et celui de Bagdad ne se sont pas apaisées, loin de là, après les élections des conseils provinciaux. De plus, la question de Kirkouk reste toujours en suspens, dans l’attente incertaine d’élections reportées indéfiniment, voire annulées, et la publication d’un rapport de l’ONU qui doit proposer des solutions alternatives au référendum prévu par la constitution irakienne. Les solutions les plus probables qu’a à proposer l’ONU sont de donner un statut « spécial » à Kirkouk, pour une durée de 10 ans. Ce statut prévoirait un « haut degré d’autonomie » à la province, mais sans lui donner le droit de rejoindre la Région du Kurdistan, et son financement dépendrait toujours du gouvernement central. Les Kurdes n’y voient ainsi qu’une façon de reporter à une date hypothétique la question de Kirkouk et d’évincer l’influence et la présence des forces de sécurité kurdes dans la région, ce qui rentre précisément dans les ambitions du Pr…

SYRIE : LOURDES CONDAMNATIONS POUR PLUSIEURS MILITANTS KURDES

Le 5 avril, à Damas, la Haute Cour de sûreté de l'Etat a condamné dimanche douze personnes, dont cinq Kurdes et une femme, à des peines allant de cinq à quinze ans de prison, comme l’a annoncé l'Organisation nationale des droits de l'Homme de Syrie (ONDHS). Le plus lourdement condamné, Jamal Abdel-Wahab Hafez, était accusé d’avoir commis « des actes non autorisés par l'Etat et avoir pris contact avec l'ennemi ». Rasmi Mohammad Bakr, Ahmad Maasoum, Mouaouia Qatranji, et Mirvat Mohammad Midani ont été condamnés à huit ans d'emprisonnement, Ahmad al-Atrache et Ali Arslane à cinq ans de prison pour « des actes de violence contre la sécurité publique et pour avoir hébergé des personnes ayant commis des actes de violence. » Les cinq Kurdes étaient tous membres du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK). Ils ont été également reconnus d’avoir « tenté par des actes, des plans ou des écrits d'amputer une partie du territoire syrien pour l'annexer à un pays ét…

Barzan-Rêzan

Nous partons d'Amedî après une ultime visite au PDK d'Amedî, décidément toujours très gentil et serviable, pas avare de renseignements, même s'ils ne sont pas toujours très fiables, notamment, nous le verrons sur l'existence d'hôtels hors de leur zone. Yasin nous assure en effet qu'il y a des hôtels à Diyana, mais pas à Rawanduz. Via pour Diyana, par la route de Barzan, et un passage au village même, pour que Roxane puisse reprendre les tombes de Mollah Mustafa et d'Idris, qu'elle a déjà vues en 2005. Quant à moi, mon dernier (et unique) passage là-bas remonte à 1994. Nous constatons avec amusement que peu pressés de nous voir partir, le staff PDK a soudain la mémoire un peu floue quand il s'agit de localiser Barzan sur une carte, et semble assez indifférent à ces histoires de tombes. C'est vrai que pour un PDK, Barzan et Molla Mustafa ça ne doit pas dire grand-chose, n'est-ce pas ? Bon, quand il voit que décidément, il n'y a plus moyen …

KIRGIZSTAN : EMEUTES ANTI-KURDES A L’INSTIGATION DE L’OPPOSITION POLITIQUE

Depuis la fin des années 1980, les quelques 8 000 Kurdes vivant au Kirghizstan, ainsi qu’au Tadjikistan, en Ouzbekistan et au Kazakhstan, à la suite des déplacements forcés de population imposés par les soviets de Géorgie et d’Azerbaïdjan dans les années 1930 et 1940, sont régulièrement la cible d’actes d’hostilité de la part des nationalistes locaux. Près de 30.000 Kurdes vivent au Kirgizstan après leur déportation par Staline en 1937 et 1944.
Ce mois-ci, les Kurdes de Petrovka, une ville à 40 kilomètres de la capitale kirghize Bishkek, ont eu à faire face à des émeutes qui ont ravagé et pillé leurs habitations. Peuplée de Russes, d’Ukrainiens, de Kirghizes, la ville accueille, depuis les années 1990 une centaine de Kurdes. Les autorités kirghizes affirment que la situation est maintenant sous leur contrôle, mais une radio locale indépendante a sommé tous les habitants kurdes de la région, de quitter les lieux sous 24 heures. « Plusieurs centaines de résidents ont détruit des habita…

Amedî

Nous devions aujourd'hui partir d'Amedî par la route de Barzan, mais le temps assez gris dissuade Roxane de prendre les plus belles montagnes du Sud sous un ciel nuageux. Aussi nous décidons de remonter à Amedî pour rendre visite à Yasin et au PDK, des fois qu'il aurait des idées d'excursion locale.

Comme d'habitude, le covoiturage fonctionne à merveille. Une voiture s'arrête assez vite et dès que nous montons, le passager, sans que nous ayons ouvert la bouche, informe le conducteur que nous sommes "les invitées du Matran". "Ah"... fait le conducteur d'un air approbateur. Mais attention, se croit obligé de préciser le passager : "Les invitées du Matran, mais de Kwane !" "Voulait-il ainsi souligner qu'être invité par le Matran à Kwane ne fait pas de vous de la gnognotte d'invitées (pas comme si, par exemple, on était resté uniquement les invitées d'Ankawa) ? Ou bien qu'être invitées par le Matran de Kwane, ce…

amedî

amedî

Amedî

Amedî : la Madrassa de Sheikh Nishanî

Visite à la petite madrassa seldjoukide au pied de la ville, celle dont on dit (légende ou non) que Meayê Cizirî y serait venu étudier ou enseigner. Le temps était gris, avec un scintillement argenté sur le vert tendre des montagnes qui leur donnait une lumière d'extrême-orient. Roxane rale toujours sur les temps nuageux à cause des photos mais moi j'aime beaucoup les ciels gris, tourmentés au-dessus des montagnes et les nuages qui font des ombres chinoises dessus. Le lieu est beau, apaisant, presque encore habité.





Il y avait des petites cellules, étroites, avec seules des niches à livres taillés dans les murs. C'est peut-être toutes ces générations de soufis énonçant leur zikr dans leur retraite qui donnent une bénédiction à ces lieux.


Assises sur les mastaba de pierre dans le vestibule du seuil, nous nous plaisions à imaginer que le Sheikh Nishanî s'y était assis, des siècles plus tôt. Je parlais à Roxane du voyage, intérieur ou non, du soufi, du murîd en route jusqu&#…

Amedî

Amedî

Pourquoi Amedî

En juillet 1994, je débarquais pour la première fois à Amedî, avec d'amusantes pérégrinations dans un Kurdistan d'Irak tout juste libre, sous embargo et en pleine guerre civile (disons que là c'était officiellement la trêve mais ça se battait encore, à Erbil ou Shaqlawa). Après des tas de pierres (villages en ruines) ou des villes sans beauté (Erbil, Duhok, presque un village à l'époque ou Salahaddin), Amedî joyau couleur de perle dans un écrin d'émeraude. Une ville magique, tout de suite. ça ne s'explique pas, les coups de foudre. Déambulant dans ces ruelles pavées, entre ces maisons intactes, j'ai eu comme une vision : j'étais arrivée chez moi. Enfin non, pas encore arrivée, mais je savais que j'y arriverai, c'était là, dans un temps proche ou lointain, mais déjà là, simplement en aval. Le fait qu'ensuite j'ai attendu 2007 pour y retourner, après avoir aimé Alep, Afrin, Cizîr, Diyabakir, etc., n'a pas changé cet état. J'ai eu, …

Amedî

Départ le matin pour Sersing, parce que, au vu de ce que nous avions constaté en 2007, les hôtels à Amedî, c'est pas ça... J'avais la vague idée que Sersing pouvait avoir quelques établissements et, après l'enquête du Pîr qui "ne savait pas mais pouvait demander" nous avions eu confirmation qu'à Sersing il y avait des motels. Dans quel état de crasse ou non et à quel prix, telle était la question... Déjà que les nuits passés contre notre gré au Sham ont bien lessivé notre budget...

Nous quittons donc Duhok sous un ciel gris et avec de la poussière qui se forme déjà. La poussière, cette année, c'est quelque chose. Déjà à Duhok nous avons vu la ville disparaître sous un brouillard jaune à ne pas voir à 10 mètres devant soi.

A Sersing, les motels indiqués par le juge ami du Pîr au Pîr existent bel et bien mais sont fermés. Super. On en découvre un autre en ville, pas fermé celui-ci, mais dans les 100 000 dinars, pas très net avec une odeur d'humidité et de…

Duhok : HIV, HC, HBs... ou pas ?

Déjà le retour obligé à Duhok, rien que pour cette histoire de visa, nous gonflait un peu. Mais nous n'avions pas encore tâté des joies de la bureaucratie sanitaire kurde. Le chauffeur de taxi qui nous avait amenées, via le centre Lalesh, a à peine présenté les deux passeports par la fenêtre de la guérite-guichet qui s'occupe des premiers formulaires, qu'il se tourne vers nous et explique qu'il faut aller à l'hôpital pour des examens sanguins. Hein ??? De leurs explications confuses je comprends qu'il faut faire des dépistages sanguins, pour avoir un visa d'un mois. Pas dur de deviner de quel dépistage il s'agit et je me demande quel est l'abruti de ministre ou de député qui a eu cette idée géniale à faire passer... Déjà, l'idée que le SIDA ne viendrait que des ressortissants étrangers (en fait des Natacha importées, qui ne sont JAMAIS Kurdes, comme chacun se doute)et pas du tout des Kurdes mâles qui, c'est bien évident, ne vont jamais aux p…

Zakho-Levo-Mergasur-Pireke

Le centre Lalesh nous trouve donc obligeamment un taxi qui négocie un prix honnête pour Zakho : 25 000 dinars. Arrivée à l'évêché où on attend le Mar de ces lieux, en déplacement dans un village avec ses invités. Le bâtiment avait subi un incendie il y a quelques mois, mais on n'en trouve pas trace. On y retrouve le même confort un peu cossu, un peu ostentatoire (à l'image de ce qui correspond au « chic » vu du Kurdistan).

Patros finit par arriver, nous embrasse et nous entraîne tout de suite déjeuner en nous assurant que « nous » devons sûrement avoir très faim. De fait, sa table est toujours aussi bien garnie, et il nous est tout de suite proposé une bière car il n'est jamais question de dire le benedicite pour un repas arrosé d'eau claire. Après tout, le premier miracle de Notre-Seigneur ne fut-il pas de changer l'eau en vin ? Bref, s'attabler d'un évêché à l'autre, c'est passer de la table d'Epicure à celle de Lucullus. Mais comme il me m…

Duhok-Lalesh

Nous nous avançons vers la tente sous laquelle siège avec un ennui majestueux le gratin yézidi de Duhok et leurs visiteurs. Les « fêtes » yézidies ressemblent tout à fait aux « fêtes de Pâques » d'Ankawa : il s'agit juste de faire salon, sauf que chez les yézidis à peine s'est-on assis qu'on vous met un thé dans les mains, une bouteille d'eau, qu'on vous tend un panier de bonbons et un autre rempli d'oeufs de Pâques peints de toutes les couleurs : les mêmes oeufs durs que chez les chrétiens sauf qu'ils ne sont pas camouflés en bois comme ceux de Rabban, ce qui fait que je comprends tout de suite que ce sont de vrais oeufs (les yézidis ne sont pas fourbes comme les évêques chrétiens). L'autre différence est le rituel pour les manger, enfin les manger si on a de la chance. Deux personnes prennent chacune un oeuf, et l'un tape le sien sur celui de l'autre. L'oeuf dur qui a cassé sera reposé, intact, et seul le vainqueur pourra manger le sie…