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Articles

Affichage des articles du novembre, 2008

Conférence : La Route de la Soie

Les 4 et 11 décembre et 8 et 15 janvier :

Conférences Clio :

"La Route de la soie, des origines aux Mongols"




par Étienne de La Vaissière Maître de conférences à l’École pratique des hautes études.

Présentation :

"Loin d’être née sous la plume des marchands romains ou de Marco Polo, l’expression « route de la soie » est d’invention récente : elle fut proposée en 1877 par von Richtofen, un géographe allemand. Jamais les marchands de Samarcande ou de Venise n’ont pensé leur commerce avec cette image d’un long fil de soie tendu de la Chine à l’Occident. Or, profitant de la déliquescence de l’empire chinois, les puissances occidentales envoyèrent, au début du XXe siècle, de nombreuses expéditions scientifiques vers l’Asie centrale chinoise, dont les résultats furent extraordinaires. Des civilisations, des langues sortirent de l’ombre, totalement inconnues auparavant. En outre, après la seconde guerre mondiale, l’URSS et la Chine accordèrent pour des raisons idéologiques, un prim…

Mahhyâ' et H'amadât les preux

Les Croisés poursuivent les Turcs
(ms. Bibliothèque Médicis)

Comme les Arabes, les Kurdes peuvent se trouver dans les armées rivales des émirs turcs, ou bien en tribus indépendantes razziant la Syrie et attaquant indifférement l'une ou l'autre armée. Ainsi quand Usâma essaie d'attaquer la forteresse d'Apamée avec Chihâb ad-Dîn Mah'mûd Ibn Qarâjâ, il précise que ce dernier s'était arrêté "à bonne distance" de la forteresse, "avec un détachement par crainte des Kurdes". S'ensuit d'autres prouesses d'armes accomplies par des Kurdes dont nous ne savons plus que le nom, Mahyyâ' et H'amadât. Certains détails nous informent malgré tout sur des us kurdes. Ainsi il se peut que le vêtement rouge des noces, qui est encore celui des mariées kurdes, fût aussi celui des hommes (mais dans tout le Moyen-Âge, même européen, le rouge était de toute façon la couleur de fête par excellence) : "Un soldat à nous, un Kurde nommé Mayyâh', …

Coup de coeur du mois : The Companion

Ali Akbar Moradî le Yarsan et Ulas Özdemir l'Alévi. L'un né à Marash,à la frontière occidentale du Kurdistan de Turquie (j'ignore si Ulas Özdemir est Turc ou Kurde) l'autre à Guran, dans le Kermanshan. Autant dire qu'il s'agit presque d'une conjonction Orient-Occident, mais avec la parenté de ces deux religions qui appartiennent à la grande famille des spiritualités dissidentes de l'islam, yézidis-alévis-yarsans-shabaks-kaka'i. En plus d'autres ressemblances, les Yarsans et les Alévis ont en commun une place prédominante, voire essentielle de la musique dans leurs célébrations religieuses, qui se font essentiellement sous forme de semâ.

Ce n'est pas l'unique collaboration d'Ulas Özdemir avec les Yarsans, puisqu'il a joué également avec Kayhan Kalhor pour l'album The Wind, mais il n'avait qu'un rôle instrumental. Ici, dans Yare Asmany, on appréciera sa belle voix, claire et puissante.

The Companion, Ali akbar Moradi &a…

Les émirs de Saladin

Hormis sa famille et ses mamelouks, quelques Kurdes illustres gravitèrent autour de Saladin, notamment les anciens compagnons de son oncle Shîrkûh :

"La figure du Kurde Sayf al-Dîn al-Mashtûb (le Balafré) est, de même, emblématique de ces émirs, anciens compagnons de Shîrkûh, qui se rallièrent tout de suite à Saladin. Sa fidélité fut sans faille et Saladin le récompensa en lui remettant, après ses conquêtes de 1187, Sidon, faisant de lui l'un de ses plus puissants officiers. Nommé à la tête de la garnison qui prit la relève dans Acre durant l'hiver 1190-1191, il fut capturé par les Francs, en juillet 1191, et libéré en avril 1192, en échange de cinquante mille dinars, une rançon qu'il eut du mal à rassembler. A son retour à Jérusalem, le sultan le reçut avec joie et lui remit Naplouse et Sébaste. L'importance de son rôle auprès de Saladin est souligné dans le fait qu'il fit partie de ceux qui prêtèrent serment avec lui, le 3 septembre 1992, pour sceller l'a…

TV : De l'autre côté, Persépolis, Nelly Amri, Enis Batur

TV : Samedi 29 novembre, à 20h50 sur Canal+ Cinéma : De l'Autre Côté, de Fatih Akin, 2007.

"Malgré les réticences de son fils Nejat, Ali, veuf, décide de vivre avec Yeter, une prostituée d'origine turque comme lui. Mais Nejat, jeune prof d'allemand, se prend d'affection pour Yeter lorsqu'il comprend qu'elle envoie son argent à sa fille en Turquie, pour lui payer des études. La mort accidentelle de Yeter éloigne durablement le père de son fils. Nejat se rend à Istanbul dans l'espoir de retrouver la trace d'Ayten, la fille de Yeter. A Hambourg, Ayten sympathise avec Lotte, une étudiante allemande aussitôt séduite par le charme et l'engagement politique de la jeune Turque. Lotte propose même à Ayten de l'héberger chez elle, malgré les réticences de sa mère, Susanne. Arrêtée et placée en détention, Ayten est finalement reconduite à la frontière puis incarcérée en Turquie. Sur un coup de tête, Lotte décide de tout abandonner et de se rendre en Tu…

RTE fait de la hotline

Le Premier Ministre turc, bien agacé par l'arriération en matière de technologie de l'information qu'il rencontre même parmi les professionnels des media de son pays, s'est décidé à donner une leçon de contre-censure à cette bande d'empotés. Lors d'une conférence de presse, ayant déclaré qu'il avait suivi les dernières activités du parti CHP (l'opposition) via YouTube, une question (plus ou moins) innocente fusa dans l'assemblée :

- Mais YouTube n'est pas interdit en Turquie ?

Devant tant d'incompétence, le chef du gouvernement a dû y aller de sa petite leçon : Internet pour les Nuls :

"Si je vois YouTube, vous aussi pouvez le voir ! "('béciles ...) ; et d'expliquer obligeamment à cette bande de demeurés qu'il suffisait de taper "comment ouvrir YouTube" ou "la méthode pour accéder à YouTube" sur Google ou Yahoo et on avait instantanément cent mille réponses.

Ah là là, c'est du boulot d'être Premi…

Un référendum chasse l'autre...

Le gouvernement irakien, qui rechigne à adopter les accords du SOFA, permettant aux troupes américaines de rester en Irak après l'expiration du mandat de l'ONU, soit à la fin de l'année, envisage de consulter le pays par référendum sur la teneur de l'accord.

"Il n'y a pas que le parlement irakien qui a un rôle dans l'examen de cet accord, mais le peuple irakien" a assuré l'un des négociateurs pour Bagdad, Muwafaq al-Ruba'y. (source PUK Media)

Curieux comme pour certaines consultations populaires, il n'y apparemment aucun obstacle insurmontable ni de délai nécessaire, alors que pour d'autres, par exemple le référendum inscrit pourtant dans l'article 140 de la constitution et qui doit permettre à la population de Kirkouk, Khanaqin, Sindjar et Sheikhan de décider son retour ou non dans les régions kurdes, d'un seul coup, tout devient plus compliqué...

Le clan de Saladin

"Sa légitimité de souverain, il l'acquit bien davantage par son action religieuse, politique et militaire, mais pour lui assurer solidité et continuité, il opta dès les premiers temps pour un système politique fondé sur la solidarité familiale et sur cet esprit de parenté ou de clan ('asabiyya) que le grand historien Ibn Khakdûn définissait, au XIV° siècle, comme la principale force motrice de l'histoire :

Lorsque celui qui participe à l'esprit de clan ('asabiyya) arrive au pouvoir et demande à être obéi, s'il trouve la voie de la domination et de la force, il la suit parce qu'elle correspond à ses vœux. Mais il ne peut réussir complètement sans l'aide de l'esprit de clan, qui oblige les autres à le suivre. Le pouvoir royal est donc un but que l'esprit de clan permet d'atteindre.
En répartissant le pouvoir entre les membres de sa famille, Saladin se situait dans la tradition non seulement des Turcs seldjoukides mais aussi des dynasties ar…

Le pouvoir de Saladin

"Dans sa marche vers le pouvoir, Saladin fut surtout aidé par ses succès militaires et par la division de ses adversaires. En outre, son héritage familial, sa détermination à appliquer la loi religieuse et à mener le jihad et surtout la caution que lui accorda le calife lui fournirent l'autorité nécessaire sans laquelle son règne serait apparu comme une tyrannie. dans nos sociétés contemporaines, un pouvoir politique trouve sa légitimité dans les élections. En terre d'islam au Moyen Âge, cette légitimité reposait sur le respect d'un système hiérarchique de délégation des pouvoirs. Le calife tenait son pouvoir de Dieu. Il en déléguait une partie au souverain (sultan, prince, grand émir) qui lui-même nommait des représentants ou des auxiliaires pour exercer en son nom la justice, contrôler l'administration, faire régner l'ordre et défendre le territoire, le tout théoriquement au service de Dieu et pour le bien des sujets."

Sur la prédilection de Saladin pour…

"Sarhank" Ibn Abî Mançûr

Bibliothèque de l'Escurial, Madrid

ça et là, dans les Mémoires d'Ousamâ, surgissent quelques "chevaliers" kurdes, combattants dont nous ne savons que le nom, mais qui parfois avaient eu une renommée en leur temps, surtout par leurs exploits guerriers. Ainsi de ce "Sarhank" (lire Serheng, l'équivalent de Serdar, commandant militaire) qui fit pleurer le seigneur de Hama, dans un des énièmes affrontements entre musulmans, qui avant Saladin (et après lui), passaient autant de temps à se taper entre eux qu'à se battre contre les Francs : "Je parlerai, par exemple, comme de choses que j'ai pu voir, du point d'honneur du chevalier qui le fait se porter au-devant du danger. Il y avait rencontre entre nous et Chihâb ad-Dîn Mah'mûd Ibn Qarajâ, alors seigneur de Hama. La guerre qui nous opposait ne se donnait nulle relâche, les détachements étaient toujours sur pied et la charge était de règle entre les plus fougueux. Je vis venir à moi un homme…

Turcs, Kurdes et Arabes

"L'attribution du poste de vizir à un lieutenant de Nûr al-Dîn ne manqua pas de soulever aussi des inquiétudes du côté égyptien. Les habitants de ce pays assistaient, en effet, à une double et profonde mutation : d'un côté, un pouvoir chiite cohabitait désormais avec un pouvoir sunnite, et de l'autre une dynastie turque, celle de Nûr al-Dîn, s'implantait aux côtés d'une dynastie arabe, celle des Fatimides. Deux mondes qui n'avaient cessé jusqu'alors de s'affronter et que beaucoup de choses opposaient a priori. La perception qu'ils avaient l'un de l'autre, faite de nombreux clichés, reflétait la méfiance réciproque qui opposait ces deux ethnies dans le monde musulman depuis le IX° siècle. Les Egyptiens désignaient la plupart du temps l'armée de Nûr al-Dîn sous le nom de "Ghuzz" (les Turcs), sans toujours faire la distinction entre Turcs et Kurdes. Ils voyaient dans ces "Ghuzz" de bons guerriers capables de les déf…

Les langues de Saladin

"L'apprentissage militaire, duquel participait le polo et la chasse, n'était pas la seule occupation du jeune Saladin qui reçut aussi une éducation littéraire et religieuse. Il apprit, très probablement dès son plus jeune âge, à lire et à écrire en arabe, ainsi que l'attestent certaines lettres écrites plus tard de sa main. Parlait-il le kurde ? C'est probable, en famille tout au moins ou entre officiers kurdes. Il semble avoir eu aussi quelques notions de persan, comme en témoigne 'Imâd al-Dîn qui dit lui avoir soufflé dans cette langue, lors d'un conseil, l'attitude à adopter à l'égard d'un imâm indélicat. Si nous ne pouvons dater avec exactitude le début de son intérêt pour les sciences religieuses et les lettres, nous savons que dans sa jeunesse, il suivit les cours d'un juriste chafiite réputé, originaire d'Iran, qui enseigna à partir de 1145, à Damas et à Alep. Celui-ci composa à son intention un opuscule contenant les principes e…

Conférence

Le samedi 22 novembre à 16h, Anne-Marie Eddé présentera et signera son livre Saladin à l'Institut kurde de Paris. Institut kurde de Paris, 106, rue La Fayette, F-75010 Paris
M° Poissonnière - Gare du Nord - Gare de l’Est. Plan d'accès à l'Institut


BrochéEditeur : Flammarion (3 octobre 2008)Collection : Grandes biographiesLangue : FrançaisISBN-10: 2082100588ISBN-13: 978-2082100588
Présentation de l'éditeur :
"Pour le monde arabo-musulman, Saladine st une figure mythique ; de Nasser à Saddam Hussein, nombreux sont les dirigeants du XX° siècle qui se sont réclamés de lui, nombreux les poètes et les artistes qui ont exalté sa mémoire. A Damas, son mausolée est aujourd'hui encore un lieu de pèlerinage. En Occident aussi, une véritable légende s'est construite autour de ce sultan kurde (1137-1193) devenu champion de l'islam et souverain d'un immense empire. Par-dessus tout, il est celui qui sut reprendre Jérusalem aux croisés et susciter chez ses adversaire…

Radio, cinéma : Gilles Veinstein, cinéma kurde

Du lundi 24 au vendredi 28 novembre 2008, à 6h00 sur France Culture : Histoire turque et ottomane. Istanbul ottomane, carrefour diplomatique (XV°-XVIII° siècles). Cours de Gilles Veinstein. L'Eloge du Savoir.


Renseignements et programmes sur le site officiel , ou téléchargable ici (pdf).

Prix Théophile Gautier 2008 : Juste un pont sans feu médaille d'argent

Juste un pont sans feu, de Seuhmys Dagtekin a reçu la médaille d'argent du prix Théophile Gautier, de l'Académie française.


« J'essaye d'habiter un souffle, une transversalité. De le faire à travers mes langues et à travers le français, sans que cela ne m'éloigne de ceux qui habitent les autres langues, les autres géographies. De tisser mes liens dans cette transversalité et les vivre intensément. Un Kafka, un Dostoïevski, un Artaud, un Deleuze, un Rûmi font partie de ma chair. Mais littéralement. Je me dis, tout comme j'appartiens à l'humain, aussi tout ce qui est humain m'appartient que je tente de relier avec ce pont, sans feu. » S.D. « Seyhmus Dagtekin, retenez ce nom, il s’agit peut-être d’un des grands poètes français de la nouvelle génération. Pas mal, n’est-ce pas pour quelqu’un qui a appris le français comme Conrad l’anglais, c’est-à-dire à l’âge adulte, et qui comme Conrad est devenu un virtuose de sa langue d’adoption. » Fouad Laroui.

Biographi…

La formation de l'Islam, entre héritages antiques et ruptures

(Colloque organisé à Paris du 14 novembre au 3 décembre 2008) Programme (à télécharger ici)
14 novembre 2008 - L’historiographie syriaque ; Amphithéâtre de l’Institut de théologie, 83 Bd Arago, 75014 Paris.

15 novembre 2008 - Figures de Moïse - Approches textuelles et iconographiques ; EPHE, 46 rue de Lille, Paris, 75007.

17 -18 novembre 2008 - L’Orient à la veille de l’Islam : évolution du peuplement (IVe-VIIIe siècles) ; Collège de France, 3 rue d’Ulm. Paris 75005 :

Lundi 17 novembre : Évolutions environnementales à la veille de l'Islam-Évolutions de peuplements à la veille de l’Islam. Mardi 18 novembre : Évolution des communautés chrétiennes : Le peuplement au lendemain de la conquête arabe.

19 - 20 novembre 2008 - Massacre de Najrân (Université Paris IV, Salle des actes) :

Mercredi 19 novembre : Développements syriaques. Jeudi 20 novembre : Le Martyrion grec et sesadaptations.
Prolongements :

24 - 25 novembre 2008 - Regards croisés de l’histoire et de l’archéologie sur la dynastie Jafnid…

Radio, TV, conférences, spectacle : musée aménien, Reza, De l'autre côté, naissance de l'algèbre, soufisme, Faouzi Skali, Sama' soufi,

Radio :
Dimanche 16 novembre à 8h00 sur France Culture : Le musée arménien de Paris (1949-1994). Avec Frédéric Fringhian ; Foi et tradition, J.P. Enkiri.
Du lundi 17 au vendredi 21 novembre à 20h00 sur France Culture : Entretien avec Reza. A voix nue, Ch. Caujolle. - Lundi 17 : A la fin du règne du Shah, comment je suis devenu ce que je suis. - Mardi 18 : Au temps de la révolution islamique et avant la révolution numérique. - Mercredi 19 : La fabrique des images. - Jeudi 20 : Après le départ d'Iran, l'Orient en guerre reste mon pays. - Vendredi 21 : Un travail nécessaire et mieux qu'humanitaire : la formation de l'oeil.


TV :Vendredi 21 novembre, à 20h50 sur Canal+ Cinéma : De l'Autre Côté, de Fatih Akin, 2007.
"Malgré les réticences de son fils Nejat, Ali, veuf, décide de vivre avec Yeter, une prostituée d'origine turque comme lui. Mais Nejat, jeune prof d'allemand, se prend d'affection pour Yeter lorsqu'il comprend qu'elle envoie son argent à sa f…

Detective Comics vs DTP Comiques

Il y a des films décidément marqués par la tragédie, la poisse, la malédiction des pharaons, et pis encore : Après la mort de Heath Ledger, récompensé d'un Oscar de façon posthume pour sa performance dans The Dark Knight, voici que Christopher Nolan, le réalisateur, doit affronter le retour de la vengeance du non pas du Joker, mais du maire de Batman, ennemi autrement plus effrayant, vous avouerez.
Hüseyin Kalkan, élu DTP de la ville, a en effet charitablement décidé de prendre le relais des juges turcs — peut-être un peu fatigués des célébrations nationales — pour nous faire rire. C'est très gentil à lui.

Il vient ainsi de clamer que le dernier blockbuster qui reprend les aventures de l'homme chauve-souris, n'est rien d'autre qu'un plagiat, un vol, une contrefaçon éhontée du nom de sa ville à lui, Hüseyin Kalkan. Car ce monsieur Christopher Nolan, le réalisateur, a osé emprunter le nom de la ville immortelle de Batman pour son héros, sans même demander la permi…

Ousâma : un prince syrien face aux croisés

"J'ai toujours aimé Damas, la ville de mes exils, où je mourrai bientôt. Le temps presse. Cette main qui jadis terrassait le lion ou l'ennemi tremble si fort qu'elle ne peut plus écrire : il faut dicter. Se souvenir. Pardonne-moi, Seigneur, si le premier désir qui vient à ma mémoire me reporte là-bas, sur les rives de l'Oronte, vers ma jeunesse. C'est d'elle que je voudrais d'abord, et longtemps, parler. Mais non. Si ces pages doivent recueillir un jour quelque mérite aux yeux des hommes, c'est parce qu'elles leur diront que Toi seul es roi. Toi seul règles le cours de nos destinées. Toi seul sais quand et comment la mort s'apprête à nous saisir. Voyez : ce corps criblé de cicatrices n'a pas trouvé son terme au combat ni dans la chasse au lion. Qui avait prévu, sinon Toi, qu'il ne devait achever sa course qu'au bout de quatre-vingt-dix ans et plus, sur ce lit de misère où la mort même me tient éveillé ? Miracle, miracle douloure…

Spectacles : Quartet Mahmut Demir

Le vendredi 14 novembre à 21h au Satellit Café,
concert de

Mahmut Demir : chant, saz, kabak kemané,
Jasko Ramic : accordéon,
Philippe Chahbazian : kaval, duduk, shevi,
Ercan Dursun : percussions

Musique d’Anatolie Quatre compères se retrouvent sous la houlette de Mahmut Demir pour évoquer les paysages anatoliens : des chefs d'oeuvre paysans de la Turquie profonde (airs de danse, berceuses, complaintes amoureuses, poésie des bardes) aux musiques irrésistibles des gitans de Roumélie - avec des digressions sur les routes empruntées par ces éternels nomades. Entre les cordes et les tambours, l'accordéon et les flûtes, l'entente est totale, la fête est là, ponctuée d'improvisations inspirées, sous le signe de ce grand melting pot culturel.Satellit Café
44, rue de la Folie Méricourt, 75011 PARIS
Prix des places : 8/10 €, à retirer sur place ou à la FNAC.

La presse et le pouvoir au Kurdistan : rapport du CPJ

Le Committee to Protect Journalists (CPJ) réclame l'annulation de la condamnation à un mois de prison infligée au journaliste Shwan Dadi par le tribunal de Sulaïmanieh. Ce journaliste avait en effet publié régulièrement des articles critiques sur ce même tribunal, lequel n'a pas dû avoir dans ses délibérés la sérénité d'esprit et l'impartialité qu'on attendait de lui. Le juge Kemal Mustafa qui, pure coïncidence, s'est retiré depuis) a donc estimé que Shwan Dadi, rédacteur en chef du journal Hawal, dont le siège est à Kirkouk s'était rendu coupable par trois fois de "diffamations" pour des articles écrits en 2004. Une amende de 300 000 dinars irakiens a aussi été réclamée.

De la prison d'Al-Salam à Suleïmanieh, Shiwan Dadi a expliqué par téléphone qu'il avait commencé d'écrire régulièrement sur les tribunaux depuis 2001 et que tout le temps où le juge Kemal Mustafa était à la tête du tribunal, les dysfonctionnements ne manquaient pas. Fi…