SYRIE : ARRESTATIONS D’INTELLECTUELS ET MORTS SUSPECTES DE CONSCRITS KURDES


Plusieurs arrestations et actes d’intimidation ont eu lieu contre les Kurdes de Syrie, principalement dirigé contre des intellectuels ou des militants politiques. Ainsi le 6 janvier, Mustafa Juma, président adjoint du parti Azadî a été arrêté et jugé par les services secrets syriens d’Alep. Selon son parti, il a été transféré d’Alep à Damas et est toujours détenu par les Renseignements militaires. Âgé de 62 ans, Mustafa Juma, né à Koban, est père de 12 enfants. La section « Palestinienne » des services qui le détiennent ont une sinistre réputation en Syrie, et les conditions de détention et les tortures aux prisonniers sont jugées comme les plus sévères.

Par ailleurs un autre parti kurde, Yekitî (Union), a dénoncé un certain nombre de « suicides » suspects concernant des jeunes Kurdes effectuant leur service militaire. Ainsi le 19 janvier dernier, Berkhwedan Xalid Hemmo, de la ville de Kobani est mort alors qu'il effectuait son service militaire à Hassaké. Le 13 janvier 2009, la famille de Mohammad Bakkar Sheikh Daada a été avertie par les autorités que leur fils, qui effectuait aussi son service, s'était suicidé, ce que dénient formellement les proches du jeune homme, qui font état de sa forte personnalité et soulignent qu'avant avoir rejoint les drapeaux, il avait été arrêté, six mois auparavant, en raison de ses activités militantes pour la cause kurde. Le 27 décembre 2008, Ibrahim Rouf'att Charwish, d'Afrin est mort à Damas, toujours durant son service militaire. Là encore, la famille a été informée du "suicide" de leur fils. Le 21 décembre 2008, Siwar Tammo, de la ville de Durbassia est mort "dans les mêmes circonstances", à Alep. Yekitî affirme que d'autres cas existent et que les jeunes Kurdes devant faire leur service, commencent à s'inquiéter. Aussi le parti appelle les pays de l'Union Européenne et les USA à une enquête, ainsi que les ONG comme Human Rights Watch et Amnesty International à continuer de défendre les droits de l'homme en Syrie.

A côté de ces "suicides" réels ou supposés, les arrestations arbitraires se poursuivent. Le 18 janvier, Imran al-Saïd a été une fois de plus arrêté pour sa participation au Mouvement pour l'avenir kurde en Syrie, puis relâché. La même mésaventure lui était arrivée en août dernier, et il venait tout juste d'être libéré le 24 décembre. Il a été condamné le 18 janvier à un an et demi de prison pour activité au sein "d'une organisation secrète". Le 3 janvier, Saado Rachid Ali, né en 1973 et originaire d'Afrin a été arrêté à Qamishlo par les services secrets et n'a pas encore été jugé. Le 17 janvier 2009, Fawaz Kano, né en 1966, qui travaille pour une ONG internationale (Faw) a été arrêté avec Zaki Ismael Khalil, né en 1977, qui travaille au laboratoire de l'hôpital de Hassaké, par la police secrète. Ils enseignaient « illégalement » la langue kurde en Syrie. De façon générale, Yekitî pense que les récentes attaques d'Israël contre Gaza vont contribuer à empirer les persécutions des Kurdes en Syrie. De fait, depuis 1967, les nationalistes arabes du Baath (et des autres mouvements) ont toujours stigmatisé les Kurdes militants, qu'ils soient de Syrie ou d'Irak, comme des "alliés d"Israël (hormis le PKK qui a longtemps bénéficié du soutien de Damas), visant à s'attaquer et à diviser la "nation arabe" pour le compte des « sionistes et des USA ».

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