Iran : une féministe kurde condamnée à mort


Zeinab Djalalian, 27 ans, vivant à Maku, au Kurdistan d'Iran, a été condamnée à mort pour appartenance supposée à un parti politique. C'est la troisième condamnation en Iran pour de tels faits, ces trois dernières semaines.

Selon la famille de Zeinab, les services de sécurité iraniens l'ont arrêtée à Kermanshan et transférée à la section de renseignements de l'Armée des gardiens de la Révolution, dans la même ville, il y a huit mois. Mise au secret, aucune information sur elle n'a été alors divulguée, ni aucune visite permise.

Au cours d'un procès qui n'a duré que quelques minutes, la Cour révolutionnaire l'a accusée d'être une "ennemie de Dieu" (muharib), crime qui encourt la peine de mort, pour allégeance à un parti politique kurde (souvent le PJAk dans ces cas-là). L'accusée, qui a toujours nié les faits, a donc été condamnée à la peine capitale.

Ces deux dernières années, 12 autres militants kurdes, accusés à tort ou à raison d'appartenance à des partis interdits, ont été condamnés à mort et attendent leur exécution :

1. Ramazan Ahmad
2. Farhad Chalesh
3. Shirko Ma‘arifi
4. Rostam kiya
5. Farzad Kamangar
6. Ali Haydarian
7. Farhad vaki
8. Hiwa Butimaer
9. Anvar Husain Panahi
10. Arsaln Avliya'
11. Habibulah Lutfi
12. Fasih Yasamani

Human Rights Watch a publié en juillet 2008 auparavant un rapport détaillé sur la répression des Kurdes en Iran, répression qui va grandissante, dans tous les secteurs de la vie, politique, associative, culturelle, syndicale et même religieuse puisque la majorité des Kurdes sont sunnites ou yarsan et que le soufisme, honni des chiites, y est très présent.

Un autre activiste kurde, cette fois à Mahabad, est mort en détention, dans des conditions suspectes, quelques jours après son arrestation par les autorités. Sa famille n'a pu récupérer que le corps.

La semaine dernière, Hashim Ramazani, originaire d'un village de la région de Bokan, qui vivait à Mahabad, a été arrêté pour des "raisons sécuritaires" et transféré dans un bureau des services secrets (Itlaat) d'Urmia. Quatre jours plus tard, sa famille a été convoquée par ce bureau afin qu'elle vienne reprendre le corps. Les autorités ont affirmé que Hashim s'était suicidé, mais ont refusé que le corps soit envoyé à Téhéran pour subir une autopsie. Ils ont aussi obligé sa famille à signer une promesse de garder le secret sur toute cette affaire. Même son enterrement s'est fait de nuit, en présence de policiers en civil, à Mahabad.

(Source www.vokradio.com : Voice of Kurdish-American Radio for Democracy, Peace and Freedom).

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